‹ Mémoires pour servir à l'histoire de la campagne de 1814 (volume 3)Chapitre 60 sur 109 · CHAPITRE XXI. 20S · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI. 20S

bant sous le nombre , elles seraient ramenées en désordre , et peut-être forcées à Reggio. On ne pénètre pas non plus les motifs qui empêchèrent le général Gratien de se mettre plus à portée de soutenir son avant-garde, ou de la rapprocher de lui. Au surplus , cette faute n'eut pas les conséquences funestes qu'on aurait pu craindre d'un ennemi actif.

Le sénéral Gratien ne voyant plus de sûreté à Legén^r.Grt* rester derrière TEnza , repassa le Taro, et après i'«^<>une halte de quelques heures se mit en marche pour aller s'établir, l'avant-garde à Castelguelfo , soutenue par les brigades Soulier et Hambourg , en arrière de ce bourg , et le général Yandeden à Sanguinara et Grugno.

Le Roi de Naples entra le 8 mars à Regfiio , l*^^ «»•«•• porta son armée sur FEnza , et détacha sur Borgo* «or febu. di-Sotto et Guastalla la brigade Gober qu'il renforça d'un bataillon napolitain, se proposant ainsi d'observer les mouvemens des Français vers Sacca et Boi^oforte. Le 9 , il poussa la brigade Stahremberg à Parme , mais refusa de s'avancer davantage, alléguant que le Vice -roi instruit de sa marche , avait porté la division Rouyer à Marcaria et Bozzolo , et placé à Piadena un détachement pour battre la campagne sur la rive droite du Pô , ou prendre sa droite à revers , s'il s'approchait de Plaisance.

Tandis que tous ces événemens d'une guerre n^al

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Reconnais-.conduile 66 passaient le Idnfi; du Pô , quelques

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roisnriaiigne mouvemezis ordoDues dans J armée autrichienne par le comte de Bellegarde , déterminèrent le Vice-roi à faire une reconnaissance générale. Des détachemens se portèrent à la fois surCastelnovo , Valeggio , Roverbella , Gastellaro et Ostiglia. Les avant-postes ennemis furent; reploy es dans toutes les directions, et les colonnes parvenues devant les masses, commencèrent le feu pour les faire déployer. Leur but ainsi rempli j elles retournèrent dans leurs positions respect tives. Cette opération dictée par la prudence et que les Autrichiens présentèrent comme des attaques que leur valeur avait fait échouer , ne laissa pas de donner de l'inquiétude au feldmaréchal.Loin de prendre Finitiative de l'offensive comme le Roi de Naples l'en conjurait , il concentre ses forces ne laissant qu'une avantposiUon du garde à Saliônze , Yàleggto et Bozzolo ; aux ordres

Bellegarde. du comtô de Neipperg. Le gros de l'armée fut réparti sur deux lignes , la première ayant la droite à Castelnovo , là gauche à Viîla-Franca ; la seconde derrière l'Adige et à Vérone, où là réserve de grenadiers et, le quartier-général retournèrent*

Non moins circonspect que lui , le Roi de Naples caché par l'Euza, ne donnait à l'armée française aucun signe d'existence. Tout le mois de mars s'écoula ^ans le moindre événement , et cette

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inaction, i^eçoinmandée au maréchal par son cabinet , précieuse à Joachim par des considérations toutes particulières , était d'ailleurs trop avantageuse au prince Eugène, pour qu'il s'avisât de la troubler ; aussi dans cet intervalle ne fit -il qu'une simple reconnaissance de Borgoforte vers Guastalla. Sur les derrières , le corps de blocus de Venise, aux ordres dû lieutenantgénéral Marschall , enleva le 23 mars le fort de Gavanella de vive force , chassa la garnison des retranchemens élevés entre l'Âdige et la Brenta , la repoussa sous le canbn de Brondolo , et plaça ses avant-postes dans File de Fossone. La flottille du lac de Garda soutenant l'honneur dû pavillon italien , livra deux combats à celle des Autrichiens.

