‹ Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinismeChapitre 36 sur 61 · I I II · texte numérisé non relu

I I II

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» J'ai immédiatement aa-dessous de moi deux » adeptes à qui je souffle tout mon esprit : cha- » cun de ces deux adeptes correspond à deux au- )> très , ainsi de suite. De catte manière , de la » manière du monde la plus simple , je peux » mettre en mouvement et enflammer des mil^ » liers d'hommes. C'est de cette mime manière » qu'il faut faire arriver les ordres et opérer en « politique. » ( Letir. de Weishaupt à Catoa Zwach, i6Févr. 1782. )

Peu de jours après cette leçon ^ Weishaupt

DE LImPIÉTÉ Et DE l'AnaRCHIÉ. 3ô9

ifcrit à Celse-Bader , et lui dit t « J'ai envoyé à » Caton un modèle , schéma , une planche oU 7> figure , montrant comment on peut méthodi*^ » (fuement et sans' beaucoup de peine , disposer 3» dans le plus bel ordre possible , une grande » multitude d^hommes. Il vous aura sans donte » montré" cela , sinon demandez-le«lui. Voici la » figure* »

Ici en effet Weishaupt ajoute encore la figure de progressions , et continue :

<« L'esprit du premier , du plus ardent du » plus profond des adeptes , se communique » journellement et sans cesse aux deux Aj par » l'un il passe à BB; et par lautre à CCé De ^ ceux-ci, il arrive de la même manière aux huit » suivans ; de ces huit , aux seize; des seize , aux ^ trente-deux ^ ain^i de suite. J'en ai écrit plus au » loi)g à Caton» Bref; chacun a son Aide-Major^ » par lequel il agit médiatement sur tous les » autres* Toute la force Sort du centre et \>ient » de noui^eau s y réunir. Chacun se subordonne ï> en quelque manière , deux hommes qiCil étudie p à fond , quHl obsen^e , qu*il dispose , qu'il 3^ enflamme , quil exerce pour ainsi dire , *i> comme des recrues , afin qu'ensuite ils pussent » exercer et faire feu avec tout le régiment. On » peut rétablir la même chose pour tous les era-^ 9 des. » ( Ecrits orig. t. 2, lett. i3« à Celse,; (a)

(a) Je Sens bien qu'ici encore il faut que je fournisse le texte même de ces lettres » pour qu on voie combien |e sais loin d ajouter aux leçons et aui^ explications de Weisbaupt > voici les termes de sa lettre à Caton : 41 An mich selbst aber s^erweisen sie dermalen noch » keinen unmittelbar ois den Cortez , bis ich schreibe , 3fr damit ich iwiessen speculiren^ und die leute geschickt î> nmgieren kann ; den dayon hcengt ailes ab. Ich werde 1> in dieserfigur mis ihnen operiren. » ( Ici est la figure que l'on voit dans le texte français 1 avec les lettres A

3 ICI Conspiration des Sophistes

II n'en est pas de cette leçon , comme de celle$ qui couloient en quelque sorte maigre Jui , de la plume de Weishaupt , et qu'il laissoit à ses disciples le soin de recueillir pour en faire son Code

B C 9 qui ne sont ajoutées pour Texplication que dans la lettre à Celse. ) « Ich habe zwer unmittelbar unter 4f. mir welchen ich meûien ganzen geist einfiauche , und » ^on diesen zwejren hat wieder jeder zwer ari^ 5^ dere , und sofort. Auf dièse art kann ich auf die » einfachste art tausend menschen in bewegung und ^ flanimen setzen. i> (^ Je n*aî pas osé dire en français, mettre en mouvement, en flamme, des milliers d'hommes. C'est la traduction littérale, elle me semble en allemand plus forte que notre enflammer, ) « Auf eben dièse art muss mon die ordres ertheilen , und im poli-^ tlschen operiren. if ( Ecrits origin. t. 2^ lettre 8 à Caton , 16 février 1782. ) Notez que l'Allemand de Weishaupt n'est pas de la plus grande pureté.

A présent, même vol. lettre i3 h Celse , sans date : « Ich habe an Cato ein schéma geschickt\ wie man

V planmceissig eine grosse rhenge mensphen in der

V schœnstea ordnung. . . • abrichlen kann, .., Es ist dièse )^ forme, »

« Der geist des ersten , wcermsten , und einsichtsvoi^ y>lesten communicirt sich unaufhœrtich und tœglich an ^ AA — A an BB : und das andere an CC— BB , und CG ;> communiciren sich auf die nœmliehe art an die unrt> teren 8. Dièse an die weitere 16 , und, r6 an 52 , und soweiter. An Cato hab ich es weitla-ufiger geschrieben : Kurz ! leder hat zwey fliigel adjutanten , wodurch er mittelbar in ail iibrigewirkt, Im, centro geht aile krast aus , und vereirUgt sich auch wiéder darinn, leder sucht sich in gewisser subordination zwej" mœnner aus , die

