CHAPITRE XVIll
qui avait vu sa gauche rudement assaillie , n'eût . inféré de ce prélude , que Tarihéé a] lait déboucher dans la plaine , et perdu un temps précieux à donner le dernier soin à ses dispositions.
La bonne contenance du comte Sebastiani l'entretint dans son erreur jusqu'à 2 heures , et ce fut un coup de fortune. Le corps du prince de la Moskowa et la garde effectuèrent le passage du défilé en bon ordre : toute l'armée même aurait eu le temps de se retirer; mais Napoléon, craignant d'être serré de trop près , jugea plus à propos de disputer le passage de l'Aube. 11 ordonna à cet effet au duc de Reggio de défendre n charge le avec ses trois brigades venues d'Espagne , les de di8^put?r^îe avenues d'Arcis , et lui enjoignit de s'établir le fx^e! ^^ plus solidement possible dans cette ville. En exé*cution de cet ordre , la brigade Montfort occupa le faubourg que traversent les routes de Lesmont et de Troyes; le général Maulmont garda celui de Méry ; la brigade Chassé fut placée en réserve. La division Rothembourg, qui avait escorté le parc , arrivant sur les entrefaites , prit position sur la rive droite de l'Aube , de manière à recueillir au besoin ces trois brigades. Pendant ce temps , les sapeurs détruisirent le pont de Yiliette, et construisirent des barricades avec des charriots aux principales issues d'Arcis.
Le généralissime s'aperçut enfin que son ennemi allait lui échapper. Il n'y avait pas un
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moment à perdre pour entamer son arrièrie-garde; mais s'attendant h être attaque, il avait pris le matin toutes les mesures imaginables pour rece* voir le choc , sans avoir eu Fidée d arrêter un plan de poursuite.
« îe^AïuST ^^ convoqua à la hâte , sur les hauteurs de MesgniMa-Comtesse , les commandans des corps d'armée ; et la , après une longue délibération ^ il fut résolu que le comte de Wrède lancerait à la poursuite des Français une brigade de cavalerie et une batterie légère , tandis qu'avec .le reste de ses troupes il passerait TÂube le plus promptement possible , pour se porter entre Donne* ment et Dommartin» La division de cavalerie légère de la garde russe , qui se trouvait déjà sur la rive droite, fut mise sous ses ordres. Une division de grenadiers russes dut le remplacer sur les hauteurs de Ghaudrej , et une autre fut dé'^ signée pour s'établir sur les hauteurs de Mesgnil^ la-Comtesse. Une division de cuirassiers fut deS'^ tinée à les soutenir^ et le reste des réserves eut ordre de se mettre en marche sur-le-champ pour aller prendre position derrière la Voire , soutenir les Bavarois , et couvrir au besoin la ligne de retraite.
On prescrivit au prince royal de Wurtemberg et au comte Giulay, d'attaquer Ârcis sur trois colonnes , tandis que les grenadiers russes s avan^ çant de MesgniMa-Comtesse et de Chaudrey sur
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le flanc gauche de Napoléon , attaqueraient le Grand-Torçy.
Tout aussitôt le comte de Pahleu , avec la cava- d'Ard^^r lerie du corps de Rajefski, poussa vivement les i«*^iii«»' escadrons français , qui se repliaient en échiquier <les hauteurs de Nozay, pour aller repasser F Aube au pont de Yillette : la brigade qui formait le dernier échelon fut vigoureusement chargée par les hussards d'Olviopol , qui lui firent des prison^ liiers. *
Les trois colonnes d'attaque du prince royal de Wurtemberg, précédées des réserves d'artillerie des gardes russe et prussienne , et soutenues par la 3® division de cuirassiers russes, arrivées sous Ârcis, engagèrent une canonnade des plus vives. Le duc de Reggio se voyant menacé par toutes ces masses , désespéra de se maintenir dans ce poste , et fit des dispositions de retraite. Les coups convergens des batteries ennemies faisant tomber des rangs entiers de seconde en seconde , amenèrent du désordre sur les ponts , où Finfanterie voulut passer avec la cavalerie.
