Une grande partie de nos^ succès dépendant
de
î)Èi.*lMftitÈ ET DE L^ÀNARCtttE. 3b5
*Ûé la conduite morale de nos Aréopagitcs , le Gênerai aura spécialement à cœur d'empêcher parmi eux les scandales qui pourroient nuire à la réputation de l'Ordre. Il aura soin de leur représenter combien le mauvais exemple écarte loin da nous les sujets qui nous seroient le plus utiles* ( Idem , f . 2 , lett* ^ et lo.)
7.** Pour conserver lui-même toute l^autorité de la vertu sur ses inférieurs » il aura toujours l'extérieur d un homme austère dans ses mœurs* Pour être tout entier aux travaux qu'exigent ses fonctions , il n'oubliera point cette loi plus d'une fois inculquée dans les lettres de notre Fondateur 9 comme la grande règle à laquelle il devoit ses succès : Multùm sudai>ît et alsit , abÉtinuit çenere et inno ; il ne craindra ni le froid y ni le chaud; il s'abstiendra des femmes et du vin^ afin de rester en tout temps maître de son secret , et lliomme de tout conseil ^ de tout moment dans les besoins de l'Ordre* (A/. /• 1 ^ letté 1 6> etc* )
8.^ Lé iiériéral sera le centre de notre Aréopage , comme l'Aréopage est le centre du monde Illuminé ; c'est-à-dire y que chaque Aréopagite correspondant avec les Inspecteurs nationaux , rendra compte au Général de tous les qvihusUcet^ de tous les secrets découverts par l'Inspecteur correspondant $ afin que ces secrets viennent de toute part se déposer ultérieurement dans le sein de notre Cîhef. ( Vide suprà^ )
9*^ Les fonctions du Général et toute la sagetôe de ses dispositions dépendant des connoissaoces qu'il acquiert par la voie de ces correspondances , il les partagera lui-même entre ses Âréopagites « assignant à chacun la nation qui entre dans son département , et ^specteur qui lui en doit les comptes. ( Idé t* ^\ tett. 6 , 1 3 , etc. )
;[o.^Lesobjet8..i9|eatiels de cette correspond
tomeul î y
3o6 Conspiration des Sophistes
dance seront » i .^ le nombre des Frères en gênerai, ailn de s'assurer de la force de TOrdre dans chaque nation ; 2.^ ceux des Frères qui se distinguent le plus par leur zèle et leur intelligence , 3.® ceux des adeptes , qui dans les Cours ou dans l'Eglise , dans les armées ou dans la magistrature , occupenti; des postes importans; et quelle espèce de services on peut attendre d'eux , ou leurs prescrire dans la grande révolution que notre Ordre prépare au genre humain; 4*^ 1^ progrès général de nos maximes et de toute notre doctrine dans l'opinion publique ; à quel point les nations sont mûres potir la révo* lution ; ce qui reste encore de force > de moyens à la double puissance religieuse et politique; quels hommes à placer ou bien à déplacer ; quelles ressources enfin à employer pour hâter ou biça pour assurer notre révolution , et pour lier les mains à ceux qui nous résistent. ( Voyez ci-dessus ^ les dwers grades , et tout Vobjet de, leurs q^ibus licet , tablettes , etc. )
.1 1 .^ Si dans cette correspondance le Général découvre des Frères à exclure , tous les droits qu'ils avoient reconnus dans notre Ordre, et surtout le droit de i^ie et de mort appartenant plus spécialement au Général, c'est à lui à juger quelle espèce de châtiment doit suivre l'exclusion; si c'est à décider l'infamie du Frère exclus 4 procla* mer dans toutes nos Loges , ou \^ peine de mort à prononcer contre lui. ( Voyez Ecrits orig. t. 2 p lettn 8 , suprà , serment des noidces. )
12.^ Au soin de châtier les imprudens , les lâches et les traîtres , le Général ajoutera celui d'étudier les adeptes les plus propres à seconder ses vues dans chaque Empire* Sans se faire connoitre à eux , il établira une chaîne de communication entre eux et lui. Iklisposera lui-même tous les anneaux de cette ch#i€ ^ d'après le pltia traf:é
DE lImpiété et de l'Anarchie. 3o7
par notre Instituteur comme le grand moyen d'atteindre du sanctuaire où il réside jusqu'aux estrë-* mités de l'univers ; comme celui de notre Ordre la force des armées invisibles , de les faires paroi tre tout- à-coup , de les mettre en action , de les diriger toutes , d'exécuter par elles les révolutions les plus étonnantes, avant même que ceux dont elle abat les trônes n'aient eu le temps de s'en apercevoir.
1 3.^ L'usac^e de la chaîne est aisé ; il ne s'agit que de toucher au premier anneau ; un trait de plume est le ressort qui met tout le reste en actionr; mais le succès dépend du moment. Du fond de son sanctuaire , le Chef de nos adeptes étudiera les temps , préparera les voies: le signal des révolutions ne sera donné que dans ces jours où la force et l'action combinée , subite , instantanée des Frères , sera devenue irrésistible.
Le Général Illuminé qui aura le mieux disposé cette chaîne, qui lui aura donné assez d'étendue, assez ^de force pour entraîner et pour bouleverser à la fois tous les Trônes , tous les Autels, toutes les constitutions religieuses et politiques , et pour ne plus laisser sur la terre que les débris des Empires ; celui-là créera r Homme- Roi j et seul Roij seul Souverain de ses actions comme de ses pensées. C'est à lui qu'est réservée la gloire de consommer la grande révolution , le dernier objet de nos mystères.
Quelqu'évidence que j'aie donnée aux preuves
Îui dévoient snecessivemeut amener mes Lecteurs cette conclusion , il leur en coûtera peut-être encore de croire que Wcishaupt ait porté l'attention jusqu'à imaginer cette chaîne de communications souterraines , qui lui donnent à lui et à ses successeurs, cette {faculté, ce pouvoir invisible de mettre ei^ action les milliers de légions que
Va
3o8 Conspiration des Sophistes
Ton voit, armées de leurs piques , de leurs torches el de leurs haches y sortir en un clin-d'œil de leurs souterrains aux jours marqués pour les révolutions. Qu'on jette donc les yeux sur cette table de progression , tracée par Weishaupt même dans ses lettres à Tadepte Caton Zwach , et tracée de nouveau par lui-même dans ses leçons à Tadeple Gelse-Baaer« Qu'on écoute les explications qu'il leur donne , et qu'on les médite ; la première esi conçue en ces termes :
« £n ce moment, ne m'adressez immédiatement » personne autre que Cortez , afin que j'aie le 3> temps de me livrer à mes spéculatious et de » mettre notre monde à sa place ; car tout dé^ » pend de là. Je m'en i>ais opérer. avec vous, sur 9 la planche suimnte*
JO OJ