CHAPITRE XVIIK
chevau-légers bavarois parvinrent à Farrétèr; et soutenus bientôt par toute la cavalerie austror bavaroise , les trois divisions de cuirassiers russes et un escadron de la garde prussienne , ils prirent une attitude qui ôta au général français le désir de la renouveler. Les deux partis bivouaquèrent en présence, laissant entre eux le village de Nozay sans aucun poste.
Pendant que l'on combattait ainsi devant Af'cis, sous les yeux de TEmpereur et du généralissime, le prince royal de Wurtemberg était presqu'arrivé à Phncy ; en sorte que le tiers de l'armée ennemie porté à un myriamètre et demi du champ debataille , n'aurait pas brûlé une amorce , si une circonstance imprévue ne lui eût donne l'occasion de prendre une légère part à l'action» Les grenaiiers et chasseurs à cheval de la garde» qui , comae ou l'a vu , avaient été laissés la veille aux Grez , s'étant mis en marche pour Arcis à 2 heures £près midi, avec l'équipage de pont capturé , lurent rencontrés à (a hauteur de Premierfaitpàr la cavalerie du comte de Nostit^i et du prînct Adam de Wurtemberg formant la tête de La cdonne de gauche, et par celle du comté de Fihlen , qui précédait le corps de Rayefski. De que le prince rayai les eut aperçus, il détacia les hussards, d*01viopol et de Grodno, et le uhians de ïschuuigew» pour les, attaquer sur lur flanc gauche vers Moulin, taur
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dis que la a^ division des cuirassiers autrichiens les chargerait de front, et la cavalerie wurlembergeoise par le flanc droit. Les Français entourés firent des prodiges de valeur, et auraient peutêtre succombé , si la brigade Curely des escadrons réunis , n'était arrivée fort à propos avec son artil« lerie à leur secours; ils parvinrent à se retirer à Méry , sans avoir éprouvé d'autre perte que celle de ino hommes et de 3 pontons. CeUe ville se trouvant encore garnie d'infanterie , l'ennemi n'osa l'attaquer; et dès qu'il fit nuit, le détachement de la garde se remit en route sur Arcis par Plancy , laissant l'équipage de pont au génc*^ rai Berckbeim.
Le résultat de cette première journée fut donc entièrement à l'avantage des Français . qui avec une poignée de monde , déjouèrent les ifTorts mal combinés de la grande armée ennemie, et resté* rent maîtres de la tête du défilé d'Arcs; mais ce n'était là qu'une partie de leur tâche ,il fallait en À ^rlt^'il déboucher et livrer bataille : le duc le Tarenle reçut à Plancy l'ordre de presser /on mouvement, afin de rendre la partie moins inégale par sa présence. Le même jour, ao mars, il avait fait partir de bonne heure Tufanlerie du duc deReggio et la cavalerie du conjte Saint-Germain , et ces deux corps , après ^voir marché toute la journée , étaient en mesurid'être rendus le lendemain matin, des environ/ de Roulages,
Ttliie,
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avant 8 heures à Arcis. Quant aux 2® et 1 1® corps d'infanterie, aux 5® et 6® de cavalerie, ils ne pouvaient arriver avant a4 heures , attendu que les de^x premiers avaient couché à Marsilly , et que les deux autres ne se trouvaient encore qu'aux environs de Marsaugy.
La nuit du 20 au 21 se passa tranquillement, pian» d'aïu-
n • • que des deux
L hmpereur se ligurait , contre toute vraisem- partit. blance, que le combat de la veille était un dernier effort du prince de Schwarzenberg pour couvrir sa retraite ; il attendait avec impatience le point du jour, autant pour savoir la direction prise par les colonnes alliées , que pour disposer des corps de troupes amenés par le duc de Tarente : car il sentait qu il n'obtiendrait pas de grands résultats avec 18,000 hommes, dont alors se composait son armée , y compris les renforts venus de Paris , à cause des pertes énormes éprouvées la journée précédente.
Le prince de Schwarzenberg , de son côté , avait pris un peu plus de confiance et employé une partie de la nuit à méditer son plan d'attaque : non qu'aucun changement remarquable fut prescrit dans l'ordre de bataille de la veille , puisque le corps austro-bavarois devait continuer à former la droite sur les hauteurs de Chaudrey ; celui du général Rayefski le centre , en arrière du village de Mesnil-la-Comtesse ; et le prince royal' de Wurtemberg, avec son corps et celui
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du comte Gialay , la gauche, appuyée au rui»* seau de Barbuisse. Mais on avait pria la précaution de couvrir la rive droite de TAube avec la division légère du comte Oscherowski , la gauche du Barbuisse avec la cavalerie du général Kaisarow, et de renforcer le coi^s austro-bavarois d'une division de grenadiers russes.