On a peine U concevoir comment les Alliés , témoins de l'embarras des Français , ne combinèrent pas mieux leurs efforts pour enlever cette arrière-garde. Leyrs tirailleurs , logés dans les premières maisons du faubourg de Méry, n'ayant pas été soutenus à t^çmps, en furent chassés par le i o® léger ; mais ce succès momen-^
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tanë retarda peu la marche des autres colonnes ; il fallut céder la ville et repasser le pont. Un combat très-vif s'engagea à ses abords: le général Levai y fut blessé; le général Maulmont eut un cheval tué sous lui. La tête du pont fut en un instant obstruée de cadavres, de sacs* et d'armes. Le général Chassé , sur le point d'être pris , saisit une caisse de tambour, battît la charge, et à la tête d'une centaine de vieux soldats du 1 6^ légier et du aS^ de ligne , repoussa les tirailleurs alliés , débarrassa le passage et donna le temps de former sur la rive droite de l'Aube les troupes déjà passées.
Le duc de Reggio s'établit à Chêne , à l'embranchement des trois routes , à portée de soutenir la retraite de la brigade Maulmont , laissée dans le faubourg pour protéger la destruction du pont.
Vers 9 heures du soir , le reste des* troupes du duc de Tarente arriva à Ormes; le bruit de la canonnade leur fît hâter le pas : elles avaient cheminé depuis St.-Satumin jusqu'à Plancy sur des levées, pour ainsi dire impraticables entre des marais , et s'établii^ent harassées de fatigue , le 11® corps à Ormes , et le 2^ à Viapre.
L'Empereur avec sa garde , alla coucher à Sommepuis , échelonné à Mailly par la cavalerie du comte St.- Germain.
Le gros de l'armée alliée s'arrêta devant l'Aube ,
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mtle diamp de bataille quVlle veDait de gagner; le comte de Wrèdè ajrant passé la rivière à Lèsr mont i marcha toute la nxiit pour arrirër à €hal^ lettCé'La cavalerie légère de la garde rtis$e la
franchit à Rameru ^ ay^fntdes aVant-postes à Yinet et Luistrev ; ■ . .
Ainsi se termina ce combat de deilx jours , où la confiance présomptueuse et l'opiniâtreté de l'Empereur exposèrent son armée à une ruine totale. Sa perte a été évaluée à 3 pièces de canon et 4^200 hommes, dont 800 prisonniers. L'én-^ nemî n'a point encore fait connaître la sienne ; m^is on a lieu de la croire aussi considérable , puisque , dans la journée du ao , celle du seul boips austro-bavarois s'élevait à 224 officiers et ^iO00 sous-officiers et 'soldats hors de combat. U parait inconcevable à tous les militaires , qu'un capitaine aussi consommé dans l'art de la guei^re que Napoléon , ait pu prendre ainsi le change sur la véritable situation de son adversaire. La connaissance qu'il avait du caractère du généralissime justifiait en quelque sorte l'opinion qu'il se retirerait sans combattre; mais quel autre motif que le vif désir qu'il en conçut , poutait lui feire supposer qu'aune armée dont la retraite était volontaire, se repliait en désordi^e , et qu'on déboucherait impunément devant elle par un défilé aussi dangereux? U fut fort heureux que le prince <le la Moçkowa et le comte Sebas- 2. 6
tiani ne partc^geassent^ pas son assurauce lors^ qu'il leur ordonna la :2i d'atta^er et de renverser l'ennemi sur la route de Troyes; car si, dans ce moment, au lieu de conserver les troupes en masse, ils eussent déployé et engagé Tinfante* rie, tout était perdu. L'armée accablée par le nombre, acculée à F Aube en combattant, atirait sans doute été écrasée , et le duc de Tarente ne se* rait arrivé sur la rive droite , que. pour être témoin de son désastre et en recoeîlUr les débris. Afois si l'armée frazi^çaise açcy^e Napoléon de l'avoir inn-^ prudemment jetée dans un abime , le généralissime en le laissant écbi^ppcir lorsqu'il avait si beau jeu de punir sa témérité , a encouru égale* ment les justes reproches des Alliés , dans cette circonstance où ses dispositions^ indépendantes du conseil , ne demandaient que le coup-d'œil. Les Alliés ]^e 22 mars au matin, incertain encore de
marchent êur . , . .
