‹ Mémoires pour servir à l'histoire de la campagne de 1814Chapitre 25 sur 129 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

ûe se replier sur le gros des troupes du général Hecht , qui engagea l'action et força les Français |i rentrer à Langres, Le corps d'armée continuant son mouvement, sç réunit le i5 et le 16 devant cette ville , dont l'attaque fut résolue pour le lendemain.

' Langres aurait été défendu par le duc de Tré- i*^^^^ ^* ^ vise, si les manoeuvres des autres corps de la ^«Ae Langre». grande armée alliée n'eussent menacé de prévenir ce maréchal à Chaumont, et de le rejeter pour le reste^ de la campagne hors de la ligne d'opérations de l'armée française. Cette considération le décida à commencer son mouvement rétrograde sur Ghaumont , laissant dans la place le colonel Simon , avec Sg grenadiers écloppés , et 125 hommes du i53® régiment.

• Dès que l'ennenii fut informé de son départ, il fit sommer la ville; située sur une hauteur et enveloppée d'un bon mur d'enceinte devant lequel on avait déjà exécuté quelques travaux , elle était en état dé tenir quelques jours ; mais la garde urbaine qui, d'abord avait montré l'inten^ tion de seconder la garde impériale , s'en voyant abandonnée et désespérant de faire une résistance efficace , ne voulut point courir les chances d'une défense sans objet , et ne contribua pas peu à paralyser les préparatifs de la centaine de soldats que la présence de l'armée ennemie n'iutimidait pas. Âprèa quelques, pourparlers , les Autrichiens

86 CAMPAGNE DE l8l49

entrèrent dans la ville , et sa petite garnison se rendit prisonnière.

Ici se termine la première période des opéra*

lions des corps autrichiens ; et comme leurs mou-^

vemens subséquens se coordopnent avec ceux du

prince royal de Wurtemberg et du comte do

Wrède, nous allons d abord indiquer la marche

de ces derniers 9 jusquà leur arrivée eu ligne»

7™taea.M^' On a vu plus haut que le comt^ de Wrède,

•'J'j^^"^»^* avait investi Huningue et Béfort, aussitôt après

avoir passé le Rhin. U pressait avec beaucoup

d'activité le siège de ces deux places 9 couvert pav

le corps du baron deFrimont, établi à Mnlhausen ;

mais le succès ne répondait pas à ses désirs ; les

tentatives de surprise avaient échoué comme

celles de séduction (1); les garnisons faisaient de

fréquentes sorties , et paraissaient disposées à se

défendre avec opiniâtreté. Ce cputre^temps était

. loin d être balancé par la prise des petits forts de

Blamont et de Landskroon , que le général Deroy

en battant le pays vers Porentrui , prit et fit sau^

ter le a 5 décembre.

wrwJ^'rend ^® i^omtc de Wrèdc, se consumait doue en

voffeuêir: efTorts impuissaus dcvant Huningue et Béfort eu

attendant le pasf ^ge du prince royal de W urtem-*

berg et du comte Barclay de Toliy. Pom^ élargir

(i) On se rappelle que les alliés ne recueillirent que de la honte des propositions faites aux commandans d'Huaîngue et de Fort*

Mortier.

CDAPITRC Ilf. 87

ses canloimemeiis , couvrir plus parfaitement les

sièges et éclairer la route de Brisach , il résolut

cie faire avancer ' jusqu'à Golniar , le corps du

iMiron de-Frimont, qui formait sa droite. Ce

mouvement donna lieu à la première rencontre

ées troupes de la grande armée avec lés Fran^

çais. Le comte Milkaud qui se trouvait à Colmar

aVec le 5* corps de cavalerie, ayant été prévena i

qrn'une avant-garde dé mille chevaux, sous le

«blonel Scheibler, était établie à Sainté-Croiic ,

se porta 4 sa rencontre le nJ^ décembre avec là

division de dragons du général Collaêrt. .La bri«-

gadâ Montélégier attaqua de front Sainte-^roix,

tandis que 2 escadrons tournèrent la position»

Les a*' , 6® et 11*^ de dragons chargèrent avec îm»

pétuosité, culbutàrent Tennemi et It poursuivi-

rent Tépée dans les reins à un myriamètre de

Saii:i^ft*Groiic , lui causèrent une perte de 400 tués

ou blessés , et de 1 5o prisonniers. Le baron de^

Frimont ne s'obstinant pas à pénétrer jusqu^à*

Colmar , établit ses avant-postes à Ënzisheim , ai

soti quartier^général à Rixheim.

