LIVRE QUATRIÈME
Reproches adressés au Roi dé Westpbalie pour la lenteur présu* mée de sa marche sur Grodno çt son séjour dans cette ville. — Causes réelles de ces deux faits. — Marche de Jérôme sur Nowogrodek et de Reynier sur Bialistok. — Lettres du major-général au Roi de Westphalie. -^ Erreurs du quartier impérial relative* ment à la retraite de Bagration. —Lettres du 6 juillet du majorgénéral au Roi. et au général Marchand. — Rapport du général I^tour-Maubourg. — Nouvelles lettres de Berthîer, en date du 7 juillet.— Lettre de TEmpereur, du 8.*- Position, à cette époque, des troupes de Jérôme, de Davout, de Reynier et de Tarmée de Bagration.
Presque tous les auteurs militaires qui ont éerit sur la eampagne de 181S ont constaté le blâme adressé pendant les premiers jours de juillet au Roi de Westphalie par l'Empereur. Presque tous ont reproché au commandant en chef de la droite la lenteur présumée de sa marche de Grodno sur Nowogrodek, et son séjour prolongé dans la première de ces deux villes ; mais pas un seul n'a recherché les causes de ce retard et du séjour de .Jérôme à Grodpo.
Nous avohs expliqué dans le livre précédent comment la mauvaise volonté dps Autrichjiens et le mou-
vement ordonné sur Âugustowo par lé quartier impérial avaient contraint le Roi de Westphalie à n'arriver à Grodno que le 30 juin a\i lieu du 29, nous al-
Ions dire maintenant ce qui força Jérôme à laisser les 5* et S* corps et la cavalerie de Latour-Maubourg jusqu'au 4 juillet, à Grodno et dans les environs. Ce prince comprenait Timportance de sa poursuite contre Tarmée de Bagration ; il avait hâte de donner la main au prince d*^Eekmûhl. Pourquoi donc, si la choge avait été en son. pouvoir, eût-il enchaîné pendant quatre grands jours Tardeur de ses troupes, Tardeur priBcipalement des Polonais de Poniatowski, qui brûlaient d'atteindre les Russes?
. Le Roi de Westphalie, arrivé le 30 juin à Grodno, donna Tordre de marcher le lendemain par la route de Mostoul, tous les rapports dé la cavalerie légère s'accordant à désigner cette ligne de retraite comme étant celle qu'avait prise Bagration ; mais au moment où la cavalerie d'avant-garde se mettait en mouvement, au moment où les troupes se formaient pour marcher à sa suite, un orage, qui régnait depuis le 29 au soir (1) , et qui n'ayant pas cessé avait déjà détérioré les chemins d'une manière fâcheuse, redoubla d'intensité et devint si violent, que cavalerie et infan-
^ (i) Cet orage s*étenâlt sur toute la LIthuanie, et fut tel, qn^Si Wilna où se trouvait TEmpereur, il amena une perturbation cen»sidérable dans les services de l'administration, dans celui deTartillerie et des convois. Un grand nombre de chevaux périrent en une seule nuit; on fut obligé de faire une nouvelle répartition de <seux de trait, et de laisser dans la capitale de la provinee bon nombre de pièces et de caissons» faute d'attelages pour, les traîner. Cette tourmente, qui fut un des premiers malheurs de la camps^ gne de 1812, dura cinq Jours, noua occasionna des pertes trà
tem pouvaiant h peine avanccar sur les routes. X'aiv tillerie, malgré lea renforts de sei attelages, risquait à chaque pas de perdre set pièces et ses eai6«ons ; la plupart des ohevaux, accablés de fatigue» ne pouvaient avancer. Bientôt Forage acquit une si grande violence, qu'au mcunent où la l'* division du prince Ponia^' towski traversait un bois situé non loin de Grodno^ un arbre énorme, déraciné par le vent, s'abattit sur une compagnie de grenadiers, ettuadiœ hommes (i)» I^ tourmente devint telle, que le Roi fut obligé d'arr rlter le mouvement sur Mostoul et de donner Tordre 4ie rentrer dans les cantonnements. Le temps jne ror devint calme que le 3 juillet au soir^ Près de 5,000 ebevaux avaient péri; la cavalerie et Tartillerie se trouvaient en partie désorganisées ; bref, les éléments f- étaient déchaînés avec une telle force, qu'il avait été impoe^le de songer à se mettre à la poursuite de Bar gf ation avant le & au matin. Yoilè. ce qu'aucun auteur militaire n'a dit, et voilà ce qui causa le retard apporté
^ndes, et retarda les opérations même & la gauche de la Grande Arnét, bteD |4iis en état que la droite de réparer ses désastres* Du reste, pour avoir une idée de la {)^rturbfitioQ qui en fut la suite, on peut consulter ce que dit Chambray dans le i**^ livre de son ouvrage.
(i) Lorsque eet événement eut lieu, le Roi de Westphalie mar^ eluiit avec le prince Poniatowslû à la tête des troupes; le général polonais s*écria, en montrant à Jérôme ces dix braves couchés sur le sol tout mutilés : « Vous le voyez, Sire, ce ne sont pas les Russes qui peuvent terrasser mes grenadiers, U bujL que le cD^l s*en mêle. »
i32 HÉMOIHBI^ SUR LA CAMPAGNE DC 181|^
dana Texéôution des ordres de TËmpereur. Napoléon lui-même fut contraint par cet événement imprévu de fiuspendrë ses opérations à la gauche, et Ton sait si le grand capitaine était habile à surmonter les ob3taclés. Cette fois cependant, il dut se soumettre ; le ciel fut plus fort que lui. On lit en effet dans Gham* bray (i) :
« Le 29, le temps, qui avait été beau jusqu'alors, i> changea tout à coup ; une pluie très abondante; et D qui s'étendit sur toute la Lithuanie, tomba sans in*^ » terruption pendant cinq joufs. La garde seule était » logée dans Wilna ; les autres corps étaient en mar-^ » che ou bivouaques. Les chemins, généralement mau* » vais dans un pays couvert de bois et de marais, ne »> sont pas entretenus^ ils suffisent aux besoins des x> habitants, parce que Thiver, ils sont excellents pour n) leurs traîneaux, et Tété, passables pour leurs vol* D tures légères ; mais pendant les dégels, ils dëvien- » nent très mauvais^ et sont très peu. fréquentés. La » pluie extraordinaire qui survint alors produisit Pef- DJfet d'un dégel; Ténonne quantité de nos voitures et n leur pesanteur acheva de rendre les chanins tmpro- » ticables. Tous les corps en marche furent retardés, » le soldat souffrit beaucoup, quantité de chevaux pé- » rirent ; on trouvait sur la seule route de Wilna plus n de 10,000 de leurs cadavres.qui y répandaient Tin-
Ci) Histoire de Veaopédition de Russie. Paris, 1839, tome I*% page 181.
«fection. Quelques soldate succombèrent; un plus » grand nombre vint encombrer les hôpitaux qu'on sô » hâta d^étaDlir. L'ennemi eût attaqué avec avantage » s'il eût eu assez de forces pour, le tenter ; mais trop » faible, il continuait à. se retirer. »
On lit dans Boutourlin^ tome P% page 171 :
a Napoléon resta à Wilna. pour vaquer aux. soins » administratifs de son immense armée. Le$ vivres ne » pouvaient suivre sa marche rapide» et le pays^ dé*^ » vaste et couvert de forêts, n'y sjuppléait point. Ses » premiers pas furent de terribles pronostics : des » pluies battantes ab!rpaientdës<^hevaux9 qui n'^aieiit x> pour toute nourriture que du seigle vert ; A^OOO pé^ » rirent ea moins de trois marches, et laissèrent 1^0 » canoqs et 500 caissons dételés à Wilna, L&déiaut de » vivres fournil; prétexté aux pillards de battre les x> campagnes vingt Ueues à la ronde, et plu&<le 3O,0QQ » traînards répandaient déjà la désolation six jours ». après l'entrée en C9.mpagne. Il faut ajouter à ce tariste » tableau que déjà la dyssenterie menaçait de ses hor- » ribles ravages : les plus illustres pjersonnages Qiéme D n'm étaient pas exempts. Bientôt 25,000 moribonds » encombrèrent les hôpitaux de Wilna ; les vill^.ge$ de » Litiiuanie en étaient remplis. »
Le 4 juillet) la cavalerie de Latour-Maubourg se porta en avant par la route de Mostouï, et prononça avec le 5* corps son mouvement sur Nowogrodek. Le 8* corps marcha dans la même direction, tandis que le 7* s'avançait également de ce côté par Bialistok.
15& BIÉtfOIRES SUR LA CAMPAGNE DE 1812
Nond avons laissé Réynier à Zambrow^ le.Sft. juin. Le 29 et le 30, ses troupes y firent séjour ; la 1" brigade de la 2* division se porta seulement un peu en avant de Zambrow, sur la route deWysolde, afin de communiquer avec le prince de Swartzemberg. Enfin, le 1*' juillet, Reynier n'osa retarder plus longtemps sa marche sur Bialistok* Craignant, danii le cas probable d'une afi^àire générale entre Grodno et N^wofRKfek^ d'être trop éloigné du champ de bataille pour pouvoir y arriver en temps utile, s'il Attendait encore les Au- Idchiens, il se décida & s'avancer Jusqu'à Sokoly» à deux marches de Bialistok; Il adressa de là au Roi de Westphalie le rapport suivant, assez important pour trouver place ici :
t< La 1** division et la 1** brigade dé la 2" division » sont arrivées à Sokoly. La 2* brigade de la 2* dlvi- >:^ sien arrive à Zambrow. La cavalerie légère est à » Poswientue et Suradz, et envoie des partis vers Bielsk » et Bransk. Aussitôt que le gué sera praticable, des » partis se dirigeront aussi sur Bialistôk. On prépare » à Suradz la construction d'un pont sur la Narew, «qui sera fait deniain matin, pour le passage du 7* y> totpn dans la marche sur Bialistôk.
