CHAPITRE XXIV
Congrès de CkdtiUon. — Traité de la quadruple alliance. — Rupture du Congrès. — Traité simulé avec le Pape. — Situation intérieure de V Empire.
^JL ANDis que les armées alliées touchaient pour ainsi dire au but de leurs opérations , la diplomatie après avoir mis dans les siennes plus de méthode • et de fermeté que de chaleur , venait de faire évanouir tout espoir de paix, en rompant les conférences du congrès de Chàtillon , ouvert à la demande de Napoléon.
Quittant donc un instant les champs de bataille , nous allons entrer dans le labyrinthe de la Politique , et, suivant le fil des événemens, exposer la marche des négociations telles que le t.emps et des matériaux authentiques nous les ont découvertes.
Napoléon ayant adopté, ainsi qu'on Ta vu au chapitre!", les bases posées par les Alliés dans . les ouvertures faites ^u baron de St.-Aignan, le 9 novembre , chargea le duc de Vicence de soutenir ses intérêts au congrès , et ordonna de se mettre
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en route surJe champ. Ce plénipotentiaire, arriv:é à Nancy le 6 janvier, fit au prince de Metternich la demande de passe-ports pour se rendre au quartier* général des Alliés ou à Manheim , ville désignée pour le prochain congrès. Mais déjà le cabinet de Vienne n'était plu» aussi maître des négociations qu^il avait annoncé l'être dans le principe. Le prince de Metternich s'excusa de ne pouvoir les lui envoyer , motivant son refus sur la nécessité où se trouvaient les Souverains d'attendre l'arrivée de lord Gastlereagh.
Huit jour$ s'écoulèrent dans cette attente. Cependant , forcé de se retirer devant l'armée ennemie qui avait pénétré en France , le duc de Vicence eut le temps de réfléchir sur la tour- , nure sinistre des événemens , et sollicita le i «^ , de Saint-Dizier , de nouvelles instructions de l'Empereur. a Notre position est bien changée depuis » quelques jours, lui écrivait-il , la marche ra- » pide de l'ennemi s.ur tous les points , l'envahis- » sèment d'une grande partie du territoire de », l'Empire, le découragement presque absolu » dont je suis témoin , rendent un armistice indis- 3) pensable* J'ai donc besoin de connaître les in-^ » tentions de Y. M. Elle sentira que dans les cir- * » constances présentes , je ne p^is rien , si elle » ne daigne me faire parvenir ses ordres. »
Le duc de Vicence faisait sentir l'urgence d'arrêterla marche ^es. Alliés^ de chercher par
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tous les moyens possibles à désintéresser les puissances continentales, afin d'ôter à TAngleterre l'influence qu'elle exerçait dans les négo- (^iations, et de lui enlerer tout moyen d'amener des bouleversemens par la prolongation de la lutte. Il préroyait aussi le cas où les succès des Alliés leur donneraient l'espoir d'en obtenir de plus grands , et demandait ce qu'il devrait faire dans celui où l'arrivée delordCasllereagh changerait leurs vues relativement aux bases de paix posées à Francfort. Il terminait sa longue dépêche en' ces termes: « Il est pénible. Sire, de ï) n'avoir que des sacrifices à prévoir , de n'avoir » tt appeler l'attention de V. M. que sur des choses » qui coûteront tout à son caractère , à la fierté » nationale; mais ses plus chers intérêts m'en » font un devoir..... Depuis dix jours, un quart yy de la France est envahi. Dans les départemens, )) à l'armée, on répète que c'est à V. M. person- M nellement qu'on fait aujourd'hui la guerre : on w sépare les intérêts du monarque de ceux de » son peuple. Dans de telles circonstances, ma y> prévoyance ne saurait être prise pour de la fai- ^> blesse , et je ne sollicite avec tant d'instance les 3> ordres de V. M. que parce que je sais que toute » sa confiance m'est indispensable pour servir )> des intérêts qu'elle sait bien que je défendrai y> comme un dépôt sacré confié à l'honneur d'un j> chevalier français. Je puis tenir aujourd'hui lé? » langagécFun homme tout dévoué , car si le mal-