CHAPITRE IV
lever. Elle établit le 20 janvier ses batteries sur la côte de Saint-Mitliel, et se forma en deux colon-r nés sur les routes de Voîd et de Nancy ^ pour tenter une attaque de vive force. Le commandant intimidé par ces apprêts , ouvrit ses partes et se rendît prisonnier avec sa garnison.
Toul pris avec tant de facilité , assurait singu-* lièremeut la position de Tarmée de Silésie dans la Lorraine, et le feld-maréchal Blucher allait se trouver plus que jamais maître de toutes les ope* rations par l'arrivée des corps du comte de Langeron, qui relevés au blocus de Mayence par des troupes allemandes , s'avançaient par Sarre-* bruck et avaient le 20 janvier leur tête de colonne entre Château-Salins et Nancy.
Cet heureux concours de circonstances lui fournit Toccasion de ressaisir des avantages qu'il avait laissé échapper; car il était loin d'avoir tiré tout le parti possible de la retraite prématurée des Français. Au lieu d'employer ùri temps précieux en contremarches sans fin entre Metz, Thionville, Luxembourg etSarrelouîs, quelques officiers ont pensé que le général Yorck eût beaucoup mieux fait de masquer simplement ces places et de se réunir au baron Sacken , pour pénéti^r vivement et en masse entre la Moselle et la Meuse , aussitôt que les débouchés deFrouard et de Pont-^à-Mousson lui furent livrés; et ils ne doutent pas que daii$ la situatioii où .ae trbu-
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▼aient les trois corps français, il ne les eût culbutés sur la Meuse et peut-être prévenus sur la Marne.
Quoi qu'il en soit y le feld-maréchal se royant «nfin en mesure de forcer le passage de la Meuse i résolut de laisser le général Yorck achever ses opérations de blocus , et de se mettre en mouve- ,ment le a 1 avec le reste de ses troupes , divisé en deux colonnes. La première, ccwposée de la moitié du corps du baron Sacken , et précédée d'une forte avant-garde de cavalerie et d'infante* rie sous les ordres des généraux Wasûltschikow et prince Scherbatow , s'avança par Lign j et Bar^ le-Duc sur Saint - Dizier. La seconde , formée de l'autre moitié du corps du général Sacken^ suivie à un jour de distance par le g® corps russe aux ordres du général Alsusiew, eut son itiné-* raîre tracé par Vaucouleurs et €îondrecoart sur Joinville.
vennm pat- ^es maréchaux français avaient bien pris ouel^ ques mesures de défense sur la Meuse, et la crue de ses eaux leur donnait l'espoir de s'y soutenir quelque ten^s; cependant les ponts au-dessus de Yaucottleurs n'ayant pas été détruits à cause des débordemens qui avaient empêché , dit-on , d'en approcher , l'avant-garde de la colonne de gauche ennemie en profita et passa la rivière sans obstacle dans la nuit du 9a au !ii janvier. Le due de Bellune, i&cpuefc déjà des mouvejOQiefis que le
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comté de Wrékie el l'heimatu Platow faisaient à sa droiie ûHr Néufchàieau ^ «raignit d'êlre prévenu à Ligny par les troujpeâ de Tariuée de Silésie qui filaient sut* Gondrecoui't ^ et évacua le âi au maliti 66s po»tk)t)s de Vaucouleurs, Yoid etCom?* mercy pour se concentrer à Ligny» Le duc dé RagUse^ afin de se tenir à sa hauteur, fit retirer à Dfaives la division Deeoue qui défendait Saint-Mikiel, doilt elle fit voler le pont; la division Lagrange s'établit à Chaumont-'en-Aii^e , le reste du 6^ eorps à Verdun.
Cependant la colonne de droite de Farinée da Silésie se nùt ^r la chatissëe d^ ISabcy à Bar , à la poui*suite du duô de Bellune dont ï arrière^ garde était à Saint-Aubid^ Le marécliàl ne jugeait ni la position en avant de Ligny ^ ni le plateau par lequel on y arrive de Saint-Atibin , susbeptiblei de défense « vu qu'où n'eu peut sortir que par une rëmpe rapide, lotigue et dangereuse, qui se prolonge jusqu'aux pi*emières maisons de Ligny. Son intention était au contraire de teuir la position opposée farinant la tête du défilé qui Conduit à Saint • Efizier ; mais TEikipereUr voulait c[u'on tint ferme sur l'Ornain , et ]e prince de Neucbàtel, arrivé à Ligny le a^ janvier, or« donna de fiiire faire volte &ce à la cavalerie » qui se porta aussitôt en avant Elle rencbnf ra près de Sainir Aubin celle du général Waséiltscikikôw , ureo laquelle elle engagea l'acliQU ; le comte Mil^
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haud n'étant pas soutenu par Tinfanterie, et ayant affaire à trop forte partie , fiit obligé de se replier sur Lignj , serré de près par l'avantgarde russe. La colonne de droite de l'armée de Silésie coucha le même soir à Void , colle de gauche à Vaucouleurs et Toul; le quartier du feld-maréchal fut établi dans cette dernière place.
Le lendemain au point du jour, l'infanterie da prince Scherbatow attaqua Ligny, dont elle chassa l'arrière^arde française après un combat opiniâtre. Le gros de l'armée continua son mouvement.
Bien que le général Jurgasz observât encore Verdun , et que le corps de bataille d'Yorck se trouY&t toujours sur la Moselle, le duc de Raguse ne s'en vit pas moins obligé de se retirer , pour être à hauteur de ses collègues; son mouvement rétrograde s'opéra de Verdun sur Bar et Saint-Dizier , où il arriva le 24 y laissant la division Ricard à l'entrée du défilé des Islettes, pour cou^ vrir la rpute de Verdun à GbÀlons.
Les trois corps français se trouvèrent enfin réunis le 2^ janvier à Saint-Dizier; mais ils n'y fiirent pas long-temps en repos : attaqués le len^ demain malin par l'avant-garde du pi^ince Scherbatow, et menacés sur leur droite par le mouvement de la colonne du général Alsusiew sur Joinville , ils furent obligés de se retirer et prirent position : le général Duhesme , avec sa divi-