‹ Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinismeChapitre 46 sur 61 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Intrigues et succès de Knigge auprès du Congrès maçonnique ; rapports officiels des Supérieurs de V Ordre ; multitude de Frères Maçons illuminés à cette époque*

i/E toutes les assemblées générales tenues de- Primîcr Duis vingt ans par les Franc-Maçons à Brunswick, ""k^^^"^* a Wisbaden et dans les autres villes d'Allemagne, pourgaaucune encore n'avoit approché de celle de Wil- o?oçr^ helmsbad, soit pour le nombre des Elus, soitMacciaaw pour la variété des Sectes dont elle se composoit. ^^* C'étoient en quelque sorte tous les élémens du chaos maçonnique réunis dans le même antre. Tome IV. H

tï4 €ONiWRATlON DÈS SoPHISTE»

Knigge nous dit lui-même qu'il aroit eu atrssS l'honneur d'être députa par ses anciens confrères ; qu'il auroit pu aussi prendre sa place et assister aux dëlibërations ; mais il prévit tout ce qu'elles ieroient ^ il crut pouvoir servir plus utilement son nouvel lUuniinisme ^ en dirigeant le rôle que le Frère Minas Dittfurt devoit jouer dans Tintérieur de cette assemblée , et en se réservant de l'observer et d'agir au dehors. Son premier plaa d'attaque fut de gagner d^abord ces Maçons Tem-pliet's de la stricte observance , dont il avoit connu tous les secrets et fréquenté les Loges , de s'assurer par eux du plus grand nombre des suffrages. S'il avoit réussi, le code de Weishaupt^ décrété par le Congrès^ devenok font-à-coup celui des Maçons répandus dans tout l'univers ; et des millions de Frères se trouvoient autant d'Illuminé» prêts à sortir de leurs autres ^ aux ordres de leur Chef.

£n traçant cette première attaque , Knfgge a pris soin lui - même d'apprendre à ses lecteur» ce qui changea sa marche : «c J'avoue , nous 31 dit-il y quM me restok toujours un certain » penchant pour mes anciens Frères de la stricte -p observance. J'en avois déjà illuminé nn si » grand nombre , que je me flattoîs de pouvoir » réunir leur système au nôtre. Mon intention » n'étoit pas sans doute de livrer au congrès- » même tous nos papiers , et de nous mettre à y la merci de tous les députés. Je n'y étoîs »» pas autorisé par ceux qui m'envayoieût. Et » nous d^ailleurs , qui n'avions pas en vue y cette puissance que donnent tes grandeurs ^ » /e rang ou les richesses ; nous , qui ne y^ cherchions pas à régner dans Féclat et y aux yeux du public ; nous , dont toute la w constitution étoit d'agir dans le silence et

bE L^ImMÉTÉ Et DE L'ÀNAHCHIÉ* iiS ^ ie secret ; comment serions - nous allé nous «> mettre dans la dépendance d'uii Ordre qui ^ avoil si peu d'unité dans ses systèmes ? i>

«c J'offris cependant mes services ; je les offris % de bouche et par écrit ; j'eus pour toute !» réponse d'envoyer mes papiers ou de le» 3> présenter au Congrès ; que l'on verroit ce » que l'on pourroit en prendre , et ce qu'il i^ faudroit en laisser, r* (^Derniers édlaircissemens de Philon ^ p. 83 j etc* )

Piqué de ce dédain , Knig[ge se crut absous de ses sermens et de tout devoir envers ses anciens confrères^ Ne se flattant plus d'en-^ traîner 4 la fois tous les membres , il résolut de les attaquer* Un à un ^ et de gagnet ensuite tout le corps ^ loge par logea (Ibid.) Il convint avec l'assesseur Minos ^ que désormais tputë leur attention ^ relativement au Congrès ^ se réduiroit à deux objets^ L^un étoit d'empêcher que l'assemblée ne prit aucune résolution contraire aiix intérêts de leur Illuminisme ; l'autre ^ de préparer et de faciliter son entrée dans les Loges \ de s'y prendre si bien que nul Grade , nul Grand-Maître ntéme ne pussent enn pccher les Frères Bavarois d'y dominer , ou de se ménager les nloyens de marier tôt ou tard leui' code illuminé au cdde maçoilniqueé C'étoit là que tenddit toute la mission que Knigge dontioit à son coadepte Minos , en le chargeant de faire décréter par l'Assemblée , ai." une t espèce de réunion de tous les systèmes ma- 9 çonniques^ dans les trois premiers grades, » de manière qu'un Franc - Maçon admis à ces

* trois grades fût reconnu pour Frère légi-

# time dans toutes les Loges , de quelque » classe et dans quelque système qu'il fût d'ailleurs)

• SLé^ que dan$ la Franc-Maçonnerie ordinaire, il

1 1 6 Conspiration des Sophistes

» ne fut jamais fait mention ni des hauts grades » y» ni des chefs inconnus ; 3.^ que tout envoi p d'argent aux Supérieurs maçonniques fut in- » terdit ; 4»^ qu'il fût travaillé à un nouveau a code pour les Frères ; 5.® que toutes les Loges )> eussent le choix de leurs maîtres et de leur » directoire , c'est-à-dire de la principale Loge » à laquelle la leur seroit soumise. »> ( Écrits orîg. t. 2 y rapp. de Philon ; Dimeh ii32, Janç. 1783.)

En donnant à Minos le soin de presser ces articles auprès du Congrès , Philon Knigge au dehors , se réduisit au rôle de Frère Insinuant et Scrutateur. « Je cherchai à savoir , dit -il » toujours lui-mcme dans le rapport de sa mis- » sion aux Âréopagites , et je sus la tournure s> qile les choses prenoient dans l'Assemblée. Je » sus tous les divers systèmes que l'on cherchoit » à rendre dominans. J'établis avec les chefs du » système de ZinnendorCf , un commerce de » lettres que j'entretiens encore. » ( Ce système de Zinnindortr , composé informe des grades Ecossais et Suédois , des Chevaliers du Temple et des Confidens de St. Jean , étoit précisément «ilors le plus généralement suivi en Allemagne. ) « Je scrutai par diverses voies les Com- » missaires des autres classes. J'en vis plusieurs ^ s'ouvrir d'eux-mêmes à moi , me rechercher ^ et me confier leurs secrets, parce qu'ils savoient

V bien que mes motifs étoient dans le bien même

V de la chose et non dans l'intérêt personnel. » — Enfin les députés apprirent , je ne sais trop f> comment , l'existence de notre Itluminî^ne ; » ils vinrent presque tous chez moi , et me » prièrent de les recevoir. Je jugeai a propos » d'exiger d'eux les /étires renversâtes ( de nos )» candidats ) en leur imposant lui silence absolu ;-

DE l1mPIÉTÉ,ET de l'ANARCH*. Il 7

V mais je me gardai bien de leur communiquer » la moindre partie de nos dcrils secrets. Je » ne leur parlai de nos mystères qu'en termes » généraux , pendant tout le temps que dura » le Congrès. » ( Ihîd. )

