‹ Mémoires pour servir à l'histoire de la campagne de 1814Chapitre 29 sur 129 · CHAPITRE ir · texte numérisé non relu

CHAPITRE ir

Luxembourg, réunissait à peine $€& foires à Pontà-Mousson.

La prise de Nancy causa beaucoup de joie ati feldnaiaréchal Blucher. Bien qu'il ne reste aucune trade de ses anciennes fortifications , afiectant d^ ht considérer comme une place de guerre, il s'en fit apporter les clefii. Le langage qu'il tint aux magistrats dans feetf <â occasion ftit celui d'un vainqueur politique ; il ne fit connaître aux Lotrains les motifs et le bnt de l'invasion qu'en leur promettant la suppression d'impôts onéreux. C'était plus que les alliés ne pouvaient ou ne voulaient tenir. Un écrivain a déjà remarqué (i) 1 inconvenance de cette conduite qui peut s'expliquer }Hir )e désir d'humilier en paraissant protéger une. ville qui servait naguèras de dépôt aux prison-> nieirs prussiétls»

La prompte retraite de l'armée française ^ fîit sans doute déterminée par l'état dépl6i*able diins lequel elle se trouvait. Les soldats sans solde de-' puis six mois , Sans distributions régulières , mal vétufr et maltraités par les habitans , étaient déeouragés et. instigués à la désertion par des émis* saires de l'étranger, secondés d'indîgiies<îit6yeii^ Les chevaux de la cavalerie et de l'at^tillérte p'ayant pu être ferrés à glace , fitdtè de fonds , 3oo. avaient péri en se brisant les jainbes dans 1»

' ' ' ' I I II ■! ■ I > I II 1 I I I. I m 1 1 «■.<>, I ^

(ï) Voy. Sarrazia , Hîn. de U gtierr* (leb HeAtaiifasioti ^ p., 17*.

J30 CAMPAGNE DE l8l4i

roule de Baccarat à Nancy. L'impérieuse nécessite contraignit le duc de Bellune à frapper un em^ pruntde i5 mille francs sur cette ville. L'autorité municipale ne céda qu'à la force , et cette somme ne fut versée dans la caisse militaire , qu'après que le comte Grouchy eut fait enlever le maire et ses adjoints. Si le refus de ces fonctionnaires fut motivé moins par le manque de fonds que par un attachement trop scrupuleux aux formalités qui pouvaient élre sacrifiées k l'urgence , quels r^rels ne durent-ils pas éprouver , lorsqu'ua ordre du feld^maréchal les chargea de pourvoir à réquipem^it des prisonniers espagnols , destinés à former la garnison de Toul pour les alliés !

Dans l'état actuel des choses , ropéi*ation la plus avantageuse que put faire la gauche de l'ar-i mée de Silésie avant de forcer le passage de la Meuse, était de s'emparer de Toul; car si la faiblesse de sa garnison , ôtait à cette place une par» tie de son importance, elle n'en fermait pas. moins d'une manière incomu^ode la chaussée de Nancy à Bar. C'est un ennéagone îrrégulier, bas-» tionné , avec fossé , sans contrescarpe ni chftiniu couvert , dont la Moselle couvre six fronts; mais il est dominé sur les trois autres; et le mauvais état de ses ouvrages, le mettait à peme k l'abri d'un coup de main, wiJk^. La lo* division d'infanterie russe, aux ordres, du général comtç de Lievea , fut chargée de l'en-

Page 1