‹ Mémoires pour servir à l'histoire de la campagne de 1814Chapitre 27 sur 129 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Passage du Rhin par Varmèè de Silésie. — Opérations fusquà son arrii^ée sur la Marne.

. (Cpnftultez po,ar les marcHeSy la. carter des.ponts^.et diausf^ sées de l'Ein pire Français , et pour les positions la re« connaissance militaire du Hundsruck , par le général Hardy, ainsi que les feuilles de Cass^ni , n'^'|6f; lyS; i4i, 141; i][o, liii lis; 8pet 8|.)

X ENDANT que la grande armée alliée violant la • neutralité de la Suisse , s'approchait à pas pré^ cipités des frontières de France , Farofiée de Siîésîe aux ordres du feld-maréchal Blucher , s'étendait des bords du Necker à ceux de la Lahn. Dans les derniers jours de décembre, le corps du baron Sacken occupa Manheim; celui du général Yorck' cantonna entre Lœrich et Saint<^oarshausen , ayant en seconde ligne entre Katzènellénbogen et Langenschwalbàch , les 9® et 10® corps russes. ' Le comte de Saint^Priest avec le 8® f formait^ à Ehrenbreitstein l'extrême droite de la ligne. Le' comte Langeron commandait ces trois derniers corps. ' ' i

Les ordres étaient donnés et les préparatifs faits pour iranchir le Rhin idan^ la nuit du ^ i décembre

f09 eAMPACNE DE l8l49.

joBctSoB des Son aTant-garde rencontra à Hakenbach ^a ârn~-

divisions Da- • • i««. .1 • .• 9/r*

ratte «t ju^ S^OH qui 56 repliait, et leur jonction setiectua;; ^ mais déjà il n'était plu» poft^ble de rejoindre le-

duc de Raguse, car le corps d^Yorck occupait. Stromberg et le comte Langeron qui n'avait encore pu passer entièrement , cantonnait vers. Kaub et Baccarach , sur les deux rives du RhÎDi. Dans cette extrémité , le général Ricard sentit qu'il n'avait d'autre parti à prendre que de se retirer à Lambach, pour de là mianœuvrer pour son propre compte et gagner lu Sarre«

Ce morcellement du faible corps français qui: devait défendre la contrée entre le Rhin^ la Sarre et la Moselle, donnait beau jeu à l'ai^mée de«Silé-t sîe qni - pourtant ne s' avança pas avec plus de célérité, lie corps du général Yorck prit séjour dansi sa position, de Stromberg , faisant occuper Zim-i mern et Kircbbérg, et ceux du ûon^te de Langea Fcm se détachant de l'armée » gagnèrent Mayence quiis étaiei^t desjtinés- à^ investir^ Suor la.ro«.te -de ces derniers se. trouvait à Biogen, le*^néraL Combat de Choisy dv^c uue brigade ile gardea d'hoi^edr et *"^*°' mille baïonnettes,, pour observer la ]Hahe»: Le comte de/ Langeron l'attaqua,, le c^ssa^edon poste- avee Inerte 4e 3oo pi^ispimierSi.et lalfQr^a à se j^ten dws Mayi^çe- Le; A^'r^Égiménl; :d^^M^dea d'b^i%n^rvqui >étoit i Kr^utatiach etenvirona^ çoppé et .réparé en deux, parvint cependant â $'écb$(ppier par divers nObi^miiis et à i^j^tndceea parti^QS(l0 4uç;de^R»gu^jsiir}^&ftrre» '

* nqHAWTilE IV. iO^

Ëepèùdanjt le baroa Sacken {poursuivant don teouvemeut par Turkheim , chassait devant lui le du^ de Haguse , tandis que le général Yorck se dirigeant par Kreut^nach et Missenheim sur Lautereck etRusel, débordait son flanc gauche et entrait dans les défilés de Grunstadt. Le maréchal .sentit qu'il fallait se rapprocher de la Sarre et se replier sur Kaiserslautern; mais cette positioti n'était plus tenable pour . lui , car lors même <{u'il eût eu assez de monde pour Toccuper ^ il eut couru risque ) efn tenant tête au baron Sacken^ de ^e voir prévenir sur la Sarre par le général Yorck , ou abordé sur «es derrières par Rabenstein et .Schœnbeirg» Une autre raison rengageait d'ailleurs à presser sa retraite; ce n'était que derrière la Sarre qu il pouvait se flatter de se réunir aux: . •divisions Ricard et Durutte. Il se mit donc en mou- ]> daè d« lavement le 5 janvier au matin sur Hpmbourg et Sîîiè^'u Sarreguemines, etlejSil s'établit sur la rive gauche. *"^"

