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pondre ?
Cette pensée est restée dans les esprits comme
ne
un trait de flamme. Les larmes augmentent, les
sanglots redoublent.
Que de ferventes prières s’élèvent des cœurs! que de gémissements et de soupirs s’échappent des poitrines oppressées! Après l’absoute, M. le Curé an-
nonce à l’assemblée que pour sa satisfaction, M. le Grand Vicaire Manseau restera exposé jusqu’à quatre heures de l’après-midi. Les généreux citoyens ne peuyent se rassasier de voir leur père tendrement aimé.
Enfin à quatre heures, les Vèpres des morts sont chantées solennellement. Le Libera a lieu encore une fois, et M. le curé Lajoie adresse de nouveau la parole aux assistants. Il leur parle de la dévotion à St. Joseph, du regretté défunt. Puissent tous imiter ses vertus! La main sur le cercueil il dit adieu à son vénérable prédécesseur et lui demande les secours de ses lumières pour conduire au port du salut, les fidèles confiés à ses soins.
A cette pensée qu’ils ne reverront plus leur ancien pasteur, les assistants fondent en pleurs. Mais il faut se résigner ; la tombe se ferme, on la descend au caveau, ef, c’en est fini, c’en est fini pour toujours icibas! Ah! ville inconsolable ! pleure, pleure, car tu pe le reverras plus celui qui t’a prise au berceau et ’’a rendue si florissante ! pleure, car tu ne le reverras plus celui qui t’a couservé une belle communauté de religieux, qui t’a dotée d’une belle et florissante maison d’éducation pour les jeunes personnes ! pleure, car tu ne le reverras. plus celui qui pendant vingt-deux ans a été le père des pauvres, le soutien de la veuve, le bâton de Pinfirme, Pæilde l’aveugle, la douceur du malade, la consolation de
l'afligé, la joie et le bonheur de tous!
Mais, à ces sentiments de douleurs, se mélent
aussi des sentiments de joie ; car si son corps dé-
posé dans le sein de la terre doit se dissoudre en
poussière, son âme embellie de Pauréole de Ta sainteté, sera là-haut, au séjour des bienheureux.
Dans son amour, elle veillera sur toi, te protégera comme une mère protége son enfant, et appellera sur tes habitants la bénédiction du Ciel,
Pour vous, citoyens de Joliette, vous garderez toujours dans vos cœurs le souvenir de votre ancien pasteur ; ce souvenir si précieux vous le transmettrez à la postérité.
Vous direz qu’un saint a été le second fondateur de Joliette ; que sous sa main charitable, elle a fait de grands pas dans la voie du progrès spirituels, comme sous la main de PHonorable Barthélemi Joliette, dans la voie du progrès matériel,
Voilà ce qu'ont fait pour M. Manseau ses anciens et chers paroissiens.
Ils ont montré que dans leurs cœurs sont vivaces les sentiments du devoir, les sentiments de lPhonneur, les sentiments de la reconnaissance,
Au nom donc de la religion, au nom de la patrie, remercions-les de leur dévouement. Leur conduite est digne d’être publiée partout, et d’être signalée comme un modèle d’attachement à leur vénérable pasteur. ”
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Achevons de faire le portrait de ce digne prêtre, qui fut en même temps un citoyen si distingué ! Tout annonçait chez lui l’homme de génie et destiné à de grandes choses.
Sa taille était avantageuse, ses traits nobles, son front majestueux, sa voix harmonieuse, sa démarche grave et bien dégagée. Ses manières étaient engageantes ; sa conversation pleine de charmes, ses réparties vives et piquantes. Aussi, tous, prêtres et laïques, riches et pauvres, vieux et jeunes aimaientils à se trouver en rapport avec cet aimable vieillard.
Sa charité pour les pauvres était sans bornes. Aussi n’avait-il rien à lui, et donnait-il aux nécessiteux jusqu’au dernier sou. Après cinquante-deux ans passés dans lexercice du saint ministère, il laissa à peine de quoi satisfaire pour sa pension et pour ses frais funéraires. Tout le reste se trouva déjà déposé d'avance dans le céleste trésor et caché dans le sein des pauvres.
On a pu remarquer dans cette courte biographie quel fut son amour pour l’Eglise, pendant tout le temps de sa longue carrière ; avec quel zèle, il s’acquitta de son ministère, dans les pénibles missions qu’il eut à desservir ; quelle était sa défiance de lui-
même, et son extrême modestie chaque fois qu’il
s’est agi de le placer sur un plus grand théâtre ;
combien il était habile pour manier les esprits; de
quelle estime il fut toujours honoré de la part de
ses supérieurs ; quelle affection lui portèrent les fidèles qu’il eut à conduire dans les voies du salut. Partout enfin, on a vu le bon pasteur qui aime ses brebis et qui se sacrifie pour son troupeau. En récompense, il sera, espérons-le, entré dans la joie du Seigneur, et il aura été mis en possession de Îa
terre des vivants. { Biographie de Mr. Ant.
Manseau, par M. Jos. Bonin Ptre. )
MONSIEUR HYACINTHE HUDON, V. G.
