CHAPITRE XXI
coopération de ses alUés , il marqua aussitôt le passage de son armée à Borghetto et Pozzolo 9 et comme s'il eût cm la réussite de son projet infaillible , il ne s'assura pas même , par une simple reconnaissance sur les têtes de pont de Goito et de Monzambano de ce qui restait devant lui : aussi un prompt revers lui fit expier la con^ fiance aveugle qu'il avait en la fortune.
Les mouvemens préparatoires s'exécutentdans Batauie les deux armées le 7 février et la nuit suivante. Premier Le lendemain au point du jour , les éclaireùrs de la droite , aux ordres du général Radiwojev^itscb, franchissent le Mincio à Borghetto , d'où les avant-postes français s'étaient retirés. Tout semble prospère aux Autrichiens; ils jettent un pont et passent la rivière sans obstacles. Le général Yerdier ne fut informé de leur entreprise qu'au moment où il quittait Monzambano pour se porter à Yaleggîo ; cet incident le força de rebrousser chemin , et de former sm>le*çhamp la division Fressinet sur la droite du jruisseau d'Olr sino , pour recevoir l'ennemi qui déjà se trouvait sur ses derrières.
Cependant la colonne partie de Goito , après avoir culbuté les postes en avant de la tête de pont , franchi les canaux de Yillabona , et s'être mise vers Marengo en communication avec celle du comte Grenier , continue sa marche &i;ir plu^ sieurs colonnes dans la <&:ection dç Querni ,
voment.
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laissant a cette dernière le soin de chasser le ge« nérai Majer de Roverbellja. Bientôt le prince Eugène découvre des hauteurs de Massimbona le mouvement deTennemi de Tautre côté de Goito y et voit déjà s'élever la fumée de la canonnade de Monsambano : ces indices lui suffisent pour saisir Tétat des choses ; il ne doute point que le maréchal de Bellegarde ne soit alors occupé à pasaer le Mincio et conçoit l'idée de le prendre sur le fait, au moyen d'un simple changement de front.
Troiêième A cct effet, la bri&ade Pereymond est placée sur deux lignes à cheval sur le chemin de Marengo à Yaleggio , ayant la division Quesnel à sa droite ; 1 e général Rouy er reçoit ordre de forcer de marche pouï" venir s'enchâsser entre elle et l'avant-garde qui se trouvait près du belvéder, et de laisser la division Marcognet devant Roverbella. Lia garde royale rétrc^i^de sur4e*champ vers Goito où l'ennemi , déjà sur la rive droite du Mincio , eût pu déboucher brusquement surles derrièf ea de iarniée française;
Le prince Eugène remontant vers Va Jcggîo dans cet ordre , réncpntra le général Merville » lequel après avoir jeté un pont à Pozeotô, avait fait prendre poste à la brigade Veczay sur les hauteurs de Vol ta, et se disposait à la suivre avec une brigade de cavalerie et une de grenadiers ; le maréchal de Bellegarde ayant fait
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passer la rivière à la majeure partie de sour cep-r tre , attendait en avant de Yaleggio le corps de. Sommarii^a qui devait la francbir après lui k Borghetto.
Le combat s'engage entre l^s deux armées dans une des plus singulières positions qui s^ soient jamais vues^ La division Palombini adossée k la rive gauche du Mincio > sur les hauteurs de San-Lorenzo,, aux prises avec les troupe&du géné-r rai Wlasitsch; le général Verdier sur la rive droite, derrière le ruisseau d'Olsino, avec le corpa de Radiwojewitsch; leYice^roi entre Massimbona et Gortazza , contre la division Merville ; le général Grenier repoussant avec la division Marco* gnet la droite de la division Ma jer en position derr rière Rover bella; enfin, la garnison de Mantoue refoulant la gauche sur les routes de Legnago» Isola-della-Scala et Gastiglionedi-Mantova.
La division Rouyer et Favant-garde n'avaient point encore pris leur place dans la nouvelle ligne de bataille , lorsque le général Merville s'aperçut du mouvement dirigé contre lui , et porta la brigade du général Wreden, jusqu'alors cachée par le rideau qui borde le Mincio , contre la brir gade Pereymond. Le i^' régiment de hussards > aalieu de prévenir le choc , le reçoit , ea est reur versé 9 et entraine dans sa déroute les dragons de la Reine qui s'avançaient à son soutien. Six pièces d'artillerie légère sont enlevées avant d'avoir été
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m^ses en batterie , et les escadrons autrichiens arrivent jusque sur la brigade Forestier qui n'a que le temps de se former en carre. Si c'était une Tante de n'avoir pas prévenu leur charge , le gé-* néral Mermet en commit une plus grave encore par l'excessif rapprochement et la formation défectueuse de ses lignas. Elle n'eut pour* tant aucune suite désastreuse : le Vice-roi rallia sa cavalerie sous la protection des carrés de la division Quesnel ,. et la lança contre l'ennemi qui , à son tour ramené sur Ppzzolo , perdit les 6 pièces qu'il avait récemment enlevées.
Malgré ce retour de fortune , le prince Eugène convaincu que la brigade Pereymond n'était pas de force à se mesurer avec les dragons autrichiens , rappela la cavalerie de la garde , l'établit en première ligne , et ne laissa dans Goito que l'infanterie pour tenir en échec l'ennemi. Ces dispositions retardèrent la marche de la division Quesnel de trois quarts d'heure , et ce court espace de temps eût suffi au maréchal deBellegarde pour rectifier les siennes; mais il n'en sut pas j)rofiter. Quoîqu'averti par les généraux Merville et May er que . le gros de l'armée française était sur ses derrières, il ne prit aucune mesure efficace pour le recevoir, et se contenta de faire soutenir par le régiment de Deutschmeister et la brigade de grenadiers de Quasdanowitsch , le général Merville , qui avait déployé la brigade Stut-