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qui existait entre tous les chanoines et les autres habitués, taisait de PEvéché un séjour charmant, disons mieux, délectable.” Sur le printemps, tout allait à l'ordinaire poar le mieux, excepté la santé du doyen du chapitre, qui, accoutumé à une vie active, ne pouvait guère s’accommoder de la vie sédentaire qu’il lui fallait mener à l’Evéché.
Cependant, il lui fallut se charger de Padministration du Diocèse, pendant le premier voyage que Monseigneur fit à Rome et qui dura depuis le mois de Mai jusqu’au mois de Septembre. Mais au retour de l’Evêque, il se déchargea de administration dont il s'était acquitté avec succès, comme de tous ses autres devoirs, et il se retira, avec les titres de Vicaire-Général et de Chanoiïine honoraire, d’abord à Longueuil, chez son neveu Mr. L. M. Brassard qui lui avait succédé dans cette cure, et ensuite chez son intime ami, Mr. Primeau, curé de Varennes.
Sa sant£ s'étant rétablie parfaitement, et son zèle ne lui permettant plus de demeurer inactif, il se fit
un devoir d'exposer à l’Evêque qu’il se croyait ca-
pable de se remettre au travail. C’était au mois d'Octobre 1843.
L’Evêque lui offrit la cure de St. Charles de l’In-
dusirie, qui était la seule vacante; et il lui dit gracieusement que plus tard, il pourrait lui procurer un autre poste plus convenable, Mais le fait seul de la
pensée de l'Evèque à cet égard, lui fit croire à une
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inspiration du ciel et lui persuada que e’était le bon Dieu qui !2 voulait à Industrie.
Il accepta donc cette nouvelle paroisse qui n'avait encore été desservie que pendant dix-huit mois, par voie de mission. Elle offrait peu d'avantages, humainement parlant.
L’Eglise était la propriété de l'Honorable Joliette, qui l'avait construite à ses propres dépens. Elle n’avait donc ni fabrique, ni fabriciens. Ce ne fut qu’en 1850, que ce Monsieur en fit don à la corporation Episcopale de Montréal, qui en est depuis ce temps, Punique propriétaire. Les Curés en administrent les revenus sous la direction de PEvèque, et les paroissiens ont droit d’y être desservis et inhumés.
L’'Evêque seul fait les règles qui doivent y être suivies ; le donateur lui-même ne s'était pas réservé le droit d’intervenir dans cette administration.
Le principe de cette hotnme vraiment sage dont le monde connait et admire les grandesœuvres, était : ‘ Tout pour le peuple, rien avec lui.” Ce système a parfaitement fonctionné j’usqu’ici à Joliette, parce qu’il ferme la porte à de fâcheuses divisions qui souvent bouleversent les autres paroisses. Pour aider à supporter les charges de cette nouvelle cure, Mr. Joliette avait encore donné 100 arpents de terre, qui,
divisés en lots ou emplacements, formeront avec le temps, une dotation aonnéte pour le soutien de l’éta-
blissement,
Lorsque M. Manseau arriva à l’Industrie en 1843, on n’y comptait que 1400 âmes e{ 800 communiants. Au recensement de 1862, il s’y est trouvé 4,200 âmes et 2,400 communiants.
Le village seul contenait plus de 8,000 âmes. Cette paroisse n’était, pour ainsi dire, qu’une terre en friche, et sans culture. Il ne s’y trouvait qu’une petite école qui ne tint que quelques mois. Point de chantres pour les offices publics ; point d’enfants de chœur exercés pour les cérémonies de l'Eglise.
L'Eglise elle-même, quoique bien bâtie, manquait de mobilier : point d’autel décent, point de tablau, point de rétable, point de stalles, point de tapis. La sacristie était aussi dénuée d’ornements, de linges et de tout ce qui contribue à donner de la solennité aux saints offices.
Le nouveau curé comprit donc tout d’abord qu’il avait une rude tâche à remplir et qu’il lui fallait se multiplier, s’il voulait répondre à tant de besoins.
Il commença par établir une école dans la sacristie, où il réunit une demi-douzaine de jeunes garçons à qui il donna lui-même des leçons de lec-
ture, d'écriture et de chant, en insistant surtout sur
les cérémonies de Eglise qu’il apprit à ses heureux
élèves à bien exécuter. Ce moyen lui réussit à mer-
veille, puisque dans l’espace de quelques mois, il
put se procurer le personnel absoïument nécessaire
pour célébrer décemment les saints of'ces. Il con-
tinua cette école, deux fois par jour, pendant quatre années. Par ce moyen, il put doter son Eglise de chantres et de servants très-habiles.
