CHAPITRE XVII L
Des Directeurs nationaux , des Aréopagites , et du Général de V Illuminisme.
JlL est dit dans le plan général du gouvernement illuminé , que chaque Frère aura des instructions spéciales» relatives au rang qu'il occupe dans l'Ordre hiérarchique de la Secte ; il ne m'a point été donné de découvrir celles qu'elle consacre à la direction de ses Supérieurs nationaux. Cette partie du Code ne se trouve ni dans les deux volumes si
DE l'Impiété et de l'Anarchie. ^85 souvent cites sous le titre à* Ecrits originaux , ni dans celui de Spartacus et Philon , qui nous a dévoilé tant d'autres mystères. Il ne paroit pas qu'elle soit parvenue à la connoissance des Auteurs Allemands les mieux instruits et les plus distingués par leur zèle contre l'Uluminisme. J'aurois même hésité quelque temps à prononcer si les Supérieurs appelés Directeurs nationaux , çi ceux que je vois appelés Inspecteurs , ne constituent qu'un seul et même grade dans le gouverne* ment de la Secte. Elle ne les confondoit pas, au moins encore, vers Tannée 1 782 ; puisque les lettres de Weishaupt , à cette époque , nous montroient le partage de l'Allemagne Illuminée, entre trois Inspecteurs , ayant chacun sous eux les Pro* vinciaux de leur département. ( Voy. Ecrits orig. t. 2 , lett* i5 à Caton* ) Mais d'un autre roté, le tableau général que la Secte met entre les mains de ses Régens, et le dernier ouvrage de Philon ^ imprimé en 1788 , ne montrent plus de grade hiérarchique entre les Provinciaux de l'Ordre et de ces Nationaux désignés désormais , tantôt sous ' le nom de Supérieurs ^ tantôt sous celui d'Inspec-^ teurs nationaux. La correspondance et la subor*dination deviennent immédiates. ( Direction sys^ tem. N.^ 5, et Phi/os endiiche Erklœrung^ p.8i.) Il est donc évident que dans la rédaction ultérieure du Code ces deux grades d'Inspecteur et de Directeur nationaux se sont confondus ; qu'ils n'en font plus qu'un seul dans le gouvernement de la Secte. Elle a beau nous cacher les lois qu'elle consacre à l'instruction de ces Supérieurs nationaux^ leur nom seul annonce l'importance des fonctions qu'elle y attache ; et si le détail de ces fonctions nous manque , il est aisé d'y suppléer par ce qu'elle en a laissé échapper dans les autres parties de son Cbde«
286 Conspiration des Sophistes
Rappelons -nous ici ce qui a ëté dit dans le Chapitre des Epoptes sur les systèmes à former par cette classe dliiuminés ^pour s'emparer des sciences et les diriger toutes aux complotç de la Secte. Dans ce même chapitre ,nous avons vu la loi obliger ces Epoptes à recueillir dans leurs 'Assemblées provinciales et annuelles , tout ce que leur génie peut avoir inventé de moyens propres à s'emparer insensiblement de l'opinion publique, à détacher les peuples de tout ce que la Secte appelle préjugés religieux. Nous avons vu la classe des Régens plus spécialement destinée à saper les fondemens^ des trônes , à diminuer , à faire insensiblement disparoitre la vénération attachée jusqu'ici à la per« Sonne et aux fonctions des Souverains. Il est pour ces Epoptes, une loi et une fonction spéciale que je n'ai point encore citée , qui doit trouver ici sa place. Je la tire du second volume des Ecrits ori^ ginauXy Sé^êion deu^ , intitulée : Articles convenus entre les Aréopagites, dans le mois Adarmeh . X 1 5i , de l'Ère vulgaire , Décembre 1781. Sous ce titre , je lis , article Hauts Mystères : « Si parmi nos Epoptes il se trouve de ces génies plus élevés , de ces têtes spéculatives, nous en ferons nos Mages. Les adeptes de ce grade s'occuperont à recueillir, à mettre en ordre les grands systèmes philosophiques , et imagineront , rédigeront pour le peuple une religion que notre Ordre veut au plutôt donner à l'univers. So werden die selben Magi. — Dièse sammeln und bringen die hœhére philo* sophische système in ordnung , und hearbeiten eine wllrs-religion , welche der orden demnœchsten der welt geben mil. ( Ces mots iHjlhs-religion , religion du peuple , dans l'original écrit de la main de Caton Zwach,sont rendus par ces chiffres 20 » 14, 2, 3, 18-17, 8, 2,4, 6, 4> i4> i3.) Je ne perds point de vue que j'ai à parler 4es
DE l'Impiété et de l*Anarch!e. ^87 Directeurs nationaux; mais je crains que le lec-i teur n'oppose ce projet de donner à TuniverS une religion , au projet de détruire toute religion. Qu'on se rappelle donc ici la religion que Weishaupt donne lui-même à ses Mages. Elle est absolument du Spinosisme , celle qui n'admet d'autre Dieu que le monde même, c'est-à-dire , celle d'un véritable athéisme* Qu'on se rappelle encore qu'im des derniers mystères de la Secte consiste a dévoiler aux adeptes, que toutes les religion^ ne sont Sue l'invention de l'imposture ; et il sera facile 'accorder ces deux projets de la Secte ; l'un de donner au plutôt au monde une religion forgée par les Mages , et l'autre de détruire toute religion. Ces deux projets ne doivent s'exécuter que successivement. Les idées religieuses sont encore trop fortement empreintes dans l'esprit des peuples pour que Weishaupt espère les détruire toutes subitement, et sans y suppléer du moins par. une espèce de culte captieux et sophistique , qui dans le fond ne constitue pas plus une vraie religioa
