CHAPITRE IX
mit sur les lauriers de la liotUière, bercé par l'espërapce de conquérir. Paris , et de mettre fin à la guerre. Napolëpn marche à lui avec Télite de son armée , avec ces vétérans que rien ne découdrage, que la bonne et la mauvaise fortune trouve toujours répée à la main dans le sentier de la gloire. Le feld-fnaréchal se réveille : quelles dis^ positions va-t-il prendre ?
Deux partis se présentaîeiit à lui : le premier » le plus prudent sans dQ^te , était une prompte retraite sur Châlons ; le second plus digne d'une vaillante armée , de se concentrer rapidement pour tenir tête à Forage ; le feldninaréchal l'adop^ ta. Mais oubliant qu'un plan bien combiné n^est couronné de succès quautafil que les mesure»
d'exécution sont empreintes de force , animées de vitesse , il perd du temps en irrésolutions, se laisse atteindre , repqnoe à son but , et va implo** rer l'appui di| gépér^lissime. Enfin , après avoir été , par sa faute , témoin passif des désastres de trois de ses lieutenans , il couronne son œu*vre en venant , par une attaque intempestive , se faire écraser lui-même*
En censurant ainsi les fautes du général enne*
mi , les militaires français doxment des éloges à
la fermeté avec laquelle il dîri^a sa retraite à
* la journée de Yauxchamps. Poursuivi ayec -achar*
nement , pris à revers et mis ,en désordre deui:
!3fG8 CAMPAGNE DE l8l49
fois , sa constance n'en fîit pas ébranlée ; 3 ralEaf son infanterie au milieu des^ charges de la cava^ lerie , chose si difficile qu'elle honore paiement le capitaine et les soldats.
Par un contraste frappant , Napoléon retrouve dans cette période ce génie qui étonna l'Europe en 1796. Calculant de Nogent les chances que lui offre la marche décousue des deux grandes^ armées sur Paris , et traçant une ligne entre le difficile et l'impossible , il s'ouvre une route nouvelle par une contrée regardée comme imprati^cable y juge les champs de bataille avec ce regard , perçant qui fixe la victoire , punit toutes les^ fautes de son adversaire , et dissipe en quatre combats une armée presque triple dc^ la sienne.
C'est une vérité reconnue aujourd'hui par les^ officiers étrangers mêmes , que si le duc de Ta* rente eût pu suivre le mouvement du corps de Sacken , et qu'il fôt arrivé à La Ferté avec 8 à 10 mille hommes d'infanterie et 12 à i5 cent& chevaux , il aurait , en une marche forcée , consommé l'anéantissement des deux corps ennemis, soit en les prévenant à Château-Thierry par la rive gauche de la Marne , soit en la passant à La Ferté ou à Luzancy pour leur couper la retraite sur la rive droite.
Funeste effet Mais l'armée , en contemplant les trophées ,
de cette série /. . j i \. i i i».
d'avantages, firuits dcs neureu&cs conceptions de son cher,
était loin de penser qu'ils lui feraient cammettre iine faute dont dépendraient les destinées de l'empire
A $on arrivée à Troyes , Napoléon envisa-* |;eant avec effroi les conséquences de la bataille de la Rothière, et récapitulant ses ressources présentes et éventuelles , jugea avec raison que l'Italie serait perdue sans retour si la France n'était sauvée. U prescrivit en conséquence au prince Vice-Roi de jeter des garnisons dans les grandes places , de repasser les Alpes avec son armée et d'entrer de suite en action sur la base d'opérations des alliés.
Cette mesure aurait eu d'importans résultats ; mais , après le combat de Champ-Aubert , entrevoyant une série de victoires , Jl se bâta de révoquer ses ordres. Etrange présomption de juger comme entièrement décisif un simple retour die fortune , et de croire son génie assez puissant pour vaincre ses innombrables enne^ mis , sans user même de toutes ses ressources.
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