Cette marche de Knigge , et le soin qu'il avoit de faire entendre que sans doute la Franc -Maçonnerie avoil des mystères de la plus .haute importance , mais que les vrais et les |>rofonds Maçons , seuls en possession de ces mystères , étoient ailleurs que dans le grand Congrès , ajoutèrent à la curiosité et à l'ardeur pour son llluminisme. L'attention de prendre ces lettres rei^ersales , la qualité de candidat , la promesse

Îu'il avoit soin d'exiger en même temps de ces éputés , de n'adhérer à aucune proposition contraire aux intérêts des nouveaux Frères, suffisoient pour le rassurer contre toutes les résolutions à prendre par l'Assemblée. Les dispositions qu'il observa dans ces mêmes députés , étoient d'ailleurs bien faites pour ajouter à son espoir. « Je leur dois la justice , écrit-il encore à son » Aréopage , que je les trouvai , pour la plupart *> cui moins , remplis de la meilleure çolonté ; 3» que si leur conduite n'étoit pas conséquente, ^ c'étoit uniquement Joute d^ avoir été à une » bonne école* ( Ibid. ) J'eus le plaisir de voir , » ajoule-t-il , dans ses derniers éclaircissemens , » p« 85 9 crue si les intentions excellentes qui » avoient réuni tous ces hommes -là , de tous les )► . coins delaFranc-Maçonnerieynéioieni\>aisplus n efficaces y c'est qu'ils ne savoient pas s'accorder » sur les principes. La plupart se montroient 3» tout prêts à suivre tout système, qu'ils jugey> roient pins propre à donner à leur Ordre , y> cette utilité et cette activité » l'objet de tous »^ l^urs vœux. »

Il 6 Conspiration des Sophistes

Quelques ëgards que l'historien ait pu se pre8« crire pour les Frères Maçons , il n'est pas pos^ ^ible de le dissimuler , c'est un terrible tëmoi-f gnage contre eux , que l'idëe donnée ici par Knigge , de leurs ëlus , de leurs adeptes les

Çlus privilégies ; de ceux précisément que les 'rères avoient jugés dignes de les représenter dans la plus solennelle de leurs assemblées. Dans la bouche de Knigge , on sait tout ce que c'est que cette bonne isolante , et tout ce que sont ces intentions excellentes. Elles montrent des hommes à qui il ne manquoit , pour la révo-? lution de toute impiété , de toute désorganisation , que de mieux en connoitre les moyens. Celte vaste Société maçonnique étoit donc , à cette époque au moins , bien infectée dans ses arrière-r inystères ; elle étoit donc dès lors bien miire pour les conspirateurs du eenre de Weishaupt mcme»

Assuré désormais de ses succès , Knigge sembla livrer l'Assemblée à tout le désordre de ses délibérations, Jjt rôle qu'y joua l'illuminé Minos , malgré tputes les imprudences que lui reproche Knigge , n'empccba pps que les principales dis-r positions convenues entre eux ne fussent décrétées par le Congrès. On défendit aux Frères de se traiter mutuellement d'hérétiques ( Verhetzern)^ On convint de ne regarder comme essentiels à la Maçonnerie que ces trois premiers grades ; on nomrna des Commissaires pour la rédaction de quelques réglemens dont l'Asseniblée avoit donné le plan , et pour celle d'un code général, I-«e choix des hauts grades et de leurs systèmes fut abandonné aux Loges. Tout le reste du Congrès se p^ssa en délibérations aussi confuseç et aussi discordantes , que l'on pouvoit l'attendra de 1b variété de ses Sectes. J'ai sous les yeniç {§ lU^muscrit d'un très-savant Maçon , sur çett^

Ms Ll^mirÉ et de l'Anarchie. 119

Assemblée ; il contient autant de plaintes et dé ^ëmisseinens c[ue d'instruction. J'y lis , entre autres , que le Duc Ferdinand de Brunswick fut procumié Graad-Mahre général de la Ma- "çonncrie, et que fort peu de membres le recoa*nurent* JV lis encore qu'on Toulut abroger le système des Maçons Templiers y dont un faux Frère a^t dévoilé la turpitude et les secrets > ^ns un ouvrage intitulé Za Pierre de scandale 9 mais que très-peu de Loges admirent le décret d'abrogation* J'y vois enfin que l'on avoit voulu supprimer les Sectes et les schismes ; que les Sectes et les schismes contiauèrent ; que la confusion redoubla.

Observons cependant que s'il y eut quelque système plus spécialement favorisé dans cette assemblée , ce fut celui des soi-disans Philalètes ^ des avortons de Swedenborg. Les fameux Illuminés de cette classe , ^. • . « ^ Saint-Martin ^ et la Chappe de la Henrière , avoient en efl'et cherché à se lier avec le vainqueur de Crevelt et de Minden ; on veut même que leur nom de Philalètes, et de Che\>aliers bierifaisans eût fait illusion à ce Prince. Forts de sa protection , ils n'épargnèrent rien , et eux et leurs agens , pour triompher à Wilhelmsbad ; ils furent ap«« puyés ; et leur victoire eût infailliblement été complète , sans le grand nombre de députés déjà gagi)és par Knigge. Ainsi le résultat de cette trop fameuse assemblée 9 devoit être d'avoir livré les Loges maçonniques » et avec elles , tous les Empires de rEurope^aux machinations des deux espèces d'IUtiiQiQés » les plus monstrueuses dans leurs systèmes , les plus ardentes dans leur xèle^ les plus nrtiticieuses dans leurs moyens , les plus désorgaiiisatrices et les plus impies dans leurs conspirations contre la Religion et la société*

^ Je ne sais à laquelle de ces deux Sectes avoit été inkië le Comte de Vineux ; mais Tune et l'autre pouvoient également lui suggérer la ma- ^L A. .^-^^ nière dont il expiimoit tout ce résultat du Congrès maçonnique. De retour à Paris , félicité sur les admirables secrets qu'il étoit censé apporter de sa députation , pressé par les saillies de M. le Comte de Gilliers , qui dans les Franc-Maçons n'avoit encore vu que des hommes dontresprit et le bon sens ont droit de se jouer. Je ne wus dirai pas les secrets que j'apporte , répondit enfin le Comte de Virieux , mais ce que je crois poui^oir cous dire , c^est que tout ceci est plus sérieux que cous ne pensez ; cest qu'il se trame une conspiration si bien ourdie et si profonde , qu'il sera bien difficile et à la Religion et aux Gouuernemens de ne pas suc-comber. — Heureusement pour lui , ajoutott .M. le Comte de Gilliers, en rapportant ce fait, .M. de Virieux avoit un très -grand fond de probité et de droiture. Ce qu'il avoit appris dans sa députation , lui inspira tant d'horreur pour ces mystères , qu'il y renonça absolument et .devint un homme très«- religieux. C'est à cela même que nous devons le zèle qu'il montra dans la suite contre les Jacobins.

Malheureusement pour les Empires et la Religion , il s'en fallut bien que les mêmes complots mspirassent la même horreur à tous les Députés maçonniques. Leur congrès terminé , Philon se hâta de recueillir les fruits de ses intrigues. Us surpassèrent en quelque sorte son espoir. A l'issue de l'assemblée , tous ces Députés accoururent chez lui solliciter l'admission à ses mystères. De pareils candidats pouvoient se passer des longues épreuves de ses Novices et de ses Loges minervales ; avec eux il falloit comrir aux mystères.

