CHAPITRE XXIU
AUemande, au cimetière de.Guiré, en tête du faubourg de la Croix4lousse , à couvrir sur la riva^ gauche du Rhône , les ponts de la fiuillotière et Morand par des tambours ou d'autres retranche* mens; enfin , à armer tous ces ouvrages avec les 80 bouches à feu ^ retiiTeesde Catalogne, etquider meurèrent parquéeâ à Avign<oti; il ne se dissimula point queJa faible garnisoa qu'il y. avait laissée y liiefut hors d'état de la défendre s'il ne marchait promptement à son secours.
Or pour tirer Lyon de péril, il ne restait que deux pipy eus :: réunir rapidement les divî^o^a Musnier , Pannetier et Digeon , passer la Saône 4 Tounaus im à Màcon , et marcher droit à Tçunemij.ou bien gagner Lyon par la route directe , et venir se poster .à Lîmonest. Ce parti était le dernier à prendre., et en cas seulement quQ l'ennemi en forces eut dépassé Màcon. Néanmoins j le Maréchal le. préféra , et crut remtédier à ses inconyéniens eu prescrivant au ^géûtéral Bar^ det de. repasser le, Rhône sur-Ie-ohamp^ de se rendre à Bourg , etde faire de là une démonstra* tion contre Mâcon.^ Jahdis qu'il irait l'attaquer sm^la droite de là Saône avec toutes, ses-forces.^ Les ordres furent expédiés dansf ce sens. Le grot de l'armée se réunit le 5 à LoUs-le-Saunier , coucha le 6 à Saint- Amour , dépassa Bourg le 7 , et rentra le 9 dans Lyon. Le même jour, la brigade
Bardët s'établit à Bourg , Ib général Poucher
i^S CAMPAGNE DE l8i4 ,
Ion à l^oôf^d'Aîti ; le général Heuond, qui cani* psiit iiepiris la veille en arant du faubourg dé Tàizè 9 alla observer Teimemi à Vil lefraticbe avec deux bataillons et 5o gendarmes.
Cependant la leuteur autrichienne ne se dénûtettfît pas : avant de poussei^tiurMÂcon, le baron Biai»ehi séjourna à Chàlons jusqu'à ce que les colonnes destinées à opérer sur la droite de la Saône, fussent à sa hauteur* Le Maréchal un peu rassuré , soupçonna qu'il avait été dupe de fausses inforinations , et résolut de chasser de Màeon le âiible paHi qui l'occupait. Le général Musnier teçnt en conséquence Tordi^e de se porter le lo à' Villéfranfchê avec sa division et le 1 2® de hussards; dy prendre les 2 bataillons du général Remotid , et d'attaquer Mâ^on le lendem^iio, pendant ijne les généraux Bardet et Pouchelôn fe-» raient de Saint-Laurent une diversion sur }st tête de pont; Le Maréchal devait échelonner le général Musnter avec le resté de Fàrmée à moitié che«min de VîUefrânche; tnais dans Fihtei'valle , le baron Bidnchi prît poste k Mftcon , et détacha'' le CÔttlte Ignace Hard'egg sur ' la rive gauche de la Saône daris la direction de Bourg. Son avant- ^arde , aux ordi^es du général Seheilher , tenait lés Maisoti^-Blanches apfès en avoir chassé un parti de paysans armés,
L'àvànt-garde du général Musnier rencontra à Sàinf-Georges les avant-po&tes autrichiens j et les
CHAPitRÈ XXII. ^49
repotissa vîvçmênl Térs le* Maisons-Blanches. Le général Scheilher surpris, venait de réunir ses i 2 escadrons sur la chaussée , lorsqne le colonel Colbert à la tête de 45o hussards ^ ne lui donnant pas le temps de déployer , tihaffie âTec furie su ConAat de tête de cdlontié. La cavàletie allemande renversée par le choc, sô laisse d'abord sabrer ; Tartillerie né songé qu'à s'éùhapper t deux pièces qui eS^ saient de se mettre en batterie sont enlevées avant de faire leur première décharge; le général Scheither , blessé par le chef d'escadron Pie»seu (i ) , se sauve à pied datis la mêlée. Cependant la profondeur de cette masse prolonge* le corn- * bat: lé$ chetau-légei^s * de Vhïcfent, revéttus de letir terreur , font fiiceaii^x hussards , et )a boucherie devient horrible. Déjà nlême ceux-ci com* mençaient à plier; lorsque deux compagnies de voltigeurs arrivent au pas de course et engagent sur les flancs de ht chaussée un feu si vif qu'il détermine la retraité -de rennemi. Encouragé pat ce i*enfbrt , le colonel Coïbert redouble d*audac# et d'activité , et pendant qtk'avec deux es<3ad[l*onS il le poursuit l'épée dans les reins , FàUl^e chàirgè