Mr. Hyacinthe Hudon, naquit à la Rivière-Ouelle diocèse de Québec, le 28 Novembre 1792. Après avoir fait avec un succèsdes plus brillants, son cours d’études classiques et théologiques, il fut ordonné prêtre à Nicolet, le 9 Mars 1817. Après quelques mois de vicariat, Mr. Hudon fut chargé de l’importante desserte de l’Eglise St. Roch de Québec. Malgré la grande somme de travail que requérait de lui, l'exercice du saint ministère, dans un faubourg si peuplé et où tout était à créer, il trouvait encore le temps de diriger quelques ecclésiastiques et de leur enseigner la théologie. Outre cela, il avait sous ses soins immédiats les écoles que Mgr. J. O. Plessis avait fondées dans ce quartier. La manière dont ce prêtre zélé s’acquitta de la charge qui lui était confiée, prouva qu’il était digne de cette mission, et du
respect de la religieuse population de St. Roch qui
garde encore un souvenir bien cher de son ancien pasteur. Après quelques années de ce ministère pénible, il fut envoyé comme missionnaire à Arichat où il se dévoua avec la plus grande générosité au service de ceux qu’il était venu gagner à Jésus- Christ. Rien ne l’arrête ; ni les périls du voyage, ni la longueur de la route, ni la rigueur du climat, ni les fatigues à travers des chemins inconnus et difficiles. Pour lui la santé, la vie même, tout cela n’est rien, quand il s’agit du salut des âmes.
Rappelé en 1826, il fut nommé à la cure de Ste. Magdeleine de Rigaud, puis transféré en 1832 à celle de Boucherville. Dans ces différentes positions, il se montra tel qu’il avait été à Québec et dans les missions du Golfe, plein de zèle pour le salut des âmes, embrasé du feu de la charité et infatigable dans son dévouement. Touché des vertus, du zèle et des talents de ce saint prêtre, son Evêque. Mer. Ignace Bourget, l’appela à l'Evêché en 1840 afin d’être plus à porté de profiter de ses vertus, de ses lumières et de sa sagesse. Créé chanoïne le 21 Janvier 1841, il fut, quelque temps après, promu à limportante charge de Vicaire Général, en même temps qu’il était nommé pur l’Evêque de Chartres, en France, chanoine honoraire de sa cathédrale.
Au mois de Décembre 1843, Mr. Hudon partit pour l’Europe, en compagnie de Mr. Dumoulin, pour prendre quelques mois de repos et satisfaire
aussi sa dévotion, en allant à la Ville Eternelle, retremper sa foi aux tombeaux des Saints Apôtres Pierre et Paul. En même temps, il était chargé par son Evêque, auprès du Gouvernement Anglais et de la cour de Rome, d’une mission importante et diffcile. Depuis longtemps, le St. Siége avait manifesté le désir de diviser le diocèse de Québec en plusieurs diocèses et de former ainsi une province Ecclésiastique dont Québec aurait été la métropole. Ce projet ayant rencontré des obstacles, jugés dans le temps insurmontables, on se borna à donner à l’Evêque titulaire de Québec pour partager ses travaux des aides revêtus du caractère Episcopal avec le titre d’Evêques suffragants et auxiliaires. Plus tard, pour rendre plus facile, l'Etablissement d’une province Ecclésiastique, le St. Siége nomma Evêques titulaires, plusieurs des Evêques suffragants. Mor. Bourget, comprenant, combieu Pérection de l'Evéché de Québec en Archevêché, avec les Evêques actuels pour suffragants, donnerait d’importance à la Religion dans cette partie du nouveau Monde, et le bien iminense qui en résulterait pour le salut des âmes, voulut tenter encore un eflort dans ce sens. Ce fut à sa demande spéciale que M. Hudon tra-
vailla à Londres et à Rome pour faire lever les
obstacles qui s’opposaient à l’érection civile et canonique de lPEvêché de Québec en Archevéché.
M. Hudon y mit toute la prudence, les lumières et
,retres par t de difiifesplu- Ec- . Ce ns le , PEvaux 2e le tard, proques Mgr.
’Evés ac- » à la et le at des sens.
trar les et caêché.
es et
la sagesse dont il était si bien doué. Il eut le bon-
heur de voir ses travaux couronnés de succès. Par une bulle, en date du 12 Juillet, 1844, Sa Sainteté
Grégoire XVI, réunit en province ecclésiastique les quatre diocèses du Canada, lui donnant pour Archevêque Mgr. Joseph Signaï, Evèque de Québec, et pour suffragants, les Evêques de Montréal, Kingston et Toronto. En même temps, le St. Père, remettait pour le nouvel Archevêque, le Pallium, marque de sa nouvelle dignité, à M. Hudon qui arriva à Montréal, le 31 Octobre suivant.
De retour à l’Evêché, Mr. Hudon, continua sa vie de dévouement, de travail et de sacrifice. Tou- Jours à son poste, tout entier à son devoir, il ne refusa jamais ni travail, ni occasion de faire du bien. Son humilité était si grande qu’il s’étonnait toujours de voir son confessionnal entouré de pénitents. Possédant à un haut degré, l’art puissant de la parole, il savait toucher, convaincre et convertir. Lui seul ignorait qu’il fût éloquent. Il éiait alors à cet âge où l’homme müûri par une longue expérience des hommes et des choses, est appelé à rendre de réels services aux siens, à sa patrie, à son Dieu.
A cinquante-cinq ans, M. Hudon avait déjà fourni une noble carrière. Il s’était distingué sur tous les théâtres où il avait été appelé. Partout et toujours, il avait été un bon citoyen, un saint prêtre, un homme de Dieu. Doué d’un jugement sain, nourri