Les choses demeurèrent dans cet état jusqu'au pa^uge au passage du corps du prince royal.de Wurtem* ^^j," p*' j|j herg , qui eàt lieu sur un pontjde bateaux à Markt, wumBAtrg. près Huningue , les 3o et 3 1 décembre. Il prit position entre Sâinte^olombe et ËnsisheiQ:! ^ in^ vestit Brisach , et appuya sa gauche à l'ill , pont se lier aux Bavarois.

; Dès que la coumunication ftil élsbUè ^ Im çmmté

.SS CAMI^AGIS£ DE iSi4j

de Wrède prit TotîTeasiTe, La 3 janvier, après qb court combat , ^ occupa Colmar , que rarrièregarde du comte Milhaud lui céda pour se retirer sur Stainte-Marie-âux^Mines. De là , les Bayarois coutinuèreut leur mouyement par les deux :ciyes de l'IU si^r Schlestadt , forcèrent la garnison qui courait la campagne, ^ se renfermer dans la place, qu'ils investirent aussitôt.

Cependant le comte de Wittgenstein qui ayak relevé le prince royal de Wurtemberg , au blo* eus de Keh], , observait le cours du Rhin , choisis'^ sant des positions « et se préparant des moyens de résistance et de retraite .contre les opérations possibles, mais p?u probables d'offensive, des garnisons de Kehl et de Strasbourg.

ShuTItrle L^princç^ dç Schwarzenberg , qui savait n'acomte de y^jj. pj^^ ^ redo^ter de ce coté , lui ordonna de.:

j&ancbir le fleuve au-dessous de Strasbourg, èt^ d'établir un pont avec une tête sur la rive gauche^ Il lui désigna comme favorables les environs dé ^^Iz, où Iç prince de Waldeck avait opéré soii passage en 1793. Le pont une fois, établi et mit hors d'insulte , une partie du corps devait investir Strfisbourg sur la rive gauche, et le. reste soua ; « • )es ordres immédiats du comte de Wittgenstein; traverser les Vosges» ipouy former l'ex tréîne droite 4^^ la.grande armée , et lui servir d'intermédiairer %y^c cçUç dç Silésie.

En vertu de cçs ordres , le comte de Wit^ens^ |ÇΫ^ 4«(^ *tti* h vixe, ga^çhç Iç général SesEavia

OHAlil'PKE ll'l. ' 8^

«veo s escadrons de hussards et un pulk de casaques pour avoir des nouvelles de Tennemi et fair« des courses sur ses derrières. Il s'occupa ensuite du passage de son corps ; mais, au lieu d'y mettre Factivitë que lui permettait Fabsence de l'ennemi, il procéda à cette opération si simple avec la métliode et la circonspection des guerres du 17* siècle. U choisit pour point de passage, rile de Fort-Vauban, qui lui offrait de grands avantages, parce qu'ei^ s'emparànt de cette place et du fort d'Alsace , situé sur la gauche du Rhin rouge, sa tête de pont se trouvait toute faite. Les fortifications de ces deux postes avaient à la vérité été détruites en 1794; mais om pouvait }es relever sans grand travail , et la difficulté de les enlever devait être légère, car leur garnison ne consistait qu'en 200 hômim^s ^\ 5o chevaux.

Les deux divisions d^nfanterie du prince Gorh schako w , et quelque cavalerie restèrent devant Kehl , le corps du prince Eugène de Wurtem* berg , et le surplus de la cavalerie aux ordres âé comte Pàhlen, se rassen^blèrent le 1^^ janvieif entre Stalhofen et Spielfeld. Tous les ponton» étaient réunis pour opérer le passage jus cju'à l'île dans la nuit du 1^^; mais vers deux heures du matin qu'ils se mirent en mouvement^ le courat^t^ les emporta et la plupart dérivèrent sjur la drpitq.^ Çnfin, dans la |ftwç^éB,.du a > Ja» «nuit &fli«ante y^t

90 CAMPAGNE DE iSl^^

lu matinée du 3 , les troupes parvinrent k sVt»i)lir à Fort-Yauban et an fort d'Alsace ; le pont «achevé , la cavalerie du comte de Pahien se porta sur Haguenaii, le prince Eugène de Wurtem* berg avec la division PitcbnitEky cantonna aax environs de Reschwoog. La division Scbachafs- Loy , resta sur la rive droite aux environs de Stol«hofen, pour appuyer an besoin le prince Gortr ficliakow.