» Les Cosaques qui gardent les frontitoes sont pur* » tis hier, et ont pris le chemin de ûhradek. Ils ont y> détruit avant de partir toutes les barques qui étaient' » sur la Narew et ont brûlé le pont de Pleski. Les ad-* » ministrations russes de Bialistôk et Bielik sont par-. » lies pour Minsk ; on a conduit aussi les magasins
» qu'cm-a pu charger sur des voitures. Les principaux » pnqf>riétaires qiû habitaient leurs terres et les villes X» ont été ^HBienés ou sont partis pour Minsk.
» Deux divisions de Tarmée autrichienne sont ve- » nues hier à Sokolow ; i\ en est resté une à Siedlce. » Le prince de Swartzemberg vient aujourd'hui à Nur, » pour avoir une conférence, que lé général Reynicr » lui avait proposée, lorsque les corps se rapproche- » raient. Le général Reynier lui a écrit que, ne pou- » vaut retarder plus longtemps sa marche sur Bialis^ » tok, il lui était impossible d'aller aujourd'hui vers » Nur, mais qu'il espérait que les départs des corps du » général Essen et du prince Bagration, étant actuel* » lementbien confirmés, cette conférence pourrait àvoif » lieu lorsque l'armée autrichienne aurait passé le x> Bug et aurait au moins rapproché sa gaoche de
» Sokoly, le V jaUlet 1812. »
Le 2 juillet, le T corps franchit la Narew à Suradz, à Texception de la 2* brigade de la 2' division, qui resta sur la rive gauche pour établir la conununication entre les Saxons et les Autrichiens. L'infanterie prit position à Khorochtcha, sur la route de Bialistok, la cavalerie légère sur le chanin de Zabloudow.
Le 5, les troupes de Reynier s'établirent à Bialistok et y séjoum^ent jusqu'au 5. Ainiû, au mommt où les 5' et 8* corps, et celui de Latour-Haubou^ quittaient Grodno pour se porter contre Bagration, le?*.
1S6 MÉMOIRES SUA LA CaiPAGNE DE 1812
de son côté, se rapprochait de ces trois grandes frac-^ tiens de Taile droite, s' élevant en-pointe vers le nord-» ouest pour gagner Nowegrodek et Minsk, où, selon toute apparence, devait se dénouer le dranae entre Tarmée de Jérôme réunie au 1" corps, et celle de B»gration, renforcée par. les Cosaques de Platof, Le Roi de Westphalie avait donc assez bien combiné son mouvement, puisqu'il allait, au moment décisif, se trouver à ^a tête de 80,000 hommes en position de barrer le passage à Tennemi et de le combattre avantageusement. Sans la tempête qui retarda sa poursuite de qvatre jours, sans la lenteur des Autrichiens qui força Reynier à ralentir lui-même sa marche sur Bialistok, il n'y a pas le moindre doute que, le 7 ou le 8 juillet, la ^ armée de Touest n'eût été atta(]^ée par des forces supérieures.
Peut-on raisonnablement accuser le conmiandant en chef de l'aile droite de deux circonstances complètement indépendantes de sa volonté? De deux circonstances qui, par leur nature, échappaient à toute prévision, et dont l'une ne pouvait en aucun cas être évitée? C'est comme si l'on faisait un crime à l'Empereur de n'avoir pas prévu en septembre que, peJndant les mois d'octobre et de novembre, la température deviendrait mortelle en Russie pour nos soldats!
Voyons cependant comment Napoléon jugea les opérations de la droite, et donnons les lettres du major-général au Roi de Westphalie. Ce dernier avait écrit pour rendre compte de son entrée à Grodno, Berthier lui répondit le 3 juillet :
BN RUSSIB. 157
« Sire, rEmpereut reçoit la lettre par laquelle vous hii annoncez votre entrée à Grodno. 11 aurait désiré phis de détails sur les troupes ennemies qui se sont retirées sur Mostouî. Les prisonniers quç vous avez faits pouvaient être à. même de connaître les noms des divisions et ceux des régiments. ^ -
^ Le corps que commande le généra) Doctorof (6* corps) se compose des 12* et ik^ divisions dMn* fanterie et d'une division de cavalerie, ce qui lui fait environ 16,000 hommes ; il était le 2 juillet à OlcharnouT, poursuivi par le prince d^fickmûhî, et tâchait de gagner la Dwina sur Drouia. On ei^érait Tentamér. Ce corps était un de ceux de Bàgration.
» Un autre corps de ce général, composé- dés 9* et 15^ divisions qui venaient dé Moldavie, est resté pour
se recruter et- garder ta Podolie/Si donc Bagràtion
était à Mostouî, il ne pourrait avoir avec .lui que trois divisions formant 18,000 hommes d'infanterie. Ces trois divisions seraient la 2' de grenadiers, ^la IS'' et la 26* d'jnfanjtçrie. Votre Majestéirouvera ci-joint 4in état d6 Tafmée russe telle que nous la concevons. L'Empereur désire que vous preniez des renseignements près des seigneurs polonais pour corriger et rectifier cet état de l'armée russe, selon les connaissances qu'ils peuvent en avoir : nous ne sommes pas sûrs de la composition des 6* et 7' corps.
» Il est impossible de faire la guerre. avec succès sans connaître la composition des troupes que l'on a devant soi.
» Ces trois divisions, doivent être ceHes qui forment
id8 II^MOIRBS SUA M CAMPAGNE DE 1812
te 50 corps. Il ne faut -pas donner dws le piégë des ^numérations pompeuses que font les Russes ; il y en a toujours les deux fi^s à diminoen Pour savoir la vérité, il faut partir d^e cette base : une division russe. est composée de. six régiments d'infanteriot un régi^ ment de deux bataillons» chaque bataillon de quatre coœpagnieSi chaque, compagnie de i^O combattants au phis soud les armes ; ce qui fait par division moins de 6i000 hommes* Il y a même des divteicms» coœive la 11* et la 23% qui n*ont que quatre régiments*
» Il paraît que Bagration n'est pas en arrière ;. car I9 général Doctorof a déjà passé. Des Cosaques et une division d*infanterie ont paru le 2^ à Bob-^Solecbniki (1), et ron croit que c'est une des trois qu'a Bagration*
(1) L6S trottpe9 russes qui Ataienl iitra à BDlhSi^sçIlnfki n*a|H, parteoftient nullement à rarmée.âe Bagration; elles étaient ^obê» mandées^ par le général i^oroA:^/ (qu'il ne faut pas confondre avec Doctorof Yy et formaient l'avant-garde deSchouwalof (4* corps). Dorokhof se trouvait le 24 Juin avec sa réserve âi Orany ; le reste de ses troupes était dispersé en détacheo^ents d^avant^postss, de», puis Bentzy jusqu'à Martsikanty. L'ordre de retraite ne lui parvint pas; U râttendit vainement pendant deux jours; n'ayant aueune nouvelle du corps auquel il appartenait, et se voyant déjk détiordé par le$ Français qui se portaient de Kowno aar. WHaa, U: se décida à marcher le 27 à Olkéniki. Pendant cette marcbe, U reçut enfin Tordre du général en chef de se porter par Roudniki à Mikhaîlichki ; le preinier de ces deux points étant occupé, il fUt obligé de faire un {dus long détour. Le 29, U arriva a Bob^Solechnikir où il fut obligé de s'arrêter ^lour attendre deux oonq^agiiieB postées à Martsikanty et qui n'avaient pu le rejoindre< Le lendemain, il fut attaqué par deux régiments de la cavalerie de Davout, détac&éa dans la direction de Lida ; il^ replia jusqu'à Bewetilaehki,
BN RD8S1B. iS9
1» L*Einpereur a vu avec peine que le prince Poniatowski n'ait pas marché à la tête des troupes qui ont été à Grodno; cela ne regardait point le général Allix.
» L'intention de S. M. est que chacun commande des troupes ; en agissant diff&*emment^ on établit un esprit de jalousie qui ne peut que nuire aux opéra^ lions.
» Les renseignements que Votre Majesté . donâe n!étant pas clairs sur ce que Tennemi peut encore avoir en Yolhynie, il est dif&cile à T Empereur de vous doAr ner des instructions. Les instructions générales que rf^pereur vous a données ayant été de pomrsuivre
Bagration, S* M. ne doute pasquevousneremplissiea ses intentions avec activité; elle espère que vous serez bientôt en communication avec Wilna, puisque nos postes de cavalerie sont déjà sur Lida ; mais vous devez avoir deux buts : ouvrir d'abord vos commvni* cations avecWilna, et poursuivre vivement Bagration. Tout porte à penser qu'il se retire sur Minsk. .
» Wilna, le 3 juiUet 1812 (2 heures aprè^mldi). »
»#rg«nl««tloo de l'année ravee telle qne aoiie la
voue d*aprèe les rapporta qnl aoas sont parveattS. <
» !•' GOftPs (S* et 14* divisions) j commandé par le général Wittgenstein.
etle l*'^ttillet il piit atteindre Olehanou!. U se proposait depoursifiVre 8% marche aur Zaehkewitchi, mais ayant apprb que TavaiTtgarde de Davout occupait déjà Ocbmiana, il craignit d'être prévenu et se détermina à tourner sur Wologin. Là, il se tallià aux GdsaqiM de Matof â'al)ord, etle lendefflâia à rarmée^eBaffatton.
IhO HEMOIBBS SOA JâL QAMJfAiiSE D£ 1812
» II était en Samogitie, il a été r^oussé de Wilkomir par le duc de Reggio, le 28 juin.
» 2* CORPS (&* et iT divisions) , conunondé par le général Baigawouth.
x> Il était à KownOy il a été poursuivi sur Janovo par le duc d'Ëlchingen , et a continué sa retraite sur Malianty,
» â"* CORPS (3* et 23' divisions) , conomandé par le général Suwarof.
» k^ CORPS {T et 11*" divisions)^ commandé par le général Tutchukof.
x> 1^ DIVISION, de grenadiers et la garde inapériale commandées par le grand duc Constantin. Ces trois corps ^ient & Wilna, Lida çt Novpl-^troki,
» 6" CORPS (12* et 2/i.' divisions) , commandé par le général D.octorc^,
» Il était le 1-' juillet près d*Ochmiana, il est poursuivi par le prince d'EckmûM.