V çr ganz studiert , beobachtèt^ abrichtet , anfeuert, und

V so zu sagen , wie rèCruten abrichtet , damit sie de^ 'P reinst mit deiji ga/izen régiment abfeuern und exerci-

V ren kœnnen. Das kann man durch aile grade so ein-* 5> richten, » ( Id. ktt. 1 5. )

iV. B. On nç trouve point duns ks ëcrîts originaux nette plus longue «xpHcaiion «iounée à Catou par Weishaupt , au nioiiis ne Vai-jc^ pas préstnti' ; elle serait sails doute preriense. On le verrait encore mieux toufUer son vsprit et son feu h des njillîcrs d'hommes ; mais daas le IbnU i«s sWmjl ietiretsoDC plus qw «uÛi^aatn pour nos preuve».

DE l'Impiété et de l'Anarchie. 3i i politique. — iLaissez-moi me Iwrer à mes spécu-^ lations et arranger notre monde. --C est ainsi que Von doit com^muniquer les ordres et opérer en po^ litique* Ces paroles nous montrent , non la loi provisoire» mais la loi méditée , réfléchie et fixée j jusqu'à ce qu'il arrive ce temps de soulever et d'en^ . flammer toutes les légions préparées au terrible exercice ; ce temps si expressément annoncé par Weishaupt et ses Hiérophantes , de lier les mains j de subjuguer ^ de /aire Jeu et de i^anda-- User l'univers.

Quand cette loi enfin sera remplie, le Vieux de la Montagne 9 le dernier Spartacus pourra sortir lui-mcme de son sanctuaire ténébreux et se montrer triomphant au grand jour. Il n'existera plus ni Empire ni loi ; Tanathcme prononcé sur les nations et sur leur Dieu , et sur la société et sur ses lois , aura réduit en cendres nos Autels , nos palais et nos villes , nos mouumens des arts et jusqu'à /los chaumières. Le dernier Spartacus contemplant ces ruines et s'entourant de ses Illuminés , pourra leur dire : Venez et célébrons la mémoire de Weishaupt notre Père. Nous avons consommé ses mystères. Des lois qui gouveraoient les honimes , ne laissons plus au monde que les siennes. Si jamais les nations et leur religion el leur société et leur ■

Eroprieté pouvoient renaître , ce Code de Weis- ! aupt les a détruites ; ce Code seul les détruiroit encore.

Il le dira , le dernier Spartacus ; et les Démons aussi sortiront des enfers pour contempler cet oeuvre du Code illuminé , et Satan pourra dire : voilà les hommes devenus ce que je les voulois. Je les chassai d'Ëden ; Weishaupt les chasse de leurs villes , et ne leur laisse plus que les forets. Je leur appris à offenser leur Dieu ; Weishaupt à êu anéantir ^t l'offense et le Dieu. J 'a vois laissé

3l2 C0NSJ>IKATÏ0N DES SOPHISTES

la terre leur rendre encore le prix de leur suetir j Weîshaupt frappe la terre de stérililë. Ils la dëjfirîcheroienl en vain ; le champ qn'ils ont semé ne sera plus à eux. Je leur laissais leurs riches et leurs pauvres , leur inégalité ; Weishaupt leurôte ' à tous le droit de rien avoir ; et pour les rendre tons égaux , il les faits tous brigands. Je pou vois jalouser leurs restes de vertu , de bonheiu* , de grandeur même sous les lois pratecrrices de leurs sociétés , de leur patrie ; Weishaupt maudit leurs lois et leur patrie , et ne leur laisse plus

3 ne le stupidé orgueil , l'ignorance et les mœurs u Sauvage errant , vagabond et abruti. En les rendant coupables , je leur laissois encore le repentir et l'espoir du pardon ; Weishaupt a effacé le crime et le remords ; il ne leur laisse plus que leurs forfaits sans crainte et leurs désastres sans espoir.

En attendant que l'enfer puisse jouir de ce triomphe que lui prépare le Code illuminé, quels succès de la Secte eh sont déjà les funestes présages ? Quelle part a - 1 - elle eue à la révolution 3ui désole déjà tant de contrées, en menace tant 'autres ? Comment engendra - 1 - elle ce fléau , appelé dans nés jours de révolution , de forfaits et d'horreur , les Jacobins ? Quels ont été enOn jusqu'ici les terribles eil'ets de ce Code illuminé , et que peut -on en redouter encore ? c'est ce qui nous reste à dire dans la partie historique de la Secte et les derniers Tolmnes de ces Mémoires.

Fin du Tome troisième.

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