Î[ue le culte de la Raison , dont la Révolution l'rançaise nous a déjà montré l'essai. Cette reli-» gion à inventer par les Mages de Tllluminisme n'est donc ici qu'un premier pas à faife pour dé* truire d'abord la religion existante , la religion de Jésus-Christ dans l'univers. Quand la Secte sera venue à bout de ce premier objet , elle se flatte bien qu*il lui sera facile de désabuser l'univers sur celle de sa propre invention. Ces autels que Weishaupt veut élever ne sont donc qu'une pierre d'attente , qui tombera d'elle-même dès l'instant qu'il aura renversé tous les autres. Il en est de cette religion à inventer par les Mages, comme il en est de ces nouveaux gouvememens , de ces déinocraties à donner aux peuples , en attendant que leur égalité , leur liberté et leur souveraineté
288 Conspiration des Sophistes
viennent apprendre à chaque homme qu'il est essentiellement son propre roi , et ^ue les droits imprescriptibles de sa royauté sojnt inconciliables avec toute espèce de démocratie méme^ et de société civile et de propriété.
Tel est donc Tensemble des systèmes à imaginer et à diriger par la Secte , pour arriver au dernier but de ses conspirateurs. Tout ce qu'elle appelle ses hommes de génie , ses têtes spécula-tisses s'occupent dans leurs districts, sous l'inspection des Provinciaux , de l'invention et de la rédaction de ces systèmes. Ces hommes de génie les combinent d'abord entre eux et en font un premier recueil dans leurs Assemblées Provinciales ; mais ce n'est pas là que les projets mûrissent. Ils sont regardés comme une première ébauche que chaque Provincial est chargé d'envoyer au Directoire national , pour y subir un nouvel examen , y recevoir un noùveîiu degré de perfection. ( Voyez Instruct. pour le grade d'Epoptes, N.os 12 et i4« ) Uïi ^6î> premiers devoirs du Directeur national sera de recueillir tous ces systèmes antireligieux, antisociaux, et de faire juger par son tribunal à quel point ils peuvent être utiles nu grand objet de la désorganisation universelle. Il ne suffiroit point tout seul à ce travail ; il aura donc auprès de sa personne les Elus de la Nation , comme les Provinciaux ont auprès d'eux les Elus des Provinces. Ces Elus nationaux combinant leurs efforts, verront d'abord quels sont de ces systèmes ceux qui peuvent entrer dans le trésor des sciences iilitminées. Us y ajouteront ensuite tout ce que leur propre génie inventera, pour en tirer le plus grand avanta^ possible , toujours dans les vues de la Secte. Parvenus à ce degré de perfection, tous ces plans , ces projets , ces systèmes d'impiété , de désorganisation , seront déposés dans les
archives
DE LlMPIÉTi ET DE L'AnARCHIE. 289 trchlves du Directeur, devenues les archives natio^ noies» C'est là que recourront , dans leurs doutes les Supérieurs provinciaux; c'est de là que parti-roQt toutes les lumières à répandre dans toutes les diverses parties de la nation. C'est là aussi que le Directeur national trouvera (a) les nouvelles règles à dicter y pour que tous les Frères natio* naux tendent plus sûrement , plus uniformément au grand objet. — Mais la Secte ne borne point ses vues à une nation. Il est dans son régime un tribunal suprénie , qui a su les soumettre toutes à son inspection et à ses complots. Composé des douze Pairs de l'Ordre , ( Foy* Philos end/ich. Erklœr. p. 119) présidé par un chef, général de tout l'IUuminisme , ce tribunal suprême , sous le nom d'Aréopage, est le centre de communication pour tous les adeptes répandus sur la surface de la terre , comme chaque Directeur national Test
Eour tous les adeptes de son Empire ; comme tout 'rovincial l'est pour les districts de sa province ; comme tout Supérieur local l'est pour toutes les Loges de son district ; comme tout Maître Miner* Y^l Test pour les élèves de son académie , tout Vénérable pour son antre maçonnique ; et enfin comipe tout Frère Insinuant et Ënrôleur l'est pour , ses novicjss et ses candidats. Ainsi depuis le der-* nier des Frèras jusqu'à l'adepte consommé , tout se gradue , tout se lie par le moyen des quibus