Les réserves et les gardes russes eurent Tordre de se réunir à Mesgnil-Lettré ; le général Seslavin fut chargé d'éclairer Troyes du côté de Méry ei Plancy, et Ton prit toutes les mesures pour défendre le lendemain les positions.de St.-Hubert et de S.-Parre-aux-Tertres, dans le cas où l'on serait forcé d'évacuer Troyes. On avait recommandé aux chefs de corps de garder leurs réserves en troisième ligne et de faire usage de toute leur artillerie en entrant en action ; 73 bouches à feu des réserves russes , furent commandées pour agir concurremment avec elle.
Deuxième Lc 21 mars au jour , Napoléon rappela la cava- 'as".Ti''mîiw'"lerie et l'infanterie qui se trouvaient encore tant à Méry qu'à Plancy , fit passer l'Aube aux corps du 4uc de Reggio et du comte St.-Germain, et aux divisions de cavalerie Berckheim et Defrance;
et après avoir assigné le rang de ces troupes dans la ligne de bataille, poussa une reconnaissance en avant du Grand-Torcy , sur la route de Les-» mont. Comme le comte de Wrède s'était retiré sur Chaudrey , il ne vit que quelques pelotons
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de cavalerie^ ée qui le confirma dans^ l'opimoa que rennemi avait eflPeclué sa retraite . Revenu à ^*„eo*"^,^* Arcis , il •ordontia vers lo heures au général t»a*^^« ^« ^**^- Sebastiani d'ëttaquer sur-Ie^chatnp avfeC lia; cavalerie de la garde et de la ligtie, et au prince de la Moskowa i de le soutenir avec tou te Tinfanterie, pour rendre son choc décisif* Après une courte canonnade, les têtes de colonnes parvinrent sur la c^éte du plateau, d'où le maréchal et le général Sebastiani découvrirent parfaitement la position des Alliés. Us s'étendaient dUr trois lignes , entre l'Aube et par-delà le fiarbuisse , derrière une nuée de troupes légères que protégeait une artillerie formidable.
Qu'on se figure la surprise des Français à la vue de xre spectacle imposant. 11 fallait tme grande force d'ame pour ne pas désespérer de son âalut , car l'armée ennemie ne présentait guère moins de loo mille combattant.
Toutefois cette énorme disproportion ne causa pa$ un ino ment d'hésitation. La cavalerie française aborda sur la droite celle du comte de Pahlen ^ qui se maintint mal et aurait été culbutée , si sa deuxièine ligne ne fût accourue aussitôt à Son geoours.
Gependaht le prince de la Moskowa et le comte Sebastiani , jugeant à rextensiôn et à la force de son aile dfdite , que rien n'empêchait le généralissime de les occuper en front » tandis^
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que le comte de Wrède se rendrait maître d'Arcis et du pont de l'Aube , informèrent sur^e-champ l'Empereur de l'état des choses, sans lui dissi* I
muler qu'une bataille dans une telle position j
et à forcés si inégales , compromettrait ses dernières ressources. Il se rendit à l'évidence , et L'Empereur ordouua la retraite. Alors le prince de la Mos-
dnune 1 ordre *
lie la retraite, kowa fit commeuccr Ic mouTcment rétrograde aux deux divisions d'infanterie de la garde et à celle du général Janssens, et le comte Sebastiani }e couvrit en se retirant lentement et par échiquier, pour leur donner le temps de repasser l'Aube.
Eu examinant la situation d'Arcis, on peut juger de l'embarras d'une armée quiAl'a que ce point de retraite. La ville est bâtie dans une vallée à pente douce, sur la rive gauche de l'Aube ; à droite , règne un marais impraticable d'environ i ,000 mètres d'étendue , traversé par une levée étroite, coupée de cinq ponts et au bout de laquelle viennent se réunir les routes de Fère-Champenoise, Chàlons et Vitry.
U était probable que l'armée française n'aurait "" pas le temps de défiler , si l'ennemi la poussait vivement. Pour faciliter son écoulement , on jeta un second pont au-dessous de la ville, vis-à-vis de Villette; mais quelque diligence qu'on y apportât, il eût été prêt trop tard, si, par un bonheur inespéré , le prince de Schwaraenberg »