MONSEIGNEUR JEAN CHARLES PRINCE
Monseigneur Prince naquit à St. Grégoire, dans le district des Trois-Rivières, le 13 Février 1804, et par une disposition toute spéciale de la Providence, qui se fit connaître plus tard, il fut baptisé sous le nom de Jean Charles au lieu de celui d’Edouard que voulaient lui donner ses vertueux parents. Il fut élevé, dans la maison paternelle, dans les sentiments de la piété la plus tendre et la pratique des vertus
qui font les Saints.
rép ve
Envoyé de bonne heure au collége de Nicolet, il y fitde brillantes études, et il devint une des gloires de cet Etablissement qui a donné à l’Eglise et à la
société tant de sujets distingués. Il fit encore plus
de progrès dans la science des Saints ; aussi méritat-il estime et l’affection de ses condisciples qui le vénéraient comme un de ces écoliers vertueux dont on fait lire la vie dans les colléges, pour y entretenir la ferveur.
Dieu qui le dirigeait, en toutes choses, pour en faire un instrument utile à la gloire de la divine Majesté, l’appela à la cléricature. Il quitta donc le monde en prenant le saint habit Ecclésiastique, et il étudia la science sacrée de la Théologie avec le même succès qu’il avait étudié les sciences profanes. Mais tout en suivant son cours Théologique, il enseigna les lettres humaines, d’abord au collége Nicolet, qui devait le premier jouir du fruit de ses travaux, et ensuite au Séminaire de St. Hyacinthe qui, sans qu’il s’en doutât, devint alors un vaste champ pour son zèle.
C’était le 18 Septembre 1822 qu’il s’enrôlait dans la sainte Milice, en recevant la tonsure, et ce fut le 23 Septembre 1826 qu’il reçut la prêtrise, à laquelle il se prépara avec une ferveur telle qu’on pouvait l’attendre de sa piété. Appelé à PEvêché de Montréal cette même année, il fut chargé de la direction
des Ecclésiastiques, à qui il enseigna la théologie
avec ce talent rare qui se développait au fur et à mesure qu’il était mis à l’épreuve. Sa vigilance sur les élèves du Séminaire égalait la haute idée qu’il se formait de l’état si saint auquel il était chargé de les préparer. Quatre ans se passèrent dans ce genre de ministère caché et sans éclat aux yeux des hommes, mais si précieux à la vue de Dieu, qui n’estime rien tant dans ce monde que la vie d’un bon prêtre. En 1831 il lui fallut, par l’ordre de Mgr. J. J. Lartigue, qui avait su apprécier si bien ses bonnes qualités, renoncer à cette chère solitude pour entrer dans une carrière plus bruyante.
Le Séminaire de St. Hyacinthe était alors dans une de ces crises fâcheuses, qui ont coutuine d’être ménagées par la divine Providence aux Etablissements destinés par elle à rendre d’utiles services à la Religion et à la société. Ces épreuves qui les mettent à deux doïgts d’une ruine certaine sont comme le cachet de la divinité, apposé à toutes les grandes œuvres, pour que le monde lui-même soit forcé àüe convenir que c’est Dieu seul qui en est Pauteur.
Le nouveau Directeur ne se dissimulait pas les difficultés qui l’attendaient dans la restauration de cette maison d’éducation. Mais, plein de confiance en Dieu, et comptant avec raison sur le dévouement de ceux qui lui furent donnés pour collaborateurs, il se mit tout de bon à l’œuvre. Le succès le plus