Cependant le moment approchait où lord Expëdition Bentinck commandant le corps d'occupation an- calens°^ glais fen Sicile allait avec Ferdinand lY coopérer à la conquête de l'Italie. Douze cents 'hommes de cavalerieet i5 mille d'infanterie , dont 4 mille Anglais seulement , furent rassemblés à Palerme dans le courant de février , et destinés à l'expédition de la Toscane. Ainsi,le cabiilet de Saint-James habile à susciter des ennemis à [Napoléon j, tournait vers un même but , les efforts de l'usurpateur du trône de Naples et ceux du prince dépouillé de cette couronne, se préparant à donner à ritalie étonnée, le scandaleux spectacle des ban-

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nières de Ferdinand de Bourbon flottant con« fondues avec celles de Joachim Murât.

nieaibarqQe Le 28 février , la i'® division composée de la cavalerie , de a mille Anglais , d'une partie de la légion hanovrienne et de quelques rumens si^* ciliens formant en tout 7 à 8 mille hommes , fit voile de Palerme , et vint prendre terre à Li* voume qu'occupaient alors les Napolitains. Son débarquement qui devait porter le dernier coup à la puissance française en Italie , faillit opérer un tout autre changement dans les affaires. Lord Bentinck à son arrivée ayant répandu avec profusion des proclamations pour appeler les Toscans aux armes et à la liberté , Joachim en conçut des alarmes qui furent portées au comble par un ordre du jour où le prince héréditaire de Sicile revendiquait hautement ses droits sur le royaume de Naples , et annonçait à ses troupes qu'elles allaient marcher à sa conquête. La publication de cette pièce amena une rixe entre les Siciliens et les Napolitains que lord Bentinck eut beaucoup de peine à apaiser.

EUtpotteom- Joachim sc vovaut ioué par les Anfilais, or*

bragé au Aoi . . , -^ . ' > . °

doNapiea. douua sur-lc^hamp la concentration de son armée pour être prêt à tout événement ; de son côté , le général anglais informé par les plaintes du maréchal de Bellegarde de l'indécision de ce nouvel allié » et mécontent de trouver les choses si peu avancées en Italie , se rendit à Reggio pour

t^taférer avec le Roi. Leur entrevue fat ok'ageuse* Tous deux avaient des récriminations à s'opposer. Lord Bentinck demanda comme préliminaire , true la Toscane fïit évacuée par les troupes Entrevue ^«

,. \ ^ /? •. T 1- lord Bentinck

napolitames , et Imit en menaçant JoachimetdeJoachUn. de faire rembarquer la division qur avait pris terre à Livourne , et d'aller là jeler dans le golfe de Naples, où elle était attendue à bras ouverts par les partisans de Ferdinand. Celui-ci , la px'oclamation du prince héi^ditaire de Sicile à lé, main, se plaignit avec amertume d'avoir été arraché de ses Etats et entraîné dans une guerre injuste sous la vaine promesse d'une alliance , déclarant qu'il ne ravalerait jamais sa dignité jusqu'à remettre la Toscane conquise par ses armes, à une puissance avec laquelle il se trouvait dans un simple état d'armistice.

, Cette discussion était loin de promettre l'union 6t l'harmonie nécessaires aux succès des coalisés. Elle sema même des germes de discorde qui auraient infailliblement amené une rupture , si la cour de Londres n'eût ordonné à son général de désavouer l'ordre du jour iritenipestif du prince / héréditaire de Sicile , de se désister de ses prétentions sur la Toscane , et d'annoncer au Roi de Naples qu'elle approuvait dans son entier le traité d'alliatice conclu avec l'Autriche.

Au milieu de ces contestations , lord Bentinck' ne laissa pas de icommencer ses opérations. lusr

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fruit cpe T^sc^e portant la a* <}î?îmoii dé Tai^ xnée expéditioimaire venait d'arriver dans le golfe dç la Spexzia , il mit la première en marche de Pise et de Lacques le 3 3 mars sur la Magra , el força le poste français de Sarzana à repasser cetto rivière, voulant par-là faciliter le débarquement des 6 mille hommes dont elle était chargée.

Tel était Tétai des choses en ItaKe vers la fin da mois de mars. L'attitude des conscrits de x8i5 9ur cette terre classique de conquêtes , quoique comparable par son énergie à celle des bandes républicaines de 1796 > arrêtait moins eaicorelea progrès des Alliés que ne le faisaient les calcula de la politique. Le comité de Bellegarde ambitionn^mt des succès sans travaux , des conquête» «ans combat , n'avait garde de s'écarter des ins» tructions machiavéliques de sa cour; de son côté, J^chim éprouvant déjà le juste châtiment de sa défection par les inq^tudes dont il était rongé, «'aliénait chaque jour la confiance delà coalition par ses tergiv^rsatk^ns : tremblant devant le gji^ie de son mattre qui semblait alors se relever , il le voyait vainqueur de ses ennemis ,. punir la foi mentie ^ «t le précipiter du trône ou il l'avait élevé* Sans les revers de Laon et d' Arcis , une seconde défection le ramenait à l'Empereur et Siauvait \e royaume d'Italie.; mais cet Etat irrévocablement attaché au sort du grand Empire, après en avoir

partagé la gloire t d^mt étr^ entraîné dans sa chute*

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