DB l'Impiété et de l'Anarchie. 121 Il les initia aux grades d'Epople et de Ragent ; et tous , assure-t-ii, les reçurent avec eniliousiasiue. Die hœheren graden wurden mit enilui" siasmus Qufgenommen* « Tous furent enchantés » de nos grades d'Epopte et de Régent ; tous fui> rent extasiés de ces chef- d^œu^es ; car c'est » ainsi qu'ils appeioient ces grades. Deux seuleo ment nie fnent de légères observations sur » quelques expressions , que Ton peut aisément. » changer suivant les circonstances locales ( et » sur-tout dans les pays catholiques. ) ledermann » War zufrieden — meine leute Waren entzûckt » ûber dièse meisterstucke. » ( Derniers éclairciss. Toy. p. 1 23 et 32 ; Ecrits orig. lett. 1 de Philou à Galon , etc. )

Si je ne craignois pas d'accabler d'élonnement et de douleur les Franc-Maçons honnêtes , je les conjurerois ici de peser un instant ces paroles : Tous furent enchantés; tous dans V enthousiasme! Elus et Rose - Croix , Frères Templiers , Frères de ZinnendorfT, et Frères de S. Jean , Chevaliers du Soleil j et Chevaliers Kadosh, philosophes parfaits ; tous écoutent , reçoivent avec admiration les oracles de l'Epopte Hiérophante , rendant à leur clarté primitive les antiques mystères , montrant dans leur Hyram , leur Mac-Benac, et leur Pierre polie , toute l'histoire de cette liberté et de cette égalité primitives , toute cette morale

2UÎ n'est pas autre chose que l'art de se passer de rince 9 de Gouvernement, de Religion et de propriété ! De retour dans tous les Orients , répandus désormais dans tous vos Directoires maçonniques, dans toutes nos Provinces , tous vont y rapporter dans vos Loges, ces complots primitifs appelés désormais vos mystères. Sortez donc de ces antres ; et dans ceux que vous piites honorer é» YOtre confiance , apprenez donc enfin à cou-

iaa Conspiration des Sophistes itoltre de grands conspirateurs qni se jouent de TOUS comme ils chercnent à se jouer un jour de toutes les Puissances. Apprenez donc en6n; à voir dans ces prétendus Frères une bande de con* }urës , à qui il ne manquoit depuis long - temps que le génie de Weishaupt pour les forfaits ae nos révolutions.

A dater de l'instant où tous ces Députés maçonniques furent illuminés , les progrès de la Secte Bava: oi e deviennent menaçans ; et ils sont si ra-

Eides que bientôt Tunivers sera rempli de conjurés. »eur centre désormais est à Francfort auprès de Knigge , du moins quant à l'activité. Knigge compte bientôt jusqu'à cinq cents adeptes illuminés par lui , et presque tous choisis dans l'antre maçonnique. ( Ecrits orig. /. 2 , lett. de Philon à Catotu ) Autour de lui bientôt les I^ges se multiplient ; la Franconie , la Souabe , les Cercles du Haut et du Bas-Rhin, la Westphalie, ont leurs Epoptes et leurs écoles minervales presque dans chaque ville.

Celle de Vienne et celle de Berlin , annoncent presque immédiatement que l'Autriche et la Prusse s'infectent de tout l'Illuminisme. Le Tirol l'est déjà , et le même Apôtre le porte en Italie. Au Nord , d'autres adeptes travaillent les Loges de Bruxelles et celles de Hollande ; d'autres encore se disposent à porter les mystères de Weishaupt en Angleterre ; ils sont déjà en Lwonie ; des traités se préparent pour leur donner toute la force des C(»nfédérations en Pologne. Si les jours de la France n'arrivent pas encore , c'est qu'il est sur elle des desseins plus profonds. Son temps arrivera , et l'IEurope saura enfin pourquoi il se diffère. Mais je dois à l'histoire ses démonstrations ; et pour cela c'est peu d'avoir produit le code de Weishaupt , il faut aussi que je montre

DE l'Impiété et de l'Anarchie. i ^3 Ui Secte s'éteiidant, propageant de TOiient à TOci^ cident y et du Nord au Midi , ses conspiration^ icomme ses mystères ; et acquérant par-^tout cette multitude de pras dont elle ayoit besoin pour nos révolutions ; jç ne quitte donc pas ses propres annales* Elles sont mutilées , mais elles sont toujours menaçantes, toujours démonstratives.

Il p'y avoît pas encore un an que le Congrès* de 'Wilbelmsbad étoit terminé , et dès lors cinq provinces organisées d'après toutes les lois de Spartacus , sous la direction générale de Knigge » étoient en pleine correspondance avec l'Aréopage illuminé. ( Ecrits orig. lett* 3 de Philon à Weis-^ haupt , tom. 2. ) Pendant la durée même de ce Congrès , déjà se voient dans les Ecrits originanx^ non plus simplement des lettres isolées sur les progrès de quelques candidats, mais des rapports oQiciels et des comptes rendus par les Provinciaux, sur rélat général de leurs Provinces , sur les progrès de leurs Novices , de leurs Initiés et de leurs Emissaires. Parcourons ces rapports ; il rvesl point de mopumens pliis authentiques ; j'eus peut-être mieux fait de les traduire , je les abrégerai , et ils auront encore toute la force de* J'évidence,

Le premier de ces comptes rendus , est celui oftlaeiT d'un adepte dont 1^ nom de guerre est ifcfa/ro- «i.* p">met {a)p Ce Provincial d'un nouveau genre est J]u"[,-„"^ le Baron de Schrocheinslein , celui même que ivovjnc» Weishaupt , dès la première année de son Illu- noni^' minisme , enrôloit Ix Eischstadt , et qu'il mettoit

(a) Ce rapport est du mois de Chardad i iSa, c*est-àà\rç^ de Juiu 1782 ; il est par conséquent antérieur à 1» çlMure du Congrèâ maçonnique. Mahomet n'en est pa» inoins en relation directe a\ea Pliilon Knigf^e ; car ;oi|. yoit celui-ci adresser au Provincial des novices à iuiti.e|r« ( Ecrits orîg, rapport de pjUlon. )

au nombre de ces aristocrates insensés qui de* voient mordre à Vhameçon. Ce Baron y a si bien mordu que le voilà , au bout de six ans , un des grands Chefs des conjurés. Dans la Géographie mj^stérieuse de la Secte , la Province qu'il administre pour Weishaupt est appelée Pannonie ; ses Districts sont la Morée et le Latium ; les I^ges

3u'il inspecte , sont dans les villes à^O/ympie , e Damiète > de Tibur , à'HispaUs , de Damas y de Sichem , de Nicomédie et de Surenté. Je le vois résider à Ëichstadt et prévenir ses Âréopagites que le nom de Surente est celui qu'il donne à sa nouvelle colonie de Mompelgard , qu'il croit faire partie du Duché de Wurtemberg , et devoir pour cela être comprise dans son District du Latimn. Les Ecrits originaux m'apprennent de plus , que Nicomédie , dans le dictionnaire de la Secte , est la ville ^Augsbourg. J'en conclus que les Loges inspectées par cet adepte sont autant de conquêtes de l'Iliuminisme , partie en Bavière et partie en Souabe.

