CHAPITRE XIV
route par quelques escadrons de cavalerie légère du général Grouvelle , tandis que lui-même , à la tête de la division Roussel , se porta au devant des masses prussiennes qui tenaient la chaussée et menaçaient Ardon.
Ces efforts vigoureux firent tourner les chances et forcèrent les Prussiens à se retirer sur Laon. Les dragons du général Roussel facilitèrent à la division Poret de M orvan sa rentrée dans le village d' Ardon , et Féclairèrent du côté du château de Lavergny et de Tabbaye de Sauvoîre. Le feld-maréchal Blucher ne considéra ce qui se passait sur sa droite et son centre que comme de simples démonstrations , car il était loin de penser que Napoléon songeât sérieusement à at* taquer par la route de Soisçons , lorsqu'il avait la facilita de manoeuvrer par celle de Reims ; aus^i , toutes ses sollicitudes se tournèrent de ce côté ; et bien que les corps d'Yorck et de Rleist fussent solidement établis , la gauche appuyée à la hauteur qui tlomine la grande et la petite route de Reims , et que leurs avant-postes fussent à 5oo mètres en avant d'Athies , il les aurait renforcés d*une forte réserve , s'il n'eût cru imprudent de dégarnir sa droite , avant que son adversaire eût entièrement dessiné ses projets.
Celui-ci convaincu que la position de Laon était inattaquable de front , ne pouvait se résoudre à attendre dans Finactiou que le duc de Ra-
4l2 CAMPAGNE DE l8l4 »
guse arrivât à sa hauteur pour tenter une attaque décisive , et marquait son impatience par les tentatives partielles et sanglantes qu'il renouve* lait tour-à^tour sur Ardon, et sur une ferme près de Semill j. De tous les officiers d'état-major eji^pédiés de demi-heure en* demi-heure au maréchal , pour l'engager à presser sa marche et rapporter de ses nouvelles , aucun ne parvint , il& s'égarèrent ou tombèrent entre les mains des cosaques qui rodaient à 5 kilomètres sur les derrières de l'armée. Vers quatre heures ,"^ le géipm«ae cincy nérdl Charpentier débouchant d'Etouvelle avec icharpSr* sa divisiou et celle du général Boy er de Rebeval , TEmpereur lui ordonna de concerter avec les.
généraux Priant et Curial, une attaque sur le village de Clacy , alors occupé par une brigade de la division Schowanski , que le comte* Stro^ gonow, en.se retirant de Yaucelle, y avait laissée au moment où les Prussiens abandonnèrent; Ardon et Semilly. Cette entreprise offrait de& difficultés , vu qu'on ne peut aborder ce village situé au milieu des marais , que par le chemin de Mous à Laon.
Il fut eonvenu que le général Curial ferait tourner à droite ce poste par 25o à 3ob tirailleurs , tandis que le général Charpentier avec une de ses brigades l'aborderait de front et la ferait attaquer de flanc par l'autre. Uattaque eut eiïéc^