‹ Mémoires posthumes (volume 2)Chapitre 62 sur 65 · I . Cei'i ajouté i U rurraQli; de la nui n de M. SèbaitUnl · texte numérisé non relu

I . Cei'i ajouté i U rurraQli; de la nui n de M. SèbaitUnl

mettre de me faire délivrer des passeports par le ministère des aflaires étrangères, et, en vousle rappelant et vous offrant mes remerciements, je viens vous prier de les faire adresser à M. le ministre de France à La Haye. Je désirerais en avoir iiii pour moi avec deux domestiques el un autre pour M. le lieutenant-colonel baron de La Hue, mon aide de camp, qui m'accompagne.

Veuillez agréer. Messieurs, Tassurance de ma plus haute

considération.

Signé : Le maréchal duc de HAGots.

Août Chcrboarg.

Les commissaires au Roi,

Sire,

Nous avons reçu la dépèche par laquelle Votre Majesté, précisant de plus en plus ses précédentes instructions, étend à tout le royaume des Pays-Bas l'exclusion qui , d'après les ordres adressés au préfet maritime de Cherbourg, ne s'étendait qu'à la Belgique seulement. Nous avions devancé les ordres de Votre Majesté à cet égard, et, dans un supplément d'instruction donné au capitaine Dumont d'Urville, qui doit commander les deux bricks, nous avions formellement interdit tout débarquement sur les côtes du royaume des Pays-Bas. Nous avions même fait part au roi Charles X de nos dispositions à cet égard, et il nous a répondu que, s'il en était ainsi, il opérerait son débarquement à Hambourg. 11 ne parait cependant pas que ses résolutions soient bien délinitivement arrêtées à cet égard, puisqu'il doit se rendre dans la rade de Spithead, et là, attendre la réponse à la lettre adressée par M. le duc de Luxembourg au gouvernement anglais, lettre dont nous avons donné communication à Votre Majesté dans une de nos précédentes dépêches. Les relations qui existent entre les <leiix gouvernements et dont Votre Majesté a la bonté de nous faire part ne laissent pas supposer que le gouvern©inciil aiiL'lais autorise le passage par la Hollande, alors que les ordres de Votre Majesté y sont formellement opposés. Nous avons disposé la corvette la Seine^ pour éclairer la

r)R8 MKMOIUKS D'ODILON HARROT.

inarclio des «Iciix bricks, !»'s suivra, ronslalcr loiir arrivée dans la rndo de Spithead, It'S suivre dans la direclion iilti*riciiro qu'ils pourront suivn:; celle corvette sera suivie d'un autre bâti nient, ir fty'/ewr, qui recevra ses sijrnaux el le? trani^inettra tout de suite au porl le [dus voisin, afin que Votiv Majesté soit instruite de la direction des deux bateaux et du point de b^ur débaniueuient. M. le préfet maritime a donné des ordres en conséquence de nos instructions au capitaine Dumont d'l'r\ille cl aux deux autres capitaini-? qui devrnnt correspondre avec lui.

Nmus avnns ce soir, à huit in'ures, uiuî entrevue avec b roi, et nous retardons ren\<iide cette dépêche jusqu'à cell» heure, p'Mir y ajouter les documents nouveaux qui pourron: résulter de cette enlrt?\ue.

Le roi Cliarbs \ nous avait d'abord annoncé qu'il n'omniênerait pour escorte à (Iherbourjr qu'une centaine de chevaux; niais le corps entier des ^Mrdes nous a fait prier, a titre dr faveur, de lui permettre d'accomplir jusqu'au dernier terme du voya^'e le d«>voir do fidélité qu'ils ont contracté. Nous n'avons pas rru devoir rejeter celle demand»qui, d'ailleurs, ne nous offre aucun inconvénient réel, le^ gardes ne devant pas séjourner à < Jierlxjurg' el devant revenir coucher à Valojrnes, pour de là se rendre à Saint-Li'i. où le licenciement s'opérera.