atf«n*ilc7 dn P''^*^^ ^^ ^<>"« colés par tant d'ennemis , le duc

duc de BeUn- ^^ Bellunc, u'étaît pas asse^ fort pour leur faire

face , quoiqu'il eut reçu , vers la fin de décerna

bre ,17^18 mille conscrits ou gardes nationaux,

parce qu'il avait fallu, sinon compléter, du moins

renforcer les garnisons de Landaw, Strasbomrg,

Huniugue, Brisach, Scblestadt et Béfort (1);

en sorte que le ;)^ corps se trouvait toujours aq

même effectif, c'est-à-dire de 8 à 9 mille cam^

battans* Dans cette situation pénible, le mare»

cba) inquiet de la responsabilité qui pesait sur

lui , ne cessait de demander des renforts et des

instructions; mais il était aussi diffidle de lui

tracer un plan de conduite, que deJoi envoyer

de^ troupes» Le prince dé ^Tteuchàtel se borna è

. (i) On jet9 ^ans JjànàMw 3 mîlle homiMs ^ d«ii* Strosbourg 4,9^0 , à Brlsach 3 mille, A Schlestadt a,6oo, à Huuinguc 3 milieu à 9^« Soft'i taille, en totalité i8,5oo hommes- arrivés récemment âof

lui recommander en général de défendre les goiv ge3 des Vosges, et h l'iaforwer qui» :i légions de gardes natioQdles de# dép^rtomens de J« Meurthe et de3 Vo*ges , rwevfii Wt Vordf e du diw deVulmy de vepjr ocçqpw le* qufitre.déboiiphéfi entre Bé^ fort pi PM^bpiipg,

Ce$ iégioa$ ^'^rrivant poiot , et^ le duc de Bel- Inji^ «e yqyant coptmint de se retirer de peur d'être ri^jelé 4^m Strusboiu^ * ordonna au comte Mil}ifiud et à l'ipfiiDterie qu'il av^t dans la vallée de Çolmar de 90 replier par Molsbeim sur Saveme , ou %qn intention était de se conoentrer et tenir ferme , efin de donner au duo de Raguse le t^mpf de yepir h lui ; mais eomme noua le verrous dans le ohdpitre suivant, il se trouvait dçj^ séparé de Mn collègue parTarmiede Silésie qui , dèâ le 7 î^nfier « était arrivée sur la Sarre. Dans cette situation, le mouvoment du eomte de •Wrède força Je général Milhaudà se retirer par la .vallée de S^inte*Mprie-aux^ Mines, et piir suite, ol4igea le maréchal à prendre un point de ooneentration plus éloigné. Laissant donc à Saveme le cQmtede Ségur avec les 3^ et'4® régimensdegardef d'honneur pour observer le comte de Wittgens^ teiu , et achever l'approvisionnement de l^hals* bourg , le maréchal se dirigea , le 5 janvier , par Mutji^ig et Framont sur Baccarat, où il devait se réunir au comte Milhaud. Une partie de Tinfanierie et les dragons du 5^ corps s'y établirent j la

93 CAMPAGNE DE l8l49

division Duhesme forte de 5 bataillons, la cava^ lerie légère et une batterie à cheval furent poutsées en première ligne à Raon-FEtape.

Cette retraite dérangea le grand plan de d^ fensede l'Empereur, qui en conçut deThumeur, et en fit des reproches très-vifs au maréchal. Les alliés maîtres des débouchés de Colmar sur Nancy, pouvaient arriver sans obstacle dans le bassin de la Moselle et enlever aux Français l'avantagé ^es deux saillans que la chaîne des Vosges et le Hundsruck forment vers Béfort et Landaw. Le théâtre du premier commandement envahi, celai du deuxième sérieusement menacé, il fallut re^ culer le centre de celui-ci à Nancy , avant même qu'on fiât en état d'y avoir un noyau d'armée.

Le duc de Valmy reçut l'ordre d'y diriger en toute, hâte la 2^ division de voltigeurs qui était en formation à Sarrelouis; et cette division qui comptait à peine 5,!»oo hommes armés depuis quinse jours, à laquelle se joignirent 4oa che^ vaux du dépôt général des remontes, et deux batteries , forma le corps d'armée avec lequel le prince de la Moskowa fut chaîné d'arrêter le^ progrès de l'ennemi dans cette direction^ . Cependant le comte de Wrède reçut ordre de s'approcher de la grande armée par Saint-Dié sur liaiigres, et le prince royal de Wurtemberg de celle de Silésie par Remiremont et Epinal. Le biQCUSi des places de Schlestadt ,. Brisàeh et Hu-

tuAPiTAE ni.

iKngue fiit confié au lieutianant-général Béckers ^ et les deux corps se disposèrent à exécuter leur mouvement.

