‹ Mémoires posthumes (volume 5)Chapitre 55 sur 57 · NO · texte numérisé non relu

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Ordre du jour.

Vous venez. Messieurs, de remplir avec zèle et un dévouement au-dessus de tout éloge les devoirs de fidèles serviteurs du prince qui vous a rassemblés auprès de lui; toutes les récompeoses qu'il pourrait appeler sur vous sont méritées; j'espère qu'elles vous seront accordées; il en est une, Messieurs , stérile pour les âmes qui ne sont pas élevées, la première de toutes pour nous: cette récompense nous appartient, cette récompense est à nous; aucune puissance ne peut nous en ôter la gloire, et j*espère qu'il n'en est pas d'assez injuste pour ne pas l'apprécier; nous devons être contents d'avoir rempli notre devoir, et je compte comme ma seule

MIÊMOXBBS D'ODILON BARROT.

et unique consolatioii, comme votre chef et comme votre frère d'armes, les peines que je partage avec vous.

Talognet, le 14 août 1830.

Le capitaine dem gardes de service.

Signé : Le duc dk LnxEMBOUfiG.

Ordure au jour.

Le roiv en quittant le sol français. Tondrait pouvoir é%m^ oer à chacun de ses gardes du corps et à chacun de MM. les oMIeiers, sous-olficiers et soldats qui l'ont accompagné jusqu'à son vaisseau, une preuve de son attachement et de* son souvenir»

Mais les circonstances qui affligent le roi ne lui laissent pas la possibilité d'écouter le vceu de son cœur; privé des moyens de reconnaître une fidélité si toudiante, &. M. s'est fait remettre les contrôles des compagnies de ses gardes da corps, de même que l'état de MM. les officiers généraux, supérieurs et autres, ainsi que des sous-officiers et soldats qui l'ont suivi; leurs noms, conservés par M. le ducdeBor^ deaux, demeureront inscrits dans les archives de la Camille royale, pour attester à jamais et les malheurs du roi, et les consolations qu'il a trouvées dans un dévouement si désintéressé.

Valognei, le 15 août 1830.

Signé: Chables.

Pour eopia oonforme :

Le major général.

Signe: Maréchal duc de R^ficsE,

Le roi Charles X vient de nous exprioMir avec fteaucoti|i) d'e£Eù6ion ses remerciements pour 1& manière dont bous avons accompli notre mission à son égardi. U eqiérait pouvoir se rendre à Am9terdcam pour éviter fat longue

PliCXS JXnSTIFICATIVXS. 501

trstevsée jnsqa'à Hambourg; noas s?ods dû le désabcrser à cet égards en loi donnaftt leetore de notre dernière dépéelle très-explicite sur ce p<Hat : il nous a priés de recoi»> BABder à Yoiie Majesté les peneioiis, se montant à en^ron ôaq millÛNOSy qu'il faisait sar sa liste ciyile à des vieillards peur la plupart anciens émigrés ruinés par la révolution, et auxqueb rindemnité n'a pas profité, et de plus d'autres pensions sur sa cassette se portant à peu près à deux millions, accordées à des indigents digaes d'intérêt; nous avons promis de transmettre à Votre Majesté cette recommandation. Charles X se félicite de la décision prise à l'égard de ses biens et de ses fonds placés, parce que, dit-il^ ces ressour^ ces le mettront dans le cas de n'avoir rien à recevoir de rétra»ger.

N^ 31 bis.

DépécheM.

Compte rendit de l'^mbabqubmbiit dit roi.

impossibilité d'embarquer le maréchal (marquis Maison);

BîspositioBS nouvelles à faire et trop tard;

D'ailleurs,, engagement pris avec le roi;

Fas de cocarde nationale sin* son bord ;

La maréckal ne peut la quitter, représentant son soofv»rain et la France, en présence d'un équipage étranger ;

iyaîileurs> la présence du maréchal ne serait plus à titre de sauvegarde, mais à titre de surveiUaÊU;

Or, telle n'est pas notre missùm ;

Nous n'avons accepté que le rôle de sauvegarde ;

Nous ne nous sommes présentés à Charles X qu'avec ce earactére.

Le vaisseau est un lieu d'asile et de liberté, a été choisi étranger, comme teh le roi doit y être entièrement libre»

Si cet ordre de choses était toot à coup changé, ré^stance, hautement annoncée ;

Dès lors conflit, qui ne peut être vidé que par la forcet la population et les gardes nationales:

Catastrophe» «- Le fruit de tous nos efforts perdu ;.

