‹ Mémoires pour servir à l'histoire du chapitre de la cathédrale de S. Jacques de Montréal [microforme]Chapitre 12 sur 49 · CHANOINES TITULAIRES MR. LE GRAND VICAIRE ANTOINE MANSEAU · texte numérisé non relu

CHANOINES TITULAIRES MR. LE GRAND VICAIRE ANTOINE MANSEAU

Nous avons vu plus haut que Mr. Antoine Manseau fut le premier chanoine capitulaire, installé le 21 Janvier 1841, par Mgr. l’Evêque de Nancy. Il avait été transféré de la Cure de Longueuil à l’Evéché où il faisait l’office de Vicaire-Général. Nous donnons ici une esquisse de sa vie.

Mr. Manseau naquit à St. Antoine de la Baie du Febvre, district des Trois-Rivières, le 12 Juillet 1787, et il reçut le nom d’Antoine, au baptême qui lui fut administré le même jour.

Comme il n’y avait, à cette époque, aucune école régulière établie dans sa paroisse natale, il dut sa première éducation au curé du lieu, Mr. Victor Ar-

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| chambault, qui, un an auparavant, avait été trans-

{ féré de la cure de Lavaltrie à celle de la Baie du

7 Febvre.

| Ce digne prêtre était né à la Pointe-aux-Trembles,

ï et avait été compagnon de classe de feu Mgr. Panet,

de sainte mémoire. Il reçut ses premières leçons à Pâge de six ans, en récompense de son exactitude à se rendre tous les matins à l’Eglise pour servir la messe de son bon Curé !

Ayant perdu cet instituteur zélé qui mourut à la fin de l’année 1796, il ne fut plus question de son éducation jusqu’à lPâge de 16 ans. Il avait alors neuf ans ; et il lui fallut s’appliquer comme tous les membres de sa famille aux travaux de la campagne, chez son père qui était un bon cultivateur fort à aise et père de huit enfants: cinq garçons et trois filles.

Ce métier lui répugnait beaucoup, parce qu’il se

sentait fortement appelé à un autre état. Son père le comprit de bonne heure ; et pour se conformer au

goût de son fils pour quelque profession libérale, il le mit en 1803, sous brevet, chez Monsieur Etienne , Ranvoizé, notaire aux Trois-Rivières.

Tout en remplissant ses devoirs, le jeune étudiant en loi put suivre les écoles anglaises du lieu; car

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bientôt, il se fit remarquer par des talents et par

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une application sérieuse à l’étude. Cependant, ce

genre de vie lui offrait des dangers, il s’en dégoûta.

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Il pensa donc sérieusement, après trois ans d’épreuves, à ce qu’il pourrait faire de mieux. Car le dégoût et l’ennui d’une profession à laquelle il ne se sentait pas appelé, le rendait très-malheureux. Mais il se rouvait lié par un brevet et par la volonté d’un père absolu et sévère qui avait appris de bonne heure à ses enfants à ne rien faire sans sa permission, pas même aller se promener chez un voisin. Il se décida toutefois à informer ses parents du fâcheux état auquel il était réduit, et de son ardent désir de faire des études régulières, pour pouvoir se consacrer à Dieu dans l’état ecclésiastique. A sa grande satisfaction, son père entra volontiers dans ses vues. En conséquence, il obtint la résiliation de son brevet et fit tous les préparatifs nécessaires pour son entrée au collége. C’était au mois de Mai 1806, qu’il abandonnait ainsi l’étude de la loi, et le 15 Juin suivant, il commençait ses études classiques au collége de Nicolet. Il était alors dans sa dix-neuvième année.

Au moyen de quelques leçons privées, il put en deux mois, faire avec un succès remarquable, les éléments de la grammaire latine.

L’on ne s’étonnera pas de ce progrès rapide dans la science, si l’on fait attention à ses talents distingaés et à l’application avec laquelle il se donnait tout entier à une étude qui était si conforme à ses inclinations et qui faisait ses délices.

