Ceci ajouté à lafonmlt data mata de M. SéfoaaUaui
PIÈCES JUSTIFIOATITES. 587
mettre de me faire délivrer des passeports par le ministère des affair» étrangères, et, en vous le rappelant et vous offrant mes remerciements, je viens vous prier de ks faire adresser à M. le ministre de France à La Haye. Je désirerais en av<Hr un pour moi avec deux domestiques et un autre pour M« le lieutenant-colonel baron de La Rue, mon aide de camp, qui m'accompagne.
Veuillez agréer, Messieurs, Tassiiraiioe de ma plus kaute
considération.
Signé : Le maréchal duc db lUfiosK.
Août Cherbovg.
Les commtssotres ou B0L
Nous avons reçu la dépêche par laquelle Votre Majesté, précisant de plus en plus ses précédentes instructions, étend à tout le royaume des Pays-Bas l'exclusion qui, d'après les ordres adressés au préfet maritime de Cherbourg, ne s'éteadait qu'à la Belgique seulement. Nous avions devancé les ordres de Votre Majesté à cet égard, et, dans un supplément d'instruction donné au capitaine Dumont d'Urville, qui doit commander les deux bricks, nous avions formellement interdit tout débarquement sur les cètes du royaume des Pays-Bas. Nous avions même fait part au roi Charles X de nos dispositions à cet égard, et il nous a répondu ^e, s'il en était ainsi, il opérerait son débarquement à Hambourg. Il ne paraît cependant pas que ses résolutions soient bien définitivement arrêtées à cet égard, puisqu'il doit se rendre dans la rade de Spiihead, et là, attendre la réponse à la lettre adressée par M. le duc de Luxembourg au gouvernement anglais, lettre dont nous avons donné communication à Votre Majesté dans une de nos précédentes dépêches. Les relations qui existent entre les deux gouvernements et dont Votre Majesté a labonté de nous faire part ne laissent pas supposer que le gouvernement anglais autorise le passage par la Hollande, alors que les ordres de Votre Majesté y sont formellement opposés. Nous avons disposé la corvette la Seine^ pour éclairer la
marche des deux bricks, 2es suivre, constater leur arrivée dans la rade de SpUhead, les suivre dans la direction ultérieure qu'ils pourront suivre ; cette corvette sera suivie d'un autre bâtiment, le Rôdeur^ qui recevra ses signaux et les transmettra tout de suite au port le plus voisin, aQn que Votre Majesté soit instruite de la direction des deux bateaux et du point de leur débarquement. M. le préfet maritime a donné des ordres en conséquence de nos insti«uctions au capitaine Dumont d'Urville et aux deux autres capitaines qui devront correspondre avec lui.
Nous avons ce soir, à huit heures, une entrevue avec le roi, et nous retardons l'envoi de cette dépêche jusqu'à celte heure, pour y ajouter les documents nouveaux qui pourront résulter de cette entrevue.
Le roi Charles X nous avait d'abord annoncé qu'il n'emmènerait pour escorte à Cherbourg qu'une centaine de chevaux; mais le corps entier des gardes nous a fait prier, à titre de faveur, de lui permettre d'accomplir jusqu'au der^ nier terme du voyage le devoir de fidélité qu'ils ont contracté. Nous n'avons pas cru devoir rejeter cette demande qui, d'ailleurs, ne nous offre aucun inconvénient réel, les gardes ne devant pas séjourner à Cherbourg et devant revenir coucher à Yalognes, pour de là se rendre à Saint-L6, où le licenciement s'opérera.
Le nombre des personnes qui s'embarquent est toujours de soixante à soixante-dix. Sept à huit voitures ; les deux bâtiments que nous avons visités avec le plus grand soin sont disposés de la manière la plus convenable. Une surabondance d'approvisionnements s'y trouve; nous avons donné satisfaction au roi Charles X relativement à la cocarde. Les deux bâtiments ne seront montés que par des marins américains, qui n'ont aucun signe capable de blesser le roi ; quant aux deux autres bâtiments qui escortent, ils porteront le pavillon et les couleurs de la nation.
Dans notre première dépêche, nous espérons adresser à Votre Majesté le procès-verbal de l'embarquement.
Nous avons l'honneur d'être, avec le plus profond respect, de Votre Majesté, Sire, les très-humbles et très -fidèles sm'ets.
PlâCES JUSTIFICATIVES. 58U
MessiBUBs,
Le roi est informé que le roi Charles X persiste à vouloir débarquer à Ostende. Vous avez déjà reçu les instructions formelles du roi à ce sujet; elles ont été également adressées au commandant des bâtiments sur lesquels le roi Charles X ne doit débarquer ni à Ostende, ni dans aucun port du royaume des Pays-Bas. La convenance de cette interdiction est si évidente, que les étrangers eux*mémes la reconnaissent : l'ambassadeur d'Angleterre, lord Stuart, s'en est expliqué avec le roi, et il envoie un courrier à Douvres pour que, si les vaisseaux y touchent, le roi Charles X soit informé que ni le gouvernement anglais ni celui des Pays- Bas ne peuvent consentir à son débarquement à Ostende, et qu'il faut qu'il se décide à aller à Hambourg, si c'est dans le nord de l'Allemagne qu'il veut fixer sa résidence. Vous êtes autorisés à répéter ce que dit lord Stuart. Nous pensons que le roi Charles X se décidera à ne pas insister.
Agréez, je vous prie, Messieurs, l'assurance de ma haute considération.
Signé : Gdizot.
Pans, 14 aoAt 4880.