L'armée de Silésie futbientôt sur ses traces. Le général Yorck s'avança sur deux colonnes par . Saint- Wendel et Birkenfeld» Un gros parti 30us le , colonel comte de Henkel , fut jeté par Kirbach et .Malzbach but Ti*èire$, où il entra le 6, auxao- . clamations des habitans , et trouva une ambulance de 5 à 6oo malades. Le faible détachement qui occupait la ville sous le général Rigaud , se , replia sur Luxembourg» L'av#nt-garde du gjénér^ Yorck 9 aux ordres du général Katzler, se portais

reUr*

lit) CÀMPAGÏfE HE 1814 9

9 janvier sur SarrelimiS) dans rîdteniion de le surprendre; mais n'ajwkt pu passer ki Sarre grossie par les pluies et dont tous = les ^bateaux QiaMit'dëtruils, il prit poste à tSarrewelingen et -se' contenta de jet^r des 6bus> dans la placer durant itoutei la-nuit.

Le corps ^du baron Sacken marcha -par Hom- ^ourg ^ poussa son^avant-garde sur SaiYeguemines M oceupa'BliescaslJel , Deux-Ponts et Robrbach.

* (^oique le duc de l^gùse né pût se dissimuler quel la Sarre) n^^it pas une' barrière capable d'ar- <^ter long*temps un ennemie puissant , il ne laissa pas de^faire des dispositions pour tenir derrière cette rivière, tant pour gagner du temps que pour approvisionner lecfortde'Bîtche sur le point d^tre investi.

^Les divisions •Ricard ^t >Durutte qui s'étaient repliées 'par les valides de 'Saidt^Wendel et de •BirkenfêM ^ Mr ^Sarrébruèk , - dodt > «Ues avaient 'Jeiit^sauUrle p<mt, iurent^ chargées de défendre 'Fe$pace Compris entre -Sarrélouis et^arregue- (mines. ^Des partis de cavàierîe soutenus par dé vl5a^til)eiie furent envoyés'an^essousliieSarreteuis -pour détendre lèsfgu^s;< la division Lagrangeet^ la ^M^alerielegèrcprirent position àSarregnemines ^^our r^e«|)(^ition du^ ravitaillement de<Bitche.^Iie ^|uartier^u maréchal Alt établi à Foii|>adbu Là, ^es^bruils sourds , mais^ q^ii* n'étaient pas dénués (d^ V^dmnbiance , lui- rayant rapporté que^ le duc

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de Belltiae , dans rimpos$ibilité de défendre les débouchés des Vosges, était en pleine 'retraite sur Nancy, il tourna des regards d'inquiétude autour de lui et peignit en couleurs rembrunies au prince major-général la situation dans-laquelle il retrouvait; mais au lieu des renforts sollicités, il n'en reçut c^u'un nouveau pkn de eampagnc ^^^^ ^,^^ ijui atteste à-la*fois Teutbarras de l'Empereur etd« Napoléon. «son ignorance complète des plans , des moyens et 'de la marche des alliés.

N-aocordant àrépoque duSjanyier que i o mille •hommes au général Bulow , 60 mille aii feld-^ma-^ réchàl Blucher,et 180 mille au ^néralissin^e prince deSchwanaenberg , ii croyait encore possi-*^ ble d arrêter leurs progrès aveo les seuls débris de 'la< grande armée.

