CHAPITRE XXIIF. 5l
lui permît de repasser les Pyrénées avec toutes ses garnisons. *'
En effet , depuis le mois de décembre îusqu'an Attaqne du
■■ ^ i a pont de Mo-
i5 janvier, les Alliés ne firent aucun mouve- «ns dei Rey. ment. Sortant enfin de léthargie, leurs chefs ont une entrevue le i4 à Villa-Franca , et conviennent que les généraux Clinton et Sarsfield attaqueront le lendemain le pont de Molins-del-Rey^ tandis que le général Gopons , par une marche forcée, se portera à Papiol , et tâchera de prendre en flanc les Français , et qu'un détachement fera des démonstrations sur la Gariga.
Ce plan d'attaque s'écartait trop des règles ordinaires pour obtenir le moindre succès, car il amenait les masses sur le point le plas fort de la ligne , et tendait à rejeter les Français sur leur route naturelle de retraite. Des officiers ont pensé qu'il eût été plus simple de charger une division d^ l'armée anglo-sicilienne d'une fausse attaque sur le Llobregat inférieur , tandis que sir Clinton et le corps du jgénéral Sarsfield filant par Menresa et Collent sur Yicq, se seraient réunis à l'armée de don Xavier Elio , pour déboucher sur Santa-Coloma avec 3o mille hommes. Cette manœuvre eût coupé l'armée française en deux parties qu on eût ensuite successivement accablées et forcées de se retirer à Barcelonne et à Girone.
Le duc d'Àlbufera prévenu par ses émissaires
Sl^â CAMPAGNE DE l8l49
des projets des Allies, eut le temps de se préparer à les recevoir. Il réunit les divisions Mesclop et Gudin à San-Feliu , y attira une parlie de la garnison de Barcelonne , appela à lui la dirision Musnier et la cavalerie, et remplaça celle<:;i àSan- Geloni par la division du général Ordonueau, retirée de Girone. Ces mesures furent inutiles ; car les Alliés s'engagèrent mollement et se replièrent, après une c£|nonnade de 7 heures , dans leurs positions respectives.
lomiiie hom- Immédiatement après cette démonstration , le
xnesdelarmee '■ ^ ^
d'Aragon Màréchal reçut l'ordre du Ministre de la fijuerre
partent ponr , , * • . -•
Lyon. de diriger en poste sur Lyon, une division de
10 mille hommes. Le même courrier lui remit aussi une dépêche du Prince Major-générnl , par laquelle il le prévenait que la division de réserve , organisée à Nismes , avait reçu ordre de se ren-? dre en toute hâte à Lyon.
Dès4ors , le duc d'Alhufera sentit la nécessité de se rapprocher des Pyrénées ; mais avant de repasser la Fluvia , il crut être suffisamment autorisé par la tournure que prenaient les affaires en France , pour représenter au Ministre que quelle que fut l'issue de la mission du duc de San-Garlos auprès de la Régence , on s'af- , faiblirait en pure perte , en laissant 6 à 8 mille hommes de garnison à Barcelonne , Hostalrich et Rose ; et lui faire comprendre que le parti le plus prudent serait de renvoyer au plutôt le prince