(a) Deswegen kommen jœrlich einmal aile Presbjrtet einer provinz aufder grossen synode zusammen , machen ein grosses yerzeichniss derindiesem jahr gesammeltefi beflagen an die National Directîoa woselbst es in de haup-^atalog eingetnigen , und damit ein schatz von kenntnissenformirt wird , woraus ieder hefriedigt i^er* den kann : denn daraus werdçn die regel abstrahirt » und -was nochfehlt , weitere beobachtungs aufgaben , wie schon erwwhnt worden , ausgeschrieben um festû^ Jœtxe zu bekommen. ( Loc. cit. H»^ iS. )
ToMB m, T
t^ jCoksmrath)!? des Soi>ifistÊ5
hcet^ àes soli , des primo ; tout se fait , tôat «rriye dans chaque EmpiFe jnsques aux Directeur^ Bationauft ; et par les Directeurs nalionaiix tout se fait , toul ariive au centre de tomes les nattons « a» sspréme Aréopage , an Général et Qief de k Secte, modérateur universel de la conspiration* ' L'article essentiel & observer dans le Code du Directeur national , est donc sa correspondance innaédiate arec l'Aréopage de rUluminisnie. Cette cornespondaiice n'est pas douteuse : nous Tarons Tue formellement exprimée en ces ternies , dans le plan général du régime que la Secte dévoile i ses Régens : U est pour ekaçue empire un Direc-» teurnaiional i en société et en liaison imrnédiate avec nos Pères ^ dont le premier est au ttmon de l'Ordre. ( Direct* System. N.^ 4. ) De là cette injonction &ax Provinciaux , de rendre an Directeur nationaldes comptes ai fréquens et si exacts ^ de tou« ce qui se passe d'intéressi^nt dans leur Pro^ tince; de recourir à lut dans tous leurs doutes ^ tnr tout dbjeft de quelque importance ; de ne rien entreprendre sans son avis, dans les nilàires po- Ktiques* (îbidj N*oê 10 e/ ii« ) De là cette in-tention de subordonner à ce m^e Directeur , le ishoix des adeptes à élever dans iX3Tdre , au grade politique de Régent ou bien atiz préfectures des Districts* (Ai'c^« N.os iS et z3. ) De !â Mection inénse des 'Ptovindaux sounnse au National. (Ibid. JV.^ 9. ) De là surtout cette altiention ^e réserver à ce Bational tous les fuii^u^ lictt d^ adaptes B^égens , ^ëm que tes seerets de kurs dé-! couvertes politiques arrivent sôremenl A criui qni n'en doit point laisser ignorer aux Pairs de lH3rdre.
Tels seront donc les droits , et teUes sont fe^ Ws de rinspecteur national de'riUnnimsttie; teUer est pour la £ecte rimport^tntie de Sfs fenetîons.
A lui ), tous les secrets des Frères répandus dani Jes Proyinces j el à la Cour et à la yilJe : ^ Uii ^ tous les projets , toj^^ les rapports sur les succès pu les dangers dç TOrfif^e J sijr les progrès de la conspiration ; ^iir les emplois > le$ dignités et la puiflîiance à procure^ auf adeptes; sur les concur^ jrens à écarter, les enpepais h déplacer , les Dicas^ Jèrès et les Copseilç ^ occqpeif : à lui enfin , tout ce qui peut ou rptv^pr ou biep accélérer la chute des Autels et 4es Pwpiî-fis , h désorganisation de l'Etat et de l'jEglisp sqw son inspection ; et pai^ lui , par sp porresppp^fince i wnédiaie > par celle Ae tous les Inspectées q^tiQwu* de l'Ordre, loua les secrets des Frères scrutateurs > tous led projeta des Frères politiques > des Frères au génie des spéculations j tout ce qui se médité dans les coii* seils des Princes; touf ce qui s'afi'oiblît ou se fortifie dans l'opinion deç peuples ; tout ce qu'il faut prévoir et ewpeqh^, prévenir ou hâter dans chaque ville I ph?qu« Cour et dans chaque famille t par lui et par ses Frères Inspecteurs des nations , toutes CCS GQfliipîçaanqes iront se réunir , se concentrer d^n^ le Conseil wprêuw de la Stecte ; et ^ès-lors pas i^i feuj Souverain 4 pps un seitl Ministre dans l^Etat > pas un seul père dans sa famille^ pas un seul hpmwe dans le. sein de l'amitié qui puisse dire : ngu>n secret est à moi ; il n'est pai arrivé , il nVf ivera p^n k ^et Aréopage. Par ce Directeur nation^Ji eftçoçe et par les adeptes du même rang , ^oq^ l^ wdr.e3 médités et combinée ^ans cet M'é9f98/^ 1 tQW3 lea dftctets des Pairs illuminés seront »q\l^9 ^i «dep&es de toutes les î^ation?, 4« ^^^^ l«s ï^roviitoes , de toutes lea académies ç> l*ogf^ MdÇQnniques ou Minervales de,la Secte. JPar lui ei|f n «t.pâr ses Confrères directeurs n^tioi^^u^ , çeYiewdfa Je compte générîrf k rendre (}e 3^ oxdfp%^M,\m: «éçuiion au sénat
ag* Conspiration des Sophistes des Pairs qui les dicta. Par lui, ils connoîtront les nëgligens à relever , les transgresseurs et les re- Tcches à châtier , à jfaire souvenir du serment qui soumit leur fortune et leurs jours mêmes aux décrets des Supérieurs majeurs , des Pères iniconnus , ou de l'Aréopage de la Secte. C'est en vain qu'elle cache le Code de tous ces Inspecteurs ; après toutes les lois sorties de ses antres , voilà évidemment les mystères compris dans ces mots seuls : Il est pour chaque empire un Directeur national , en liaison on en correspondance immédiate avec les Pairs de TOrdre : Jedes land hat einen Na^ tional'-Obern , welcher in unmittelbarer çerhin^ dung mit unsern Vœtem steht.