» 5* CORPS (2* division de grenadiers ^ 18* et26' rftvisions d'infanterie) , commandé par le général Ratzi*^ veski.
» T CORPS (9' et 15* divisions y conunandé par le général Marcof. *.
» Le 6% le 5** et le 7' corps sont sous le commande^ ment de Bagralion , Le 6* a passé et le T est encore entre la PodoUe et laWolhynie. Il ne devait y avoir & Grodno que le 5' corps, avec lequel se trouye en p^sonne Bagration. Une division a passé à Sviranld ; le 1" juillet, le général Grouchy était à sa pourBuite et lui a fait quelques prisonniers. On dit que c*est Ja
1"* dividon de Bagration qui marche après le corps de Doctorof. Dans cet état on ne parle point de la cavalerie.
» Tout cela parait assez certain; il n'y a que les S"* et 7* corps qui soient sous les ordres (lu général Tor-> massof, lesquels sont augmentés des 3*' bataillons incomplets formés dé recrues, dont la moitié n'est pas habillée , qui ne sont pas en état d'entrer en lign^ , mais qui sont bons pouf contenir les Polonais.
» La force des divisions, en présents sous les armes, est d'environ 6,000 homtoes. »
Cette lettre conmience la série des lettres dé reproches adressés au roi de Westphalie pendant la première quinzaine 4e juillet. Ânalysons-la avec impar« tîalité*
L'Empereur aurait désiré plus de détails sar les trpupes ennemies qui se repliaient sur Mostouî, mais ces détails, Jérôme ne pouvait les avoir que par sa cavalme légère, et tous les rapports, toutes les ver connaissances des o0iciers de cette arme, ne donnaient que des aperçus très vagues. Les Busses sur le territoire desquels on se trouvait alors , se renf er-« maient dana un mutisme complet, et les quelques prisonniers faits & Grodno îl'étaient que des Cosaques ignorant euXHfnêmes la composition de la 2* armée de rôuest
Le majôr-générâl rejM'oduit cette erreur déjà signar léo, que le CQrps de Doctorof est un de ceux de Bagration ; de ce que quelques Cosaques et une division
iki MéliOIRBS SUR LA GAMPAfiNE Dfi 1812
dMnfanterie ont été vus à Bob-Soledinikl , il m didtlil que Bagration i>*est pas .en arrière , et cpiMl se replie sur Minsk par Ochmiana et Smorgoni, Ainsi* TEm*» pereur n*est pas encore convaincu, malgré^ qu'apu écrire Jérônae, que la retraite de Bagration s'^ectuë par Mostoul. Cette erreur qui se prolonge en amènt une autre, et de ce qu'un des corps présumé a{qE>artir nir à la 2* armée russe est passé par Ochmiana, on M conclut^ au quartier impérial, que si réellement Ba^ gration se replie sur Mostoul, il ne peut avoir aveo lui que 18,000 fantassins. Biep de tout cela n'était vrai; le général russe avait près de /i.0,000 baïonnettes et de 20,000 sabres au moment où il cherchait à percer par Minsk,
Le prince de Neuchfttel, au nom de TEinpereur, sê plaint encore de ce que Poniatowski n'a pas marché à la tête des troupes chargées d'enlever Grod))o. Nous avons expliqué ce qui avait porté lé foi de Westphatté h confier cette opération iiu général AUix. Jérôme avait pensé avec raison qu'une opération de ce genn; nécessitant rétablissement d\m pont de bateaixx, était du ressort d*un général d'artillerie, et qu'elle avait plus de chances de succès conduite par un officier de cette arme, d'un grand mérite, que par tout autre.
Quant à Torganisation de l'armée russe telle qu*oil la supposait à Wilna, elle était fausse en beauooup <]i points et principalement en ce qui touchait les troupes sous les ordres directs de Bagration. Nous avons parlé souvent déjà des forces dont dispsosait ce général» il est donc inutile d*y revenir encore une fois.
Le même jour, 8 juillet^ Berthier envoya au roi de Wesipbalie remplacement des corps de Parmée française autres que ceux formant Taile droite :
» Sire, je crois devoir communiquer à Votre Majesté la position actuelle de nos armées.
Le quartier général impérial à Wilna.
Le duc de Tarante . à Poneviej;
Le duc dé Reggio h Wilkomîr. '
Le duc d^Elchingen 4 Maliatouït
Le roi de Nfiples à Swentziany.
Le général Nansouty à Mikhatlichki.
Le prince d'Eckmflhl à Ochmiana.
Le Vice-^Roi à Anouchichki,
» Nos avant-gardes ont obtenu des succès sur Tennemi, et déjà les Russes ont brûlé leura^magasiiMi d« i** et 2* ligne.
n WilDSu le 3 juillet 1812. »
Le 5 (1), r Empereur apprît par les dépêches de son frère, qu'il n'avait pu mettre ses troupes en mou^ vement pour poursuivre Bagrs^tion avant le A.» Hm»
(1) A cette même épogue» Ntpolèon crée Qn gonvereemint pn^ visoira en Lithuenie, Voici la lettre. écrite à ce sujet {lar Berthier à Jérôme :
« Sire» j*ai rboaneur d'envoyer à Votfeliajetté ampliation ifun ordre du jour du i*" de ce moit, par lequel TEmpereur crée ut gouvernement proviaoirode la Lithuanie, divisé en quatre.fouvev^ nements particuliers, dont les chefii-lieux sont Wilna, firodno, Bialistok et Minsk. Chacun de ces quatre gouvememenis estcm»mandé par un général et administré par une commissiân piéiftdée par un intendant.
9 hB générai de brigade Jcrniini commande le gouvernement de
ikll MiSmOIRES sur la campagne D£ 1812
considérer qu'il y. avait là force majeure, que la circonstance qui avait retenu Jérôme, l'avait lui-même,
Wilna, dont M. de Nicolaî, auditeur aa conseil çfÉtati est intendant.
»Le général de brigade Ferrières commande le gouvernement de Grodno et M. Tauditeur Chassenon>en est intendant.
»Le général de brigade Brun commandé dans le gonTcrnement de Bialistok et M. Tauditeur Cochelet en est intendant.
»Le général de brigade Brouikowski commande dans le gouvernement de Minsk, et M. Fauditeur Saulnier-la-Cretelle en est intendant.
. » Wilna, le A juillet 181S. » ^
Ordre du jour.
Art, i". Il y aura un gouvernement provisoire de la Li thuanie, composé de cinq membres et d'un secrétaire général^ ^, '. Art. 2. La commission de gouvernement provisoire de la Lithuanie sera chargée de Padministralion des finances, des subsistances, de Torganisation des troupes eu p^ys, de la formation des gardes nationales et del a gendarmerie^.
Art. 3. Il y aura près de la commission provisoire de gouvernement de la Lithuanie un commissaire impérial.
Art. C Chacun des gouvernements de Wilna^ Grodno, Minsk et Bialistok sera administré par une commission de trois membres présidée par un intendant. ^ *
Art. 5. Ces commissions administratives seront sous les ordres delà commission provisoire de gouvernement de la Lithuanie.
Art. 6. L'administration de «haquè district sera confiée à un sous-préfet.
> Art. 7. Il y aura pour la ville de Wibia, un maire, quatre adjoints et un conseU municipal composé de douze membres. Cette ^ministration sera chargée de la gestion des biens de la ville, de la surveillance des établissements de bienfaisance et de la police municipale.
Art. 8. Il sera. formé à Wilna une garde nationale composée de 2 baiaiUons, chaque bataUfon sera de 6 compagnies.
Art. 9. Il y aura dans'chacun des gouvernements de Wilna,
du côté de Wilna , empêché de continuer les opérations offensives, il fait témoigner au Roi deWestphalie son mécontentement par le major-général et nous trouvons les deux lettres suivantes :
a Mon cousiiy, écrivez au Roi de Westphalie que je
Crodno, Minsk et Bialistok, une gendarmerie commandée par un colonel ayant sous ses ordres, savoir:
Ceux des gouvernements de Wilna et de Minsk , deux chefs d*escadron.
Ceux des gcuvernements de Grodno et de Bialistok, un chef d*escadron.
Il y aura une compagnie de gendarmerie par district.
Art. 10. Le colonel de la geudarmerie résidera au chef-lieu du gouvernement. La résidence des officiers et remplacement des brigades seront déterminés par la commission provisoire du gouvernement de la Lithuanie.
Art. 11. Les officiers, sous-officiei^ et volontaires gendarmes seront pris parmi les gentilshommes propriétaires du district, aucun ne pourra s'en dispenser ; ils seront nommés, savoir :
Les officiers, par la commission provisoire du gouvernement de la Lithuanie.
Les âous-officiers et volontaires gendarmes, par les commissions administratives des gouvernements de Wilna, Grodno » Minsk et Bialistok.
Art. 12. L'uniforme de la gendarmerie sera Tuniforme polonais.
Art. 13. I^ gendarmerie fera le service de police; elle prêtera main-forte à Tautorité publique, elle arrêtera les traînards, ma-^ raudeurs et déserteurs de quelque armée qu'ils soient.
Art. lu. Notre ordre du jour en date du 1*' Juin dernier , sera publié dans chaque gouvernement , et il y sera en conséquence établi une commission militaire.
Art. 15. Le major-général nommera un officier général ou supérieur, français ou polonais des troupes de ligne, pour commander chaque gouvernement. 11 aura sous ses ordres les garde nationales, ia gendarmerie et les troupes du pays.