Dans ce rapport , se trouvent bien des preuves du zèle que le Provincial met à la propagation dé son Ordre. On le voit menacer deux élèves d'une prompte exécution , s'ils ne se montrent, plus actifs ; et distinguer par des promotions ceux qui excellent dans le personnage d'enrôleur. Comme preuve du soin avec lequel il peint ses inférieurs , et des précautions qu'il sait prendre suivant leur caractère , lisons au moins le compte qu'il rend des Frères d!OlYmpie qu'il vient de visiter. « J'ai appris , écrit - il j à connoUre » le Frère Zenon ; je n'ai point trouvé en lui un » penseur , bien moins encore un scrutateur. » — Il n'aime point à -s'occuper des choses qu'il » croit supérieures à l'esprit humain ; aussi se » contentera-t-il du Grade minervah mais il pro"

»E l'Impiété et de l'Anarchie. i25

* met de nous enrôler toujours de bons Novices. » — Crantor a plus d'araeur ; je l'ai moi-mcme » initié à TEcoIe minervale ; on devine combien » il est mécontent de toute sa 'science, et corn- » bien tout son esprit Tinquiète, quand on le voit » lâché de ce que son père lui apprit à écrire* » — Speusippe étoit malade ; les autres sont eny» core jeunes , mais pleins d'ardeur. — Celle co- » lonie est encore foible. — Dans vos lettres à » Zenon , soyez sur vos gardes. Il w!a dit qu'il » ne wudroit pas loger avec un homme qui doua teroit de Vimmortalité de Vame. — Tous ces » Frères tiennent leurs séances régulièrement ; » cependant ils n'osent pas ici engager leur monde 3» sous le nom de Franc-Maçons; ils aiment mieux j» le faire sous l'apparence d'une société littéraire, » et je le leur ai permis sans peine* »

Dans cette ville du Laiium ou du Duché de Wurtemberg , que Mahomet appelle Damiète , il est une Académie, un Collège pour les jeunes gens ; un de leurs Professeurs est Tadepte Pirrhon , dont le Provincial ne peut assez louer Yhonnêteté et Vactivité. La preuve remarquable de cette honnêteté est l'institution suivante. « Par le soin de » ce Frère , dîi ici Mahomet ^ toute l'Académie » de cette ville devient pour nous une vraie pé- » pinière ; einepfianzschulefiiruns. Pylhagoras >» Drexl est le Supérieur inconnu de Y Assemblée » composée des jeunes élèves ^ tous de familles :> très-nobles. Il a , poqr les conduire et les for- » mer , im Supérieur apparent , choisi parmi ces » jeunes gens même. On n'exige point d'eux de

• Jettres reversâtes ; on les entretient simplement » dam l'espoir que , s'ils sont fidèles aux leçons n qu'on leur donne , ils seront admis dans un » Ordre composé de ce qu'il y a de mieux parmi » les hommes. »

md C0NS!»IRAtï0N DES SoPhlSTÉ^

De peur que ces leçons données aux en{aiii dans le petit Collège souterraiil , ne soient perdues pour ceux qu'on élève à la Cour, Tadeptc? Epiménide y de son vrai nom Falk , Conseiller Aulide et Bourgmestre d'Hanovre , a eu soin d'illuminer le sous-précepteur d'un jenne Prince désigné si simplement par les lettres initiales de l'H. •• ^ Eu apprenant cette nouvelle aux Aréopagites , le Mahomet Provincial leur fait savoir de plus que Machiavel ^ un de ses émissaires , envoie déjà les noms de tous les honnêtes gens avec qui il vient de faire connoissance en Suisse ^ et que les choses n'iront pas mal dans ce pays-là y pourvu que Piiilon Knigge échaufi'e un peu k zèle de TApôtre Helvétique»

Sccofid A ce rapport otiiciel succède celui de Minos 5ir»r' — Dittfurl Tassesseur. Celui-ci est encore un rrDviftl Baron. Pour le dédommager du rôle qu'il a joué iacic a ^ Wilhelmsbad , Knigge Ta fait Provincial on L^aîc. Supérieur des Frcre$ de la Vetteravie , et sans doute aussi d'une partie de la Westphalie. Son arrondissement a deux Districts aussi , la Dacie et la Lydie* Suniiargé d'afiaires , et plus occupé de celles de riUuniinisme que de celles de l'Empire y il se contente potu le moment d'un compte fort succinct ; il nomme simplement une douzaine de Frères , parmi lesquels quatre Novices; parmi lesquels sur-tout le Frère Benthariih , qu'il destine à élever une école minervale dans Bensabém £n attendant qu'il puisse donner d'autres détails^ il y supplée par son plan sur les Sœurs illuminiesy qu'il se promet de meure sous la direction d'un U'oisième Baron , assesseur comme lui de la chambre Impériale. Vers le mén^e temps , ( Merdemeh 1 [52 ^ ^022^ 1 762 ) les rapports de Knigge nous montrent ce Minos en commerce de lettres avec le docteiu* Stark ^ pour arriver à. la conquête, du

DE lImPIÉTÉ et de l'AnARCHTE, laff

Landgrave de Hesse - Darmstadt , par celle du grand aumônier. On ne voit point le Provincial assesseur rendre compte de sa négociation ; mais Knigge semble en prévoir le succès , lorsqu'il dk aux Ârëopagites : « Je suis charmé que te Frère » Minos ait entrepris un commerce de lettres » avec le docteur Stark ; cela lui apprendra , » que pour traiter avec un homme d'esprit, il faut » en avoir soi-même. » Quoiqu'il ne semble pas en accorder beaucoup à ce Provincial, KDigge ne laisse pas d'en attendre de bien grands services j sur-tout si Von pouimt réussir à tempérer son zèle^

Sous le nom ^Epictète , le troisième rapport ^7 «Il officiel est celui de l'adepte Provincial ^ Albanie^ p<»tcelui du même Frère que bientôt Knigge montre provi^c»! dans sa préfecHure de la Paphlagonie ou du Pa-- d'Aibaiaiinat, fondant la Loge de Manlieim qu'il ap- ^^' pelle Surinam , et celle de Frankenrthal qu'il bap* tise Parmaribo. V Albanie alors semble passer sous l'inspection d'un nouveau Provincial. Quoi qu'il en soit , cet Epiclète , ici Provincial d'-^/hanie , est un adepte élevé plus spécialement par ^Veishaupt même, dans l'art des Frères Insi-> nnans ; sous son vrai nom c'est Miegj Conseiller et ministre Protestant dlledelberg , où il réside habituellement.' Tout ce qu'oapeut attendre d'un pareil éïève , se conçoit par l'éloge qu'en faic \Veishanpt en écrivant à Celse : « N'oubliez pas n de faire à Munich tout ce que vous- pourrez w pom* notre Êpictète. C'est à peu près le meil» 9 leur de nos adeptes. Il est un peu trop ardent ^ y» du reste incomparable. Il a déjà mis presque » tout le Palatinat sous la puissance de noire p Ordre. Pas la plus petite ville dans laquelle il » n'ait au moins un ou deux adeptes — hat er die V ganze Pfaltz uuter dos commando des Qfs