Dans et^tte persuasion , son intention était que • le comte Maison ccM tiiyt ^sous' Breda les* Prussiens 4ét^ lés Anglais. 't^Étailt' du principe que lefeld-m^- 'péchai Blu<^her< laisserait 20 à r^SmilIé hommes devant M^y^nee efsur le Rhin, il voyait 'Soti armée 'réduite à 3o^ mille hommes actifs; dès-lors , obligé de masquer Sarrelouis s'il voulait -se porter sur la Sarre; de bloquer Luxembourg , Thion- ' ville, lifârsal et'Metz, s'il la ' fFanchissait pour '^ poii;l8r sur la Moselle , il ne devait lui red« *ter quee fort peu de monde pour ses opérations ^Itérieures.^Dans cette hypothèse , le duc de Raguse devait se borner 44'observer, le contenir ,

et à ÈaaûOéuvi^er entre les places^ Si pat* Feflfbt d'une chance regardée comme inadmissible, d'après les calculs de l'Empereur ^ le maréchal était . contraint à repasser la Moselle , il aurait jeté la division Durutte dans Metz et défendu pied à pied la route de Paris « tandis que le duc de Tarente qui avait reçu l'ordre de réunir son corps vers Namur, eût opéré sur le flanc droit de l'enne- ^ mi 9 sans cesser de couvrir les débouchés de Paris. Dans le cas où le feld-maréchal Blucher, après .avoir tâté la Moselle^ se serait porté sur la basse . Meuse , vers la Belgique , le duc de Tarente aurait . défendu cette rivière de pied ferme pendant que le duc de Raguse aurait harcelé le flanc gauche de l'armée de Silésicé

Partant également du principe que le princier

de Sohwarzenberg ne laisserait pas moins de 20

. mille hommes pour contenir la Suisse , de 20 mille

pour assiéger Besançon» et de 20 à 25 mille pour

.masquer les places d^Âlsace, il pensait que ses

progrès ^^eraient arrêtés sans efforts à Langres par

le duc de Trévise , à Nancy par le prince de la

' Moskowa, et dans les Ypsges par le duc de Bel-

. lune. Il recommandait k cet effet aux trois mare-

chauxde combiner leur attaque pour s'emparer de

. nouveau des gorges des Vosges , de s'y retrancher

. et d'y réunir tous les gardes nationales, les vo-

. lontaires , les gardes champêtres et forestiers

^ qu ils pourraient mettre sturpied» .

fcHAPiTRÈ iV. il3

Datis \e Cas où loiis leurs efforts auraient échoué, tes trois corps devaient se réunir et couvrir autant que poSvSible, les principales routes aboutissant à la capitale»

La teneur de ces nouvelles instructions n'était guères pi'opre à ilispîrer de la confiance aux maréchaux ; mais comme le majolr-général annonçait en même temps que la paix était signée avec Ferdinand VII, que les armées des Pyrénées et de Catalogne marchaient sur Paris, où TEmpereur avait déjà rassemblé une armée de loo mille hommes, et que les gardes nationales de Bretagne*, de Normandie et de Picardie se levaient spontanément pour former une réserve de pareille force : généraux, officiers et soldats, es»pérant voir bientôt un terme aux maux de la patrie, reprirent courage , et résolurent de sup* pléer au nombre par un entier dévouement.

Cependant lefeld-maréohal Blucheravaitbordé la rive droite de la Sarre : le corps du baron Sacken de Sarralbe à Sàrrebruck , le général Yorck de ce dernier poiut à Mertzig. Le lo janvier, des ponts furent jetés à Sarralbe et à Rehling; toute la cavalerie et l'artillerie légère se mirent à la poursuite du duc deRaguse, qui refusant le combat, se retira par la grande roule de Metz. Le lendemain l'infanterie prussienne passa à Sàrrebruck et se dirigea sur Forbach, où le général Yorck établit sou quartier. Huit bataillons et quatre escadi^ons 1, 8

Il4 CAMPAGNE f)£ 18149

formèrent Finveslisscmçnt de Sarrelouîs. La brigade Horn marcha sur Thiouville; lavant-garde du général Katzler pou&sa sur Saint-Âvold et donna sur Tarrière-garde française près de Neue- Muhlen.

