CHAPITRE XXIV
i) lieur nous accablait demain , je lui dirais comme » les fidèles Hongrois à Marie^Thérèse : môriamur M pro Rege nostro» »
Frappé de ces raisons, l'Empereur envoya à son ministre un projet de lettre à adresser par lui confidentiellement au prince de Metternîch^ dans la vue d'obtenir un armistice , laissant au duc la faculté de lui faire ses observations, s'il n'était pas d'avis de l'expédier. Le Ministre usant de cette latitude, lui représenta que si l'Autriche repoussait toute idée de bouleversement^ et que les retards de la réunion du conjgrès tinssent réellement à . l'arrivée de lord Castlereagh, il importait de be pas découvrir davantage l'embarras déjà trop connu de la France; qu'au contraire, si lé cabinet de Vienne était de mauvaise foi, ou se laissait entraîner aux suggestions de l'Angleterre , la lettre en question deviendrait tout-à-fait lUiisible ; d'où il concluait que dans l'un comme dans l'autre cas , la , proposition qu'elle retifertiiait serait rejetée , et qu'on perdrait par là jusqu'à la possibilité, de la reproduire en temps plus opportun*
Cependant lord Castlereagh si long-temps attendu , partit le 27 décembre de Londres , et après avoir installé à Amsterdam le prince d'Orangé comme roi de Hollande , arriva le 38 janvier à Lan£;res. Dans une conférence tenue le lendemam chez le comte IStadiou , et ou se réunirent d^ Lau^re».
les ministres et les ambassadeurs de Russie, d'Âu« triche , de Prusse et d'Angleterre, Ton fixa les bases des négociations à entamer à Châtillon.
II fut admis en principe que les plénipotentiaires des Hautes-Puissances ne se présenteraient pas ai|i congrès comme uniquement envoyés par les quatre cours , mais comme se trouvani chargés de traiter de la paix avec la France au nom de TEurope, ne formant qu'un seul tout : les quatre puissances répondant de Faccession de leurs alliés aux arrangemens dont on serait convenu à l'époque delà paix même. Ils devaient déclarer qu ils étaient tenus à ne pgint admettre d'autre forme de n^ociations que celle de séances préliminaires avec tenue de protocole*
11 fut également décidé qu'on ne discuterait aucune question relative au code maritime ; qu'on demanderait que la France rentrât dans ses limites de 1792 , sauf des arrangemens d'une convenance réciproque sur des portions de territoire au-delà de ces limites de part et d'autre j que Napoléon n'aurait aucun droit à intervenir dans le partage des provinces détachées de son empire ; enfin , qu'il renoncerait à tous les titres nés de ses rapports de souveraineté ou de protectorat avec l'Italie, l'Allemagne et la Suisse.
Ces bases ainsi posées , on prévint les plénipotentiaires que la marche des négociations se rè-