‹ Mémoires pour servir à l'histoire du chapitre de la cathédrale de S. Jacques de Montréal [microforme]Chapitre 32 sur 49 · M. FRANÇOIS-XAVIER ROMUALD MERCIER · texte numérisé non relu

M. FRANÇOIS-XAVIER ROMUALD MERCIER

M. François-Xavier, Romuald Mercier était natif de la paroisse de St. Roch de l’Achigan, et devait le jour à un cultivateur à l’aise, respectable et religieux. Il fut envoyé, bien jeune encore, au collége des Messsieurs de St. Sulpice, à Montréal, et y fit sou: leur direction un excellent cours d’études. Dès sa Jeunesse, il se fit remarquer parmi ses compagnons d'étude par son esprit de sociabilité et par une cordialité dans ses rapports qui attirait tout le monde à lui. Quand il eût achevé ses études, il fut employé comme professeur dans la même maison, en même temps qu’il étudiait la théologie sous le vénérable M. Roque, qui dirigeait alors le collége de Montréal. Elevé à la prêtrise en 1830, M. Mercier fut d’abord nommé au vicariat de St. Antoine, Rivière Chambly, sous le regretté M. Alinotte.

En 1831, il fut envoyé comme Missionnaire à Madawaska. Au retour de ses missions, en 1835, il fut nommé curé de St. Martin, poste qu’il occupa jusqu’en 1839 alors qu’il fut transféré à St. Vincent de Paul. Partout M. Mercier sut se faire aimer et respecter par ceux avec lesquels il fut en rapport. Simple dans ses manières, et sans prétention, il avait le talent de se faire à tous, sans que jamais

la familiarité le fit descendre au-dessous de la dignité de son état. M. Mercier fit du bien partout

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où il passa, mais la paroisse de St. Vincent de Paul, surtcut, fut l’objet de sa bienfaisance. Il a puissamment contribué à la doter de ce splendide établissement pour l’éducation des jeunes demoiselles, que dirige avec tant de succès les Dames du Sacré- Cœur. Il donna dans ce bu‘, aux religieuses, une très-belle terre qui offre aux jeunes personnes une source de joies suaves par la beauté de son site et ses délicieuses promenades.

En 1847, Monseigneur de Montréal, appréciant le mérite et les qualités de ce digne Prêtre, appela auprès de sa personne. Au mois de Décembre, de la même année, il fut promu au grade de chanoine avec le titre d’archidiacre. Dans sa nouvelle position, M. Mercier se montra ce qu’il avait toujours &6, simple, affable et plein d’une aimable gaité. 1] s’acquittait de ses fonctions d’archidiacre avec le tact et l’esprit de conciliation que requiert cette charge. Il présidait avec beaucoup de succès la nombreuse société de tempérance de Montréal, et malgré ses nombreuses occupations, il prêtait encore ses services comme confesseur, à près de deux mille personnes. La perte de M. Mercier ne pouvait donc manquer d’être vivement sentie, Aussi, sa mort at-elle jeté dans le deuil, ses supérieurs et ses confrères de l'Evêché ; toute cette partie de la ville

qui était surtout l’objet de ses travaux, et ses confrères par tout le diocèse,

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Le défunt a succombé le quatrième jour, d’une maladie aiguë, à l’Age de 44 ans, Ses restes mortels ont été inhumés dans la cathédrale, sous la stalle de l’Archidiacre.

Nous ne saurions mieux compléter cette notice, qu’en reproduisant ici les paroles de la circulaire par laquelle Mgr. Bourget annonçait à son clergé la mort de M. Mercier.

‘ Monsieur,

J'ai la doulenr de vous annoncer la mort de M. Mercier, arrivée ce matin, à neuf heures et demie. Il serait superflu de faire ici l’éloge de ce digne prêtre, puisque l'estime générale que lui ont toujours portée le clergé et le peuple de ce diocèse est pour sa mémoire un témoignage plus honorable que les discours. Mais je dois remplir, en annonçant une mort si inattendue pour Nous comme pour vous, un devoir sacré en vous transmettant les dernières paroles que j’ai entendues sortir de sa bouche. C'était lorsqu’il était sur le point de recevoir le St. Viatique, et quatre heures avant de passer à une vie meilleure, qu’il proférait ces paroles avec toute la foi et l’onction d’un bon prêtre. ‘ O mon Dieu! Je suis sur le point de vous recevoir, et c’est bien probablement pour la dernière fois. Je vous demande pardon de n’avoir pas toujours vécu avec la ferveur d’un bon

prêtre, et de n’avoir pas toujours célébré la sainte

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messe avec la piété et la préparation que j’aurais dû apporter à une action si sainte. Mais vous êtes si bon que vous me pardonnerez mes innombrables négligences, et toutes les fautes que j’ai commises, surtout depuis que je suis prêtre. Maintenant venez à moi, quoique je ne sois qu’un pécheur, et remplissez-moi des grâces dont j'ai un si pressant besoin pour paraître devant Vous avec confiance. Je demande pardon à tous mes confrères de l’Evêché, pour toutes les peines que j'aurais pu leur causer. Je demande pardon à tous les prêtres du diocèse, pour ne les avoir pas édifiés par une conduite plus sacerdotale. Je demande pardon à toutes les paroisses où jai exercé le saint ministère, pour n’avoir pas été assez zélé pour le salut des âmes confiées à mes soins. Hélas ! ma vie a été si lâche et si tiède dans votre service. Daignez, Monseigneur, faire connaître à tous mon sincère repentir et le désir que j’ai de réparer toutes mes fautes. ? Après avoir reçu la Ste. Communion, ce juste mourant, était tellement inondé de consolations qu’en recevant la bénédiction du St. Sacrement, il joignit les mains en s’écriant ; Seigneur, que jesuis heureux ! que je suis heureux de vous avoir reçu! Ah! je vous en prie, venez, venez encore avant que je meure.

( Mélanges Religieux. )

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