La facilité avec laquelle on avait jusqu'alors poussé le duc de Raguse , fit penser au maréchal Blucher que le corps d'Yorck était plus que suffisant pour le rejeter dé la San*e sur la Moselle. U jugea donc qu il serait plus avantageux de porter le baron Sacken de Sarreguemines par Pu* ielange et Chftteau-Salins sur INancy , afin de lier larmée de SUésie avec la droite du généralissime formée par le comte de Wittgenstein. Ce dernier h la vérité , s*occupait encore de &ire passer le J^hîn à son arrière-garde et de former Finvestissement des places ; mais le feld-maréchal devait le croire beaucoup plus avancé , puisque , comme ou Ta vu au chapitre précédent, ses coureurs avaient rencontré les siens le 5 janvier aux environs de Bitche, Quoi qu,'il en soit, le général Yorck marcha sur Metz et le baron Sacken sur Naificy, sans éporouver de résîst^mce.

u anc deRa. M i^ janvier aui n^tin^ le duc de Raguse vint S^*re "ir* prendre position sous Metz , et les dispositions *^*^**' qu'il ordonna ^1 arrivant , firesit penser qu'il était dans l'inteution de s^ maintenir quelque t^mps 4wrière la Moselle. En effet ^ cette ligne prot^ée àla gaudbie et au centre par 4e bonnes places ,

ofirdit 4e gi^ncl^s r^$0apo^s pQur t6i)|r eu éehçc le seul corp$ de l'armée d^ ^ît^uç ^i )ai xpen^^ çÂtt ^ pevMti^e empêcher ^ réunioa avec la grande aiwé^» Mais pous» obtenir ce résulta^ ^ il^fitllait eifectuer uia^ jopction préal^l^e arec le due de IB^^Uime, qu^on 9^ T^ au cl^pîire précédeat ae retirer snr Nancy où il s'était l'ai** lié au priuee de lu Mo¥ikQwa« Alors ces trqi^ eorpa eussent présenté uuè laasse assez impo^ saote pout^ airéfer ^el^es jours le B^aréçhal Blucher; el de cette Qp^r^tipn déiriFai^^t les plus hautes conséquences» dans une oo^ji^ncture où une seule tnarcbe rétrogradie primait l'fstat des conserits de la laoitié d'un d^p^i^teiaept,

Néannioitis cette jonction si désirable n'eut pas lieu y soit que le défaut d'unité dans le commandement s'y opposl^t f Sfoit qm les instruciiops particttlièves de l'Ëmperew 1«^ défepdisaeut aui: maréchaux qui. ne cessaient de la. soliciter» Ce défaut d'ei»âe«ih)e et d'b^riiKtlûe em les suites les plus Aobeuses. Lie baron ^cken continuattl sa marche sur IHancy , poussa son avantgarde jusqu'aux portes de cette ville > et se lia par sa gaudke avec les poisaques de l'hetnian Pl^tow» qm avftîcaeit pénétré jui^u'à Yésel^e. Le prioce de la |4oskowa surpris p9tr l'arrivée d$s Russes, évacua Nancy avQc iine telle précjpitillion qu'il y laissa un dépôt dâ 5qo prîfpnniers cspafnola. Q se imrtu wr Tottl » e^g^ge^QA k du^

Il6 CAMPAGNE DE 1814*

deBelIuneà saivre sonmouvemenl rétrograde sur Lîgny.Lesdeux maréchaux s'étant reposés l'un sur l'autre pour la destruction des ponts de Frouard et de Bouxières , elle ne fut pas effectuée.

De son côté,le général Yorck, dont ravant-gaitle suivait constamment le duc de Raguse, prit position le 1 3 janvier sur la rive droite de la Moselle^ établissantdes cordons autour de Metz et deThionville; le gros de son corps à Longeville. Le même jour, le duc de Raguse poussa la division Ricard sur Pont'à-Mousson par la vieille route; elle coucha le soir & Novéant, et entra le lendemain de bonne heure dans la ville. L'ennemi n'y avait pas encore paru; mais les reconnaissances envoyées sur Nan^ cy , rapportèrent que l'avant-garde du baron Sacken venait d'y entrer, et avait déjà fait passer des troupes sur les ponts de Bouxières et de Frouard. Alors le maréchal , débordé sur sa droite , se décida à gagner Verdun pour se placer derrière la Meuse. Il compléta tant bien que mal la garnison de Metz , acheva son approvisionnement , et y laissa pour gouverneur le général Durutte avec les cadres de 2 régimens de sa division ; la cavalerie , la division Lagrange , la division de jeune garde Pecouz non encore organisée, et le quartier-général, prirent la route de Verdun par Mars-ia-Tour.

' Le grand quartier-général , les administratioils , le grand parc et le duc de Valmy étaient partis

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