‹ Mémoires posthumesChapitre 30 sur 30 · NM · texte numérisé non relu

NM

Mon cher Barrot,

iXous avons accepté le pouvoir pour sauver le pays. Nou? comptons sur votre concours pour nous aider dans des fonc tiens bien difficiles en ce moment.

Votre tout dévoué,

Paris, le 24 février 1848.

Garnier-Pagés

Mon cher Garnier-Pagès,

26 février, à midi.

Depuis votre petit billet qui m'annonçait votre prise de possession du pouvoir et me demandait mon concours, je n'ai pu vous répondre.

Je ne savais et je ne sais encore trop quelle espèce de concours, moi qui suis en dehors de la solution adoptée, je puis vous apporter. Cependant il faut bien que tous les bons citoyens, tous ceux qui ne veulent pas que notre France se perde dans des convulsions intérieures, vous viennent en

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aide pour deux choses qui me paraissent dominer dans votre mission actuelle.

La première, c'est en resaisissant cette liberté d'action qui doit appartenir à tout gouvernement, et qui est plus nécessaire à notre gouvernement révolutionnaire qu'à tout autre, parce que ses nécessités sont plus grandes : vous empêcherez que la révolution, de politique, aussi 'profondément politique que vous voudrez, ne devienne révolution sociale, qu'elle atteigne les propriétés et les familles.

La deuxième, c'est que l'appel fait aux élections générales, expression de la souveraineté nationale, soit sincère. Je n'admets pas plus les mensonges de la place publique que les mensonges des rois. Des élections faites sous les coups de la violence ne me paraissent pas préférables à celles faites sous les influences de la corruption.

Ainsi, sécurité pour la propriété et la famille, liberté pour les élections primaires.

A ces conditions, et si vous êtes tous bien résolus à les faire respecter, même par la force gouvernementale, je puis vous assurer non-seulement de mon concours moral, mais même des sympathies de tous mes amis.

Après tout, nul d'entre nous ne se soucie de suivre les errements des émigrés ou des Girondins.

Mon dernier mot à la Chambre et au peuple a été ana- Ihème à qui allume la guerre civile en France. J'y resterai fidèle.

Toujours votre ami et de tout cœur,

Odilon Barrot.

Nous avons été priés d'insérer la lettre suivante :

Varie, près Bourges, 27 mai 187o.

Monsieur l'Éditeur,

Je trouve dans les Mémoires d'Odilon Barrot que son père, membre de la Convention lors du procès de Louis XVI, tout en votant contre la mort, aurait refusé le sursis (T. I^r, p. 39). Cette assertion est erronée. Mon grand-père J.-A. Barrot a voté pour le sursis; le Moniteur du 24 janvier 1793 porte en effet ce qui suit : « Séaace du 1 9 janvier. Sera-t-il sursis à l'exécution du jugement de Louis Capet, oui ou non : Lozère, Barrot, Chateauneuf-Randon, Monestier : oui. »

Les numéros suivants du journal ne mentionnent aucune rectification. 11 vous est facile, monsieur, de vérifier le fait matériel que je vous signale, et je vous demande de vouloir bien, après avoir fait cette vérification, insérer ma réclamation à la fin du second volume des Mémoires que vous publiez.

Agréez, monsieur, l'expression de ma considération la plus distinguée.

Meunier.

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