Il était doué, malgré son âge, d’une très-heureuse

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mémoire, et son jugement était déjà exercé par d’autres études sérieuses. Son amour pour létude était avec cela excessif. Aussi, ne perdait-il jamais -un moment, même pendant les vacances, qui étaient pour ses condisciples un temps de délassement et de repos bien mérités. Avec de telles dispositions, il put faire en cinq ans, d’excellentes études, et dans le mois d’Août 1811, il avait fini son cours d’études classiques.

Au mois d'Octobre suivant, de l’avis de Mr. l’Abbé de Calonne, frère du ministre de l’infortuné Louis XVI, mort aux Trois-Rivières, en odeur d’une éminente sainteté, il descendit à Québec pour y recevoir la tonsure. Mgr. Plessis, alors Evêque de cette ville, eut bientôt découvert le mérite et la capacité du jeune clerc. Il lui donna de suite sa confiance, en l’appelant, après quelques semaines de Grand-Séminaire, au Secrétariat, à la place de Mr. Flavien Turgeon, devenu plus tard Archevêque de Québec, qui venait de s’agréger au Séminaire de cette ville. Il remplit donc l'office de secrétaire, à la grande satisfaction de ce digne Evêque et de son Clergé, jusqu’au commencement de Janvier 1814.

Voici les époques de ses ordinations : Il reçut les ordres moindres, le 21 Décembre 1811; le sous-diaconat, le 13 Mars 1813 ; le diaconat, le 30 Octobre de la même année ; et la prêtrise, le 2 Janvier 1814. [l avait alors vingt-six ans et demi.

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Le jour même de sa prêtrise, il fut nommé Vicaire de Mr. Griand, curé de Ste. Anne de la grande Anse. Arrivé à son nouveau poste, il comprit qu’il était plutôt desservant que Vicaire, car son Curé était malade depuis plusieurs mois et incapable de remplir son ministère, ne pouvant pas même sortir de sa maison, et il mourut le 2 Mai suivant, à l’âge de 56 ans, avec toutes les infirmités de la décrépitude la plus avancée. ;

Mr. Manseau, se trouvait donc seul chargé de la desserte d’une cure qui comptait alors 1300 communiants. Pour surcroit de besogne et d’affaires, il lui fallut préparer la paroisse à la visite pastorale, que Mgr. Plessis fit cette même année, et donner en conséquence, des instructions à tous les enfants qui avaient fait leur première communion depuis quatre à cinq ans, afin de les bien disposer à recevoir le sacrement de la Confirmation.

Aussi, se trouva-t-il, à la fin de la visite de l’Evêque, très-fatigué, ce qui ne surprendra pas ceux qui savent ce qu’il en coûte de sollicitude à un nouveau prêtre, pour conduire seul une grande paroisse, ei y faire faire les Pâques, puis, préparer les enfants

à la première Communion.et à la Confirmation. Cependant son Evêque annonça qu’il lenverrait bientôt dans les missions lointaines, juoiqu’il eût à peine

sept mois de prêtrise.

Il fut en effet, à la fin du mois d’Aoùût 1814, nom-

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mé Missionnaire de Tracadie, Pomquette et Hâvreà-Boucher, sur la Nouvelle-Ecosse, et aussi de Chétican et de Mâgré, sur le Cap-Breton. Ces missions

.se trouvaient à une trentaine de lieues l’une de

Pautre.

Quelque difficile que püt lui paraître cette nouvelle tâche, il n’y avait pas à reculer devant la volonté de son Evêque. Aussi, l’accepta-t-il de bon cœur; et même il se crut trop heureux d’avoir été ainsi choisi pour travailler à la plus grande gloire de Dieu, en procurant le salut des âmes.