i29 Conspiration des Sophistes

û ( ordens ) gehracht. In ledem landsiadlohen

• sind ein odcr zwey» » ( Ecrits orig. t. 2 , \bVU t3,ûn« 1782.) Cette lettre , étant de la même année que le rapport ofiiciel, dispense des détails. Dans le nombre des Frères dont Epictète rend compte 9 il en est cependatit quelques - uns qui méritent une attention spéciale. Tel est d'abord ce Diodore , Illuminé ntipeur , ou plutôt 111lumlné B. E. qui , dans une Université Catho-* lique, et jusqu'à ce moment Catholique luimême, n'a pas cru pouvoir donner aux Frères de plus {Scande preuve de son zèle poiu- nihunînisme , qu'en voulant soutenir des thèses protestantes , sous un prétexte qui ne montie ni un Catholique ui un Protestant , mais bien un homme qui ne voit dans toute religion qu'une afl'aire de jiolitique. Tonte la raison qu'il allègue estqnele Collège des Comtes de Wesfphalie est un Collège protestant. — Tel est ensuite le Frère Ertiste^ du même grade , consultant sûr la meilleure manière de s'y prendre pour il luminiser U instituteur d'un enfant du Prince de Deux-Ponts , et élever le jeune Prince dans l'esprit de l'Ordre. — Tel est sur-tout le Frère Pic de la Mirandole , c'està-dire, un certain Brunner , Prêtre à Tiefenbaok y dans TEvcché de Spire. « Celui-ci , dit son Pro- » vincial , est encore Novice , mais plein d'atta-

* chement pour l'Ordre, Le 10 Septembre, il a » soutenu ses thèses théologiques en dépit des ex- » Jésuites. Dans son quihus licet , il prie V Ordre » de pourvoir à ce que la forteresse de Phi^ » lisbourg , abandonnée par les Autrichiens 5 » ne tombe pas entre les mains d'un officier j> déçot , qui en demande le commandement ^ » mais entre celles d'u« autre officier (p^s mérî- A tnnl sans doute ) qui aspire à la mêm^plac«« • Ce: novice iUuixiiné., faisant déjà tant d'attention

aux

fiB lImpiéTé et de l'Anarchie. ii§ wxx forteresses , reparohra dans ces mëmoires avec les Frères de Mayence , conspirant et livrant avec eux celle vitlè aux Jacobins.

Le quatrième rapport officiel est de Tadepte ^^PP?^ Agis. Ccliii-ci ne prend point le titre de Provin- KjMjliw. dal; il en fait seulement les fonctions en ce mo*ment , pour soulager du poids de ses travaux Tàdepte Albéroni , c'est-à-dire , un certain Ê.hurz betreu , d'abord Juif , et ensuite se faisant Chré*- c . tien pour devenir Conseiller Àulique du Prince 3eTîeuwIed, et Provincial illuminé. Agis lui-même est un nommé Krœber ^ gouverneur des enfans du Comte de Stolberg. Nos mémoires le montrent arrivant dans la suite à l'éducation du jeune Prince , aux bonnes grâces de la Princesse de Neuwied y troublant dans cette Cour la paix domestique , et connu enfin en Allemagne soui( un nom qui expose à bien des commentaires l'hon-* «eur de son auguste protectrice. Les nouvelles qu'il donne aux Aréopagites sont , qu'à Aix^la-» Chapelle le Baron de Witte devient plus zélé qu'on ne s'y attendoit; qu'il a pris sur lui d'illumi^^ hiser dans cette ville sa Loge Maçonnique, et que d'après ses lettres on pourroit en espérer autant de» Maçons de Bruxelles. ~ Le Frère Agis demande si l'on juge à propos qu'il entre lui-même en cor^ respondance avec ces fous de la cabale hermé-^ tique* — Avant que de leur dire les secrets de rOrdre , il voudroit que l'on se présentât simple- Bient comme initiés aux leurs.. Il avoue ne pas entendre lui-même les systèmes de tout ce monde-* là ; il demande des leçons qui le mettent un pea plus an fait, crainte de se trahir auprès des Franc-* Maçons qu'il méprise souverainement^ mais dont il faut entendre le jargon £our les gagner à l'Ordre. Ces instructions lui sont d'autant plus nécessaires , qu'un Frère du district vient encore loi Tome IV. I

l3o GOKSmATION DES SOPfOSTES

demander la permission de montrer qudqnes-nnef de ses lettres an Vënërable delà Loge Maçonnique à' Iris , pour ne faire qu'un coup de filel du Séné^ rable et de la Ix>ge.

Par ces mêmes dépêches le Frère Agis recommande à la protection des Aréopagites Tadepte Archeîa&s , connu d'ailleurs sous son vrai nom de Barres , ci-devant Major au service de France^ actuellement mettant toute sa confiance dans le crédit de l'Ordre pour obtenir une place dans quelque Cour d'Allemagne, et unir la Croix dit mérite à celle de France , avec le titre de Major è la suite. « Il m'est venu en tête , ajoute ici » Agis y que l'Ambassadeur Ch--^ ëtoit des nôtres ; % qu'il avoit une grande influence sur-— (la Cour » ou les Ministres ) ainsi je n'ai pas refuse nos » services^ Si nous réussissons dans cette affaire , if> le bruit de notre puissance se fortifiera d'au* ^ tant. Il n'e^t presque point de semaine ou cette » opinion ne nous vaille des hommes qui viennent yi soHtciter notre crédit auprès des Cours de Very> sailles ^ de Yietme et de Berlin. C'est & mourir > de rire* Cependant nous nous gardons bien de »» renvoyer ces gens*l& sans espoir ; nous disons » seulement que nous n'aimons pas à nous rendre 9 chaque jour importuns auprès de ces Cours. »

A côté de cet article se trouve une note map« ginale de la main de Knigge , et portant ; Qui peste lui a mis dans la tête cette fable de notre toute-puissance ! Celui qui a fait la note poutoil faire aussi la réponse. Car on le voit dès lors , et même avant cette époque , ne rien épargner pour donner aux Frères une haute idée du pouvoir de son Illurainisme , et se flatter d'avoir , a force de mettre son monde en mouvement y obtenu pour les adeptes des places d'honneur ^ des bénéfices y des digniêés , 4fu'il distribuoit au nom des Supé-

DE lImï^IÉTË tr t)£ L^ÂKARCHÎË. iSt

Heurs inconnus , qui nesistoient pas même en^ core* Quand ces Supérieurs existent y on lo voit précisément faire tout comme Agis ; obtenir d'un Comte adepte la nomination de Chancelier direct teur y aux appointemens de douze cents florins , envoyer les pancartes à son candidat Wundty Conseiller ecclésiastique à Heidelberg ; et pour faire connoltre à ce candidat la puissance des Frères , lui écrire que COrdve Va fait nommer cL cette dignités ( Voyez derniers éclairciss. p. ^5 , Ecrits origin. t. 2 , p« 202. )

