‹ Mémoires pour servir à l'histoire de la campagne de 1814 (volume 3)Chapitre 11 sur 109 · CHAPITRE XVI. 3l · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI. 3l

tricliîens. Le comte Géraixl le disputa jusqu^à onze , qu'il se retira d'abord derrière le pont de la Seine , puis dans le faubourg Saint-Jacques , d'où il envoya proposer au comte de Wrède d'évacuer la ville dans six heures; mais celui-ci afTec-' tant le langage impérieux de Napoléon , n'en accorda qu'une.

La retraite des troupes du duc de Reggio s'effectua dans l'ordre prescrit. Dès que le comte Milhaud entendit la canopuade, il Ion* gea la rive gauche.de la Seine , tourna Troyes^ et alla prendre position sur le chemin de Pa« villpn à hauteur du comte de Valmy , qui s'était placé sur la grande route de Paris. L'infanterie du 11^ corps resta à la tête des fau^ bourgs.

Le prince Eugène de Wurtemberg s'aperce-* yaht que l'intention des Français n'était pa$^ de défendre la ville, mais bien de couvrir la retraite , fit avancer son infanterie sur la grande route, comme s'il eût voulu s'introduire dans la ville par la partie orientale. Le général Gérard devinant ses intentions,- passa aussitôt le second pont de la Seine , et se retira après l'avoir fait barricader dans le fiiubourg St.'^Mai'tiil* Au même moment l'iuÊoiterie du général Molitor tourna Troyes , et prit en colonne de marche le chemin de Pavillon»

Cependaut le cercle d'investissement s'était

resserré; des batteries placées à Tentrée deê faubourgs avaient déjà lancé quantité d'obus dans la ville* Sommé pour la seconde fois, le comte Sebastiani prévint qu'on évacuait; et la* cessation momentanée du feu permit à la garnison de sortir saine et sauve.

Les différentes barricades qu'on avait cons« truites retardèrent la marcbe de l'ennemi, et l'on se croyait hors de danger , lorsqu'un incident indépendant de la volonté du général en chef 9 faillit mettre en déroute toute l'armée.

11 avait été prescrit au duc de Reggio, de laisser une forte arrière*garde en avant de la Chapelle-St.-Luc. Soit oubli , soit qu'une telle précaution lui parût inutile , cette disposition n'eut pas lieu. Tous les corps suivaient en sécu- •rilé l'ancienne et la nouvelle route de Paris , quand tout-à-coup la cavalerie bavaroise parut dans la plaine de Malmaison sur les derrières de celle du comte de Valmy , qui était en colonne de marche. Surprise à l'aspect de l'en- -nemi, elle croit que l'arrière-garde a été défaite, se débande et s'enfuit , sans que les efforts de ses généraux puissent la rallier autre part qu'au Grez. Si l'infanterie n'avait pas tenu ferme, le baron de Frimont serait entré d'une haleine à Nogent. Cette échauffourée coûta 4oo hommes, perte d'autant plus sensible que c'étaient pour

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