CHAPITRE Xé ^Jï
La garde parisienne qui commençait à s^orga^ pi$er avait pria les postes des liarrières , et dans nn ordre du jour du 9 février ^ le maréchal de Conegliano venait de lui rappeler son importante et honorable destination : « Soit qu'il Êiille dé-^ » fendre Fenoeinte contre 1^ partis*, ou mainte- » nir la tranquillité intérieure, et préserver la » capitale des désordres de la guerre. »
La nouvelle di^ combat de Cha^ip-Aubert parvint le 1 1 février , au moment où le roi Joseph passait la première revue de la garde parisienne. Pes ordres du jour répandirent successivement dans les légions, le détail de cette journée et de& combats non moins glorieux, de Montmira;il , Ghàteau^Thierry et Yauxchamps. A l'effet produit par la victoire , se joignait encore le suffrage des militaires <pxi , avec la même fran-^ chise qu'ils blâmaient la bataille de là Rothière ^ louaiient hautement , dans cette suite de combats, l'habileté de Napoléon k saisir les fautes de l'ennemi , la résolution , la promptitude , et surtout un genre d'action conforme à la nature ide la guerre déiemire conti'e un ennemi supé* rieur.
Leur opimon rendit quelque confiance au roi Joseph qui craîguait d'abord que le combat de Champ -Aubert fût comme celui de Brienne, le brillant prélude d'une bataille perdue. En même temps , le duc de Gonegliano profita de
^'jû càmpacnë de i8i4)'
ces victoires pour hàterrorgaiiisatidilclelàgârd<5 nationale , que le départ des troupes rendait indispensable à la sûreté de Paris et du goutrertie-* ment. Il obtint du roi, malgré la défiance que manifestaient les instructions de l'Ëmpereuf ^ qu'on livrât enfin aux grenadiers de cette garde ^ le poste d'bonneur qui leur avait été assigné dans l'intérieur du château des Tuileries, et, dans l'ordre du jour du 1 1 février , les mots de négo^ dations et de paia: mêlés à l'expression des vœux de la garde parisienne , lui annoncèrent que ses chefs pensaient comme elle sur le but de la victoire (i)* .
ordreài»^* Mais prcsqu'eu même temps un ordre de TEmdvs?^er°iM pereur vint jeter le maréchal dans un cruel em- ^^kYe^ barras ; il voulait que des détachemens de la •aiues. garde parisienne allassent recevoir à Meaux les prisonniers de guerre qu'il envoyait sur la Loire , et les escortassent , à travers Paris , jusqu'à Versailles. Ce déplacement pouvait réveiller des défiances qu'on avait afiaiblies , en afiectant de donner à cette garde , la dénomination de sé^ dentaire* C'était accréditer l'opinion de tous ceux qui s'obstinaient à ne voir dans cette institution , qu'un moyen d'attirer indirectement , et par une suite de transitions , une partie des Paiîsiens hors
(0 Voyez le Moniteur du i3 février, page 174^
'àé leors murs pour les jeter dans rartnçei Mais Comment ne point exécuter un ordre de l'Empereur? Gomment aussi s'exposer à ce que la garde parisienne refuse d'y obtempérer? Peut-on l'y. contraindre ou la dissoudre? N'est-ce pas la discoudre que de l'y contraindre, ou du moins n'èst-ee pas arrêter les progrès déjà si lents de son organisation? Dans cette perplexité, le maréchal consentit que son chef d'état-major , exposât au roi Joseph et au ministre de ]à guerre , la situation des esprits. Lé Roi, responsable envers son frère de l'inexécution de cet ordre ^ céda au conseil , d'éviter dans l'intérêt même de l'Empe- Ireur, et au risque de li^i déplaire, le scandale et le danger de la désobéissance;^ il peirmit au chef d'état-major de demander au ministre de la guerre , qui l'avait transmis , une lettre de révocation que le duc de Feltre signa , après avoii^ couvert sa responsabilité en déposant au bureau des opérations militaires , l'autorisation certifiée de Joseph. Le maréchal ne tarda pas à se con«^ vaincre que ses craintes étaient fondées. Ce ne fut qu'avec peine qu'on persuada aux détache-» mens de se mettre en bataille , hors de la barrière > pour y recevoir les prisonniers. . .