Le prince royal de Wurtemberg se mit eut marche par Remiremoni sur Epinal , où il reii-" contra la brigade Rousseau, soutenue par 3oo chevaux aux ordres du général Duvigneaù, que le prince de la Moskowa avait envoyés de Nancy pour en chasser le parti de cosaques qui Foccu-" pait. Cette faible troupe hors d'état de se mesu^ rer avec un corps d'armée , commença sa retraite par Thaon^ où elle parvint sans accident; mais là , Tavant-garde qui la poursuivait reçut un renfort inattendu. C'étaient les cosaqu^ss du général Grekow^ , formant l'avant-garde de l'hetman Platow, qui ayant été détachés des réserves du comte Barclay de ToUy devaient entrer en ligne le 9 à Epinal. Les Wurtembergeois enhardis par l'arrivée de cette cavalerie, redoublèrent d'ardeur dans la poursuite , et rejetèrent les Français dans Charmes après un engagement vigoureux.

Cependant le duc de fiellune voulant faire un dernier effort pour éloigner l'ennemi et assurer sa position , aujtant que le permettait sa faiblesse^ avait résolu de faire avancer de Raon sur Saint-^ Dié la division Duhesme , soutenue par les dragons du. général l'Héritier, tandis que ceux du général Brîche chasseraient de Rambervillers un parti ennemi , et que le général Cassagne avec

^ CAM^AGIfVK DE iSl^^

une colùime d'infiilitérie et 3oo chevaint , se por^ UTàit êUt Ëpinftl , qa'ott fté croyait occupé que par des troupes légères.

coflOwt dt- Le géâéràl Ossâgne, trompé contme le maréchal &M la ùprM de l'entiemi qu'il avait eu tête , donna sur le gros de^ Wurtembergeois : son in^ fioiterie écrasée pftr le âotnbre se retira arec peine } la presque totalité de sa cavalerie fut enlivée^ Aloi^s le prince royal dé Wurtemberg , s V ràtiçA d'Epinal par Bourbonue , dans la direction de Langres, ters les sources delà Meuse, où il prit son rang dans là ligne de la grande armée , k droite du corps de Giulay.

Là division Briche plus heureuse que la colonne Gassagne , tomba à Timproviste dans le vallon, entre Saint-Dîé et Rambervfllers , sur tin parti de :ioo cosaques que le général Montélégîer culbuta à la tête du 6* de dragons , et pour- Joivit au-delà de ce bourg, où le général Briche ^'établit.

Combat de L'exT>édition du &:énérdl Dubesme rencontra de pitts redoutables enneniis. Le coi'ps du comte de Wrèdé , ayant en tête de colonne la 3* divisidtt bavaroise, et à l'avant-garde la brigade Dèroy , s'avançait sur Saint-Dié , qui n'avait été Jusqu'alors occupé que par des partis. A peine les aVant-pt)Stes s'étaîcnt-ils établis de l'autre côté de là ville , qu'ils forent attaqués vers onze lietu'es par les dragons du général rHériticr , qui

cHAPitRfT fir^ 95

lea repoussèrent ju^u'à Sai&te*Mafguerîte , dont iU s'einpârèratit Bientôt le gênerai Duhesme dé^ bouchft de ce tillage à la tête de son infanterie , et troiitii la brigade Der ùj , en bataille et prête à le recetoir : le choc fut rude et tourna à l'a-^ ▼aiitdge de» Bavarois , dont le général tomba blessé gtièvement au moment où ses troupes euleyaient Sainte-Marguerite. Le colonel Treuberg qui le remplaça pout^uivit ses avantages et continua à pousser les Françaisf jusqu'au pont de la Meurthe, derrière lequel ils Se reformèrent entre Sàinte^Marguerite et Saint^Dié ; Finfanterie bavaroise les ayant bientôt atteints, le combat recommença. Les nombreuses coupures du ter* rain, rendaient nulle Faction de la cavalerie, Finfanterie même ne pouvait se mouvoir qu'avec lenteur; mais Fartillerie joiiant avec avantage obligea le général Duhesme à continuer son mouvement rétrograde sur Saint-Dié. Le colonel Treuberg combinant des mouvemens de flanc avec son attaque de front, enleva la ville de vive force, et porta ses avant-postes sur les routes de Raon et de Bmyèi^es. Le général Duhesme se retira avec sa poignée d'hommes par Saint-Michel sur Rambervillers.

