CHAPITRE xxni. 3l
Ferdinand en Espagne , et de s'en rapporter à sa loyauté pour l'exécution de l'art. 7 du traité (1). ce Alors , ajoulait-il , je pourrais céder Barce* }> lonne sans danger apparent ; tenir Figuères 3) avec 2 mille hommes^ jusqu'à la rentrée desgary> oisons des autres places , partir et amener à » marches forcées 2 5 mille vieux soldats à TEm- » pereur. L'armée du général Copons arrêterait » la marche du corps anglo-sicilien qui mp serre )) de plus près , et le besoin qu'a le peuple espa- }> gnol de la paix l'emporterait , du moin^ pour » quelque temps , sur lès intrigues des Anglais.» Napoléon ne goûta pas d'abord ce conseil; mais lorsqu'après la bataille de laRothière, il ne se vit plus d'armée , il se hâta d'envoyer au Maréchal des pleins pouvoirs pour traiter avec les généraux espagnols du retour des garnisons restées dans le royaume de Valence et la Catalogne , et proposa en même temps au roi Ferdinand de se rendre incognito à larmée , et de lui remettre Barcelonne ainsi que les autres placés moyennant le renvoi immédiat des garnisons ; déjà il était trop tard : quinze jours s'étant écoulés sans réponse du Ministre , le duc se retira le
(i) Cet article portait qu'une convention serait arrêtée entre un commissaire français et un commissaire espagnol, pour régler Tévacus^tion simultanée des p^oyinces encore occupées par les Français et les Anglais.
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3i -janvier sous Girone, derrière la Ter, après avoir laisse 6,800 hommes dans cette place , et 3oo à Hostalrich. Si le Roi fût arrivé de suite, cet arrangement aurait pu à la rigueur avoir lieu , ear Tarmëe d'Aragon ne cessant d'être redoutable malgré sa faiblesse , serait rentrée à Barcelonne durant la première quinzaine de février , la plaine entre la Ter et le Llobregat n'étant encore occupée que par des Espagnols; mais les lenteurs iiiséparables d'une négociation de cette espèce entre ^ïapoléon et son prisonnier , le rendirent bientôt impi^aticable.
Surprise de Eu effct , Ics ÂlHés qui n'osaient attaquer de quinenxa ^ frout Ics rcstcs dc ces yieux bataiilons français
onxon. forcés à la retraite par des causes indépendante* de leur valeur, méditaient pour s'emparer de* places au-delà du Llobregat , le honteux stratagème dont un transfuge (1) venu de l'état -major' du roi Joseph, leur donna sans doute l'idée. Ce misérable ayant surpris le chiffre du duc d'Albufera , à l'aide de faux ordres et d'un traité supposé entre le Maréchal et le général Copbns, stipulant l'évacuation de toutes les places où ii restait des garnisons , parvint à tromper le général
(i) Un de BGS amis dous a mand^ dé Madrid Tan passé que ce transfuge , nommé Van Halen , se trouvait dans les prisons de Tlnqoisition ; mais il nous a laissé ignorer si le Saint-Offîce le poursuis yait comme relaps en fait de désertion.
"^ ' CHAPITRE XXII K 3l5
Lamarque (i), gouverneur de Lerîda, ainsi que les commandans de Monzon et de Mequinenza.
: Le 1 4 et le 1 5 février, 2,5oo hommes sortent avec armes et bagages , sur la foi d'un traité , et en vertu de conventions particulières avec les commandans des troupes de blocus , croyant rejoindre l'armée d'Aragon; maïs entourés Ip i8 , dans le défilé de Martorell, sans vivres et sans inojens de. défense , ils sont réduits à mettre ba$ les armes, et emmenés prisonniers de guerre à ' Villa -FranCa.
Le même piéee avait été tendu au gouverneur P«g<' **'n'*^ de Tortose par le général Sans , qui eut affaire à de Tonose. plus fin que lui. Le baron Robert , feignant d'y tomber, lui proposa de venir prendre possession delà placé avec deux bataillons; et cette offre donna lieu de remarquer que des hommes per^ vers peuvent bien concevoir des projets criminels , , mais qu'ils manquent presque toujours de courage au moment de V exécution (2).
Le Maréchal , sur le rapport des non-combattans renvoyés à Hostalrich, réclama auprès du
(x) II ne faut pas le confondre avec le générf l Maximilien Lamarque 9 employé à la même armée. Celui dont il est question n'était que général de brigade^
(a) Rapport dû général Robert au duo d'Albufera. — Perpignan y 181 4* — Page 57.