Le nombre des personnes qui s'embarquent est toujours de soixante à soixante-dix. S<*pl à huit voitures; les deu\ bâtiments ({uc nous avons visités avec le plus ^^rand soin sont disposés de la manière la plus convenable. L'nc surabondance d'a[)provisii»nnements s'y trouve; nous avon« donné satisfaction au roi (Charles \ relativement à la cocarde. Les deux bâtiments n*' seront moulés que par îles marin^ américains, qui n'ont aucun signe capable de blesser le roi; quant aux deux autres bâtiments qui escortent, ils porteront le pavillon et les couleurs de la ntilion.

Dans notre première tlépéchc, nous espén»ns adresser à Votre Majesté le pnMvs-viTbal de l'embarquement.

Nous avons riioiiiuMir d'être, avec le plus profond respect, de Votre Majesté, Sire, les iK'S-humbles et très-tidêlos sujets.

riKCES JUSTIFICATIVES. 680

Messieurs,

Le roi est informé que le roi Charles X pei-siste à vouloir .It'barqucr à Ostende. Vous avez déjà reçu les inslruclioDs formelles du roi à ce sujet; elles ont été également adressées au commandant des bâtiments sur lesquels le roi Charles X ne doit débarquer ni à Ostende, ni dans aucun port du royaume des Pays-Has. La convenance de cette interdiction est si évidente, que les étrangers eux-mêmes la reconnaissent : l'ambassadeur d'Angleterre, lord Stuart, s'en •'st expliqué avec le roi, et il envoie un courrier à Douvres pour que, si les vaisseaux y touchent, le roi Charles X soit informé que ni le gouvernement anglais ni celui des Pays- Has ne peuvent consentira son débarquement à Ostende, et •]u'il faut qu'il se décide à aller à Hambourg, si c'est dans le nord de l'Allemagne qu'il veut fixer sa résidence. Vous êtes autorisés à répéter ce «lue dit lord Stuart. Nous pensons que le roi Charles X se décidera à ne pas insister.

Agréez, je vous prie, Messieurs, l'assurance de ma haute considération.

Signé : Guizor.

Paris, U août 1830.

Ordre du jour.

Vous venez. Messieurs, de remplir avec zèle et un dévouement au-dessus de tout éloge les devoirs de fidèles serviteurs du prince qui vous a rassemblés auprès de lui; toutes les récompenses qu'il pourrait appeler sur vous sont mérilé»"s ; j'espère tiu'elles vous seront accordées; il en est une, Messieurs, stérile pour les âmes qui ne sont pas élevées, la prrinjcre de toutes pour nous: celte récompense nous appartient, cette récompense est à nous; aucune puissance ne peut iinus en nter la gloire, et j'espère qu'il n'eu est pas d'assez injuste pour ne pas l'apprécier; nous devons être contents d'avoir rempli notre devoir, et je compte comme ma seule

S60 MÉMOIRES D'ODILON r.ARIlOT.

et unique ronsolatiori, coinmo Aolrt' clirf v\ coinine voîrr frère d'anui'?, loî? peines que je parlaire a\ec vous.

Valojrne», le 1« auût 1Ê30.

L" eoftituiio' Je* g«rtt^t de g^rvice.

Sigtii: : Le duc de Li'umdocrg.

Ordre du jour.

Le roi, ea quittant le sol français, voudrait pouvoir di>o« ner à chacun d»* ses gardes du rorps et à chacun de SIM. Ie5 offîciers, sous-nfticiers et snjdats qui l'ont accompagne jusqu'à son vaisseau, une preuve de son attachement et de son souvenir.

Mais les circonstances qui iiflli^'ent le roi ne lui lai^sont pas la possibilité d'écouter le virii de son cœur: privé des mov(>ns de reconnaître une fidélité si touchante, S. M. s'est fait roniotlrc les contrôles des compagnies de ses gardes do corps, de m*^ni(! que l'élat de MM. les ofliciers généraux. supérieurs et aiitn>s, aiii>i que des M»us-officiers et soMats <|ui l'ont suivi; leurs nom^, ronsrrvé> par M. le ducdeiior dt>aii\, di'niiMHvrnnt inscrits dans li;> areliives de la famille rnval«>. pMiir atlestiT à janiai> it les malheurs du rui, et K'« consitlations qu'il a lri*u\ées dans un dévouement si dcsinlrr«'S>é.