Au quartier-général impérial de Wilna, le l" juillet 1812.
ili& mjSmoirës sur la campagne de 1812
ne reçois qu'aujourd'hui sa dépêche du â juillet, tan* 4ls que j'ai reçu hier ses lettres du &. Vous lui ferez connaître que je suis exb^ômement méeontent qu^il n'ait pas mis toutes se£| troupes légères , sous les Wm dpes dn prince Popiatowsld, B.\ja trousses de Bagr ation pour harceler son corps et arrêter sa marche ; qu'arrivé le 30 à Grodno , il devait attaquer sur-le-champ Tennemi et le poursuivre vivement. Vous lui direz qu'il est impossible de manœuvrer plus mal qu'il ne Ta fait ; que le général Reynier et même le 8' çorp» étaient inutiles ki cela ; qu'il fallait faire mareher le prince Poniatowski avec tout ce qu'il avait de disponible pour suivre l'ennemi ; que pour s'être éloigné de toutes les règles et de ses instructions, il fait que Ji9r gration aura tout le temps de faire sa retraite , et la fait à son aise. Que si Bagration est parti le 30 de Wolkowisk , il peut arriver le 7 à Minsk ; et qu'importe alors que le Roi y soit de sa personne le 10, puisque Bagration aura gagné quatre jours de marche sur lui? Dites-lui que le prince Poniatowski n'eût-J) eu qu'une seule division, il fallait l'envoyer ; mais que tout porte à penser qu'il pouvait envoyer tout le corps en avant. Il n'aurait pu être compromis, puisque Bagration n'a pas le temps de combattre ou de manœuvrer, et qu'il ne cherche qu'à gagner dii terrain , 9»r chant bien qu'il est coupé par les manœuvres que je fais faire. Que le prince d'Eckmûhl est aujourd'hui 5 avec une partie de son corps en avant de Vçlogin , mais ne sera pas assez fort pour arrêter Bagration puisque celui-ci n'est gêné par rien. Mandez dQnçau
Roi qu'il (Jonne ordr# sur-le-champ ftu prinç^ 9oni9r iQWski de partir avec sa cavalerie, et tout ce qu'il aura de disponible pour se mettre aia trou&ses de Bagratioii. Youft lui direz que tout le fruit de mes manœuvrcfii et la plus belle occasion qui se soit présentée à la gmrT§ ont échappé par ce singulier publi des pr?mièr99^ D0« tion9 de la guerre. Sur ce, étCt
• Wîlnir, le 5 Juillet 1813. ^
« Sire , j'ai, mis sous les yeux de l'Empereur votrt lettre du â ; Sa Majesté eçt fâchée que vous n'ayez fait aucun mouvement pour poursuivre Bagration. Nou9 VQu;^ croyions déjà à iida ou 4 Novpgrodek. li'Empii' reur pense quç vous uvez perdu trois jours précieux , et le fruit des manœuvres qu'il vous avait fait faire* Si l'Empereur avait vquIu vous diriger sur Grodno , Votre Majesté pouvait aussi bien y aller de Sczycozyn que d'AiJ^u^tQwo ; mais Sa Majesté vous a fait élever sur Augu3towo pour gagnçr trois marches ; l'Empereur trouve que le mouvement du général Reynier sttr MostQuI n'a pas d'utilité ; de Bialistol: , le général Reynier peut , sans inconvénient , concourir à, pour** suivre Bagration ; mais son système général est d'Itre toujours à même de couvrir Varsovie , tandis que le 5* et le 8* cçrps, qui n!ont rien à couvrir^ doivent; marcher tête baissée sur Bagration. Pendant que Votre Majesté reste h Grodno, Platof était déjà à Gherm^r nicbki en présence du général Grouchy et le prince d'Eckmûhl , qui estàWichnew en présence du général Ba^ation , qui se réunit et mancsuvre sur la dve
gauche de la Bérézina. Cependant, de notre côté^ une partie du corps du prince d'Eckmûhl est en observation sur le corps de Barclay de Tôlly,
» UEmpereur ordonne, Sire, que vous fassiez partir le général Latour-Maubourg avec le i* corps de cavalerie et toute la cavalerie légère des 5« et 8* corps , pour qu'il se porte à grandes marches à la suite de Bagration ; faites marcher le prince Poniatowsld avec le 5* corps et appuyez-le avec le 8% en marchant dans une direction parallèle pour poursuivre Bagration répée dans les reins jusqu*à Minsk s'il se dirige sur ce point. Quant au général Reynier, il peut suivre votre mouvement en arrière sur la droite éïi continuant toujours d'observer les corps ennemis qui pourraient inquiéter Varsovie.'
» V^ilnar, le 6 juiHet, à 5 heures du sofr. »
Examinons ces deux lettres. L'Empereur dit :
i* Arrivé le 30 à Grodno^ il (Jérôme) devait atta^ quér sur-le-champ Vennemi et le poursuivre vivemenL
D'abord l'ennemi était à plus de 20 lieues de Grodno ; ensuite la tempête, la perte d'une partie des attelages, la désorganisation de la cavalerie et de l'ar** tillerie, forcèrent , comme nous l'avons dit , le Roi , aussi bien que Napoléon lui-même , à suspendre les opérations offensives pendant quelques jours. Le reproche de l'Empereur n'est donc pas fondé.
2° Le général Reyni^ et même le 8* corps étaient imUiles à cela (à la poursuite de Bagration) .
Mais alors que signifie cette recommandation , qui
doit diriger toute la conduite de Jérôme, recomman-* datioor si expresse contenue dans la lettre de Berthier en date du 11 juin : V important est que la droite que vous commandez ne se commette pas contre des forces supérieures, et mancsuvre réunie de position en po^ stiion?
&" L'Empereur ajoute encore que Poniatowski rCeûttl eu qu^une seule division, il fallait l'envoyer ; qu'il n'aurait pas été compromis, puisque Bagration n'avait pas le temps de combattre ou de manœuvrer, et qu'il ne cherchait qu'à gagner du terrain ; puis, quelques lignes plus bas , on trouve ceci : Le prince d^Eckmiihl est aujourd'hui, 5, avec une partie de son corps en avant de Vohgin ^ mais ne sera pas assez fort pour arrêter Bagration^ Qu(h ! Poniatowski avec une division peut sans crainte se commettre avec Tarmée de Bagration, et Davout avec /iO,000 hommes ne peut le combattre avantageusenoent ? Il y a là contradiction évidente. Le dépit de voir le fruit de ses savantes combinaisons prêt à lui échapper explique le mécontentement de Napoléon^ mais était-il juste de s'en prendre à sop frère des circonstances indépendantes de toute volonté humaine qui faisaient manquer ses projets? .
La dépêche de Berthier est plus singulière que lelie de l!Empereur. . Elle semble écrite tout entière encore en vue de cette idée fixe que Bagration est du côtédeBol-Solechnikietnon versNowogrodek, Gher^ manichkiet Wichnew, où lemajor-général place Platof et Bagration à la date du 5, sont deux points situés à plus de 25 lieues de Nikolaïew sur le Niémen, où se
gauche de la Bérézina. Cependant, de notre côté^ une
partie du corps du prince d'Eckmûhl est en observation sur le corps de Barclay de Tôlly.
» L*Empereur ordonne, Sire, que vous fassiez partir le général Latour-Maubourg avec le 4« corps de cavalerie et toute la cavalerie légère des 5* et 8* corps , pour qu'il se porte à grandes marches à la suite de Bagration ; faites marcher le prince Ponîatowski avec le 5* corps et appuyez-le avec le 8% en marchant dans une direction parallèle pour poursuivre Bagration Fépée dans les reins jusqu*à Minsk s'il se dirige sur ce point. Quant au général Reynier, il peut suivre votre mouvement en arrière sur la droite en continuant toujours d'observer les corps ennemis qui pourraient inquiéter Varsovie.' ^
» Wilnar, le 6 juiHet, à 5 heures du soi r. »
Examinons ces deux lettres. L'Empereur dit :
!• Arrivé le 30 à Grodno^ il (Jérôme) devait atta-quér sur4e'champ Vennemi et le poursuivre vivemmL
D*abord l'ennemi était à plus de 20 lieues de Grodno ; ensuite la tempête, la perte d'une partie des attelages, la désorganisation de la cavalerie et de l'ar^ tillerie, forcèrent, comme nous l'avons dit, le Roi , aussi bien que Napoléon lui-même , à suspendre les opérations offensives pendant quelques jours. Le reproche de l'Empereur n'est donc pas fondé.
2" Le général Reynier et même le 8* corps étaient inutiles à cela (à la poursuite de Bagration) .
Mais alors que signifie cette recommandation , qui
doit diriger toute la conduite de Jérôme, recpmmandationr si expresse contenue dans la lettre de Berthier en date du 11 juin : V important est que la droite que vous commandez ne se commette pas contre des forces supérieures, et mancmsore réunie de position en position?
â* L'Empereur ajoute encore que Poniatowski n'eût- %l eu qu^une seuls division^ il fallait l'envoyer ; qu'il n'aurait pcus été compromis, puisque Bagration n'avait pas lé temps de combattre ou de manœuvrer^ et qu'il ne cherchait qu'à gagner du terrain; puis, quelques lignes plus bas , on trouve ceci : Le prince d'EcTcmiihl est aujourd'hui, 5, avec une partie de son corps ^ avant de Vologin , mais ne sera pas assez fort pour arrêter Bagration^ Qucri I Poniatowski avec une division peut sans crainte se commettre avec l'armée de Bagration, et Davout avec 60,000 hommes ne peut le combattre avantageusement ? Il y a là contradiction évidente. Le dépit de voir le fruit de ses savantes combinaisons prêt à lui échappe^ explique -le mécontentement de Napoléon î mais était-il juste de s'en prendre à sop frère des circonstances indépendantes de toute volonté humaine qui faisaient manquer ses projets?
La dépêche de Berthier est plus singulière que felle de l!Empereur. . DUe semble écrite tout entière encore en vue de cette idée fixe que Bagration est du côtédeBol-Solechnikietnon versNowogrodek. CAermanickkiet Wichnew, où lemajor-général place Platof et Bagration à la date du 5, sont deux points situés à plus de 25 lieues de Nikokïew sur le Niémen, où se
gauche de la Bérézina. Cependant, de notre côté^ une
partie du corps du prince d'Eckmûhl est en observation sur le corps de Barclay de TôUy.