Leur marche à travers Paris , au milieu d'une p^g^^ge des nombreuse escorte ^ précédée de la. musique mi- p^^°°/^*^^^ Utaire du coïk^enratôire ^ avait quelque chose d€ 1* 18
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triomphal. Cëtait la volonté de FEmpereur. Mais au souvenir des combats où ils avaient été pris , se mêlait un sentiment pénible causé par l'air sauvage d'une partie des prisonniers , et par la pitié qu'inspirait leur misère. On leur prodiguait secours et alimens , seule vengeance qu'un peu * pie généreux et hospitalier tir&t du sac de Chàteau-Thierry. Une charité plus vive encore se manifestait dans les dons de toute espèce faits aux hospices , pour les blessés français ou ennemis. Mais au milieu même de ces soins que la victoire rendait plus doux, la prise de Soissons, et la marche rétrograde des ducs de Reggio et de Bellune vinrent alarmer de nouveau la capitale. Marche doçc- Le général Winzingerode , après avoir occupé gerode. Namur , au lieu de suivre dans sa retraite le ma* réchal duc de Tarente , avait laissé reposer son corps d'armée jusqu'au 6 février. A cette époque , il se remit en marche par Sombref sur Binche , et de ce point, il sedirigea par Beaumont et Solre sur Avesnes.
C'était en vain qu'au conseil de défense , on avait appelé l'attention «ur cette place , qui est en seconde ligne par rapport à Maubeuge , mais qu'on peut aborder directement par Bavay , et Beaumont , en éludant le Quesno j , Maubeuge et Philippevilie. Ces lignes d'opérations n'étaient pas celles ^e l'ennemi semblait av^ir intérêt de
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.I^UiYï*^> et lia volonté de tout garder avait fait éparpiller aa loin les moyens de défense. Une faij:>le compagnie de vétérans composait la garnison d'Aveçne^. La population effrayée à rapparition prû,© d^Ades Russes» et exposée par le manque de troup^^ et le mauvais état des ouvrages aux suites d'uiii assaut, ne fit aucune résistance; et je 9 février, l'avaisit-garde du général Winzingerode prit , sans coup ferir, jla seule de ^os anciennes places qui, tdans cette direction , lui fermait la route de Paris^
Toutefois Soissons venait d'être converti en un poste de camp^igne , et tenait sur l'Aisne , le nœud des routes de Compiègop et de Ghâteau->> Thierry, Ce nouveau poste se trouvait à la vérité , par un concours singulier de circonstances , entre les corps d' Yorck et de Sacken , battus à Chà-^ leau-Thierry , ^t celui de Winisingerodc ^ui » le 12 , avait occupé sans résistance^ la belle positon jde Laon. Mais' les deux premiers venaient d'étVe l^appelés par le fçld-n^récbal Blucher ^ et le g^** néral Winzingerode recevait lui-même l'ordi^ de se rafiier aux débris de l'armée de Silésie,
L'orage qui menaçait Soissons semblait ainsi se détourner , ^uand le baxon Winzingerode apprit ^ue son général d'avajot -^ garde y. avait rejeté sans peine les partis de la garnisoKi qi4 ^tenaient la campagne , et que cette place atftiqti? et non restaurée ne lui paraissait pas être & l'abri dW coup de main« . .
Soissons conservait encore les notasses de Ten^ ceinte qui protégeait autrefois la ville située à la gauche de l'Aisne, et le faubourg SainttlVaast qui, en occupe la rive droite , et s'unit à la ville par un pont en pierres. Mais cette enceinte fort dégradée, offrait en beaucoup de points, des brèches plus ou moins accessibles. Les portes surtout étaient sans défense , ou du moins on n'avait pu les couvrir qu'à la hâte , et par des ouvrages peu capables de résister. On pouvait aussi se glisser par la gorge sur le port , et de là dans les rues de la ville. Enfin bien que l'Empereur eût, comme en 179a, désigné Soissons pour un camp de rassemblement de gardes nationales, il ne s'y trouvait que les cadres de 6 bataillons, un dépôt de 200 Italiens, et une centaine de gendarnies. Les généraux seuls ne manquaient point; carie général de division Rusca, commandant supérieur, avait sous ses ordres les généraux de brigade Berruy er , Dauloup-Verdua et Longchamps.
Prise de Sois- Ccttc situatiou dc la placc cu rendait la cou* quêl;e facile, et le baron Winzingerode crut pouvoir la tenter sans trop retarder sa jonction avec l'armée dé Silésie, dont il ignorait tous les désastres. En conséquence, il partit de Laon le 14 9 se réunit sous Soissons au général Gzernischew , et se dirigeant par la route de Laon sur le faubourg de Saiat^TV'aast , fit reconnaître dans une
sons.