Valu(;n(ri, le 15 a<iûl 1*>'J>.

Si'jné: Charles.

pour co|iie cuDfurme :

Signé : Maréchal duc db RACrn«

Le DM Charles \ vient de nous exprimer avec beaucoap d'etliisinn ses remerciements pour la manière dont nous avons arrompli notre nii><ii>u à mmi é^ard. Il espérait pouvoir se rendre à AmsUrd'im pour éviter la longue

PIECES JUSTIFICATITB8. 581

traversée jusqu'à Hambourg; nous avons dû le désabuser à cet égard, en loi donnant lecture de notre dernière dépèche très-explicite sur ce point : il nous a priés de recommander à Votre Majesté les pensions, se montant à environ cinq millions, qu'il faisait sur sa liste civile à des vieillards pour la plupart anciens émigrés ruinés par la révolution, et auxquels l'indemnité n'a pas profité, et de plus d'autres pensions sur sa cassette se portant à peu près à deux millions, accordées à des indigents dignes d'intérêt; nous avons promis de transmettre à Votre Majesté celte recommandation. Charles X se félicite de la décision prise à l'égard de ses biens et de ses fonds placés, parce que, dit-il, ces ressources le mettront dans le cas de n'avoir rien à recevoir de l'étranger.

N* 31 bis.

Dêpi^che.

CoirPTE RENDU DE l'embarquemeut du ROU

Impossibilité d'embarquer le maréchal (marquis Maison);

Dispositions nouvelles à faire et trop tard;

D'ailleurs» engagement pris avec le roi;

Pas de cocarde nationale sur son bord ;

Le maréchal ne peut la quitter, représentant son souverain et la France, en présence d'un équipage étranger ;

D'ailleurs, la présence du maréchal ne serait plus à titre de sauvegarde^ mais à titre de surveillant;

Or, telle n'est pas notre mission ;

Nous n'avons accepté que le rôle de sauvegarde ;

Nous ne nous sommes présentés à Charles X qu'avec ce caractère.

Le vaisseau est un lieu d'asile et de liberté, a été choisi étranger, comme tel le roi doit y être entièrement libre.

Si cet ordre de choses était toat à coup changé, résistance, hautement annoncée;

Dès lors conflit, qui ne peut être vidé que par la force, la population et les gardes nationales:

Catastrophe. — Le fruit de tous nos efforts perdu ;

Dans ces circonstances, cédant à la plus impérieuse des

5t2 MIÎMOIIIER D'ODILON TÎAUROT.

lois, la nécemlcy el nous conronn<int, d ailleurs, à la première de nos instruction^ qui f*st d'cxittT tout emploi d*.' la force, nous a\ons pensi*, unomniewrut, qu'il run venait de remplacer la pei*sonnc du maréclial Maison sur le bâtiment par des mesures qui fussent encore plus cfTicace'^ pour atteindre le but proposa qui fst de s'assurer que le r^i (Iliarles X et sa lamille ne déviera pas de la direction tracée.

En conséquence nous avons donné au capitaine Dumont d'Urville une nouvelle instructii>n portant :

Instruction au capitaine Dliiont b'I rvu.le.

Le capitaine se mettra en rapport de siL'uaux avec la cortettt'vi ir hnitur, qui >nnl mis sous m*s ordrrs.

La corvi.'tliî mi>uillera à vue d»*s dfuv bàlinifiils.

Klle s'opposera, pendant b* Irajrt, à ce qu'aucun mcnibn* delà taniille passt' sur d'autres bàtiim'iits.

Klle suiM'a les bâtiments dans la nouvtdle dirertion qu'ils pourront prendre en sortant de la rade di> S/hZ/kW; elle s'opposera éirabMnent à tout débarquement même partiel sur hs côlrs de France ou du rovauiiii' des Pavs-llas;

Le commandant du bâtiment n'emploiera la force qu'autant que SCS avertiss(-m«>nls préalables seraient re!»li'S sau£ ellet, et quo tout autn- nii»ven serait impuissant;

Aus>itôt qui* b's bâtimnils seront arrivés au lieu définitif de leur destination, il m donnera tle suite avis, et la mission d(*s deux bâtiments sera terminée.

