‹ Mémoires pour servir à l'histoire de la campagne de 1814 (volume 3)Chapitre 30 sur 109 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

AU moment où il prenait cette détermination , le prince de Scbtvarzenberg fut informé que l'armée de Sil^ésie occupait ^ims et Château* Thierry , qu'elle allait entrer à Ghftlons , et que toute sa caralei^ $ous les ordres du général Winzingerode» était entre la Somme-Soude et la Çosle.

Mais pour £edre voir comment Ymwèée de Silésie parvint à se mettre en contact arec celle du prince de Schwars^iberg , il convient de reprendre les choses d'un peu plus haut* . Depuis le i3 mars » le duc de Trévise occupait opérationt

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la position que 1 Ëmipereur lui avait atsaigoee sous siiésie contre Soissons, et le duc de Bsguse était revenu de Trérise et de Fismes le i5, d'après un ordre du Majora géné^ ^^' rai , prendre poste à sa droite sur T Aisne , à Béry« au-Bac* Ces deux corps dont la force totale n -ex*cédait pas iS^ooo baïonnettes et 3,6oo sabres > n^auraient pas resté si long-^emfM ea présence de l'armée de Siiésie qni en comptaii 109 mille , si le feld - maréchal Blucher, incertain de ce qu'il devsût fiûre» n'avait craint d'abord que Napoléon, après avoir reçu quel<{ues renforts, ne reprit Vofiensive sur la rive droite de l'Aisne^ et ^ensuite tA n'eût ira lui-même le dessein de se pcNrter dans la vallée de l'Oise , comme on en juge pur la direction donnéeau corps de Bldow^ de La Fère sur Noyon.

Leschoses restèrent d«as le méqae "état jusqu'au

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18 mars, que le feld-marëchal prussien ayant eu avis que l'Empereur avait quitté Gbàlons et Eper^ nay pour manœuvrer vers TAube , concentra ses forces aux environs de Craone et Gorben y y donna Tordre aux corps d'Ybrck et de Kleist de marcher sur Béry-«iu*Bac , et d'en déloger les Français , tandis que la cavalerie du général Winzin-^ gerode passerait l'Aisne à Asfeld-la- Ville ,et viendrait les attaquer sur leur flanc droit

Le duc de Le duc de Raguse , convaincu qu'il était faoi*s ^l's^iu d'état de disputer le passage à une masse aussi imposante, et craignant par conséqtient de la voir déboucher sur son front et ses flancs , se décida à ne défendre Béry-au-Bac que le temps nécessaire pour assurer sa retraite, et en prévint

te doc de sur-le-champ le duc de Trévise, qui se mit le

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rend à Reims, même jour en mouvement sur rismes aVec les divisions Gurial , Ghristiani et Roussel , laissant la division Gharpentièr devant Soissons , et la bri^ gade Grouvelle détachée à Gpmpiègne, pour observer l'Aisne inférieure.

Le 18, l'armée de Silésîe se disposant à passer l'Aisne sur deux points , s'ébranla la gauche en tête. Les corps de Kleist et d'Yorck formant avant-garde, se portèrent sur Béry.-au-Bac et Pontavaire. Le duc de Raguse de son côté donna l'ordre de défendre Béry-au-Bac ; et longeant la rivière avec une partie de son infanterie et 6 pièces, il courut vçrs le point menacé par le premier

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pour s^opposer à la construction du pont , plaçant en cas d'événement, les cuirassiers du général Bordesoutle et une partie de son infanterie, en réserve sur les hauteurs de Roucy. Le duc de Trévise continua son mouvement sur Reims , où il s établit poussant les dragons du général Roussel à Neuvilletie.

Les deux corps prussiens arrivés à leur desti* nation, s'occupèrent sur-le-champ, Yorck d'emporter Béry-au-Bac que la division Ricard défendit avec opiniâtreté, et Kleist de jeter son pont. Les travaux de ce dernier fiirent contrariés toute la matinée par le feu d'une batterie placée avantageusement et celui de 3oo tirailleurs. Cependant vers la fin de la journée il fut achevé, et alors il fallut bien renoncer à défendre la rive gauche de FAisne. Le maréchal ^ec le gros de son infanterie , se mit en mouvement sur Fismes » laissant pour faire •- sauter le pont de Béry une brigade d'infanterie et une de cavalerie.

Le pont détruit, cette arrière-garde se relirait

' en toute sécurité , lorsque le général Czernischew,

qui avait passé l'Aisne au gué d'Asfeld , atteignit

la cavalerie légère des Français , et la poussa en

désordre sur l'inÊinterie.

Le feld-maréchal fit poursuivre le duc de Raguse par 3 régimens de cavalerie légère et tes réserves des deux corps prussiens, sous le général Zieihen, qui alla s'établir à Gormicy. L'armée prit

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positioD, le corps de KleisI: à Pontavaire, laiV $ant une brigade sur la ri^e droite; Favant-garde du général Yorck à Blaqzy-les-Perles ; le gros à Juvincourt et La Yille-aux-Bois ; le baron SacLen à Corbény , le corps de Winzingerode à Amifontaine, celui du comte Langeron à Ramecourt

Le 19 mars, le maréchal Blucber ayant deux ponts sur F Aisne, ordonna aux généraux Rleist et Yorck de poursuivre Teonemi par Cormicy et Roucy sur la Yesle , sans cependant engager d'infanterie sur sa rive gauche , tandis que le général Winzingerode sie dirigerait sur Reims en deux colonnes, l'infanterie par Béry-au--Bac , et la cavalerie par Asfeld-la-Yille. Le baron Sacken reçut Tordre de se rendre à Pontavaire: le comte Langeron à Béry-au-Bac ; le général Bulow rap« pelé de Lh Fère , eut celui de s'avancer sur les }iauteurs de TAnge-Gardien , afin de se* porter suivant le besoin à Soissons ou WaiUy. Un seul bataillon forma la garnison de Laon.

Ainsi les maréchaux, séparés Tun de l'autre de 3 myriamètres , allaient être attaqués à la fois à Fismes et à Reims , et comprimés dans tous leurs mouvemens: situation fâcheuse, qu'ils eussent peut-être évitée, si la veille le duc de Raguse au lieu de se rendre à Fismes, s'était retiré de Béryau-Bac sur Reims, nœud de plusieurs grandes routes^ où ils auraient pu choisir la plus £avo* rable pour manoeuvrer; mais comme leurs ins?

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