CHAPITRE XXVIIJ
Les Précis de la Seine et de police se rendent wec une députaUon du Corps municipal au quartiergénéral des Alliés ^ pour réclamer la consers^a- (ion de la Garde parisienne. — Entrée des Souverains à Paris. — Révolution du3i mars., — Déclaration de V Empereur Alexandre. — Me-sures prises pour le service intérieur de Paris. Déclaration du Conseil municipal. — Acte de déchéance de l'Empereur Napoléon j prononcé par le SénaJL — Gouvernement provisoire.
— Adhésion du Corps législatif à l'acte de déchéance. — Mesures régulatrices de la résolution prise par le Gouvernement provisoire.
XJE départ du Gouvernement avait laissé Fautorité civile entre les mains des Préfets de la Seine et de Police, et cette autorité, suspendue par rétat de siège et d'hostilités où la ville était placée , allait reprendre sa force par le départ de l'armée et de la garnison.
Pendant et après cette retraite , et jusqu'à l'entrée des Alliés , il fallait pourvoir à la sûreté de
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la Capitale , avec la garde nationale et les faikled corps des sapeurs-pompiers et de la gendarmerie municipale. Le premier avait à redoubler de vigilance contre Tincendie qui pouvait devenir à la fois un signal et un moyen de désordre et de pil lâge. La gendarmerie suffisait à peine à la garde du Palais de Justice et au service spécial de la préfecture de police; le reste du service , dans l'intérieur et aux barrières roulait sur la garde nationale sous les armes depuis dix heures du matin , et qu'il importait de tenir jusqu'stu lendemain tout entière sur pied. En effet , il fallait contenir , aux barrières et aux brèches de l'enceinte , les cosaques et les troupes irrégulières qui cherchaient à pénétrer dans Paris par dessus les palissades ; prévenir ou réprimer les excès des maraudeurs et des gens à la suite de l'armée qui réclamaient leur part du butin qu'on allait , disaient-ils , abandonner à l'ennemi; empêcher et dissiper les rassemblemens des gens sans aveu ^ et d'une foule de malheureux réduits à la misère par la guerre et la stagnation du commerce et de l'industrie.
Le duc de C'était dans ce moment difficile que la Garde
CoDeslisuo re-
met le com- parisieunc allait perdre le chef qui jouissait à juste
mandera, de la . , ^ ^'-i /y>.*»t i
Garde parisi- titrc dc sa contiaiice et de son anection. Un ordre
enne au duc • / .*rii* *.i i i à^ i * « «
de Montmo. impcratii Obligeait le duc de Conegliano a suivre
'^«ncy- l'armée. Par le départ des aides-majors-généraux
plus anciens de grade ou de nomination , il ne
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restait saus les ordres immédiats du Maréchal que le duc de Montmorency et le chevalier Allent, chef de l'état-major. L'ordre du tableau désignait le premier pour le commandement ; son nom et son caractère convenaient aux circonstances; pomi;aiit il lui manquait l'habitude du service. Le chevalier Âllent qui en faisait le détail depuis For^ ganisation , avait également Tordre de se rendre à Blois avec le Conseil d'Etat , et cet ordre , en le tirant d'une position délicate , le dispensait de conserver, sous un chef de grade inférieur^ des fonctions qu'il avait remplies sous un Maréchal. Toutefois le duc de Conegliano se déterminant par « la nécessité d'assurer le sèn^ice de la garde » nationale en lui laissant celui de ses chefs qui en » avait la tradition , » invita ce dernier ( i ) à rester au poste que la situation critique de Paris rendait le plus honorable, et lui remit le commande* ment. Le chevalier Allent en réclama l'honneur pour le duc de Montmorency ; mais il offrit d'eu partager les chances , et de continuer les fonctions de chef d'état-major : cet expédient conciliait tout. Un ordre du jour , ou plutôt de la nuit, annonça à la garde nationale ces dispositions, leurs motifs et les regrets du Major-général. Ce vieux guerrier partit ensuite avec le duc de
(i) Ordre da 3o mars au soir.
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Trévîse , navré de laisser l'étranger au cœur de la France , et Paris à sa merci.
Toutes les mesures prises par le duc de Conegliano ou son chef d'état-major , pour le service de la nuit , furent exécutées. Sur quelques points , l'ivresse ou la fatigue des tambours de planton empêcha les ordres de parvenir ; sur d'autres , il survint des incidens que les ordres n'avaient pas prévus; mais le zèle et l'intelligence des officiers et des gardes nationaux remédia à tout. Aux Tuileries , le chef du poste , de concert avec l'architecte , lui-même officier supérieur de la garde nationale , prit les dispositions nécessaires pour conserver et défendre au besoin le Les détenus châtcau. Daus quelqucs prisons , les détenus proî»risoM*Xr- fitèrent pour s'échapper de l'intervalle <î|ui s'échappe' **" coula entre le départ des posteç de la ligne et l'arrivée de la garde nationale. Elle ramena les uns et contint les autres ; les maraudeurs et les gens à la suite de Tarmée furent conduits ou dirigés sur ses colonnes; les cosaques qui pénétrèrent par dessus les palissades furent, suivant la consigne , saisis à Tinstant même et sans bruit , et gardés en lieu sûr jusqu'au lendemain. A l'intépatrouUies rîeur , dc continuelles patrouilles prévinrent les rassemblemens. Beaucoup de maisons étaient barricadées , et dans presque toutes les habitans conservaient de la lumière jusqu'au, dernier étage : le moindre bruit attirait aux croisées les