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général Gopons l'exécution pleine et entière des^ conventions particulières signées par ses lieutenans. Ce général répondit qu'il en référerait à son Gouvernement ,^ et sembla ainsi vouloir faire participer la Nation espagnole à l'infamie dont se couvraient seulement, par cet acte de déloyauté y trois ou quatre officiers.
Denxiètne dé- Daus Ics prcmicrs jours de mars , le duc d'Albu-
tarheroent de *■ uiii/i i
10 mille hom- fera ayant reçu 1 ordre de détacher une seconde colonne dé 10 mille hommes à Lyon, tenta avant de la mettre en mouvement , de délivrer la garnison de Lerida , déposée à Ignalada , fit sauter les forts d'Olot , de Palamos et de Bascara ; et sur convention verbale rendit Girone aux E&- ' d'A P^°^'^» après en avoir détruit les fronts qui
ragon se replie regardent la France; puis il vint se concentrer derrière Figuères , entre Llers et Castillon.
Cependant l'Empereur sentant de plus en plus la nécessité de vieilles troupes , faisait tous ses efforts pour retirer ses garnisons , et malgré le rapport peu favorable que lui fit le duc de San- Carlos de sa mission , il ne désespéra pas d'amener la Régence à un arrangement. Il chargea le général Zayas , homme fin et délié dont il croyait avoir capté la confiance , d'une mission à-peu-près semblable à celle du ministre du roi Ferdinand, en même temps qu'il fit délivrer des passe-ports à ce Souverain et à tous les Princes dé sa famille, pour se rendre sur la frontière.
^ CHAPITRE xxiir. 3i7
Le MinUtre de la guerre, eu informant le duc d'Albufera de ses dernières résolutions , lui mandait que rintention de* l'Empereur était qu'où fit immédiatement la remise de toutes les places au prince Ferdinand , en prenant toutefois les mesures convenables, pour assurer la rentrée de leurs garnisons.
Ces instructions avaient tm sens trop contradictoire pour ne pas donner lieu à de nouvelles observations. « Gomment est-il possible, écrivait » le Maréchal au duc de Feltre , d'envoyer ou de » conduire aujourd'hui le Prince à Barcëlonne , » lorsque les circonstances ont afTaibli mon ar- » mée et me jForcent de la tenir concentrée sous » Figuères? Gomment puis-je faire faire la remise y> des places où nous avons des garnisons , s'il » ne se reconnaît à lui-même aucune autorité ? » Enfin, quelles sùi^etés, quelle garantie sont à » ma disposition ? Il n'y en a qu'une seule , c'est » de le garder.... Mais l'Empereur lui a-t-il donc » accordé un passe-port pour qu'on le retienne » encore? D'ailleurs, le séjour de ce Prince sur » la frontière ne sera-t-il pas embarrassant , nui- )> sible même au succès des négociations enta- » mées , dès que le secret de l'incognito n'exis- » tera plus ?...• ».
Mais avant que ces observations fussent soumises à l'Empereur, l'auguste prisonnier arriva le 30 à Perpignan , sous le nom du comte de Barce-
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}oDne, accompagné des princes don Carios , son frère , et don Antonio , son oncle. Le Maréchal prévenu par le général ^ajsis qui l'avait précédé de quelques jours, s'y était rendu pour le recevoir; et désirant concilier aul;ant que possible l'esprit de ses instructions avec la juste impatience du Roi , consentit à le rendre , pourvu que son frèrç restât en otage jusqu'à nouvel ordre : bien que cette nouvelle condition lui parût très-dure , il s'y soumit pourtant , et partit le 22^ séjourna le Leroid'Es-^^ à^ Figuèrcs , ct fut rcçu le lendemain sur les du^r«^'p^- I^ords de la Fluvia par le général Copôns , en ^^^' présence des armées des deux nations, Qu'une
suspension d'armes convenue verbalement, sem- ' blait avoir réconciliées pour cette cérémonie.
Ferdinand VII , satisfait de la réception et de la conduite pleine de franchise du Maréchal , lui dit en le quittant , que cette journée valait pour lui une victoire, lui faisant entendre par là qu'il ne tarderait pas à lui renvoyer Içs garnisons des ( places. Néanmoins l'accomplissement de cette
promesse éprouva encore des retards , qui privèrent jusqu'au dernier moment les armées du midi de 1 5 mille anciens soldats, si nécessaires pour donner plus de consistance à leurs rangs.
Ainsi des deux armées qui comptaiiant encore cent mille combatians au commencement de janvier, et gardaient les revers opposés des Pyrénées, l'une réduite à 36 mille hommes, avait été