COST SA EME T RENTE TO NÉE
Run
na PES
PT is un CENTS PS SE
par de fortes études, et retrempé sans cesse dans la prière et la méditation, il avait conquis l’estime, la confiance et le respect de tous. La réputation qu’il s’était faite, soit comme chanoine et conseiller de l’Evêque, soit comme Grand Vicaire, soit comme confesseur ou prédicateur, faisait qu’on fondait sur lui de grandes espérances. Mais Dieu dont les desseins sont impénétrables, trouvait que son serviteur était digne de lui. Toutefois avant de le rappeler à lui, et de décerner à son front la couronne qu’il avait méritée, il voulut le soumettre à une rude et dernière épreuve
Nous avons déjà dit que pour M. Hvdon, la santé la vie même, n’était pas à considérer quand il s’agissait des intérêts de Dieu. 11 va en donner encore une preuve éclatante.
C'était à l’époque où la persécution, la famine et la peste, chassaient par milliers de leur patrie, les enfants de la malheureuse Irlande. La plupart de ceux qui ne succombèrent pas pendant la traversée, en abordant sur les rivages hospitaliers du Canada portaient dans leur sein le germe de la contagion. Malgré les soins prodigués à ceux qui abordèrent à Montréal, l’épidémie, en multipliant ses victimes, prit un caractère effrayant. Mgr. Bourget à la tête de ses prêtres, et des religieuses de trois communautés, vole au secours des pestiférés, sur ce théâtre d’abnégation et de catholique dévouement, pour
braver la maladie et la mort en leur disputant leurs victimes. La contagion ne tarda pas à entrer dans les rangs de ce bataillon sacré ; mais loin de reculer, il semblait grandir en courage en voyant multiplier ses pertes. Une sainte émulation de vertu faisait
briguer l’honneur de venir remplacer les victimes,
et les rangs étaient toujours remplis sans laisser paraître leurs vides. Montréal n’oubliera jamais le spectacle offert par ces âmes généreuses, qu’on voyait chaque jour traverser les rues pour voler au martyre, à la mort, avec plus de joie que le monde n’en vit jamais dans ses partisans pour voler à ses fêtes ou courir à ses spectacles.
M. Hudon n’avait pas hésité un instant dans son dévouement. Pendant des semaines, le jour et la nuit, il fut sur pied, au milieu des pestiférés qui baisaient ses mains pendant qu'il les consolait, les soignait, ou les réconciliait avec Dieu. Ce spectacle lui faisait verser des larmes d’attendrissement. En vain on le pressait de prendre du repos, en vain on lui représentait les dangers où il s’exposait, ce saint prêtre dont le zèle égalait la sainte audace, se tenait toujours sur la brèche, et à, de concert avec ses confrères et les religieuses que soutenaient son dévouement, posté en face de la mort, luttant sans cesse contre elle et prêt à recevoir ses coups si Dieu le voulait, il sauvait du moins ses victimes pour une existence meilleure, en attendant qu’il saccombät
lui-même. Cette gloire il la partagea avec treize religieuses, et sept prêtres qui sont M. John Richard ; Pierre Richard, Réné Caroff, Patrich Morgan, prêtres du Séminaire de St. Sulpice, M. Rey de lPEvêché, ‘et M. Thomas Colgan curé de St. André. M. Gottofrey, Sulpicien, périt à la suite d’une chute déplorable en volant au secours des malades.
Un soir, M. Hudon, épuisé de fatigueset n’en pouvant plus, se traîne jusqu’à l’Evêché. Il se rend à le chapelle, pour y chercher la force et le courage aux pieds de son divin Maître. Au milieu de sa prière, on l’entendit pousser de profonds soupirs qui témoignaient que déjà la terrible épidémie lavait atteint. En effet, Dieu l'avait jugé digne de recevoir sa récompense. Le lendemain, M. Hudon, presque mourant était porté à l’Hospice St. Joseph où il expirait quelques jours après, le 12 Août, 184”, à l’âge de cinquante-cinq ans. Son corps fut inhumé dans la cathédrale de St. Jacques de Montréal.
Voici comment les Mélanges Religieux d’alors, terminaient un article écrit à l’occasion de la mort de Mr. Hudon. ‘“ La mort de ce digne prêtre, est
RBEÈEE
SR LL Ines LE ne TL SE
erre
une grande perte ; c’en est une surtout pour le sanctuaire dont il était un pieux ministre ; pour le cha-