Tous ses préparatifs étant terminés, et ses adieux faits à ses parents et amis, il s’'embarqua avec la bénédiction de son bon Evêque, à bord d’un brick anglais, qui devait le débarquer à la Pointe à la Croix, au milieu du détroit de Canso. C'était vis-à-vis ce point du Cap-Breton que commençait la mission du Häâvre-à-Boucher, en remontant de là, sur la nouvelle-Ecosse jusqu’à Pomquette, sa troisième mission.

Mer. Plessis lui avait donné un excellent compagnon de voyage dans la personne de Mr. Joseph Cécil qui, après avoir rétabli sa santé, fut ordonné prêtre, l’année suivante, et devint lui aussi, missionnaire dans l’Ile du Prince-Edouard où il passa six ans. Puis, étant rentré dans le Diocèse, il gou-

verna plusieurs Cures et mourut au Cap St, Ignace en 1859 ou en 1860.

Durant le voyage, ils furent témoins d’un singulier combat, celui de la baleine avec un espadon dentelé, qui se livra à une quinzaine d’arpents du vaisseau et dura plus d’une demi-heure. On en fut averti par un grand bruit que firent les combattants, et tout le monde courut sur le pont pour jouir d’un spectacle aussi curieux que terrible.

La baleine, qui n’a que sa queue pour se défendre de son ennemi, cherchait à le saisir pour l’écraser d’un seul coup. Comme apparemment, lespadon échappait à ses coups, à cause de son agilité, elle entra en fureur, et les coups qu’elle frappa sur Peau, ainsi que ses mugissements faisaient un fracas épouvantable. A la fin, l’espadon bondit en l’air et retomba sur son adversaire en présentant le dos. Il parut d’une longueur de quinze pieds, et ils’éleva à environ dix pieds en l’air. À ce moment, le com-

bat cessa, du moins on ne vit plus rien, et le bruit

ne se fit plus entendre.

Arrivé à Tracadie, où il devait hiverner, le nouveau Missionnaire y trouva encore son prédécesseur, Mr. Pichard, prêtre français, qui y résidait depuis plusieurs années. Comme on était alors au 10 Novembre, et qu’il n’y avait plus moyen pour ce vieux et vénérable prêtre de partir pour Québec où Pappelait son Evêque, Mr. Manseau prit le parti d’aller passer l’hiver à Chétican qui est à trente lieues de Tracadie. Ilen fit avertir les habitants de cette mis-

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sion, par un nègre qui dut faire le trajet à pied, et qu’il fallut en conséquence payer fort cher.

A la nouvelle d’un Missionnaire qui allait résider

au milieu d’eux, les bons Acadiens poussent une goëlette à flot, lui rendent ses agrèset se mettent en route pour Tracadie, où, douze jours après, ils arrivent à pleines voiles.

Comme tout le petit bagage du Missionnaire était prêt, il ne se fit pas attendre ; on remit donc à la voile sans perdre de temps, et dès le lendemain au soir, on jetait ancre dans le Hâvre de Chétican.

C’était le 28 Novembre, et il était grand temps d'arriver au port, car dès la nuit suivante, Phiver s’établit tout de bon par un vent de foudre accompagné de neige et avec une des plus furieuses tempêtes qu’on puisse voir sur cette plage.

Pourtant, on ne s’étonnera pas que cette tempête ne se soit ainsi élevée qu’après larrivée du missionnaire ; car tous les dévots Acadiens s'étaient mis en neuvaine pour lui obtenir une bonne et heureuse navigation; et au dernier jour de ce pieux exercice, le vaissean entrait dans le Hâvre, ce qui ne s’était jamais vu dans une saison si avancée.

Aussi les bons Acadiens étaient-ils dans une grande anxiété en le voyant exposé si tard, à toutes les fureurs des vents et de la mer. Quelle ne fut donc pas leur joie en apprenant l’heureuse traversée de leur Missionnaire. Du Hâvre à la chapelle qui

en est distante d’une demi-lieue, ce n’était qu’une procession continuelle de ces fervents chrétiens qui accouraient à sa rencontre pour se prosterner à secs pieds, et recevoir ses premières bénédictions. Cher Monsieur, lui disaient-ils, dans leur langage naïf, je sommes bien aise de vous voir terrir ( arriver ) ; J'étions bien éventés du temps que n’y avait de vous voir lenir la mer si lard.”