(i) £x-phef 4*esGadron ^u %^ régini^At de ckeTtiu -légers wesTphaliens, admis au désarmement de son corps à la suite du ii* de nussards, en récompense de sa Bonne conduite et des preuves d*8ttacliemetit qu'il nons avait dansées e h Ës))égiieè
^5o CAMPAGNE DE l8l49
ua bataillon léger qui flanquait sa gauche , et lui fait mettre bas les arabes. '
Ce début était de trop bon augure pour que le général Musnier, nonosbtant les renseigne* meus donnés par lès prisonniers et les h^bi^ tans sur la force du corps qui occupait Mâcon , ne se hàtàt d'en disposer l'attaque. Les hussards et rartillerie suivirent la grande route que flanquait à droite le 20*^ de ligne ^ et à gauche le 67^ , derrière lequel marchait à quelque distance les 4 bataillons du 33®' de-ligne et du 2® régiment dé gardes nationales de Toulon , en colonne par di- TÎsion. Le général Ordonneau qui les comman-^ dait, eut Tordre de gagner par un mouvement dérobé, l'extrémité de la hauteur de Chintré à laquelle la ville de Mâcon est adossée. Cet ordre de bataille, qui aurait convenu s'il ne s'était ag^i que d'enlever un poste tenu par une simple gar-^ nison , devenait vicieux contre une armée, puis^ qu'il n'avait pas de réserve , et que la colonne de gauche courait risque d'être compromise si l'en* nemi reprenait l'ofiensive avec vigueur sur Ifr grande route.
Quoi qu'il en soit , l'on s'avança jusqu'à deoii^ portée de canon de la ligne ennemie qui appuyait' sa droite à Yinzelles , sa gauche à la Saônel Le général Bianchi démasqua successivement jusqu'à 3o pièces de canon. Ce chaud accueil ne fit pas renoncer le général Musnier à l'espoir de
CHÂjPITIlE XXII. aSi
.se rendre maitré de Màcon : il comptait sur la diversion du géuéral Bardât , et surtout sur le mouyement du généj:al Ordonneau ; mais la première n'eut pas lieu , et .celui - ci ayant dounë vers Léger et Yinzelles coo^re laile droite du baron Blanchi, fut arrêté par Iqs régiolens d'Esterhazy .et dEe Davidowich^ qqe la brigadf de. grenadins vint renforcer. Après une heure^ d une canonnade trop inhale à la drpite et au centre, et plusieurs charges fait;es et reçues avec vigueur à la gauohe , le. géi^éràl Musnier voyant 5 de ses 9 pièces démontées , sa droite maûquei* de c^touçhes , et - s^ gauche mei^acée d une charge de cavalerie , «ordonna la retraite , et fut assez heureux pourJ' exécuter, sans accident.
La perte des Fraixçais dans cette affaire- fut de 93 hommes tués , sSo hlessés, 36o prisonniers et de, 2 pièces démoulées qui restèrent sur le champ de bataille faille de qhevaux. Elle eut été bien plus^oonsidéirable si le baron Blanchi les eût fait poursui?re par. de la Cavalerie et de Tartillerie légèrq.
Sur le rapport de ce combat , le prince Philippe logeant que son , adversaire avilit concentré ses forces à Yillefranche, fit passer, toutes les siennes sur la droite de la Saône , et les réunit aux envi^ rons de Màcon dans la Journée du 1^ Le lendemain , il les mit en mouvement sur deux colonnes principales ,,aux ordres des généraux Blanchi et
a5^ CAllPACNfe DE 1814»
WimpfTeû , chargea le prince de GoboD^g d'observer la rive ganche de la Saône , et prescrivît au comte Hardegg de poursuivre sur Bourg la brigade Bardet.