I/article sur lequel Knigge avoit fait sa note ^ est immédiatement suivi a un fait qui prouveroit d'ailleurs assez bien j et le crédit que \t$ Illuminés avoient déjà dans certaines Cours y et Tusage qu^ils savoient en faire pour la propagation ae leurs mystères» « Cette semaine -ci, continue » Agis , nous allons recevoir un Ecclésiastique » Luthérien qui, par ses tours d^ adresse , a fait » pour la conmaunauté ( ou Loge ) de ce lieu y » une collecte de neuf mille florins. Aussitôt la » paix faite , il doit partir pour Londres , muni » d'une foule de lettres de recommandation. Le n Pr. -* F. — D. B. — ( en marge de mon exem^ ^ plaire , je trouve écrit par un homme bien ins-* n truit de toute cette histoire , ce que Ton devine 9 d^ailleurs assez aisément , le Prince Ferdinand » de Brunswick) , oncle du Duc régnant, lui a » promis de l'appuyer de tout son poui^oir. Pr^ n ^ F. ^ y.B. '^ hat ihm aile unterstûtzung » çersprocken. Nous voulons aussi remployer » dans ce pays-là pour notre Ordre. Il faut qu'il * m uminise finement les Anglais. — Une grande 9 perruque hollandaise , un visage maigre et blême, » de ffrands yeux largement ouverts , une imagi- 9 nation féconde , une connoissance des hommes, » acquise enroulant le monde pendant deux suis ^

t32 Conspiration des Sophistes » sous le costumé d'un mendiaut. — Ne croyer-r n VOUS pas qu avec cela notre homme va faire * des' merveilles ? — Nous allons le styler cet » hiver , comme les Hernutes , leurs apôtres. »

L'adepte que dépeint si bien Agis-Krœber , et sur lequel il fonde tout cet espoir pour la conquête de l'Angleterre à rilluminisme , n'est point ici appelé par son nom de guerre ; une note marginale sur mon exemplaire m'apprend que son vrai nom est Rœntgen , et qu'il est Hollandais Protestant de Peikam , dans la Frise orientale. Gnqniè- Le cinquième rapport ofEciel se trouve mutilé^ BBC rap- et sans nom du Provincial. Tel qu'il existe encore^ ^ûli^i îl nous montre au moins en partie l'élat de la Pays de. scctc ct ses progrès , pendant les trois derniers Cologne, mois de 1 782 , dans les Electorats de Trèi^es et de Cologne^ appelés ici le Picinum ou Picentin* A cette époque , l'adepte Provincial s'applaudit de la considération que les Franc-Maçons acquièrent dans soti district y depuis que leurs* Loges* sont Illuminées. « Ici , dit-il , jadis un Franc-Maçon » étoit un objet de raillerie ; aujourd'hui on re- » garde avec pitié celui qui ne Test pas. Chacun * accourt à nous , et les profanes soupirent après » leur initiation. — Chacun vient se jeter sous la » protection d'un Ordre qui a tant de puissarice. ^ Une preuve de cette puissance qu'on ne s'attendoil pas à trouver dans ces archivés , c'est la disgrâce et l'exil de M. l'Abbé Beck, que le Prince Clément de Saxe , Electeur de Trêves , avoit jusques alors honoré de sa confiance. Je n'ai point l'honneur de connoître ce vénérable Ecclésiastique ; mais il me souvient d'avoir vu dans Paris ses vertueux amis augurer très-mal de sa disgrâce* Je ne m'attendois pas alors à le voir si bien vengé par le compte qu'en rend le Provincial illuminé , eu écrivant à ses confrères : « Le fameux bour-*

DB lImpiété et »E L'ÂNARCraE. 1 33 1» reau de conscience de l'Electeur , TAbbë B* a :^ enfin reçu son congé et l'ordre d'évacuer le p pays. Depuis que l'Electeur avoit ce Jésuite (a) » à son service , il s'étoit déclaré Tennemi des » Franc-Maçons et de tout ce qui tend en général » à éclairer les hommes ; à présent que le Jésuite y* n'y est plus , nous wons le plus grand espoir » d'opérer rîchemerU dans Trèt^es et dans CÈlec- » tarât. »> Que son Altesse Electorale dont la vertu , lapiété sont d'ailleurs si connues , doit avoir été indignée , en trouvant dans ce compte rendu la vraie source des insinuations , dont un de ses plus dévoués serviteurs avoit été victime , et de voir sur-tout le parti que ses vrais ennemis , comme ceux de toutes les Puissances , se flattoieat de tirer d'une illusion toute due très-vraisemblablement à leurs manœuvres.

Nouvelle preuve encore de cette puissance que l'Ordre illiuniné commençoit dès lors à acquérir dans les Cours d'Allemagne. Sous le titre Loge de Pinna , dans le dictionnaire de la secte désignant Hachenbourg j le Provincial illuminé annonce d'abord rinauguration du Docteur Voglerj médecin à la Cour du Comte de Kirchenherg , et ensuite il ajoute : « Ici les affaires de l'Ordre vont à mer- » veille; le Comte nest entouré que d Illuminés. » Secrétaire intime , Médecin , Pasteur , Con- >> seillers , tout est à nous* — hesfas^oris dw » Prince sont nos adeptes les plus zélés , et nous p ai^nspris nos précautions pour Favenir* Que » V Ordre s'établisse aussi bien par-tout , et le p monde est à nous. «

Ce vœu du Provincial illuminé seroit bientôt rempli , si les adeptes étoient par-tout aussi zélés

(a) "Ce mot Ae Jésuite parmi les Illumines ne si^iiifi« Soi, comme dans cent endroits , qu'un homme ennemi de ieurf prUkciped j car l'Ahbé JSecA ne fut jamais Jé&uito.

^â4 Conspiration des Sophistes

que ceux dont il rend compte pour ses Préfectures du Picînum et de la Dacie. Il en est uq &ur*tout qui , dans trois mois seulement , a donné à rOrdre treize Novices ; et parmi ces Novices il n'est pas inutile d'observer que onze ëtoient déjà Franc-Maçons : parmi ces Novices il est sur^tout deux Curés Luthériens , que les Frères désignent sous les noms d*Ai^roës et de Théognis^ Le premier a montré tant de zèle , tant d'activité et d'intelligence , les principes de l'Ordre semblent si bien innés dans son cœur , que les Supérieurs se hâtent de l'avancer aux plus nauts grades ponr l'admettre dans leur conseil et pour se décharger sur lui d'une partie de leurs travaux^ Le second ^ Théognis , de son vrai nom Fischer , est arrivé , par les intrigues de l'adepte Pausanias , à la Curé de Wolsbriick en Autriche , et près de Lintz; Bans le rapport de Knigge aux Aréopagites^ je lis sur cet adepte la note suivante :

(c Lors de sa promotion à sa Cure , Théognii » a reçu de TEvêque de K. • , une lettre dont » les principes semblent copiés de notre Code, » Le Prélat y parle d'un projet secret de réj> forme , et prie Théognis de ne montrer son » épître à personne. Nos Frères de cette coi» lonie sont fortement persuadés que cet Evêque » est un des adeptes , et que c'est là ce qui â » valu son Bénélice à Théognis ; aussi travailî> lent-ils avec une nouvelle ardeur, »

Pourquoi l'éditeur des écrits originaux s'est-îl contente de désigner cet Evcque par une simple lettre initiale ? Les Evangélistes ont bien nommé JudaS'Iscariotes en toutes lettres ; pourquoi ne

Sas nommer le Prélat Hœslein , Vice-président u Conseil spirituel de Munich , devenu Mon-» seigneur l'Evéque de Kherson pour l'Eglise » et devenu eqsuile le Frère Philon de StyMas pour