Quant aux lois , au régime spécial de son Aréopage même , on sent bien que la Secte a soin de les tenir dans des ténèbres encore phis impénétrables aux profanes. Il est cependant des moyens assurés den dévoiler l'essence ; et ce sont les pères de ce sénat même qui nous les fouj>* niront.
Un coin du voile se déchire d'abord , quand le fameux adepte Philon Knigge , dans son apologie même , nous parle en ces termes des Magistrats suprêmes de son Illuminisme :
c< Ijeurs travaux , quant à la partie purement » spéculative , dévoient avoir pour objet la con- 3» noissance et lat radition de toutes les découvertes » importantes , simples et sublimes , à faire dans » les mystères religieux et dansia haute philoso- >» phie. Douze Aréopagites seulement dévoient yy composer ce tribunal ; et l'un d'eux devoit en » être le chef ; et lorsqu'un de leurs membres j> venoit à mourir ou à se retirer , son successeur TU devoit être choisi dans la classe des Régens, ce ( Deinier mot de Philon , page 1 1 5. ) Elle est encore bien mystérieuse cette idée générale de3on
DE l'Impiété et de l'Anarchie, agj Ari^opage , donnée par Philon ; il ne ponvoit guère en dire davantage , en parlant au public ^ sous peine d'être traité par la Secte , comme il savoit assez qu'elle traite les Frères qui violent ses secrets. Il en a dit au moins assez pour nous faire entendre très -positivement qu'à cet Aréopage aboutissent toutes les spéculations religieuses et philosophiques , ou plutôt impies et sophistiques , sorties de cette classe des adeptes Epoptes^ dont Tobjet est de faire servir toutes les sciences à l'extinction des idées religieuses. Il en a dit assez pour nous montrer tout cet Aréopage occupé à combiner , à rédiger , à sanctionner ou rejeter ces plans d'une noui^elle religion , que les adeptes Mages sont chargés d'inventer , et que la Secte çeut donner à l'unii^ers.
Moins gêné dans ses confidences , Spartacus ea dévoile davantage à l'intime Caton. Ce n'est plus simplement de systèmes antireligieux j que Ton voit ici les Pairs de l'Ordre s'occuper. Qu'oa entende le Fondateur même de cet Aréopage en expliquer le grand objet. Il vient de dévoiler toute l'intention de ces quibus licet dans lesquels ses élèves avoient à marquer les préjugés qu'ils découvroieut dans eux-mêmes , à déclarer quel de ces préjugés étoit le dominant , et combien ils >» avoient réussi à s'en défaire ; « c'est par cela » ajoute-t-tl que je découvre ceux des nôtres qui » ont de la disposition à embrasser certaine doc* » trme spéciale et plus relevée sur les gouvemea mens et sur les opinions religieuses. » Aus diesen kann ich ersehen welche geneigt sind gewisse sonderbare staats lehrerij weiJtersnainauf religions meynUngen anzunehmcn* Là - dessus il » continue: «A la fin se dévoilent complètement » les maximes et la politique de V Ordre* Ici , dans » ce conseil suprême ^ on projette , on examine
$94 CKTNitMArtftî fiES SoprasTES
#' comment il fofudra s'y prehdï-e poar nous mettre s» péa à peu en état d'atta(|uer un jour en face ( par le corps , aufden teib ) Tennemi de la raison et * du genre htimain. Ici encore s'examine comment i> ces projets pourront s'introduire dans TOrdre et â » quels Frères on petit les confier ; comment chacun i» en proportion dés confidences qui lui en seront 1» faites , pourra être employé pour l'exécution. » Und am end folgt die totale êinsicht in die poliric und tnaâcimem des Ordens. ïh dlesen obersteà conseil > werdèn die projecl entworfén , wie den^ feinden den>ernunfiund riiehschlich itilnach und pdch aiffden Itib zugéhen sèye:wie die sache unteir dèn ordens tnitgliedem einzuïeiten , wennes an^ zuvertrauen ? Wie in jedèra proportione seiner êinsicht hœnne dazu gebraucht werden. ( Ecrits orig; iett. à Càtdri , lo Mars 1 776. )
Ces maximes et cette politique de l'IIluminismè sont désormais trop bien connues de mes Lecteurs pour qu'ils ne dirent pas avec moi : le voilà donc ce grand objet dû conseil suprême de la Secte ! C'est là qu'elle combine ultérieurement tous les moyens de rendre familiers à tous les Frères les principiès dé Sbh égalité et de sa liberté désorga-* nisaitice^. Cest là que l'on s'occupe à distinguer soigneusement à quel poiM les complots destructenrS dé toute religion , de tout empire , de toute société , de toute propriété , peuvent être manifestés aux difi'érentes classés des conjurés. C'est là que l'on attend le temps , c'ëàt là qu'on étudie le)5 moyens de se niontrer nh jour à découvert et d'attaquer en face, M/ bu lard , lès partisans de là religion on des lois et des |)ropriétés , comme autant d'ennemis de la raison et dé l'humanité* C'est là que vont se déposer Ions lès aveux , tou's les rapports tous les projets dés Frères répandiis ââM l'uniTars pour jug^r dé Ittu: force et de cette
