‹ Mémoires pour servir à l'histoire de la campagne de 1814 (volume 2)Chapitre 67 sur 107 · CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX

après avoir parcouru tous les rangs, se plaça au milieu de la cour , et donna Tordre d'y réunir les plus anciens officiers , sous-officiers et soldats de chaque compagnie , en forma un cercle autour de lui , commanda leur attention par un ban , puis leur parla en ces termes :

« Soldats! Tennemi nous a dérobé trois marches » et s'est rendu maître de Paris ; il faut l'en chas- » ser. D'indignes Français , des Emigrés auxquels » nous avions pardonné , ont arboré la cocarde » blanche et se sont joints à nos ennemis. Les lâ- » ches! i]srecevrontleprix de ce nouvel attentat. » Jurons de vaincre ou de mourir , et de faire }> respecter cette cocarde tricolore qui , depuis » vingt ans , nous trouve dans le chemin de la » gloire et de l'honneur. »

Le cercle et la troupe prononcèrent à J'envi ce serment.

Après cette courte harangue , l'infanterie dé* fila au pas accéléré et fit place à la cavalerie qui salua ri^mpereur par les acclamations d'usage aux jours de péril et de cérémonie.

Ce qui a été dit de cette revue dans les journaux tet les pamphlets du temps , est de la plus insigne fausseté. Jamais Napoléon n'a promis le pillage de la Capitale à la Garde : cette proposition l'eût révoltée. Jamais l'armée n'a eu le moindre désir de vengeance , le plus léger sentiment d'animosité contre les Parisiens. L'opinion ^éné-

•onne.

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rolement reçue était au contraire que, si la Capi« taie n'avait pa$ dlé vendue à Tennemi , la plupart de ses babitaus auraient pris les armes et com-f battu avec sèle à nos côtés pour l'en éloigner. LaGardese Vcrs %\\ heures , toute la Garde se mit en moii^ parte sur - ygnient sur Essonuo. Obligée de filer par la route qui traverse la foret de Fontainebleau , sa marche se prolongea fort avant dans la nuit qu'édairail un beau clair de lune; elle avait, je ne sais quoi de mnjesluaui( et de solennel : un profond sLlence régnait dans les colonnes ; Ton n'enteur <Iait qu'un cliquetis uniforme de sabres et d« baïonnettes ; d'austères réflexions préoccupaient ces soldats échappés a tant de batailles et dont les regards sévères et sombres^se fixaient par intervalles sur plusieurs batteries d'obusiers qui marchaient au milieu d'eux , suivies de Télite de 'l'artillerie. L'esprit frappé du serment qu'ils avaient prêté le /matin, et du souvenir de vingt ans de victoires , ils s'apprêtaient dans un ra^ eueillemënt héroïque, à terminer leur carrière devant les murs ou sous les décombres de la Ga^ pitale* Erreur sublime! que la patrie a désapprouvée , mais qui mérita des éloges de Ven^ nami même.

Le quartier impérial devait être transféré ^ Ponthierrj , mais il fut porté à ISouUgnon 00 Ton marqna le logement de TEmpereur.

L'infuUerie prit position A Boi$sÎ8a4e*R0i , aut

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