Ainsi repoussé sur sort front , le duc de Beîlune était menacé plos sérieusement eocore par le prince royal de Wurtemberg , dont le mouvement sur la fiante-Marne compromettait son

go fcÀMPiLCNE bit i8i4î

flauô droit. Malgré le daiiger de sa situatioii). aentaut toute Fimportance delà possession des Vosges > il balançait encore à les abandonner ^ lorsque le maréchal prince de la Moskowa i lui manda de Nancy que la gauche de larméo de Silésie s'avançant à grands pas par Château^ Salins, allait lui couper la retraite poui" peu qu'il tardât à l'eiFectuen U n'y avait pas un mo*" ment à perdre : tels troupes se mirent en mouve-" ment des points où elles se trouvaient^ et après s'être réunies à Saint-Nicolas , gagnèrent Nancy ^ Jonctioà des qù s'opéra la jonction avec le prince de la Mos-

co^p^ du prin- ■• ' , *•

cède la Mos- kov^aé Ce maréchal était en communication pai'

kovti et des i i t t% • •

ducs de Bel- sa gaucho avec le duc de naguse qui se trouvait ''se sur la sur la Moselle, et dès-lors les 3 corps opérèrent ensemhle devant Tarmée de Silésie.

Débarrassée par cette brusque retk*aite du seul ennemi qui lui disputait le terrain, lavant-garde bavaroise, s'avança sans résistance jusqu'à Lu-^ néville. Ses coureurs poussés le i5 janvier sue* Nancy , lui apprirent l'occupation de celte ville par l'aile gauche de l'armée de Silésie. Le comte de Wrède qui, avec le gros de ses forces, se trouvait à Saint-Dié , voyant dès-lors son front dégagé et sa droite assurée, reprit son mouve-* ment le 16 janvier, et se porta en quatre marches sur Neufchâteau et Chàtenoy. C'est là qu'il entra dans la ligne de la gi'ande armée , dont il

forma l'extrême droite et ouvrit la communica*»

lion avec ceîle de Silésie.

oselle.

, ' 'CHAPITRE iir. îgf

;' t^n Tolt par les monveinens .qu'on vient de

. k*apporter , <jue le prince de Scliwarzeitberg n'ayant plus en tête que le duc de Trévise, pouvait réunir au 19 janvier, pour agir contre lui , les corps du comte de Giulay^ du prince de Wurtemberg et du comte de Wrède qui se trouvaient en ligne entre Langres et Neufchâteau. U ordonna aux deux premiers de le poursuivre 5ur Chaumont ; le comte Giulaj par la route di^ recte, détachant 6 escadï'ons sur l'ancienne voie

:. romaine .pour tâcher de couper l'arrière-garde ; le prince de Wurtemberg par la route de Bourbonne et Motitigny^ Gélui-ci , après avoii^ dhassé les avant-postes français de la Ville-aux-Bois , s'é^

.tablit sur les hauteurs entre Choignes etChauicnont, où il plaça son artillerie. Déjà deux bataillons s'étaient emparés du village et du pont

. de Choignes , et avaient passé la Marne; Le maréchal lança sur eux un bataillon de grenadiers qui, les abordant à la baïonnette v reprit le village et en culbuta un grand nombre dans la

rivière.

La. position du dtic de Trévise était critique. Il n'avait qu'une division d'in&nterie et une de cavalerie à opposer à.d^eux corps d'armée qui le •harcelaient^ et il savait que le comte de Wrède se trouvait en mesure de déborder sa gauche* Dans une telle occurrence, la retraite devenait \ .1* 5 •

indispensable , et la 'prudence la conseillait *d'àutant pins, qu'en gagnant Bar-sur^Aube et Troje&, le maréchal était assuré d*être renCorcé .par la a^ division de vieille garde en marche de 'Luxembourg sur Brienne , et par le 1 1 3^ régûnent de ligne arrivé à Troy es.

Il commença son mouvement le igijanvier, et Vétablit'le lendemain à Bar'sur-^Aobe, «ou il fut •rejoint par la (division Michel. Alors «es forces '«'élevant à 8 mille fantassins et av^oo -chevaux d'élite, il résolut de disputer encore le ternùn, ti *jeta i3,ooo hommes et 400 chevaux «ous le gé- 'nérdl Letort, à Colombé4es^ax*Ëglises , 'pour -observer Tennemi.