» L'Empereur ordonne, Sire, que vous fassiez partir le général Latour-Maubourg avec le 4« corps de cavalerie et toute la cavalerie légère des 5« et 8* corps , pour qu'il se porte à grandes marches à la suite de Bagration ; faites marcher le prince Poniatowski avec le 5* corps et appuyez-le avec le 8% en marchant dans une direction parallèle pour poursuivre Bagration répée dans les reins jusqu*à Minsk s'il se dirige- sur ce point. Quant au général Reynier, il peut suivre votre mouvement en arrière sur la droite en continuant toujours d'observer les corps ennemis qui pourraient inquiéter Varsovie.' '
» Wilnar, le 5 juiRet, à 5 heures du soi r. •
Examinons ces deux lettres. L'Empereur dit :
!• Arrivé le 30 à Grodno^ il (Jérôme) devait aJtta-quér sur-le'chatnp Vennemi et le poursuivre vivement.
D^abord l'ennemi était à plus de 20 lieues de Grodno ; ensuite la tempête, la perte d'une partie des attelages, la désorganisation de la cavalerie et de l'ar* tillerie, forcèrent , comme nous l'avons dit , le Roi , aussi bien que Napoléon lui-même , à suspendre les opérations offensives pendant quelques jours. Le reproche de l'Empereur n'est donc pas fondé,
2* /^ général Reyni^ et même le 8* corps étaient inviiles à cela (à la poursuite de Bagration] •
Mais alors que signifie cette recommandation , qui
EN Ai;S2^1£. , 149
doit diriger toute la conduite de Jérôme, recommandationr si expresse contenue dans la lettre de Berthier en date du il juin : V important est que la droite que vous commandez ne se commette pas contre des forces supérieures, et mancsuvre réunie de position en position?
3* L'Empereur ajoute encore que Poniatowski n' eûtil eu qu'une seule division^ il fallait l'envoyer ; qu'il n'aurait pas été compromis, puisque Bagration n'avait pas lé temps de combattre ou de manœuvrer^ et qu'il ne cherchait qu'à gagner du terrain ; puis, quelques lignes plus bas , on trouve ceci : Le prince d^Eckmiihl est aujourd'hui, 5, avec une partie de son corps w avant de Fologin.f mais ne sera pas assez fort pour arrêter Bagration^ Qud ! Poniatowski avec une division peut sans crainte se commettre avec l'armée de Bagration, et Davout avec 60,000 hommes ne peut le combattre avantageusement ? Il y a là contradiction évidente. Le dépit de voir le fruit de ses savantes combinaisons prêt à lui échapper explique -le mécontentement de Napoléon î mais était-il juste de s'en prendre à sop frère des circonstances indépendantes de toute volonté humaine qui faisaient manquer ses projets?
La dépêche de Berthier est plus singulière que felte de L'Empereur. . ï;ile semble écrite tout entière encore en vue de cette idée fixe que Bagration est du côtédeBol-Solechnikietnon vers Nowogrodek. GAermankkkiet Wichnew, où lemajor-général place Platof et Bagration à la date du 5, sont deux points situés à plus de 25 lieues de Nikolaïew sur le Niémen, où se
1A8 mjSmoires sur la campagne de 1812
gauche de la Bérézina. Cependant, de notre côté, une partie du corps du prince d'Eckmûhl est en observation sur le corps de Barclay de Tôlly.
» UEmpereur ordonne, Sire, que vous fassiez partir le général Latour-Maubourg avec le 4« corps de cavalerie et toute la cavalerie légère des 5« et 8* corps , pour qu'il se porte à grandes marches à la suite de Bagration ; faites marcher le prince Poniatowski avec le 5* corps et appuyez-le avec le 8% en marchant dans une direction parallèle pour poursuivre Bagration répée dans les reins jusqu*à Minsk s'il se dirige sur ce point. Quant au général Reynier, il peut suivre votre mouvement en arrière sur la droite éti continuant toujours d'observer les corps ennemis qui pourraient inquiéter Varsovie.' '
» Wilnar, le 5 juiHet, à 5 heures du soi r. »
Examinons ces deux lettres. L* Empereur dit :
!• Arrivé le 30 à Grodno^ il (Jérôme) devait atta-quér sur-le'champ Vennemi et le poursuivre vivement.
D'abord l'ennemi était à plus de 20 lieues de Grodno ; ensuite la tempête, la perte d'une partie des attelages, la désorganisation de la cavalerie et de l'ar^ tillerie, forcèrent, comme nous l'avons dit, le Roi , aussi bien que Napoléon lui-même , à suspendre les opérations offensives pendant quelques jours. Le reproche de l'Empereur n'est donc pas fondé.
2" Le général Reynier et même le 8* corps étaient inutiles à cela (à la poursuite de Bagration) .
Mais alors Que signifie cette recommandation , qui
doit diriger toute la conduite de Jérôme, recommandation' si expresse contenue dans la lettre de Berthier en date du il juin : V important est que la droite que vous commandez ne se commette pas contre des forces supérieures^ et manosuvre réunie de position en position?
3** L'Empereur ajoute encore que Poniatowski n'eût- %l eu qu'une seule division^ il fallait l'envoyer ; qu'il n'aurait pas été compromis, puisque Bagration n'avait pas lé temps de combattre ou de manœuvrer ^ et qu'il ne cherchait qu'à gagner du terrain ; puis, quelques lignes plus bas , on trouve ceci : Le prince d^Eckmuhl est aujourd'hui, 5, avec ur^ partie de son corps en avant de Vohgin , mais ne sera pas assez fort pour arrêter Bagration^ Quoi I Poniatowski avec une division peut sans crainte se commettre avec l'armée de Bagration, et Davout avec /iO,000 hommes ne peut le combattre avantageusement ? Il y a là contradiction évidente. Le dépit de voir le fruit de ses savantes combinaisons prêt à lui échapper explique le mécontentement de Napoléon^, mais était-il juste de s'en prendre à sop frère des circonstances indépendantes de toute volonté humaine qui faisaient manquer ses projets?
La dépêche de Berthier est plus singulière que relie de ^Empereur. . Elle semble écrite tout entière encore en vue de cette idée fixe que Bagration est du côtédeBol-Solechnikietnon versNowogrodek. GAermanichkiet fFichnew, où lemajor-général place Platof et Bagration à la date du 5, sont deux points situés à plus de 25 lieues de Nikolaïew sur le Niémen, où se
gmf^hB 4& ifl' }\érénmf (iapendan^ 4^ notre (^M^ um pa^rtiô 4a corps da prince d^Eckmabl ert en oheerva^- Mon sur le corps de Rarclay de Tolly,
» f/Kmperenr ordonne, Hire, qMe vous h^mi partir le généwl ^ftt0wr-lfaubonrg ftvea le 4* carpe de cava.- (erie et toute I» a^yalam légère dee &• et ft' carpe , pour fjii'il ee porte ^ grandes ruarches h la enite de Bagration > faites rnarrher le prince Paniatowski avec le ft^ corps et a(^pnye/-|e ave^; |eH%eiMnarcl»antdans une direcliou parallèle pour poursuivre Magralion l'épéô dans les r^ins jusf|u'à' Mimk s'il se dirige sur ae point. Onant au général fteynier, il peut suivre votre mouvem^fint en arrière sur la drr>i te en continuant toujours d'ohserver les corps enneniis qui pourraient inquiéter Varsovie,
t^i^arninons ces deu¥ lettres, |/Euipereur dit ?
i* arrivé le ftO A (irQJnQ^ il (Jérôme) devaU allapier mHB'phamp Vmmmi et le pQurmivre vhwmentt
Ifahord l'ennerni Mit à plm de 90 Heue$ dB (Jrodno 5 ensuite la tempête, la perte ^^um partie des attelages, la désorganisation de la cavalerie et de Tartillerie, forcèrent, comme nous l'avons dit, le Roi, mm Wen que Napoléof» lui-rnén>e , k suspendre les opérations offensives pendant quelques jours.. Is repro/fvije de |M?4np<^reur n'est donc pas fondé,
tt" f^e Ijéiiéml lieynier et même le ^ cor/f^ étaient inutiles il celq. (k la poursinle de Kagration),
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doit diriger toute la conduite de Jérôme, recommaiidatioir si expresse contenue dans la lettre de Berthier en date du il juin : Vimporiant est que la droite que vous commandez ne se commette pas contre des forces sypérieuresy et manœuayre réunie de position en po^ sition?
d* L'Empereur ajoute encore que Poniatowski n^ eûtil eu qu^une seuk division^ il fallait l'envoyer ; qu'U n'aurait pas été compromis^ puisque Bagration n'avait pas le temps de combattre ou demanoBuvrer, et qu'il ne eherehait qu'à gagner du terrain; puis, quelques lignes plus bas , on trouve ceci : Le prince d^EckmUhl est aujourd'hui^ 5, avec une partie de son corps en avant de Votogin y mais ne sera pas assest fort pour arrêter Bagration^ Quoi ! Poniatowski avec une division peut sans crainte se commettre avec Tannée de Bagration, et Davout avec &0,000 hommes ne peut le combattre avantageusement ? Il y a là contradiction évidente. Le dépit de voir le fruit de ses savantes combinaisons prêt à lui échapper explique le mécontentement de Nâ4X>léon ; mais était*il juste de s'en prendre à son frère des circonstances indépendantes de toute volonté humaine qui faisaient manquer ses projets? .
La dépêche de BerUiier est plus singulière que lelle de l'Empereur. . Elle semble écrite tout entière encore en vue de cette idée ûxe que Bagration est du côtédeBol^-Solechnikietnon versNowogrodek. Cher" mofitdUfcf et Wichnew^ où lemajor-général place Platof et Bagration à la date du 5, sont deux points situés à plus de 25 lieues de Nikokûfew $ur le Niémen» où se
gauche de la Bérézina. Cependant, de notre côté^ une partie du corps du prince d'Eckmûhl est en observation sur le corps de Barclay de Tôlly.