Ce fut le premier dimanche de l’Avent, que le Missionnaire se trouva pour la première fois, environné de ses nouveaux paroissiens. Ce fut une scène vraiment touchante et pleine d'émotions.

La joie la plus pure se peignait sur toutes les figures ; et il ne manquait rien au bonheur du pasteur qui, longtemps après, en était encore tellement impressionné, qu’il avouait que dans ce moment, w se sentait parfaitement heureux. Tant il est vrai, qu’un bon peuple fait le bonheur de son pasteur !

Il passa six mois au milieu de ces braves gens qui, par leur docilité, leur foi et leur piété, adoucissaient et lui faisaient même oublier tout ce qu’il y avait de pénible dans sa position. Il se trouvait placé entre deux montagnes qui ne lui laissaient voir le soleil que depuis dix heures du matin jusqu’à deux heures de lPaprès-midi, ces montagnes ne se trouvant qu’à

cinq à six arpents l’une de l’autre.

Mâgré, où se trouvaient des chrtiens aussi fervents, est situé à 6 lieues de Ch£tican. Mr. Manscau

devait se rendre à cette mission au moins toutes les trois semaines, y faire l’Office le Dimanche, y catéchiser les enfants, y administrer les malades, y faire faire les Pâques. Or, toutes les excursions devaient se faire à pied, accompagné seulement d’un homme ou de deux.

L'hiver se passa à voyager ainsi d’une mission à autre, à instruire les enfants, à administrer les sacrements aux adultes et à donner des leçons de chant à de bons jeunes gens qui devinrent pour ces missions, d'excellents chantres.

Enfin, au commencement de Mai 1815, il vint se fixer à Tracadie que venait de quitter le vieux Missionnaire. [l eut, sur ces entre-faites, la douleur de perdre Mr. Cécil qui s’en retourna à Québec, pour son ordination, mais il en fut dédominagé par la consolation qu’il eut de rencontrer à Arichat, Mgr. Plessis qui par ses bonnes paroles releva son courage et le ranima dans la pratique de ses devoirs de Missionnaire.

L’Evêque de Québec, en faisant en 1815, la visite des missions du Golfe, avait amené avec lui Mr. Rémi Gaulin, qui est devenu depuis Evèque de Kingston. A son retour, il laissa ce Monsieur au Golfe et le chargea de la desserte d’Antigonish et de plusieurs autres missions sur la Nouvelle-Ecosse et sur le Cap-Breton.

Ce fut alors que Mr. Manseau se vit obligé de dé-

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servir plusieurs postes sur l'Atlantique ; ce qui lui fut très pénible, parce qu’il était forcé de n’exercer le ministère qu’en anglais ; ce à quoi il n’était point encore accoutumé ; et il lui fallut en outre, parcourir pendant deux ans, des postes éloignés les uns des autres de près de 60 lieues. Un de ces postes était Sidney, capital du Cap-Breton, qui a 25 lieues dans sa plus grande largeur.

Après ses trois années de mission dans le Golfe, c’est-à-dire en 1817, Mr. Manseau se rendit à Québec vers la fin du mois d’Août, et dans le mois de Septembre suivant, il fut nommé à la cure des Cèdres. Cette paroisse avait alors un territoire trèsétendu qui divisé plus tard a été trouvé suffisant pour former sept paroisses, savoir : Les Cèdres, ou St. Joseph de Soulanges, St. Ignace, St. Clet, St. Polycarpe, St. Zotique, St. Timothée et Ste. Cécile. La population de ce vaste territoire était alors de 3. 800 âmes, donnant 2. 400 communiants.