DE lImPIÉTÉ et de t'ÂNARCHIB l3$

Weishaupt. Âvee un peu moins ()e respect pour ces hommes , qui en ont si peu eux-mêmes pour leur dignité « le soupçon tomberoit sur celuj qui le mérite , e{ Ton sauroit quel est l'homme qui 9 sous la mitre ^ doit le premier trouver son nom dans la liste des conjurés contre le Christ*

Avant que de donner cette liste , je dirai Bapportf quelque chose des derniers rapports officiels que ^ de^ nous fournissent les aimales de la Secte. Ceux-ci Kjtigge. $ont faits par Kni£[ge même, en date de Juillet , Août i 782 , et de Janvier suivant. ( Thirmeh , Merdedmeh , Dimeh 1 1 52. ) On y voit que les soins de sa mission à Wilhelmsbad ne Tem* Déchoient pas de surveiller tous ces Supérieurs Provinciaux , dont je viens d'extraire les comptes rendus. C'est à lui d'abord que s'adressoient tous leurs rapports , il les faisoit passer aux Aréo^ pagites , en y ajoutant les réflexions que lui suggéroit son zèle pour la propagation de la Secte» Ce qu'il blânloit sur-tout dans \e& travaux de seé inférieurs , c^étoit un défaut d'ordre ; c'étoit une marche irrégulière , qui lui sembloit rendre les succès moins prompts , moins assurés qu'il n'eût voulu. Aussi écrivoit-il à son Sénat : k Je » ne saurois assez le répéter ; c'est lorsque nous ^ aurons organisé tout le corps , lorsque chaque » Province aura son Provincial , et chaque Ins-* » pecteur trois Provinces ; c'est lorsque nous 1> aurons établi à Rome , ( c'est-à-dire suivant p la Géographie de la Secte , à Vienne en » Autriche ) notre direction nationale ; c'est » encore lorsque nos Aréopagites , débarrassés p de tous les détails ennuyeux , et par-là certains !!^ de rester inconnus , n'auront plus que 1 en- 3> semble à inspecter, le système à perfectionner, i> la propagation dans les autres pays à favoriser; 9 c'est lorsqu'ils pourront à propos assister U

k36 Conspiration dis Sophistes ' » classe des Frères dirigeans ; c'est alors sea-' » lement , et pas avant , que nous viendrons y à bout de quelque chose. »

A la suite de ces leçons y et sous le titre France , on lit : « Ici je ne conseille pas encore n de rien entreprendre , avant que je sois dé- » barrasse de la multitude d'aiiaires dont je n suis surchargé. J'abandonne même , pour un » temps , les projets sur FAlsace et la lorraine. » £n attendant que le jour de ces projets arrive y Knigge passe en revue les comptes que lui rendent ses Provinciaux ; ii ajoute au nombre de leurs Novices ceux qu'il a faits lui-même. Ce qui l'occupe plus spécialement , ce sont ces mesures ultérieures pour consommer l'acquisition des Loges maçonniques ; c'est cette grande intrusion qui doit donner à son Aréopage les millions de bras que ces Loges contiennent , et les appliquer tous à la révolution de son Illuminisme.

A l'époque de son dernier rapport officiel , c'est-à-dire en Janvier 1783 , elle éloit déjà bien avancée cette grande intrusion , et "Weisaupht lui devoit toute cette multitude d'adeptes, qui déjà étendoient sa conspiration sur toute TAIlemagne. Que Ton jette un coup-d'œil sur la carte de l'Empire et sur celles des Loges déjà illuminées ; dans la nomenclature géogra«phique de la Secte , il est bien des villes dont le vrai nom est resté pour nous un mystère ; chacun de ces noms désigne au moins une Loge illuminée , une ville où se sont ér^lis les conjurés : et dès lors reste-t-il un canton d'Allemagne où la Secte n'ait pas déjà percé. Tenonsnous-en aux villes que dévoilent , malgré eux , ou les écrits des grands adeptes , ou leur résidence habituelle ; quelle alliance redoutable Ja'ont-ils pas déjà formée ? Le premier de tous

DE l'Impiété et de l'Anarchie. i3j les Provinciaux , immédiattïnient sous les ordres ' de Weîshaupt , a sous lui , dans la Bavière seulement , les Loges de Munich , de Ralis^ bonne , de Landsberg , de Burghausen , de Straubing , et de Frcysingen. Dans les Cercles de Francouie et de Souabe , le Baroi) Mahomet • ' -^ préside an moins à celle à'Eichstadt où il réside habituellement , à celle de Bamberg , de Nu^ remberg , à'Augsbourg , de Mœmpelgard , 4 celles du Duché de Wurtemberg. Dans les Cercles du Rhin , dans le Palatiuat , la Secte a au moins Deux-Ponts , Manheim , Fran^ kenlhal , Heidelberg , Spire , Worms et Francr fort-sur^le-Mein. Avec leurs capitales , elle a les Electorals de Mayence , de Trèi^es , de Cologne. Dans le Cercle dHanovre , elle a encore les Loges à!Hanoi>re même , de Got^ iingue , de Wettlar ; en Westphalie , au moins celles à* Aix-la-Chapelle , de Neuwied , d'^chembourg ; en haute et basse Saxe , celles de Kiel , de Brème , de Brunswick , de Gotlm , à'Iéna. Ses grands adeptes , Nicolaï et Ixuch^ sering , rétablissement à Berlin ; et Tadepte Brutus nous montre déjà ses Loges minervales en plein exercice à Vienne en Autriche , comme elles le sont à Lintz. Hannibal , ou ce comT missionnaire de Weishaupt, le Baron deBassus, les établit à Inspruch , à Bolzana y et dans les Autres villes du Tirol. Du fond de son sanc-* tuaire à Ingolstadt , Weishaupt préside à tous c es conjurés ; il occupe par eux le centre et le Contour de rAlIemagne. Déjà en quelque sorte il en est l'Empereur souterrain ; il a plus de villes dans sa conspiration que le chef de l'Empire nen a sous son domaine. luii^iihà-

A cette époque encore, s'est opérée dans le i«?«p"ri«« code de riUuminisme mie révolution qui ajoi;ie "ïï^^

t3S Conspiration des Sophistes & sa force ^ et que l*histbrien observera pour répondre à ceux qui lui objecteroient ce qui ma été objecté à tnoi-mcnie : « Ullluminisme w de Weishaupt n'éloit né en Bavière que » vers le milieu de Tannée 1776; la Secte s'at- » tachoit à Tadolescence ; elle exigeoit un long » noviciat , il falloit encore des années et des 9 années pour ses é<^les minervales y pour for* » mer ses adeptes et les porter aux grades do » la conspiration ; il lui eût donc fallu des » générations et des générations encore , pour » former cette multitude de conjurés dont nous » voyons pourtant les cohortes et les armées » s'élever dans un temps on Tllluminisme est 9 encore si près de son berceau ? i»

Cette objection a pu paroître sérieuse ; k l'époque où nous sommes , elle se résout d'elle* même. Knigge Ta prévenue , en nous montrant cette multitude d'adeptes Franc -Maçons déjà d'un âge mûr , qui n^avoient pas besoin de ces longues épreuves , et qui , dans les pays Protestans sur-tout , dédaignant Téeole minervale» n'en montroient que plus d'ardeur pour être admis aux derniers grades de la conjuration (a).