» L'Empereur ordonne, Sire, que vous fassiez partir le général Latour-Maubourg avec le 4* corps de cavalerie et toute la cavalerie légère des 5* et 8* corps , pour qu'il se porte à grandes marches à la suite de Bagration ; faites marcher le prince Poniatowski avec le 5" corps et appuyez-le avec le 8% en marchant dans une direction parallèle pour poursuivre Bagration Tépéé dans les reins jusqu*à Minsk s'il se dirige sur ce point. Quant au général Reynier, il peut suivre votre mouvement en arrière sur la droite éïi continuant toujours d'observer les corps eiinémîs qui pourraient inquiéter Varsovie.* '
» V^ilnsr, le 5 juiRet, à 5 heures du soir. »
Examinons ces deux lettres. L'Empereur dit :
!• Arrivé le SO à Grodno^ il (Jérôme) devait aJtta^ quér sur4e'champ Vennmti et le poursuivre vivement.
D'abord l'ennemi était à plus dé 20 lieues de Grodno ; ensuite la tempête, la perte d'une partie des attelages, la désorganisation de la cavalerie et de l'ar^ tillerie, forcèrent , comme nous l'avons dit , le Roi , aussi bien que Napoléon lui-même , & suspendre les opérations offensives pendant quelques jours. Le reproche de l'Empereur n'est donc pas fondé.
2° Le général Reyni^ et même le 8* ctyrps étaient inutiles à cela (à la poursuite de Bagration) .
Mais alors que signifie cette recommandation , qui
doit diriger toute la conduite de Jérôme, recommandationr si expresse contenue dans la lettre de B^lhier en date du 11 juin : V important est que la droite que vous commandez ne se commette pas contre des forces supérieures, et mancsuvre réunie de position en po-êition?
2f L'Empereur ajoute encore que Poniatowski n^eût- %l eu qu^une seule division, il fallait Ven,voyer ; qu'il n'aurait pas été compromis, puisque Bagration n'avait pas le temps de combcMre ou de manœuvrer, et^ qu'il ne cherchait qu'à gagner du terrain ; puis, quelques lignes plus bas , on trouve ceci : Le prince (tEckmiihl est aujourd'hui, 5, avec une partie de son corps en avant de Vologin , mais ne sera pas assez fort pour arrêter Bagration^ Quoi I Poniatowski avec une division peut sans crainte se commettre avec Tarmée de Bagration, et Davout avec /|0,000 hommes ne peut le combattre avantageusenoent ? Il y a là contradiction évidente. Le dépit de voir le fruit de ses savantes combinaisons prêt à lui échapper explique le mécontentement de Napoléon^ mais était-il juste de s'en prendre à so|) frère des circonstances indépendantes de toute volonté humaine qui faisaient manquer ses projets? .
La dépêche de Bertfaier est plus singulière que relie de U Empereur. . Elle semble écrite tout entière encore en vue de cette idée fixe que Bagration est du côtédeBol-SoIechnikietnon versNowogrodek. Cher-manichkiet Wichnew, où lemajor-général place Platof et Bagration à la date du 5, sont deux points situés à plus de 25 lieues de Nikolaïew mx le Niémen» où se
trouvaient à cette date les deux généraux russes occupés à passer la rivière pour se rendre à Vileika. On Voit dans quelle erreur on était sur la nfiàrche de la deuxième armée de FOuest au quartier impérial.
Cette erreur s'explique , du reste , par le fait suivant, qui dut tromper Napoléon : le corps de Doctorof fit partie de la deuxième armée de l'Ouest commandée par Bâgration jusque dans les premiers jours de juin. A cette époque ce corps fut détaché de cette armée pour être annexé à la première sous les ordres directs de Barclay de Tolly, et prit position entré Lîdâ et Grodno (1).
Maiiitenant , comment concilier cette phrase : Si VÊmpereuf avait voulu vous diriger sur Grodno y Fotre Majesté pouvait aussi bien y aller de Sczycozyn , avec ^et ordre formel contenu dans la lettre du 22 juin du major-général î
Je vous écrirai demain, Sire^ mais /e 25 cm /é 26, *f V ennemi à Grodno est en force inférieure aua> i)ôtreè , attaquez-le et emparez-vou^ de cette ville. Il y à là une nouvelle contradiction impossible à expliquer.
L*Empereur, ajoute Berthier, vous a fait élêvét sut AugustowQ pour gagner trois marches.
Berthier n'eût pas écrit une chose semblable s'il . n'eût été persuadé que Bâgration était près dé Lida et ttôn vers Mostouï ;, car ^ par le fait, plus Jérflttie 6'élevait vers le Nord, plus il s'éloignait de la deuxième arpiée de l'Ouest en retraite alors vers le Sud.
il) Bbulôurtin, pafeS 117 et 15i du tôtté ï**.
E^ aussiB. 151
. Berthiw fait encore le reproche à Jérôme d'avoir dirigé Reynier sur Mostoul. Maia pourquoi ne pas rap^ prôcber le T corps du théâtre déè Opérations, pûiiqaè lis Autrichiens sont enfin sur le Bug en pôsitioâ dé couvrir Varsovie? Quel inconvénient y à-tsl à«e que le commandant de la droite soit k même de ooincéil*^ tarer dans sa main toutes «es- forces pour là lutte qui 8*appréte 7
La dernière partie de la dépêche prescrit dé faire partir la cavalerie des 5* et 8* corps, pour se porter à grandes marches à la suite de Bagration» Cet ordre était déjà exécuté, puisque le &, c'est-ànlire la Veille du jour où cette lettre était écrite, ce mouvement était exk pleine exécution*
Le lendemain, 6 juillet, le major-général, pàf ordre de TEmpereur, ne se contente plus d'écrire au rdi dé Westphalie, il adresse aussi des reproches au géf^é^Àl Marchand, son chef d'état-major gméral , et on reçoit au quartier-général de Taile droite les deux lettres suivantes
« Sire, j'ai mis sous les yeux de l'Empereur votre lettre du 5« La réunion du 8* corps à Nowogrodek n'importe en rien ; ce qui est très important, c'est que le prince Poniatowski, le A! corps de cavalerie légère du général Latour-Maubourg et toute votre cavalerie légère^ soutenue par les meilleurs marcheurs de votre infanterie, talonnent Bagration.
» Le prince d'Eckmùhl doit être demain 7 à Mitisk; il serait fâcheux qu'il eût seul affaire à Bagration, sanA que celui-<û fût harcelé et en garde pour s'opposef
égalisaient à la poursuite du prince Poniatowski et au pripce d'EckmûhU L'Empereur vous ordonne. Sire, de prescrire au général Poniatowski, au général Latour-Maubourg, à toute votre cavalerie légère^ à quelques compagnies de voltigeurs des meilleurs mar-^ cheurs, de se porter à grandes marches à la poursuite du général Bagration. Vous ferez suivre vos divisions d'infanterie en marchant autant qu'elles pourront, mais avec ordre. L'Empereur trouve que Votre Majesté ne met pas assez d'intérêt à avoir des nouvelles, puisque le 5 vous tf aviez aucune nouvelle de la véritable direction suivie par Bagration ; cela compromet l'ensemble des opérations..
» Votre Majesté dit que le général Bagration se porte sur Minsk, mais elle ne dit pas par quelle route ; c'est cependant ce qu'il importe le plus à l'Empereur de savoir.
» ViTilna, le 6 juillet 1812. »
c< Monsieur le général Marchand , j'ai mis votre lettre sous les yeux de l'Empereur. Sa Majesté est très mécontente que vous ne donniez pas des nouvelles positives de la marche de Bagration, et quelle est la route qu'il a tenue. Sa Majesté est fâchée que le prince Poniatowski n'ait pas été mis plus vivement à ses trousses. Il n'est pas question d'aller à Minsk, ni dans tout autre point déterminé , mais il est question de suivre vivement Bagration sur la route qu'il a prise. Vous ne parlez pas plus de lui dans vos lettres que s'il n'existait pas. Le prince d'Eckmûhl doit arriver de-
main à Minsk ; il serait fâcheux qu'il eût seul affaire au corps de Bagration, et que par là le corps d'armée du Roi ne servit à rien dans cette circpnstance importante. Puisque le prince Poniatowski s^est porté sur Novogrodeck, l'Empereur en conclut que Bagratioh a pris cette route. Cela supposé, pourquoi ne faitesvous arriver le prince Poniatowski àrNovogrodeck que le 13, tandis qu'il pourrait y être le 8, et au plus tard le 13, sur Minsk? En supposant que ce soit la route qu'ait suivie Bagration, pourquoi retarder la marche du prince Poniatowski pour attendre le 8- corps à Novogrodeck? Le prince Poniatowski, la cavalerie légère du Roi, le k' corps de cavalerie soutenu de quelques compagnies de voltigeurs des meilleurs marcheurs, et appuyé successivement par les divisions d'infanterie, devaient, à tire d'aile; poursuivre Bagra<> tion sur sa route et le harceler. L'Empereur trouve qu'agir ccHnme a fait le Roi, ce n'est pas faire la guerre, et que c'était à vous à l'éclairer.
»vi^ilna, le 6 JuUlel 1812. »
Voyons cependant ce qui avait été fait par Jérôme, et quelle était sa position vis-à-^vis de l'ennemi.
Le & juillet, la tempête étant apaisée et le mal qu'elle avait causé réparé autant que possible, les troupes des ô* et 8' corps, précédées par la cavalerie de Latour-Maubourg, s'étaient mises en marche pour Novogrodeck, où les'éclaireurs signalaient la présence de Platof et de Bagration. Le 5,. le quartier-général était établi à Skidel. le 6 à Chtchoutschin et le Th
ISA MlillOIRES SUR LA GikMPAGNE DE 1812
BielitAa. Un peu au-dessus de cette dernière ville se trouvait un pwt sur le Niémen ; les Cosaqued^ en se repliant, rayant endommagé, il fallut perdre quek)uâ6 heures pour le rétablir, en sorte que Tannée n'arriva à Novogrodeck qiie le 8, assez tanL Le 7* corps^ qtd avait séjourné le & à Bialistok, en partit le 5 pour prendre position autour de Ghradek, sur la route de Wolkowisk, longeant par un mouvement parallèle celui des trois autres corps de Taile droite^ et se âi&in« tenant à peu près à leur hauteun Le 6, Reynier fut à Brestovitsa^ et le 7 il entra à Wolkowisk, se mettant en communication, par Mostoui, avec les autres corps de Taile droite, par Podorosk, avec les Autrichiens du {^nce de Scbwartzember-g*
Bagration, de son côté, arrivé le 8 à Nowogrodek, ^ il avait rallié les Cosaques de Platof« continua le k le mouvement qui lui était prescrit, sur Wileika« U franchit le Niémen à Nicolaîew, mais apprenant (fo» Davout n'était plus qu'à une marche de Yologin, vil-* lage par où il devait s'engager pour gagner Yileika, il rétrograda le jour même sur Mir, où il arriva le 5, et le 6 il coupa droit sur Nowoï^Swergenn^ afin dé se placer sur la grande route de Slonim à MiAsk, wpé^ faut encore atteindre cette ville avant le prince d'Eckmûhl» U reconnut bientôt ^lu'il devait abandonner cet espoir, et il se décida à se replier jusque spr la Bérèf sina, à passer cette rivière à Bobrouisk, après avoir fait une longue et difficile retraite & travers les fordtê marécageuses de Rondanow et de Sloutsk^ ôar, tiué que nous l'avons fait observer, il lie se croyait paè
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assez fort pour lutter contre Davout, quMl supposait à la tète de tout son corps d'armée, ce qui ii'étcdt paftf et il craignait de voir apparaître à chaque inst&nt left têtes de colonnes du roi de Westphalie, qulétftit effectivement en pleine marche à sa poursuite.