Il fallait parcourir cinq et six lieues pour visiter les derniers habitants. D’autres se trouvaient au Sud du St. Laurent dont la traversée est très pénible en cet endroit, à cause de la rapidité des courants. Ces difficultés et d’autres encore que le nouveau Curé rencontra dans l'exercice de son ministère, lui firent regretter ses bonnes missions du Golfe, et plusieurs fois, il se repentit de les avoir quittées si tôt. Toutefois, il fut déchargé en 1819 de la desserte de St.

Polyearpe qui fut confiée à Mr, P. Nicolas Leduc. Deux ans plus tard, où bâtit une chapelle à St 'Timothée qui, ecpendant, resta à la charge du Curé des Cédres jusqu'en 1826.

est À remarquer ici en passant, que Mr, Manseau accompagna en RQ Mer. Plessis dans la visite Pastorale qu'il ft dans la Baie des chaleurs ; et qu'en 1822, il descendit aux FroisRiviores pour assister à la conséeration de Mer, Provancher, Evéque de Juliopolis, fondateur et premier Evéque des Missions de Ta Rivicre-Rouge, En 1823, 11 fut nommé Grand Viesire et Visiteur de toutes les missions du Haut-Canada, pendant l'absence de Mgr. Alex.

MeDonell, qui était allé en Europe pour aflaires im portantes, malgré tontes les objections qu'il put faire pour ne pas être chargé d'une responsabilité qui lui paraissait accablante, Connie bientôt après, PEvéque de Québee le pressait de partir, il Pinforma qu'il ressentaitau brasun malqui semblait préluder à la paralysie et que pour ectte raison, il retarderait son départ. L'Evêque lui répliqua: Nous n'avons pas le temps d'être malade: partez sans délai.”

Nous partirons done puisque nous n'avons pas le temps d’être malade,

Le docile administrateur se init donc en route pour faire sa visite ; et il put pendani les deux an-

nées qu'il fut chargé de cet important office parcou-

vir toutes les missions qui existaient alors dans le

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Haut-Canada, et il disparut ensuite pour toujours, après le retour de Mur, MeDonnell.

En Pannée 1826, Mur, Panet, qui était devenu Eveéque de Québee, offrit à Mr, Manseau sa cure de la Rivicre-Ouclle; mets comme cette paroisse était considérable, ilerut devoir prier PEveque de ne pus le charger de ee fardeau.

Mais en 1427, il accepta la eure de Contrecæur, avec beaucoup de reconnaissance parce quelle était plus petite et qu'elle ne lui paraissait pas au-dessus de ses forces, et que d’ailleurs, il y retrouvait dans ia belle simplicité de ses habitants, ses bons Acadiens, qu'il continuait à affectionner tendrement, Pendant les sept ons qu'il dermeura avec eux, ces bons paroissiens lui donnerent constamment la méme satisfaction.

Comme avec une bonne santé, l'avait du loisir,

il se mit à faire Péeole à six jeunes gens du Village

auxquels ilenseigna le chant, la grammaire, et les

premiers éléments du latin.

[établit une boune école, car il n’y en avait point quand il arriva dans cette paroisse, 1 consacra une partie de ses loisirs à former son chœur, car alors, il n’y avait pas chez lui un seul enfant capable de servir méme une messe basse. De son école, sont sortis quatre Notaires, Ta done bien réparé la perte qu'il avait pu causer au Notariat en abandonnant!

cet état, comme il a été dit plus haut.

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Aux Cèdres, il s’était également chargé de l’éducation de jeunes gens choisis dont l’un est devenu Prêtre et l’autre Shérif de l’un de nos districts.

Cependant les supérieurs ecclésiastiques trouvaient que le curé de Contrecœur n’était pas occupé selon ses forces et ses talents distingués. Ils voulurent donc le tirer de l’état un peu obscur dans lequel ils le voyaient placé dans la modeste cure de Contrecœur. La bonne opinion qu’avait conçue de sa capacité Mgr. Signaï lui fit croire que la cure de Québec était un théatre digne de lui, et il la lui offrit ; mais il éprouva de la résistance de la part de ce prêtre qui ne cherchait qu’à se cacher. Il fait là de:sus connaître ses vrais sentiments en des termes aussi modestes que plaisants, et nous les reproduirons ici avec complaisance.