DE LllfPiÏTlE ET IHS l'ANARCinE. à^
^e conservent cfticojre les àaus d6 Tautel et des lois. C'est là que te discale ee( ensemUede rases^ d'embûches 9 de no^yeaiix artifices, de nouveaux: complots imaginés par ks Frères ; c'est là enfin
3ue se pèsent les mérites des gran^ adeptes pour istinguer ceux à qui chaque partie des complots peut être confiée aVet plus de succès. Ce n'est
{)oint une main étra«^ère ^ c'est celle 4tt Légis^ ateur môme de la Secte qui a tracé ces lignes et dévoilé ce «and Objet de son obnsetl suprême. Que nous importe désormais le détail des lois qu'il donne à ses Aréopagites ? On sait tout œ aulls doivent être ; on sait combien ils doivent se cistinguer par leur impiété j et sar-lout par la profondeur des artifices dans Turt de sédmre les peuples y dans l'art de miner sourdement les antels et les trônes y dans l'art de diriger au smn même des ténèbres., les cohones des conjurés ; on sait enfin combien les hauts adeptes doivent ressembler à Weishaupt même pour être admis à son Aréopage ; quelle antre loi leur faudroit-il entre eux que celle de préparer sans cesse les voies à de nouveaux forfaits; de s'accorder toujours sàr ceux que les intérêts de le Secte exigeroflt , que les cu'constances permettront , et sur la profondeur ^ la noirceur des artifices qui tes feront plus infailli-* blement réussir? Gepenaant ce génie ^i n'aban* donne au hasard pas un seul de ces forfaits y quand il peut le rendre indépendant des circonatances ; cependant Weishaupt essaya de donner aussi un Gode spécial à ses Aréopagites, et de s'en former un pour lui-même y pour les Spartacus qui lui succéderoient* Nous n'ayons de ce Gode que ce
gu'il en appelle Vesguisse ; les lois par intérim* ette esquisse adressi^e à ses premiers Aréopagites ^ se trouve y section neuvième , dans le premier volume des Ecrits ariginaus ;. diverses leçons
'996 Conspiration des Sophistes relatives au même objet spnt rëpaodues dans ses lettres ; on peut en extraire les lois suivantes :
« Les Areopagites forment le conseil supérieur ( littéralement le plus haut collège de l'Ordre ; das allerhœchste Collegium , ) — ils s'occuperont des affaires les plus importantes , et fort peu ou plutôt nullement des objets moins essentiels. — Ils pourront recruter , il est vrai , ( kœnnen sie zwar recrutiren \ c'est - à - dire ils pourront enrôler et procurer à l'Ordre quelques élèves ; mais ils laisseront à quelque adepte intelligent le soin de les instruire. Ils verront simple* ment, de temps à autre , ces candidats. pour nourrir leur ardeur et maintenir leur zèle. — Ils pourvoiront spécialement à ce que la marche de nos Illuminés soit par-tout uniforme. — Ils veilleront spécialement sur Athènes ( Munich , la première des Loges Illuminées après celle d'Ingolstadt, où résidoit Weishaupt lorsqu'il rédigeoit ses •instructions. ) Us ne rendront compte des affaires de rOrdre dans cette Loge qu'à Spartacus. —Mais ils enverront chaque mois aux Frères Conseil y c'est-à-dire à ceux-là seulement qui sont dans nos derniers secrets , un recueil des événemens les plus intéressans pour l'Ordre , une espèce dega-* sette , ein art von Zeitung. NoUi benè , ajoute ici Weishaupt, cette gazette n'est jusqu'à présent que notre journal ordmaire , il faut que les élus ^ \e& Conseil en envoient autant de leur côté aux Areopagites. ~ Ceux-ci s'occuperont des projets ^ des améliorations , et autres objets semblables à faire connoître aux Conscii , par des lettres circulaires. — C'est entre eux que sera partagée la correspondance générale. — Il ne leur sera point permis d'ouvnr les lettres de griefs , ( die litteras grai^atoriales ) c'est-à-dire celles qui contiendroient des plaintes contre eux. Ils les laisseront
M lImpiété et de l'Anarchie. 297 arriver à Spartacus , au Général , comme un moyen de Tinformer s'ils remplissent exactement leur devoir. Cette instruction n'étant que provisoire et ne devant servir qu'aux Aréopagites , ils ne la feront pas circuler ; mais ils en prendront note ; et renverront l'original à Spartacus. (f^/rat/ de PinsirucU à Caton y Marias et Scipion ; sect. JX , Ecrits origin. /. i . )
Les assemblées des Aréopagites seront réglées sur les fêtes marquées dans le calendrier des Illuminés. ( Nach dem calendario Illuminatorum an ordensfesten. ) Cette règle parut bientôt insuffisante. Par une loi nouvelle , Weishaupt exhorte ses Aréopagites à se trouver en place à leur sénat > tous les jours de poste , et à l'heure où les lettres arrivent.