(a) Koîgge ajoute que dans les provinces Catholiques t les livres philosophiques , la lumière du siècle, c'est-àdire f l'impiëtë du jour , n'aroient pas fait k beaucoup près autant de progrès que dans les pajs Protestans. Cela ëtoit très- vrai pour la Bavière ; plût à Dieu qu'il en eut étë de même par-tout, sur-tout en France 1 Quoi qu'il en soit , « la classe minervale, dit Knîgge, nepre^ » noît pas du tout dans les pays Protestans, et en effet , » ajoute*t*il , toutes ces dispositions ne pouvoient être 9 bonnes que dans les pays Catholiques ensevelis dans y les ténèbres , et pour des hommes médiocres de la ir vieille mode ; — mais plus nos frères avaient d'éloi*» » gnement pour ces assemblées de novices, plus ils rae- » sollicitoient, plus ils couroient chez moi pour être 9 admis aox derniers grades. » MU der nUneryal classa

DE l'Impiétë £T de l'Anârchié» iBg Weishaupt conçut bientôt la cause de ses noa-« veaux et rapides progrès ; c'est aussi pour cela

3ue nous Pavons vu se relâcher de la sëvéritë e son code sur la longueur des épreuves minervales , et exhorter ses Insinuans à enrôler , ainsi que Knigge , des hommes que Ton pût ëlever plus prompiement aux derniers mystères. C'est aussi cette nouvelle marche que Ton peut observer, à cette époque , dans le choix des adeptes* Lorsque les Frères provinciaux mentionnent î'ftge de leurs novices y on en trouve bien peu dans leur première adolescence. Ce sont désormais des novices de vingt-cinq, de trente y de quarante , même de cinquante ans , et dont les fonctions seules annoncent la maturité des années. Voilà donc déjà la Secte se fortifiant d'une multitude de bras qui n'auront plus besoin d'attendre les années pour se montrer et pour agir, quand le jour de la révolution arrivera.

Une observation qui ne doit pas échapper non ^^^^i, plus à l'historien , c'est l'aveu qu'il trouvera sou- «ùom vent dans les Ecrits originaux des adeptes , que rempî^ leurs grands progrès sont dûs désormais à la faci- «ement lité avec laquelle ils s'introduisent dans les Loges pra^. maçonniques , et à la prépondérance que les mys- Maçon*;

wollte es in Protestantischen lœnder durchaus nichtforiy vnd wurkUch vi^ar auch dièse anstalt yorzùglich nur in finstersten Catholischen prouinzen , und auf mitteU mœssige ait tags menschen anwendbar — je weniger aber die mitglieder geneigt waren yersammlungen der Pflanz^chule anzulegen , um desto eifriger drangen ste m mich y ihnen endlick , die hoehere grade mitzutneilen, ( Phil. eudlîc. erklaening , p. Sa , 55 et passkm. ) A cette raison ajoute^ qae Knigge parle sur-tout de ces sophistes Franc-Maçons , parmi lesquels il faisoit ses recrues , et qui se trouToient encore plus près des mystères que ïes autres, parce qu'ils étQÎeat plus accoutumes aux secrets des Loges,

'i4b .Conspiration des Sophistes • tères de Weisbaupt acquièrent chaque jour dans ccfs Loges. — Depuis que divers Frères Maçons , et quelques-uns même aes plus ardens Rose-Croix , ont été initiés à nos mystères, dit entre autres niluminé Lallus , nous usions semblé prendre une noui^elle t^ie , une toute autre force (Texpëm^ sion ou de propagation. (Journal de R. Lnllus, Ecrits origin. t. 2 , sect. 6. ) C'est encore à cette même cause que TAréopagite HanniLal , on Baron die Bassus , attribue tous les succès de sa mission. Dans le détail qu'il en écrit aux Frères , il commencé d'abord par se féliciter des Loges Maçonniques qu'il trouve établies dans tout le Tirol. C'est dans ces Loges qu'il fait toutes ses grandes acquisitions ; qu'il enrôle des Conseillers de la Régence, des Professeurs de Collège, des Comtes^ des Excellences , des Ministres de TErâpereur , des Présidens , des Vice-Présidens , des Maîtres de Postes, des Conseillers du Gouvernement, tous remplis d'entiiousiasme pour leurs nouveaux mystères. A la vue de ses succès inattendus , il ne le cache point ; il faut en rendre gr&ces au nouvel ordre que Philon Knigge a su établir dans l'Illuœinisme. Il avertit ensuite son Aréopage , « çue »► les Franc-Maçons expérimentés se tournent • de toute part pour chercher la lumière ; qu'à ^ peine leur a-t-il donné le moindre indice , leur j» coeur s'enflamme , et leurs instances redoublent , » pour se faire initier ; que c'est le vrai moment p» pour faire de grandes acquisitions à Vienne , où î> il doit y açoir plus de quatre cents Finnc- » Maçons. » S'il arrive à Milan avec mol/is d'espoir , c'est , écrit-il , qu'il n'y a point dans cette ville de Loges Maçonniques ; mais il en trouvera a Crémone^ à Pairie , et dans le reste de l'Italie ; ^ussi demaude~t-il que les Frères ajoutent à leur dictionnaire géographique, les villes quilui restent

DE lImpiété et de l'Anarchie. ï4i & parcourir et les conquêtes qu'il se promet de faire. ( Voyez /. i ^t 2,^ Ecrits origin. les quatre lettres d'Hannibal. )

Enfin Knigge lui-même , quelle cause nous donne*t-il de cette prodigieuse multitude d'adeptes, dans un si court intervalle de temps ^ acquis à son Iliuminisme ? « Lorsque j'entrai dans » l'Oidre , écrit-il à Giton-Zwach , vous alitez x> en aveugles contre tout ce qui s'appeloit » Franc-Maçon de la stricte obsen^ance; je vous f> dis , je soutins qu'il j avoit dans ce monde*li » des hommes excellens ( pour nous), Spartacus » me crut, Tévénement m'a justifie. Nos meilleuis » adeptes à Neuwied ^ à Gottingue^ à Mayence^ » à Hanoire , à Brunswick , et dans le Palatinat^ y* sont tous des hommes auparavant Franc-Maçons y* de la stricte observance* Unsere besten leuie in » Neuwied , Gœttingen , Maynz , Hanoi^er ^ » Braunscheweig , Pfaltz ♦ sind chemalige mit^ 9 geieder der stricten obserçantz.y»

Cependant ces conquêtes de rillominisme sur la Franc* Maçonnerie , ne satisfont encore ni Weishaupt, ni Pbilon Knigge. Il faut pour eux, que le nom de Franc-Maçon n'existe désormais que pour servir de voile à leurs mystères. Réser* vous au chapitre suivant leiu*s nouveaux moyens et leurs nouveaux succès (a).

(a) Pour tout ce chapitre , voyez dans le second yo-* lume des Ecrits originaux , t. ;2 , part, i/® , les rapports des provinciaux illumines , Proyincial-'berichte ^ depuis la page 169 jusqu'à la page 221.

i^z Conspiration Dfes SophiSTOs

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