La retraite sur Bar n'avait point été inquiétée. Le prince de Scbwarzenberg , plus attentif k maintenir Tordre dans ses opérations qu'à la- situation de son ennemi , s'était décidé à donner quelques jours de repos aux covps du comte Giulay et du .prince de Wurtemberg,. poiu* attendre l'arrivée «du comte' de Wrède «t surtout celle du comte de Wiltgenstein.

Combat de dette 'ioiaction était' trop favorable au duc de -Trévise(pourqu*'il'dût''Se flatter de la voir durer Ibug^temps.'Ën «ffet, le^néralissime» sentimt œ qu'elle po«Érait»lui faire: perdre , ordonna ^le '!iB adx' deux-corps' de reprendre leur ^mouvemefnt ; ie cfmiie ' Giniay ;par ia 'Ferté-aur-^Aiibe et Clairvaux ^ le prince par la route directe , afin «d'être

Jsxk mesure d^atlaquer ;simuUai)^meût ia position .de Bar leleailemaîp*a4«

'A oiize Jiewesrdunitatiii ^ilWantigardedueQmtô iCaulay débouchant de «^^Cldîrvaux $e i porta ^sur le rviU^^lde Fontaine^. II v^^érait ^l'ettley^r , y •paa^er rAi4>e, surprendre Bar et, j pré?»nir,la détaekeaaeilt 4u général I^etort^qui couvrait à Colombe la route do Gbaumont. Jtfaîs le duc , de (Tré vi^ pénétr^fton projet ; uqq partie de ses trou- .pes ^tait en baiaille- survies hauteursfà droîte^t à «gaïu^he deiBar, et la* division Michel ' occupait «Ifontaiaes.

' Cette dernière position » couverte , par^ l' AuJbe , était avantageuse. L'artiUepie française, plongeant dans les cokmnes autrichiennes, \j causa .une grande pette et vdu désordre. Le^génénal Michel les voyant ébranlées, fît franchir l'Aube àsa première hi^de^i' les> chargea? suprlorebamp jmais les régimens de Giulay et/de Atariassyt-ay^ntécé soute^Ùos rsar . la cgauche , par une ; diversion « de la brigade .Treniîk , }es .Francais,fureiit conti^înts de repasser la rivière. Deux fois les Autrichmis: pé* néttnrent dans le .viilage , deux: fois ilsjcn<£irent chassés par, les fusiliers et les Ttéittest'qni ,i loin de passer» à - l'ennemi comme râffirjai;èren 1 1 des . rapportsBiensoagers y méritèrent dans cette ocoaswm . les éloges dw général Christiani.

Pendant que les principftux^fiprtsse dirige^«mt sur vComiâines y ie « prinee ^ royal ^ de WvrtcnLberg

lOO CAMPAGNE DE i8l4$

cherchait à attirer Tattentioa du duc de Trévtstt par une fausse attaque du côte de Colombe. Le général Letort se retira en bon ordre , d'abord sur Lignol , puis sur le plateau de Rouvre , où se trouvaient la division Friand et Tartillerie^ dont le feu força le prince à la retraite. La perte des Français s'éleva à moins de Soo hommes ; les alliés en avouèrent i,5oo hors de combat.

Toutefois, quoiqu'il eut déjoué le projet de l'ennemi , le duc de Trévise jugea prudent d'abandonner la position qu'il venait de défendre , de peur d'y être forcé le lendemain ; car il savait le , prince de Sch^arzenbei^ en mesure de renforcer ses attaques autant qu'il le jugerait nécessaire. Il se retira dans la nuit sur Yandœuvre et de là sur Tro jes , laissant une forte arrièrC'^garde à Magn yle-Fouchan

Le a5 janvier, le comte de Giulay occupa Bar. Le prince royal de Wurtemberg resta à Colombeles-deuX-^Eglises, d'où il se mit en communication

avec le comte de Wrède aux environs de Neuf- I château.

Opérations et Lcs mouvcmcn s rapportés jusqu'ici démontrent

marche du , . , ^

comte wut« assez que le comte de vYittgenstem , après avoir genatein. f^t^uçhi le Rhin , ncut d'autres obstacles à éviter

que les sorties des garnisons de la basse Alsace» et la faible brigade du comte deSégur qui l'observait . des hauteurs de Saveme.

Le comte de Fabien commandant son avant-

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