Quelque abrégé que soit ce Code , ou plutôt ce projet de Code pour l'Aréopage de l'Illuminisme, on y voit au moins l'essence de ses fonctions ^ et comment il doit servir de point central à toute la Secte* Un grand objet restoit k décider quand Spartacus donna à son conseil smpréme Ses premières lois. U s'agissoit de savoir si Spartacus lui** ' même conserveroit l'autorité législative et souve- . raine sur les membres de ce conseil , comme ceux-ci dévoient l'avoir sur le reste des Frères. Les grands conspirateurs souffrent rarement la domination , le joug de leurs semblables ; ils veulent aussi être égaux entre eux et dans l'antre de leurs complots» * Spartacus Weishaupt est naturellement despote dans ses volontés. Ses Aréopagites s'en plaignirent long-temps. ( Voyez lettre de Phi/on à Caton , et sur -tout derniers éclaircissemens de Philon.) Weishaupt de sou coté prétendoit , comme fondateur , avoir an moins le droit de donner à la société conspiratrice qui lui devoit son existence, Je régime et les lois qu'il croyoit nécessaires pour
±9$ GONSPIITATION 1XS SoPHlSTES
la maînteiiir. Il n'avoit pas tarde à se FépéBt«r d'avotr luî-méme décidé eiEt faveur de son sénat , que la pluralité des çoix f dicteroit les lois éter-^ nèfles de la Seùte ; les semper valiiura* ( Lett. du 8Nov. 1778. )
Maigre cea muroofures des Aréopc^tes , il sut reconquérir une autorité donc la privation génoit ses artifices , en livrant, ses conceptions à de^ adeptes moins profonds que leur maître.. Il descendit que^uefois à des justifications ; mais c'est précisément quand il semible écarter lôîii de lui toute idée de despotisme y c'est alors qu'il faut voi^ avec quel art il en réclame tou$ les droits » et dan» quelle étendue lï prétend les ezercer. Dans se$ coucurretis ne voyant plus alors que ses élèves 9 il rappelle les monstrueux services rendus à leur jeunesse , comme les bienfaits de la tendre amitié , et leur disoit : « De quoi peut se plaindre votre cœur ? Quand m'avez-vous trouvé à votre égard de Tâpreté ou bien de la hauteur ? Quand ai-je pris sur vous le ton de maître ? N'est-ce pas plutôt un eicès de confiance y de bonté y de franchise envei^s mes amis , que Ton pourront me reprocher ? >• Ce ton a-t*il capté ses Aréopa^ ites. ; Weishaupt en vient & son objet. « Lisez-donc » » leur dit-il , et relisez mes lettres. Ce que vous » y verrez., c'est que le grand objet de notre So- » ciété n'est pas un jeu pour moi ; c'est que je ^ sais l'envisager sérieusement y le traiter de » même ; c'est que j'ai toujours eu à cœur l'ordre, » la disciplihe y la soumission et l'activité , pour » vous montrer la voie qui seule peut conduire .à n nôtre but. En commençant une œuvre de cette # importance , ne falloit-ii donc pas y à force de I» prières ^ d'exhortations y de conseils , réveiller n et maintenir l'ardeur de mes premiers y de me$ p plus iatéressaos compagnons , de qui tout dé-
DE LllVÏPllÉTÉ ET Dfe l' ANARCHIE, 299
É péndoit ? — Si j'ai voulu me réserver la
* haute direction , en voici leis raisons ; elles » sont graves assurément.
» D'abord il faut que je connoisse mon mondé p et que j'en sois sdr. Polir cela ce n'est pas de la «> sixième main ou par dés réfatrons éloignées St que je dois être instruit si mes plans approuvée 7> par les Elus de nos mystères sont suivis ou é non. • • • En second lieu , ne suis-je pas auteur «> de la chose ? Ne mérité-je pas ces égards ? . . • » Quand mon système enfin sera complet , ne 3» faudra-t-il pas que j'aie la main à tout , et que 3» je tienne chacun à sa place ? C'est une grande
• faute dans une société , que le Supérieur se trouve )^ à la merci des inférieurs , comme on a prétendu % m'y réduire.
» Mais pour que vous sachiez combien je prés> fère la conservation de mes anciens amis à tout » ce que je puis avoir d'enipire sur les autres \ » je renonce à tous mes droits , à toute attitorlté.
* Recevez mes remercîmehs pour toute votre pa- » tience et vos travaux. Je me flatte qu'ils n'ont » nui à personne, et que plusieurs me doivent , en » fait de sôciétéssecretes , des lumières qu'ils n'au- » roient p^ aisément trouvées ailleurs. La bonté i» de mes intentions suffit à ma récompense. Dès » cet instant je rentre dans la retraite et le repos. » Là , il n'est plus d'envieux, plus de jaloux cofl-
• currens ; là , je suis seul mon maître et mon » sujet. » ( Ecrits orig. ù i , séct. 49- )
Le deipote Illuminé avoit plaidé sa cause adroitement ; lés Aréopagîtes n^aimoient pas son empire ; mais ils sentirent le besdin de sa profondeur pour les complots. Pour liè pîts se priver de ses ressourçais , ils lui reprochèrent d^avoii* laissé s'éteindre tout son zèle pour lé gi'and objet. Totfl telui de Wdbh^Hf^ ^ dans cet abandon simiUé ,
3oo Conspiration des Sophistes n'ëtoit rien moins que refroidi. Ils se réunirent de nouveau sous le joug de leur chef; il reprit son ascendant y et dicta les conditions auxquelles il consentoit à se mettre de nouveau à leur tête. ^
Tout est remarquable dans ses conditions ; et le ton du despote qui les fixe, et la nature, Tobjet^ rétendue du pouvoir qu'elles lui donnent sur le premier conseil et les premiers élus de la Secte.