Par conséquent, malgré les retards causés par là lèâteur des Autrichiens, et la tempête qui assaillit Ytàt* mée k Gfodno, malgré les eiforts des Busses pour échapper h la poursuite de Taile droite, Bagration, loin d*êtr« sauvé, était au contraire dans la positioA la plus critique, le roi de Westphalie, loin de le laisser échapper, était sur ses pas, Davout arrivait à Minsk^ Il s'en fallait donc de beaucoup alors que les combinaisons de l'Empereur fussent perdues. Sans la persuasion où Ton était au quartier impérial, qu'une colonne de la deuxième armée russe avait paru Verê Bol-Solechniki et Ochmiana; sans cette erreur qui faisait prendre le C(»*ps de Doctorof, c'est4Mlirè lA dernier de Barclay, pour Tavant-garde ou le premier de Bagration, Napoléc» n'eût pas fait écrire par 16 major-génial à son frère ces lettres de reproches qu*il regretta quelques jours après, quand la vérité hiî fUt bien connue.
Jérôme parvenait très difficilement à se proeufMT des renseignements exacts sur les mouvements de Bagration et de Platof ; on en jugera par le rapport suivant du général Latour-Maubourg, dont la cava^* lerie ndarchait à l'avant-garde. On verra aussi par ed rapport que là cavalerie de Taile droite était loin dd ft^^gér cMtè importante partie de son êérvidê, ainsi
156 MÉMOIRES SUA i'A GiMft>AG?iU DE 1813
que paraissait le croire FEmpereur, mais qu'elle était souvent trompée par tes gens du pays, Latour-Mau^ bourg écrivait :
ce Sire, j'ai Thonneur de rendre compte à Votre Majesté que j'ai prescrit au général Kamienski, copi* mandant la cavalerie légère du 5' corps, d'envoyer un fort parti sur Zoriccial et Waluwka, et un autre sur Mostouu J'ai donné cet ordre au général Kamienski ce matin, avant mon départ de Ghtchoutschin, d'après ce qu'il m'a écrit qu'il avait reçu l'ordre, hier, de prendre les. miens. Je n'ai connu cette disposition de Votre Majesté que par la lettre du général Kamienski. .
» Void les renseignements que j'ai pu recueillir :
».L'ennemi n'est point à Nowogrodek ; depuis six jours, le corps du prince Bagration est en pleine retraite sur Bobrouisk. Le général Platof s'était retiré sur Ivîé, d'où il doit avoir pris la direction de Polotzk, sur la Dwina..
» Un régiment de cavalerie légère de la division Kaniieuski a parcouru tout le pays entre le JMiémen et Slonim. Les Cosaques n'ont pas eu le temps de brûler le pont de Bielitza par l'activité de la cavalerie légère du général Kamienski qui, par un feu soutenu, a éloigné les Cosaques, qui avaient dessein de le brûler. Pendant ce temps, un détachement du 5^ régiment de chasseurs était à Mostoui, où il a pris un convoi considérable de seigle, une ambulance chargée de médica*> ments,etc. Ces différents objets sont ici. Votre Majesté a sûrement eu connaissance de ces différents détails.
» Une brigade de la division Kamienski est partie
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ce matin pour Nowogro^k, passant par Bielitza. li reste ici une brigade qui a des détachements sur Zo« ricciaU passant le Niémen à Orly, où il y a im gué.
» J'ai rhonneur de rendre compte à Votre Majesté que je prescris^ au général Rozniecki de se rendre à Nowogrodek demain, et de pousser des reconnaissances aussi loin que possible sur la route de Minsk, et dans les directions de la Dwina. Cette mesure m^engage à t)orter demain la brigade dii prince Snlkeroski à Bielitza, à moins que Votre Majesté n'en or* donne autrement. J'ai pensé que ces ^nouvements un peu avancés entraient dans les intentions de Votre Majesté»
» Je prescris au général Rozniecki de rassembler des vivres à Nowogrodek et d'y former des magasins. Je c(»Rpte partir demain matin pour Bielitza, siVotre Majesté ne me donne ipas un ordre contraire.
» Je donne Tordre au colonel Hurtig d'envoyer ici, cette nuit, la batterie polonaise la mieux attelée^ et je la ferai marcher avec la brigade Sulkeroski jusqu'à ce que cette batterie rejoigne la division Rozniecki. P » Zoludek, le 6 juillet 1812. »
P. Sf — H Un de mes aides-dc'^camp est parti en poste pour porter des dépêches au général Rozniecki, ^ à Bielitza. J'attends de ses nouvelles ce soir. » -
Ce rapport contenait deux renseignements inexacts. Il disait que Bagration était depuis six jours en pleine retraite sur Bobrouisk, tandis que ce général ne devait commencer ce mouvement que le lendemain.
1(^$ MJ£U0IA£S SUR UL a4IIP4«NB DB 1812
7 juillet. Il faisait partir Platof d'ivié, dans la di^ rçotioB de Pelotzk, tandis que rhetmanB suivait ]^ fortune du commandant en ehef de la 3* armée de rOuest Malgré les indécisions qui devaient être la conséquence de cette difficulté à. connaître la vérité sur la force et la Aiarphe des Russes, Faite <}roite de la Grande Armée française n'en remplissait pas moioi la mission qui lui était confiée. Bagration n*avait ptt percer sur aucun point pour rallier Barclay de Tolly ; Jérôme était parvenu à le miaintenir toujours sur Sft droite. Encore quelques pas , et les colonnes russeï allaient être poussées en queue par toutes les foreM de Taile droite^ et prises en flanc par les troupe di Davout,
yEmpi^eur, impatient à Wilna d'apprendre Ift destruction de la S* armée de TOueat; trompé par do faux rapports qui hii faisaient croire que la téta dt colonne de Bagration avait passé et fe trouvai^ d^}^ bien en av^nt de Nowogrodek ; irrité 1^ la pensée dtt séjour i)ien involontaire du rQi<j[e Westphalie à GrodnOg séjour qui eût été^en effet inexcusable s'il eut été poij. sible de l'éviter; l'Empereur, disons-nous, ne pouvant se faire à l'idée que force avait été de laisser quatre jours Taîle droite dans l'inaction, croyant la concentration des deux armées ennemies prête à s'eiTectuer, ne put se contenir, et prescrivit au major-général d'écrire lettres «ur lettres à 3on fr^r^, à PavQut, à Pooi^tow^ki, pour leur ordonner d^ marcher en avwt, do presser, d'écraser les Bussqs.
Lo 0, le 7f k 8 juillet los dépêches do Berthier, 4e
Napoléon lui-rméme se sueeèdçnt sans interruption : I^e 6, c'est le major-général qui envoie un ordre seeret et d^ renseignements sur Taile droite, au prince d'Eckmûhl : . /
»I1 paraît, Monsieur le ^)arécbal, que le prince Poniatowski est parti le 4. Je lui donne Tordre de presser sa marche et de se réunir le plus tôt possible avec vous. Vous trouverez ci-joint un ordre de l'Empereur que vçits tiendrez secret {i) et dont vous ne ferez usage qu'en ca^ de réunion du corps du roi de Westphalie avçç le vôtre , et si le bien du service T exige. Si par Iw çirconstanees cette réunion n^avait pas liw, voot cossidérerie« ces ordres comme annulés.
» On pense que le prince Poniatowski était hier à Bielitza se. dirigeant sur Novogrodeck à la poursuite de Bagration ; et nous pensons que la route qu'il tient ^t celle de Bagration puisqu'il a toujours eu Perdre de le poursuivre.
» Wilna» le 6 JuUlet iS12. »
I,e 7, l'ISmpereur vm\ que l'on adrasse uni Itt^t en chiffres à Jérôme : -
c< Mon cousin , faites connaître par une lettre en chiffres au roi de Westpbalie la position du prince d'Eckmûhl, hier 6 ; vous la tirerez des reconnaissances
Qi-jointes. ïléitére^i'lui l'ordre d'activer w miarehe ;
(i) Nous donnerons dans le livre suivant cet ordre de TEmpeleur, ordre très important et dont nous aurons il nous ôooufier Içnfuement,
160 Ml^AfOIRES SUR U CAMPAGNE DE 1812
dites-lui que les renseignements qu'il donne sur Bagration sont si imparfaits quMls nous embarrassent ; que s'il sait la marche c^'il a prise , il nous la fasse connaître. Sur ce, etc.
» Wilna, 7 Juillet £812, à 6 heures du soir. »
Le major-général, en exécution de cet ordre, écrit :
« Sire, j'ai l'honneur de prévenir Votre Majesté que hier, 6, le prince d'£ckmâhl était à Bobrowistchi en avant de Yologin, avait ses postes sur Perchai, coupant à l'ennemi la route dé Minsk. Le général Bordesoull3 était à Rosollchki, le général Grouchy au delà de Wichnew marchant sur -les Cosaques qui paraissaient en avant d'eux.
