CHAPITRE XXVr
monticule de Fontarabie » et se glissant par les pentes et les habitations situées entre les boulevards et le cimetière de Mont-Louis , dans les vieilles carrières des Amandiers entre Mont-Louis et Ménil-Montant; ce qui suppose un excès d audace dans l'attaque , et de faiblesse dans la dé^ fense. Malheureusement il n'en est pas ain$ide la gauche. L'intervalle entre les escarpemens de la butte Beauregard etie canal de l'Ourcq , offre une plaine d'un kilomètre difficile à défendre , quand l'ennemi est maître de Pantin et du contrefort entre Romainville et Pré^Saint-Gervais. 11 peut alors, sous la protection de ses batteries , y jeter des massés ^ et par la gorge des Maisonnettes , attaquer le flanc gauche de Belleville , entre les buttes de Beauregard et de Chaumont, se déployer sur cette dernière butte, et se porter par le chemin des Moulins , sur las sommités qui dominent la rue Basse de Belleville et les boulevards extérieurs.
La butte de Chaumont , isolée entre la plaine de la Villette et la gorge qui descend de Belleville à Paris, étant séparée des boulevards extét*ieurs par un terrain bouleversé par l'exploitation d'anciennes carrières , n'est point une position d'armée. C'est y à proprement parler , celle d'une réserve destmée à soutenir la butte Beauregard , et à protéger la retraite des troupes dans Paris.
£n résumant ce qui.précède, on voit que le
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plateau de Rosny et la butte Chaumont offrent deux positions défensives susceptibles d'être Ti- Tement et successivement disputées.
Position de La position de Montmartre considérée dans
Montmartre à ii w i i, i •
la gauche. SOU ensemble , )s étend , comme on 1 a vu , depuis le faubourg extérieur de la Cbapellé jusqu'^ celui des Batignolles , sur un développement qui , mesu^ ré par les crêtes ,-a près de 2 kilomètres et demi ; mais dans cette position , lé centre , la gauche et la drpite forment, en quelque £aoon, trois posi-» lions distinctes.
Celle de droite , appelée butte des Cinq-Mou* lins ^ s'étend sur un développement de plus de 800 mètres de la Chapelle à Clignancourt , comme une courtine élevée dont ces villages forment les saillans. La route de Paris à Saint-* Denis, le chemin qui joint les villages en avant de la butte , celui qui règne sur la butte même et les boulevards extérieurs , permettent à toutes les armes d'y manœuvrer librement.
La position du centre est formée par la crête élevée de Montmartre sur laquelle on voit le village de ce nom.' Mesurée dç Test à Touest , elle n'a pas moins de 900 mètres de développement ; mais du sud au nord , elle se rétrécit tellement , qu'elle n'a pas lop mètres d'une surface de ni-^ veau. Ce n'est, pour ainsi dire, qu'une arête surlaquelle les buttes des Moulins et le chemin qui les unit , sont bordées de part et d'autre par
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des pentes plus ou mpias rapides. Sur celle du nord , des escarpeoqiens , des maisons , des ter^ rasses séparés par des ràes étroites et d'une pente rapide , offrent mille moyens de résistanee. La crête est inacce^^ble k ToMiesjL; à l'est, d'autres escarpemens ae laissent d'accès que par un ehet min roide et de peu de largeur, qnij ^'aiUeura aboutissant à Clignancourt , unit le centlre à la droite, et ne devient pratîc^t»le à l'ennemi qu'at près qu'il s'est au moius rend» maître de jge vijr lage. Du côté de Paris, h hauteur offre ans» de» escarpemens ; mais l§$ anciens chemins et la nouvelle rampe , dopu^pt toitt^g les facilités désirar bles pour porter à $Qf^ sommet les troupes et Tartilleri^ nécessaires à la dépense,
La position de gauche s'étepd depuis les escar-r pemen^ qui terminept i l'est la crête élevée de Montmartre jusqu'à renil>raQchei)[ieiit des routes qui , dp faubourg de BatignpUes descendent k Clichy et ^ Saint-Ouep. Le$ deux points saillans de cette position sont foripés par le fauboiu^g des BatigpoUes , situé en avant des escarpefiaèus de Montmartre , et par les mapotelons de la butte des Gardes , d'où s'incline en pepte douce une large croupe qui se perd vers la Setne au-dessous de Clichy. Entre ces saillans , les buttes des TroU Moulins et des tertres provenant du déblai des carrières , dessinent une espèce de courtine d'itnviron 600 piètres. Un chemin cpii part du faubourg
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des Batignolles , passe eu-deçà des Trois-MouHns, se divise en deux branches dont une se dinge par la hutte des Gardes et traverse Glignancourt, et Tautre va gagner le chemin transversal tracé à mi-côte entre la crête de Montmartre et les boulevards. Ce chemin et ces boulevards unissent la gauche au centre et à la droite , et sous ce point de vue établissent l'unité de défense , autant que le permettent les pentes et les escarpemens d'un terrain bouleversé par une exploitation de car** rières de plusieurs siècles.
On voit assez d'après cette description quelles ressources peut offrir la défense bien combinée deMontmartre.Sa force naturelle est telle , que gardé par de l'artillerie et des troupes établies d'avance , on ne saurait admettre qu'il puisse être enlevé autrement que par surprise. Occupé faiblement , ou à la hâte , par un général qui n'aura pas eu le loisir de l'étudier , on sent qu'une attaque peut réussir , surtout si l'ennemi , maître de St.-Denis , ou seulement des routes qui se dirigent de cette ville sur la Chapelle , et de St.-Ouen sur les Batignolles, marche à-la-fois sur ces deux faubourgs , menace de Clignancourt le centre de la position pour en aborder la droite et la gauche , qui opposeront peu de résistance après la chute des villages situés sur leursr Hancs.
Ce coup*d'oeil suf&t pour montrer le parti