s Je vous le dis d'avance , afin qu'on ne s'en étonne plus. Je serai plus sévère que jamais. Je ne laisserai pas passer une seule faute ; je les relèverai toutes dans ceux que je connois avec plus de zèle que dans tout autre ; mon objet l'exige absolument ainsi. Â qui m'adresserai-je donc , si Je n'ai pas le droit de parler aux premiers de l'Ordre , puisque tous les autres n'ont pas à faire à moi ? Pour que tout aille bien , notre Société ne doit avoir qu'un langage , qu'une même opinion , une même pensée. Comment l'obtiendrons-nous y si je ne puis pas dire à mon monde ma façon de penser ? Je reprends donc dans l'Ordre ma place de Général , à condition :
T.^ « Que vous n'irez ni en deçà ni en delà
» de ce que je prescrirai ; je compte désormais
. P là-dessus, ou qu'au moins aura-t-bn l'attention
s> de m'en prévenir, si l'on pense à s'en écarter, i»
2.^ tf J'exige que tous les samedis il me soit » envoyé un compte de tout ce qui se sera passé , y> et ce compte en manière de protocole signé de » tous les élus présens. »
3.^ tf Qu'on me fasse connoitre tous tes membres i> enrôlés ou même à enrôler , en me traçant leur » caractère, et qu'on y ajoute les détails de ce qui 3» les concerne lors de leur réception, a
4.^ «( Que les statuts de la classe dans laquelle » on travaille soient observés avec la plus grand» ^ :b exactitude} qu'il n'y ait point de dispense sans ,)
DE lImpiété et de l*Anarchie. 3oi » informations. Car si chacun veut changer à sa » manière , où sera Tunité ? Ce que j'exige de » vons, vous l'exigerez de votre monde. S'il n'y « a point d'ordre dans les premiers rangs y il en 9» sera de même dans les inférieurs. » ( Ecrits origin. t. 2 , lett. 49 ^^ 5o. )
C'étoit le 25 Mai 1 779 que Weishaupt dictoit ces lois à son Aréopage. Une cinquième conditioa semble les rendre provisoires , et ne constituer despote le Général illuminé qu'en attendant que son Ordre ait acquis sa consistance ; Weishaupt eut soin de ne pas laisser échapper de nouveau la Suprématie qu'il venoit de reprendre en qualité de Général. Ce n'est pas que ses Aréopagites n'eussent bien des regrets d'avoir perdu leur aris* locratie , de n'être plus que les premiers ministres du Spartacus de l'Ordre. Mais écoulons ici ca même Spartacus , pour qui l'autorité la plus légi-* time ne fut jamais que l'outrage du genre humain; écoutons-le invoquant Machiavel même en faveur <îe celle qu'il exerce pour le succès de ses com-îplots. C'est auprès de Zwach devenu aussi jaloux de son maître » que Weishaupt plaide ici sa cause, et c'est à lui qu*il dit : Noire plus grande faute vient de ce que chacun veut faire entrer dans l'Ordre ses propres idées ; c'est que l'on ne veut pas s'en tenir à ces oracles de Machiavel : « Il » faut prendre pour maxime générale que jamais ^
• presque un État n'est bien rég/é (Tabord que *
• par la conduite d*un seul homme , qui donne » le plan et qui établisse les ordres nécessaires
• pour cela. Il faut donc qu'un homme qui a » assez de prudence pour fonder un Etat , assez » de venu pour le faire par un autre principe que » par celui de l'intérêt, uniquement par l'amour
• du bien public , et sans avoir égard à ses héri« p tiers ; un tel homme doit t&cher d'avoir tauto^
Zoa Conspiration dès Soi>HistÉ5 )> rite lui.seul ; et jamais un esprit raisonh^lé 3> ne reprendrai un législateur d'une action extra*- 3> ordinaire^ qu'il ai^ra faite pour fonder et pour ^ régler un Ëtaté II e^ vrai que si Vactiçn V accuse , j> il faut ,que Teifet )e justifie. 11 ne faut pas re^ ji prendre un législateur qui usç de yiplençe pour ift accommoder les affaires , mais seul^pieol; celui .V qui en use pour les gâter. »
Après fivoir cité en ces mêmes tennefi le passuge tiré des discours politiques de Machiavel , ( Us^m 1 , c^^p. 9. ) Weisbaupt ajoute triatement % 4k Mo^is c'est ce que ^e n'ai pu obteniré Lea » Frères ont traité d'^pprit doipinateur ce qui y> n'étoit réellemeqt qqe loi de nécessité dan^ Tari; j» de gopverner. » ( écrits orig* U 2 , leU* 2 à ,Caton. ) Au milieu de ces contentions » il sentoit si bien sa supériorité dans cet «et , au moins de gouverner ^es soci^tép cçpspir^trices , qu'il np .craignoit pas de dire k§i^ Ai'éppQgUes ea^-mémes i En fait 4e polktigi/£ et d^ morale , é Messieurs , ifous êtes encore bien jlc^n derrière moi* ( Idem* lett. 10. ) Il vint enfin à bout de leiir persuader^ et i\ fut décidé que le Général de l'prdre ep seroil aussi le grand modérateur j qu'4 If^ tête des Aréor. pagites , seul au timon de lOrdns , U en auroit la direction suprême. ( Plan gén^ai de VOrdre^