Dans ces circonstances, cédant à la plus impérieuse des

lois, 2a nécessité, el nous conformant, d'ailleurs, à la première de nos instructions qui est d'éviter tout emploi de la force, nous avons pensé, uruimmemeni, qu'il convenait de remplacer la personne du maréchal Maison sur le bâtiment par des mesures qui fussent encore plus efQcaces pour atteindre le but proposé qui est de s'assurer que le roi Charles X et sa famille ne déviera pas de la direction tracée.

En conséquence nous avons donné au capitaine Dumont d'Urville une nouvelle instruction portant :

Instruction au capitaine Dohont d'Urvu^.

Le capitaine se mettra en rapport de signaux avec la corvette et le Mdeur, qui sont mis sous ses ordres.

La corvette mouillera à vue des deux bâtiments.

Elle s'opposera, pendant le trajet, à ce qu'aucun membre de la famille passe sur d'autres bâtiments.

Elle suivra les bâtiments dans la nouvelle direction qu'ils pourront prendre en sortant de la rade de Spithead ; elle s'opposera également â tout débarquement môme partiel sur les côtes de France ou du royaume des Pays-Bas ;

Le commandant du bâtiment n'emploiera la force qu'autant que ses avertissements préalables seraient restés sans effet, et que tout autre moyen serait impuissant ;

Aussitôt que les bâtiments seront arrivés au lieu définitif de leur destination, il en donnera de suite avis, et la mission des deux bâtiments sera terminée.

Au moyen de ces dispositions, la présence du maréchal Maison serait sans objet et les dangers seront évités.

Mon cher ami, vous êtes nommé, en* effet, préfet de la Seine, et j'espère bien que cela vous conviendra. Vous ne trouveriez nulle part, dans votre carrière de jurisconsulte, un poste où vous pussiez faire autant de bien, et si promptement. Je compte donc tout à fait sur vous. Vous comprendrez sans peine que, pour moi, rien ne m'importe davantage que de vous avoir là.

PliCES JUSTIFICATIVES. 593

Je 8UÎS charmé de voir que votre mission touche à sa fln. Il est temps. Revenez en hâte. Nous avons besoin d'être tous ensemble.

Tout à vous.

Samedi, 14 août 1830.

Signé : Guizot.

Ao quartier général de Salnt-LÔ, le 16 aoAt 1830f h 4 heures après-midi.

MbSSIIURS LSS COMMISSAIRBS DU GOnVKRNEMBNT,

J'ai l'honneur de vous informer, par estafette de gendar^ merîe, que le prince de Polignac est à Saint-L6. Il vient d'y être conduit par le maire de Granville, un détachement de gardes nationales de cette ville et la gendarmerie.

Je Tai vu, lui ai parlé, et l'ai renfermé sous la protection de la loi jusqu'au cours de la justice.

Il a été pris ce matin à deux heures, prêt à s'embarquer avec une dame de Saint-Fargeau, dont il se disait domestique, sous le nom de Pierrot.

Je suis, avec respect et une haute distinction^ votre trèshumble serviteur.

Le maréchal dé camp,

Vicomte PaoïRAu.

Et plus bas, au-dessous de la signature :

Excusez mon barbouillage : je suis si pressé de vous annoncer cette nouvelle que ma plume ne répond pas à mon zèle.

Saint-L6, le 16 aoAt 18S0, Il heures du soir.

Monsieur le maréchal,

Nous nous empressons de vous informer qu'on a arrêté à Grandville et conduit devant nous un individu qui s'est

591 HÉH0IBS8 D'OULON BABROT.

ayoaéetaété reconnu étve IL de Polignac, ex-président du oonsdl des ministres; nous TaTons fait déposer dans la maison d'arrêt de cette ville, où il est sous bonne garde, en attendant les ordres du ministre de l'intérieur, auquel nous avons aussitôt dépéché une estafette.

Nous ne pourrons pas les recevoir avant Yotre retour, selon toute probabilité; ne craindrez-vous point que la présence d'un tel personnage dans une aussi petile ville que la nôtre et qui n'a que deux cents hommes de troupes de ligne, avec quelques fusils seulement pour une garde nationale tout nouvellement organisée, et le rapprochement des gardes du coips et des troupes royales qui doivent être licenciés ici, ne produisent de fâcheux effets?

Ne serait-Hl point plus prudent de diriger ces corps sur un autre point? Ne serait-il point convenable de faire promptement venir quelques nouvelles troupes de ligne pour assurer la garde du prisonnier?

Nous TOUS prions, monsieur le maréchal, de vouloir bien en conférer avec la commission que vous présidez et de nous informer du parti que vous croirez devoir prendre, ainsi que de nous indiquer les mesures que nous aurions à prendre nous-mêmes dans toutes les suppositions possibles.

Agréez, monsieur le maréchal, re]q>ression du profond respect avec lequel nous sommes

Let mêmbrti de la ComfÊÙuion dépari

Signé : Feuillet, président^ HODVVET, secrétaire.

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