Dans^ cet iaiervalle , le duc de Gasiiglione avait étd>li^ sa droite à Saint<*Georgès, son centre aux Arnas , sa gauche en arrière de Beaujeu , t'avant - garde à B^Ueville. Celle - ci abordée de front par ces masses /et meàaCée d'être tournée par Beaujeu que Fennemi occupait depuis là veille^ refusa le combat, et fot répartie dans la ligne. Alors la division Païinetîer renforcée du 4* de hussards, fut placée en avant de St,-Georges , occupant fortement le village de Lage-Longsart, la brigade Ordonneau et le 12* de hussards prirent poste en arrière de Beaujeu, et le général Musnier avec hi brigade Gjidin et le i3® de cuirassiers forma réserve à rembranchement des routes de Villefranche et de Beaujeu.
combat de» Lo i8, Ic prittcc Philippe ordonna Tattaque ^? ' de la ligne française. Lés généraux Bîaochi et Wimpffen devaient de concert eu attaquer là droite , pendant que le prince de Wied-Runckel avec sa division , chercherait à en tourner la gaur che par la route de Beaujeu. Un petit détacbet ment reçut l'ordre de côtoyer la rive droite dé la Saône, afin d'attirer l'attention des Français de ce côté. -
Ge plan n'était pas celui dont la réussite proi*
St.-Georees.
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curait le plus beau résultat; car il rejetait les Fraor çais sur leur ligne de retraite , qu'on leur aurait $ans doute coupée , en donnant au^ généraux Wiiupfien et fôanchi la tâche assignée au prince deRunckel, et chargeant celui-ci de tenir ew échec le général Pannetier.
Toutefois l'on employait à la double attaque sur la droite des masses trop considérables ^ pour que l'issue en fût douteuse. La division Pannetier cédant au nombre le poste de Lage* Longsart, fut poursuivie par la tête de colonne du général Bianchi ; mais soutenue à propos de la réserve, elle reprit bientôt une attitudie offensive à son tour. La brigade hessoise di^ général Gall y formant l'avant -garde de la cb"» lonne Wimpffén , s'étant avanturée à la poursuite, le 4^ de hussards la tailla en pièces , et le ao^ de ligne rentra au pas de charge dam Lage« Longsart. En vain le général Haugwits cherche à arrêter les Français sur une hauteur en arrière de ce village , il tombe blessé grièvement , et sa brigade allait être enfoncée , lorsqu'elle fut se* courue par les troupes fraîches qu'amenait le général Wimpffen* Alors le combat redoubla d'acharnement , et fut prolongé jusqu'à la chute du jour avec des succès balancés sur toute la ligne. Cependant les progrès de la division du prince de Wied-Runckel menaçant la gauche , et le général Pannetier ayant été €(;cpulsé une se*
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coude fois de Lage-Longsart , le duc de CdSjtîglione crut prudent d'ordonner la retraite sur Limonest. Elle s'effectua en bon ordre , le général Ordonneau disputant le terrain pied à pied pour donner le temps à la droite et au centre de défiler. Dès que le baron Bianchi la yit prononcée , il lança sa cavalerie sous les ordres du général Lederer , à la poursuite , dans l'espoit» d'atteindre la queue de l'arrière-garde au défilé de Saint- Georges ; mais fusillée à bout portant par les grenadiers du 67® , elle remplit sa mission avec circonspection , bien qu'elle vint encore le soir même placer ses avant-postes aux Echelles.
Vannée fran- L^ duc dc Castigliouc établit la division Mus* p^*ion'^*i** nier et le 4® de hussards , à cheval sur la route en Umonest. ayant du village de Limonest , celles des généraux Pannetier et Digeon en seconde lignée La position de Limonest s'étend sur une chaîne de hauteurs escarpées qui règne entre la Saône et la vallée de TAzergues où passe la route de Moulins , et le chemin de Châtillon. A Fexception de la grande route de Mâcon qui arrive à Limonest par une rampe longue et fort roide , l'on ne trouve de loin en loin que des petits chemins tortueux, bordés de haies vives , pierreux et difficiles même pour l'infanterie. Du haut des crêtes , l'œil plonge dans la plaine qui s'étend en avant entre la basse Brevenne et la Saône. Le Maréchal avec ses 10 mille hommes ne pouvait cependant se flatter