Sans doute ce Weisb^upt qui ne laissoit rien d'imparfait d^ns ^qu^ ce qui tei^loilt m but de ses conspirations , exerça auss^i son génie à composer les lois qui devoî^ni; 4îri£'er seis succesfeui^ y et leur apprendre à fs^re de )0ur suprématie tout l'usage qu'il .ep faisait lui-même- If^i^ ^^ s^nt quelles précautions la Secïe doit avoir prises , pour ne pas laisser écbe\pper aw t^nèbre^ cett^ partie de son Code. Il est bien douteux même 0^9 Weisljia.upt ^JLt eu asi^ez dç çgqfi^cp ^o s^ Aréo^
DE lImpiété ët de l'Anakchiê* 3o3 pâgites pour la leur manifester toute entière. Dans Flilumînisme, chaque grade de supériorité a ses instructions spéciales, inconnues aux inférieurs. Weishaupt qui eât Voulu ifaire un a^ure iui-méme de chacun de ses successeurs , leur réserva sans doute le noénie avantage. Il leur prescrivit infailli* blemedt des rèdes de conduite ; il leur laissa des droits propres a les maintenir eux et leur Aréo-' page dans la ligne et Fobjet des complots ; et ces règles furent intitulées : Instructions du Ôénéral Illuminé. Vainement Thistorien se flatterott-il de deviner toutes les ruses , tons les artifices dont ce nouveau Code doit être Tensemble ; l'habitude invétérée de la scélératesse et de l'hypocrisie les avoîent inspirées , le génie seul n'y suppléera pas. Tout ce que l'historien peut faire ici , c'est de recueillir ce qui en échappe à ^Veishaupt dans ses confidences , ou bien ce uni s'en trouve dans quelques autres monumcns de la Secte. Si l'on veut rédiger ces données dans le style du Législateur même , il en résultera au moins les lois suivantes :
1 .° Le Général Illuminé sera élu par les douze Pairs de l'Aréopage , à la pluralité des sufï'rages. (Derniers éclairciss. de Philon , pag* ' '9* )
2,.^ Les Aréopagites ne pourront élire Général qu'un des membres de leur sénat , ein aus ihrer mitie gevf^ûffhltes Oberhauptj (Ibid.) c'est-û-dire, qu'un nomme d'abord assex distingué parmi les adeptes Régens , pour être mis au nouibre des douze premiers adeptes dé niluminisme ; et devenu ëosuite assez remarquable dans ce grand conseil de la Secte , pour être jugé le premier Illuminé du monde.
3.^ Les qualités requises dans un Général Illu^ miné se supposent par celles dont il doit avoFr fait preuve avant que d'arriver au ;sénat des Aréop%*
io4 Conspiration des Sophistes gites. Comme il est fait pour présider à tous , il sera plus que tous pënëtré des principes de notre Instituteur ; plus que tous dégagé des idées reli-*
fieus'es y des préjugés nationaux et patriotiques, lus que tous convaincu de ce grand objet de notre Ordre» d'apprendre à l'univers à se passer de maîtres , et de lois et d'autels , il aura sans cesse devant les yeux les intérêts du genre humain. I4ul homme à délivrer du joug ne sébi étranger à son zèle. C'est pour rendre l'égalité ; la liberté à tous les peuples qu'il est constitué Supérieur général des Illuminés , qui sont ou qui seront répandus par-tout pour opérer la révolution de V Homme-Roi. ( Voyez les mystères. )
4<^ Le Général aura immédiatement au-dessous de lui les douze Pairs de notre Aréopage y et les divers agens ou secrétaires dont il s'entourera pour l'aider à soutenir le poids de ses travaux. ( Voyez suprà* )
5.^ Pour se mettre à Tabri des recherches de la double puissance ecclésiastique et politique, il pourra avoir l'air , ainsi que notre Fondateur , de remplir quelque fonction publique , en faveur de ces mêmes puissances dont la destruction doit être son unique objet; mais, en sa qualité de Général Illuminé , il ne sera connu que de nos pères Aréopagites et de ses autres agens iounédiats ou secrétaires* ( Suprà et lettres de Spartacus , Ecrits orig. passim. ) Pour ajouter au secret qui l'environne , la ville où il réside aura un triple nom ; celui qui est connu de tous les profanes , dans leur géographie ; celui qui n'est connu que de nos Frères dans la géographie de notre Ordre, celui enfin dont la connoissance est ji^servée aux Aréo* pagites et aux Elus appelés Conscii. (Ecrits orig. t. I , sect. 3. )