Au moven dt^ ces dispositions, la présence du marvchal Mai><>n serait .*>ans objet et les dangers seront édités.

Mon cher ami, vous «^trs noininé, en etiel, pn^fot d>* la St'ini', tri j't'-ipi-rt* bifii qui' cria \ous coniicndra. Vou5 ue trou\cric/ nulle p;iri. daii> \ ••Ire carrière de juri«oonï^ulte, un po-*te 011 vous pu>«ic/ lairc autant de bien, el »i prompteiiicnt. Je compte donc tout â lait sur vous. \ ouft comprendrez sans peine «fue, pour moi, rien ne m'importe davan* la^'c que de vous avoir Ij.

PIKCES JUSTIFICATIVES. 503

Je suis charmé de voir que votre mission touche à sa On. II est temps. Revenez en hâte. Nous avons besoin d'être tous ensemble.

Tout à vous.

Samedi, 14 août 1830.

Signé : Guizor.

Au quartier général de Saint-LÔ, le 16 aoftt lt30» h 4 heures après-midi.

Messieurs lss commissaires du gouvernement^

J'ai l'honneur de vous informer, par estafette de gendarmerie, que le prince de Polignac est à Saint-L6. 11 vient d'y être conduit par le maire de Granville, un détachement de gardes nationales de cette ville et la gendarmerie.

Je l'ai vu, lui ai parlé, et l'ai renfermé sous la protection de la loi jusqu'au cours de la justice.

Il a été pris ce matin à deux heures, prêt à s'embarquer avec une dame de Saint-Fargeau, dont il se disait domestique, sous le nom de Pierrot.

Je suis, avec respect et une haute distinction^ votre trèshumble serviteur.

Le maréchal dé eamp^

Vicomte Proteau.

Et plus bas, au-dessous de la signature :

Kxcusez mon barbouillage : je suis si pressé de vous annoncer cette nouvelle que ma plume ne répond pas à mon

zèle.

Saint-L6, le 16 août 1830, 11 heures dn soir.

Monsieur le maréchal,

Nous nous empressons de vous informer qu'on a arrêté à Grandville et conduit devant nous un individu qui s'est

501 MiMOIRSS D'ODILON BARROT.

avoué et a été reconnu être M. de Polignac, ex-président du conseil des ministres; nous l'avons fait déposer ilans la maison d'arrùl de cette vill*.% où il ust sous bonne garde, en attendant les ordres du ministre de l'intérieur, auquel nous avons aussitôt dépcché une estafette.

Nous ne pourrons pas les rerovoir avant votre retour, s-îlon toute probabilité; ne craindrez-vous pnint qut^ la présence d'un tel personnage dans une aussi petiU* \illi; ijuc la nôtre et qui n'a que deux cents hommes de troupes de liîriiif, avec quelques fusils seulement pour une jarde nationaic tout nouvellement or:^anisée, et le rapprochcmont des garJ». s du corps et des troupes royales qui doivent cire licenciés ici, ne produisent de fâcheux eUets?

Ne serait-il point plus prudent de diriger ces corps sur un autre point? Ne serait-il point convenable de faire promptemcnt venir quelques nou\elles troupes de ligne pour assurer la garde du prisonnier?

Nous vous prions, monsieur le maréchal, de vouloir bien en conférer avec la commission que vous présidez et de nous informer du parti que vous croirez devoir prendre, ainsi que de nous indiquer les mesures que nous aurions à prendre nous-mêmes dans toutes les suppositions possibles.

Agréez, monsieur le maréchal, TexprcssioD du profond respect avec lequel nous sommes

Le» membre» de lu Commistiun iftjMii fftwtelf

SiQnîi: FttiLLET, président^ IIouvv£T, secrétaire.

'\o(v drs troupes qui ont oimpi dam le pare du châteam dt hamfrjHilltt puidaiit le »êjvur dt CkarUi .ï, oi juilUt IS30.

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