‘€ C’est avec une sorte de confusion, et pour dire toute la vérité, puisqu'on m’y oblige, que javoue que Mgr. Signaï m’a oflert la cure de Québec, lorsqu'il la quittée pour s’occuper plus particulièrement de ses nouveaux devoirs. Certainement qu’une cure aussi importante ne va pas à ma taille, c’est évident. L’Evêque devait savoir qu’il pouvait faire mieux, comme en eflet, il l’a fait en nommant Mr. Baillargeon. Le preinier choisi a dû refuser, et on a heureusement trouvé ses excuses plausibles.

J’en ai remercié le bon Dieu qui n’a pas voulu

m’exposer sur un si brillant théatre. ”

Cependant Mgr. Lartigue répétait en toute occasion au curé de Contrecœæur qu’il n’était pas assez occupé, et qu’il menait la vie d’un paresseux, quoiqu'il fût seul à desservir une paroisse de treizecents communiants. Voyant que c'était un parti pris de le tirer de sa cure, pour le faire passer à une autre plus grande et qui lui imposerait plus de travail, il exposa à Mgr. Signai qu’il se chargerait de la cure de Longueuil devenue vacante par la mort de Mr. Chaboillez. L’Evêéque le prit au mot, et le nomma en 1834 à cette cure importante. Il la gouverna pendant six ans au milieu de toutes les sollicities que lui causèrent les évènements de 1837 et ac 1838 que tout le monde connait. Dans la pensée que son ministère ne pouvait plus être aussi avantageux à cette paroisse, il demanda à en être déchargé.

L’Evèque actuel de Montréal, qui voulait attirer auprès de lui un homme aussi éminent, lui accorda volontiers sa démission, en lui offrant une place honorable à 'Evêché. Il fut très-sensible à cette nouvelle marque de confiance. Aussi, écrivait-il, plusieurs années après: ‘* La reconnaissance exige que je dise que j'ai toujours été traité avec bonté par les Evêques de Montréal. Mgr. Lartigue m'a fait son Grand Vicaire en 1837, et après sa mort,

son successeur me coztinue dans cette qualité et me

témoigne toujours la plus grande confiance. ? Sa

modestie la empêché d’ajouter que le premier

Evèêque de Montréal lui donna en 1836, une nouvelle preuve de sa confiance en voulant faire de lui son coadjuteur et son successeur: b'mneur qu’il trouva encore moyen d'éviter.

Ainsi, à l’époque de la St. Michel en 1840, le curé de Longueuil se rendit à l’'Evêché pour prendre possession de son nouveau poste qu’il considérait comme heureux et très-honorable pour lui. Aussi, désirait-il que ce fut sa dernière demeure dans ce bas monde. Mais il n’en fut pas ainsi, comme on le verra bientôt.

Cependant, Mgr. de Montréal, qui avait été autorisé par le St. Siége à établir un Chapitre dans sa Cathédrale, se trouva en mesure de réaliser ce projet, environ un an après qu'il eût pris possession de son siége. Ce fut le 21 Janvier 1841, que se fit Pinstallation des premiers Chanoines par le célèbre Evèque de Nancy, Mgr. Forbin-Janson qui, à cette époque, terminait la grande mission qu’il avait donnée à Montréal, et qui a produit de si heureux fruits, comme tout le monde sait. Ces six premiers Chanoines furent MM. Manseau, Hudon, Prince, Truteau, Lavoie et Paré. M. Manseau, qui était le plus ancien d’âge et de prêtrise, et qui déjà était Grand Vicaire, devint tout naturellement doyen du nouveau chapitre.

‘ La sympathie, écrivait à ce sujet M. Manseau,

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