CHAPITRE PREMIER
Situation de l'Empire Français après la bataille de Leipzig. -^ Négociations et Préparatifs des deux partis. ^ — Plan d' invasion des alliés^ force et emplacement de leurs armées. — Plan de défsnsisfe de Napoléon , forcé et emplacement de ses armées.
(Consultez la carte de FEmpire Français, dressée en i8i3 par ordre du directeur des poûts et chaussées.)
JLa bataille de Leipzig, sî funeste aiix armes frau-^ oaises, venait de délivrer F Allemagne de son do* minateur ; partout les cris de véngeatice avaient succédé aux, cris d^allégresse ; et les Monarques vainqueurs , profitant de ces dispositions , méditaient moins encore la chute dé Napoléon que le
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démembrement de son Empire, considéré dan»
lopinion générale comme le véritable gage de l'indépendance européenne.
Dans cet intérêt commun , la politique de chaque puissance avait sans doute aussi ses combinaisons. En reculant leurs limites vers la France , FAutriche et la Prusse pouvaient laisser k la Russie, et peut-être à la Suède, des établissemens plus solides dans le nord de FAlIemagne. Si le Hanovre à recouvrer n'était aux yeux des Anglais qu'un intérêt particulier de la maison régnante , lé cabinet de Saint-James , en tenant la balance entre tous les intérêts, assurait parmi tant de combinaisons la prépondérance de sa marine , et la pi^osperité de son commerce.
Mais popr atteindre ce but, il fallait ôter à Teiâpei-eut* Napoléom le temps de se créer une armée , et de dével^per les ressources de la France. Il importait surtout de lui ravir la première de ces ressources , en séparant sa cause de celle de la nation française. Les alliés résolurent donc tout ensemble, d'envahir la France dans ilne canipague d'hiver, de ne marcher à travers l'Empire que contre l'Empereur, et de le mettre par des négociations dans Falte^'native de Sacrifier à la paix, sa puissance et son orgueil, ou de se rendre odieux en sacrifiant la paix à ses intérêts ou à ses passions.
Les armées victorieuses séparaient l'Empereur
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d^s corps lâisdës à Dresde et à HambôUi^ , et .de cette foule de garnisons jetées dans les places depuis Eifurt jusqu'à Dant^ig. Il n'était plus temps ^'éracuer «es forteresses qu'il ménageait comme des pointé d'appui dans un retour offensif r objet constant des batailles , qu'il avait données sous Dres(^ et sous Leipzig. Quand bien même il eût renoncé à garder Fltalié, et envisagé l'invasion <lu Midi comme moins périlleuse que celle de l'Est , les détachemens qu'il en aurait rappelés n'eussent apporté qu'un secours tardif contre une invasion immédiate. Il fallait donc qu'il tirât parti des débris qui restaient sous sa main. Son premier soin, après avoirrepassé leRhin, fut de les réorganiser et de les faire seconder par les garnisons des places de première ligne et les gar^ des nationales sédentaires des départemeas fron<^ tières*
Troià corps d'armée se forment à Strasbourg * . ïormatioa
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Mayence et Cologue , sous lés ordres des ducs d'armée jpour
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de Bell une, denaguseet cteTarente, et couvrent, Rhin. du moins en apparence , la ligne du Rhin entre la Suisse et la Hollande. Le duc de Yalmj va prendre à Metz, sous le nom de réserves j le Commandement des dépôts. Cette organisation provisoire, et le péril d'une attaque très-prochaine , eussent exigé la présence de Napoléon à l'armée; mais de plus grands- soins et d'autres dangers à prévenir l'appelaient à Paris. Parti dé
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Mayence le 8 novembre , il coucha le lendemain à Saint-CloucL
îltJd* à**Par" Sonjretour dans la capitale excite des sentimens divers. Les uns le blâment d avoir quitté la fron* tière , les autres l'approuvent d avoir avant tout ressaisi les rênes du gouvernement; toutefois parmi ces derniers , les opinions se divisent : les courtisans ne voient de salut que dans la dictature , les bons citoyens pensent au contraire , que Napoléon ne tiendra tête à Forage, qu'en rattachant sa cause à celle de la nation , et en mettant un frein à son ambition et à sou despotisme.
L'Empereur instruit de longue main, par sa double police , de ces vœux émis jusques dans les cercles de sa cour , de ses ministres et de ses con* seillers , était trop habile pour ne rien donner à Topinion, et ne pas essayer d'en tirer les ressources, qu'avec tant d'art et de succès il en avait obtenues , avant d'avoir décelé , dans l'extension démesurée de son empire , des vues étrangères et funestes à la prospérité de l'ancienne France. Mais en remettant à la prochaine session du corps législatif, ce qu'il veut faire à cet égard , il applique aux mesures du gouvernement son ordinaire activité. C'est pour lui tout à la fois un moyen , de les hâter et d'agir sur l'opinion par les
Tenue de di- joumaux quî Ics auuoncent. Dès le lendemain de
vers conaeils. ' ' " -i " •.. .. ' 'J l -i J
son arrivée, ilreumt et préside le conseil de ses