RENE AO
vice eut lieu, à la cathédrale, le 2 Janvier, après lequel le corps fut reporté à la Providence, pour y être déposé dans le caveau de cette Eglise. Trois évêques, cent vingt et un prêtres et un grand nombre de laïques formaient le triste cortége. Le chant lugubre du Libera raisonna une dernière fois, sous les voûtes du petit temple, où tant de fois il était venu s’agenouiller et lon se remit en marche à travers ces corridors qu’il avait si souvent parcourus.
Arrivé à sa dernière demeure, Sa Grandeur Mgr. Bourget, au milieu des pleurs et des sanglots étouffés de la foule, qui se pressait dans le sombre caveau, prononça d’une voix émue, les paroles suivantes :
‘ Les rites de l’Eglise sont accomplis, nous ve- “ nons de déposer dans sa dernière demeure un ‘ homme des plus remarquables du pays. Le clergé ‘ perd un de ses ministres les plus zélés ; le peuple ‘ un ami dévoué ; sa respectable famille un de ses ‘° membres les plus chéris, et les communautés un ‘ protecteur et un ferme appui.
‘ Que pourrons-nous dire, dans notre grande don- “ leur? Dieu seul peut contenir les émotions qui ‘“ se pressent dans notre âme en face de cette tombe ‘“ qui renferme celui que nous avons aimé à tantet ‘“ à de si justes titres. Tous comprennent comme ‘ moi, la perte immense que nous cause sa mort ; ‘* il nous était si nécessaire d’être appuyé de son ‘ secours, dans les temps présents ; mais Dieu dont
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“ les vues sont impénétrables, et qu’il n’est pas per- ‘mis à la raison humaine de sonder, l’a appelé à “ Jui pour le faire jouir de ses longs et laborieux ‘travaux Apostoliques ! Oh ! oui, nous en avons ‘la ferme conviction, il jouit de la céleste récom- ‘“ pense ! Ce vénérable prêtre si marquant par ses ‘ manières pacifiques, ses paroles riches de gaieté “ et de douceur, savait se concilier les esprits et ‘ s’attirer les cœurs; aussi, tout le monde l’aimait et ‘ Pestimait.
‘ [l y a quarante-un ans que je le connais inti- ‘ mement et je puis assurer que je ne l’ai jamais ‘“ vu se mécontenter, ni laisser voir sur sa figure le ‘ moindre mouvement d’impatience : même dans ‘€ les circonstances les plus pénibles, il avait toujours ‘ un air calme et des paroles de conciliation. ‘ La Providence, par des vues toutes divines, a ‘‘ permis que ce prêtre vénéré fut déposé ici en ai- ‘ tendant la construction de la cathédrale, dans ce ‘ même asile où tant de fois il est venu consoler et ‘ soulager la misère. Il est déposé au milieu de ‘ de ses filles de prédilection, l’on peut dire, avec ‘ les bonnes Sœurs de la Providence, qu’il a tant ‘“ aimées, et qui lui ont rendu en retour un témoi- ‘ gnage d’amour vraiment filial. Leur douleur est ‘ grande, et bien juste, elle est naturelle et bien ‘ comprise; mais si elles en sont visiblement pri- ‘< vées, elles peuvent être certaines que du haut du