^'^17- la route que prendrait son adversau^e, il eut d'^ord l'intention de se concentrer sur la rive droite de l'Aube , derrière le ruisseau de Puy ; mais ayant appris qu'il se dirigeait sur Yitty, il se décida à se mettre en rapport avec Cf tte place , tant pour assurer ^oti fbnc droii , que pour couvrir sçs communications avec l'armée de Silésie. 11 poussa donc le corps austro-bavarois sur les hauteurs de Gorbeil, àé^ tachant le comte Oscherowski à Metiercelin.
Le coml;e. de Wrè^e auirait pu avec le gx>os de
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mn eotpi donner sfa<t l'ârmee française ^ si I0 prince en lui ordonmiit àt s^'en Jtp^rocbter > fie liii eût expndiséioetit dékïnâa àc s'etig«ger d^e elle.
Les WorteftilMt^^siltfi et le <^t^ de ittyefnki^ après aroir |M«Bië TAdkf «ur un pimt jeté ati^ dessus de Cl^udrey , dièreM prendre p<D^fitioii ji Dampieri^ et à iiu^re y ^a?0rt9 pdr dett£ bf^ ^[ades de tèAPêikmjs lé^è^.
Au point éa \otit., le cofiM^ ôialay^ isiaitre d'ArciSy vouflM en #éttibltr k pdât; fn^is pen-^ 4}â<it la nuit , ie d^c de it^gio «tdit |»1^ to»^tes ses mesures pmtt* délJBndfe le pftssâgé^ et hérissé de batierî^ la me ^ti«hc^ de l'Âube , depuis Ormes jits^'à TWc^^* Les teviiàiît^ des Atftrichiens furent déjmiées par uti feu fit et b^ft dirigé , qu« Ift bi^îgade M«râIffî€Wt étak*e«il»t j&sqû'k
1 1 lie!ttt*«s du séi^ ^elte yefé^^Vfk iâi Clréne«
Le duc -de TGttén^st¥m ie§ 2* et i i** ^orps d'ki- ËEinterie ^ tes^ 3^ et «6^ dè^ e^talèi^ie , dt UUe partie dé celle <k k ^t*di m^ê UiotAeutatiéttient sou^ sies ordres { fm^ à» t^mp 4'<ftmè^ sui' les kantei^rs de Dosndu ^ loÈimsmti^th conti^e le comié Os^k^ roiivski qui ViSak à ^itoupei* 1» ^dtite de Vilry , c* le tint en éisi^t^ ïé i^este ^e 1à fdti^i^këe.
UEmpetldnV é¥éë té9 tMtlM^ de se âm^ , Tentative de. ^ • ' 1 li/r ' J 17 • • Français sur
après avoir passeia Marne au gue de Frigmcourt , vitry. chai^ea le prince de la MosLowa de sommer Yitrj. Ce BUireGhai s'approcha de la place avec lai
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division du général Lefol (i), soutenue des deux divisions de dragons du comte Milhaud, âomtha le commandant et fit des démonstrations, d'attaque ; celui-ci d'abord intimidé , demanda qu-on lui permît avant tout d'expédier un officier au quartier-général des Alliés. On n'eut garde d^accepter sa proposition; et une seconde sommation accompagnée de menaces t ne produisit d'autre effet que de déterminer le commandant à faire son devoir. L'intention de Napoléon n'était pas que Ton tentât un coup de main; car bien qu'il ignorât que la place renfermait une garnison de 4»Soo hommes, pourvue dé 4i bouches à, feu, il la croyait à l'abri d'insulte. Les troupes bivouaquèrent hors de portée de son canon, à Blacy et Vitrj-le-Bnilé. L'Empereur avec la vieille garde, coucha à Farémont. Au reste , son mouvement ne fut nullement inquiété. La résistance de la place de Yitry , à laquelle on devait en quelque sortç s'attendre, acheva d'ouvrir les yeux à l'Empereur sur sa situation.^ Convaincu que la manœuvre dont il s'était promis un brillant résultat , n avait échoué que par la faiblesse de son armée , et ne se dissimulant pas la difficulté d^ tenir la campagne tc^nt que le généralissime serait concentré ^ il résolut, au
(i) Le général Lefol avait pris le commandement de la division Janssens , en remplacement de cet ofBcier-géaériil blessé le 90 à Arci.<»;