Le village ayant pris un accroissement très-considérable, les rues se trouvaient remplies d’enfants qui ne pouvaient que se démoraliser en errant et en vagabondant à Paventure, parce qu’ils n’avaient aucun moyen d'éducation. Il fallait en conséquence penser sérieusement à fonder un établissement scolaire. M. Joliette, dont les vues étaient si profondes pour tout ce qui tenait à la prospérité de son village d’fndustrie, comprit qu’il fallait le doter d’un vaste édifice, qui put répondre pour un temps donné, aux besoins présents et à venir. C’est ce qui lengagea à bâtir un collége à deux étages de 80 pieds sur 40, connu aujourd’hui sous le nom de Collége Joliette. Mais il fallait d'habiles maîtres pour en prendre la direction. M. le Grand Vicaire Hudon fut chargs d’en chercher quand il passa en Europe en 1843 et en 1844, mais il ne put en obtenir. Ce fut Mgr. l’'Evèque de Montréal qui, dans son second voyage d'outre-mer en 1846 et en 47, fit des arrangements avec M. Querbes, curé de Vourles, ( près de Lion, ) et fondateur des Clers paroissiaux de St. Viateur, pour faire un établissement de ses frères à l'Industrie.
Trois ou quatre de ces religieux suivirent l’E-
veque à son retour en Canada, et arrivèrent dans le
iois de mai 1847.
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Deux prêtres de la même Congrégation, savoir :
le Père Thibaudier et le Père Lahaye qui, après avoir demeuré six ou sept ans à St, Louis de Missouri, s’en retournaient en Frauve, se réunirent à leurs frères du Canada qu'ils étaient venus visiter en passant. Au mois de Septembre 1847, ils prirent possession du Collége Joliette qui était depuis un an en opération, sous la direction de trois ecclésiastiques que Mgr. l’'Evêque de Montréal y avait envoyés pour en prendre soin, en attendant l’arrivée des frères.
Cet établissement, si modeste dans son principe, est devenu avec le temps, un collége classique, où l’on comptait en 1863, 150 élèves, faisant un cours d’études régulier, en y étudiant le latin, le grec, le français et l’anglais. |
Il restait à faire pour Les filles ce qui avait éié
accompli avec succès pour les garçons. M. Joliette y avait pensé, mais la mort l’ayant surpris en 1850 au milieu de ses vastes entreprises, le curé se trouva seul chargé de mettre ce projet à exécution ; malheureusement, il n'avait pas à sa disposition les mêmes moyens pécuniaires.
Toutelois, il se mit à l’œuvre, en comptant sur les {onds que la divine Providence laisse à la disposition de ceux qui mettent en Elle toute leur confiance. Moyennant une somme empruntée à la
banque, etquelques souscriptions qu’il recueillit dans
le village, il put bâtir en 1854, un petit couvent qui fut ouvert l’année suivante, sous la conduite de cinq Sœurs de la Providence qui avaient à instruire les petites filles, à élever les orphelins et à visiter les malades à domicile.
Ce modeste couvent prit bientôt des développements considérables ; et dès l’année 1863, 250 filles y recevaient une bonne éducation chrétienne. Huit orphelines y étaient entretenues et instruites, et on prodiguait les soins de la charité à huit pauvres femmes et à deux vieillards infirmes. En outre, les Sœurs de la Providence de Joliette, comme celles de Montréal, font des visites journalières chez les riches pour en solliciter les largesses, et chez les pauvres pour faire couler dans leur sein les sources de la charité qui, au sein de cette nouvelle ville, sont vraiment intarissables,.
Elles ont recours pour les faire jaillir, à des bazars et autres moyens qu’invite une charité vraiment ingénieuse. Un hôpital a été bâti sur le terrain de PAsile de la Providence. On doit ce nouvel Etablissement à la générosité de feu M. Ed. Scallon et de sa Dame. La ville est aussi intervenue pour sa part, à cette belle œuvre. Des conférences de St. Vincent de Paul, une Association de l’Union St. Joseph et une
de Dames de Charité y fonctionnent parfaitement
bien. Feu M. Ed. Scallon a laissé une riche succession pour y fonder plus tard, unc maison d’Industrie.
La nouvelle ville de Joliette que l’on a vue si petite quand M. Manseau en fut nommé curé en 1843, se trouve donc maintenant richement dotée d’Etablissements, en voie de progrès. Son Collége ne pouvant plus suffire au grand nombre d’élèves qui y affluaient de toutes parts, il a fallu y ajouter d’abord une aile, puis l’élever d’un étage, et bientôt il sera nécessaire de lui donner une seconde aile.
C’est ce zélé pasteur qui a heureusement dirigé
# ° ° 4 LA L / les opérations qui ont amené de si grands résultats.
Son amour ardent pour son peuple et son zèle constant pour la Religion ont soutenu son courage au milieu des épreuves qui ne lui ont pas manqué ; car elles sont et doivent être le cachet des œuvres de Dieu dont elles assurent le succès et la permanence.
Mais enfin, ce bon pasteur voyait ses forces diminuer, en craignant que, avec ses forces physiques, le feu divin qui l’avait toujours animé pendant sa longue carrière dans le sanctuaire, ne vint à s’éteindre, il songea tout d’abord à sa retraite, et la demanda avec instance à son Evêque. Il voulait après plus de cinquante années d’exercices et de travaux dans le saint ministère, se recueillir quelque temps, pour méditer les années éternelles dans la paix et le calme de la solitude.
Ayant obtenu sa démission le 2 Février 1864, il se prépara à quitter Joliette et à venir à l’Hospice St. Joseph, pour y mourir tranquille au milieu des
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