» Des rapports disent que le prince Poniatowski était à Jvïé ayant des Cosaques devant lui.
» Votre Majesté sentii^a dans cette position combien il est impoirtant d^activer sa marche ,. puisque la tête du prince Bagration se trouve arrêtée et coupée.
» Les renseignements que Votre Majesté donne sont si imparfaits qu'ils noua embarrassent ; si vous connaissez la marche de Bagration, faites-^nous^la connaître, cela est très important.
» Wilna, le 7 juillet 1812. »
Une autre lettre de Berthîer, du même jour, arrive au quartier-général du roi de Westphalie presque à la môme heure, la voici :
«f Sire, Vobre Majesté doit avoir reçu mes différentes dépêches dans lesquelles je lui fais connaître qu'elle
doit se mettre sans relâche à la poursuite de Bagration; rintention de l'Empereur est que le général Reynier se tienne toujours néanmoins en mesure de couvrir Varsovie; je prie Votre Majesté xie lui donner à cet effet ses ordres.
» Je viens de donner Tordre au prince de Schwartzemberg de se - porter sur Slonim , et de Slonim sur Nesvij.
» WUna, le 7 juillet 1812. »
Enfin une troisième lettre, également du 7, contient ce qui suit :
a Sire , l'Empereur ne comprend pas comment le prince Poniatowski, parti le 4 , est si en retard. Sa Majesté trouve que vous avez ralenti sa marche sans raison. Sa Majesté parle de deux séjours à donner à ses troupes quand il s'agit d'aller à marches forcées, , puisqu'on en est aux mains et que la tête du corps de Bagration se bat avec le prince d'Eckmûhl. Vous dites qu'on a pris des bagages de Bagration ; mais vous ne dites pas sur quelle route. Sa Majesté lie trouve point vos lettres d'un style militaire. Sa Majesté n'y peut puiser aucun renseignement. Vous devez recevoir les rapports de vos généraux et de vos colonels d'avantgarde ; vous devez, après les avoir lues, les envoyer en original à l'Empereur. C'est ainsi que fait le roi de Naples et que font tous les commandants de corps d'armée. L'Empereur lit ces volumes de rapports; c'est là qu'il puise les renseignements d'après lesquels il dirige ses troupes; il faut même envoyer ceux qui
spnt contradictoires. Votre Majesté a oublié que, dans ses instructions générales, le général Reyijier a toujours pour but principal de couvrir Yarsoviey tout ei) faisant (jijelques marches du côté, de Tenneini. Vous devez donc lui donner des instructions en consér quence, pour s'opposer ^ ce qiie pourraient entreprendre les troupes ennemies de Ija Wolhynie. Vous devez, Sire, presser la tête de votre corps d'armée. Il est inutile que le T corps marche h la hauteur du 5* ; l'essentiel est que votre cavalerie arrive promptement sur la queue de l'ennemi et qu'elle soit appuyée par les meilleurs marcheurs de votre infanterie, L'Empereur ne trouve pas bonne la route que voqs indiauez ; vous faites une route d'étapes, tapdis que vous n'avez d'autres routes à tenir que celle qu'a prisp l'ennemie Vous parlez d'aller à Minsk, ce ne peut être que si l'ennemi y va : en suivant la route de Bagrartion, pouyez-vous savoir que c'est sur MJBsk , qijand lui-même n'ien sait rien, puisqu'il se trouve coppé, et que la position du prince d'Eckmûhl peut f^jre cl^af^-r çer à tout moment sa direction ? Copiment votre cay*» lerie ne harcelle-t-elle pas l'enpemi ? Vptre Majesté ^ auprès d'elle des généraux qui pnt la confiance dp l'Empereur, le général MarcbapcJ et le gépéral L^j-touTr Maubourg ; le prince Poniatowski est également un bpn officier, dont vous ne tirez pasa-ssez de parti; yous devriez le mettre rapidement à la poursuite de Bagr,a* tion. Enfin dans quelques lieux que se trouve Bagration vous devez le suivre. S'il rentre enWolhynie, vqus devez le suivre en Wolhynie, et partout pù \\ se dirigera,
toit iBor Bobr<NJîBk ou toute autre part. Votre Msye^té doit eepepdaot toujours observer de 6e tenir coufitam'^ moDt eu communication avec TEmpereur pour rece^ vpir de« ordre» eu cafi de circon^tancea imprévuei»* f^ m puis que vous répéter, Sire, d'envoyer h TEmpe** f«ur tou9 le« rapports originaux qui vous parviendront des avant-posteei^ On tire même, h la guerre, des ren^ MÎgoeOiwts précieux des rapports contradictoires; lea deux ou trois jours que les troupes de Votre -M^ je9i4 ont perdue peuvent sauver Bagration,
p Wiina, b 7 Juillet iM2. »
Nous avons dit plus haut d'où provenait Fimpatifflice de l'Empereur. Ces reproches, ces recommandations, ces ordres réitérés avaient une seule et uni« que cause • l'erreur dans laquelle on- était tombé au quartier impérial en prenant l'gn des corps de Bar* elay pour la tête de colonne de Bagration» Expliquons maiiiten«iit ce qui venait de changer si subitement le rôle de Beynier et de Schwartzemberg, pourquoi on arrêtait tout h coup la marche du premier pour le laiire rétrograder sur le Grand Duché , tandis qu'on pestait en avant età sa place, le second*
I^ Roi de Westpbalie avait signalé à son frère la t«[idancedes Autricbienslb rester dans le Grand Duché et fiur les bords (te la Vistule; l'Empereur, tout en fei-gnant de croire à la boime foi* aux bonnes dispositions des Autrichiens , s'en défiait ; il venait d'apprendre d'une manière certaine que les forces russes prenaient draa le wd du thé&tre de la guerre un accroissement
assez considérable pour donner des craintes sérieuses et menacer la base d'opération de la droite, il n*hésita plus à confier la défense de cette ligne à des troupes sûresr e\ à rapprocher celles qui offraient moins de garanties de fidélité de Panriée de Jérôme. Il ne soupçonnait nullement le prince de Schwartzemberg de mauvaises intentions, mais bien soi troupes.
Dans sa troisième lettre en date dU 7, le prince de Neuchâtel dit qu'il ne comprend pas comment Pùnia» towsh\ parti le A, est si en retard. Expliquons encore d'où vient Terreur de Berthien Poniatowski se trouvait à la date du 7 près de Nowogrodek, il n'était donc pas en retard par le fait; mais pour le quartier impérial qui voyait toujours Bagration sur la route de Minsk par Smorgoni et non sur la route de Minsk par Nowogrodek, le commandant du 5* corps était beaucoup au-dessous du point où, fort à tort, on aurait voulu le savoir. On ne comprend pas davantage ce reproche: Pourquoi votre cavalisrie ne harcdle-t-dle pas l'ennemi? Avant de harceler l'ennemi, 41 fallait l'atteindre. Pour t*atteîndre il fallait gagner Nowogrodelc par des chemins détestables, avec de la cava-* lerie et de l'artillerie, dont les chevaux avaient beaucoup souffert ; une distance de plus de quarante lieues séparait l'aile droite de* l'armée de Bagration» Gomment Jérôme aurait-il donc pu se trouver avant le 8 ou le 9 en présence des Russes?
Le 8, l'Empereur écrivit lui-même au roi de Westphalie:
« Mon frère, je reçois votre lettre du 7 à neuf heu-
EN BUSSIE. 165
res du soir. Le général LatomvMaubourg doit avoir avec lui , non seulement sa cavalerie légère , mais aussi toute sa cavalerie et son artillerie légère. Ceçt ainsi que marchent les généraux Montbrun, Nansouty, Grouchy et le roi de Naples. Il faut même y entremêler, quand cela est possible, quelques compagnies de voltigeurs. Si le général Latour-Maubourg avait eu à Nowogrodek, ' avec sa cavalerie légère, ses cuirassiers et son artillerie légère, il aurait pu faire du mal à Tennemi. Poursuivez Tennemi Tépée dans les reins. Le prince d'Eckmûhl doit être à Minsk.
» Wilna, le 8 juillet, à minuit »
Le 7, Reynier avec le T corps était à Wolkowisk en coDMnunication^ avec les 5* et S' corps et avec les Autrichiens. Le 8, à trois heures du matin, ses troupes quittèrent Wolkowisk pour se porter à Zelva sur les bords d'une petite rivière du même nom, à un^ marche de Slonim. Le 9, son avant-garde entra dans cette ville et le 10, toutes ses forces s'y établirent. De Slonim, cet officier-général envoya de fortes reconnaissances eH avant , sur Neswij , à sa gauche vers. Nowogrodek. Il apprit par elles que Bagration occupait encore Mir et Nesvij et que l'armée de Tormassof organisée en Wolhynie semblait vouloir prononcer son mouvement offensif du côté de Pinsk.
Ainsi, vers le 8 juillet , la position respective des armées belligérantes de ce côté du théâtre de la guerre était la suivante.
Les 5* et 8* corps avec la cavalerie de Latour-
Mauboarg à ]?îowogrodek, sous ïeô ordres îmiftédiàts du ï-oî de Westphàlie } le ?• corps sous ffeymeff à Stdnîm à deux marchés et sur la droite de Notêo'grodek ; les Autrichiens à Textrême droitef eti avàût du Httg ; Davout à une étape de Minsk.
Bagration, au contraire, après avoir essayé inutilement de pericer vers te nord , après avoir passé et repassé le Niémen, se concenti-ait à NesvîJ, ayàitt sofh arrière-garde couverte pat les Cosaques dé î^làtôf , AKiir.
On le voit par ce réstrtoé stccînct, lïoii i^ërtiéîtft la^** armée de Touest tfétait psfcg sattvéé', ftialgré ses manœuvres habiles pour rejoindre la droite des Eusses, mais efle se trouvait plus compromîse qtfe jamais, puisque rien ne sèmbï'aît pouvoir etrip'êéher Jérôme et Davouf , qui aïlàîent se frouver f éunîs, de combiner leurs efforts pour l'écraser avec dés tofteà supérieures.