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DE lImpiété et de l'Anàrchïe. ^t*
'tore trop entachée des opinions ancienne^ sur la religion et sur les gouvernemens. Cette erreur i trop malheureusement encore démentie par les faits , différant son espoir , ne fit qu'ajouter aux méditations et aux précautions de son génie y pour rendre tôt ou tard ses succès infaillibles. Il se dit à lui-même » et il dit à ses confidens : « Je ne » puis dans mes çues employer les hommes tels » quels sont' y il faut que je lesjorme; il faut » que chaque classe de mon ordre soit une école p aépreuves pour la suivante; et tout cela ne L^c^u^, ^i-Za.!/, p peut se faire qu'avec le temps. » ( Ecrits orîs^ t. 1 j lett. à Caton. ) Pour le trouver ce temps , il fixa plus spécialement ses vues sur cette partie de la jeunesse qui , entrant dans le monde , est encore susceptible d'une éducation de toutes les erreurs , parce qu'elle est l'âge de toutes les pas* sioDS. Je dirai dans la suite ce qui vint abréger et ce temps et cette éducation , en lui offrant des légions d'adeptes déjà tout préparés à ses mystères ; mais il n'en faut pas moins connokre toute la profondeur de ce code , parce que , la révohition française fut-elle à commencer , il suffîroit lui seul pour la rendre prochaine et infaillible ; parce que , la révolution française fut-elle aujourd'hui ëtouflfée 9 il foumiroit lui seul à riUuminisme les. moyens de la faire renaître et de la rendre encore plus désastreuse. Etudions-le donc enfin ce code de la secte ; elle s'est enfoncée dans un dédale qui doit voiler sa marche. Pour votre intérêt même , il faut vous résoudre à nous suivre , et ne pas vous lasser d'observer les pîcges qu'elle tend. Voyer avec quel art elle les sème sous les pas de ses élèves ; avec quelle précaution elle choisit , appelle, dispose ses adeptes. Sa n»arche paroît lente ^ mais elle est sure. Elle semble épuiser ses soins pour un soûl . mais ce même art lui donne des
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piégions. Ses ressorts sont cachés , il faut que ycms sachiez avec quelle puissance , avec quelle constance elle sait les mouvoir et les diriger au désastre f commun. Vous ave?i vu le peuple s'égarer, s'agiter, ; s'animer et devenir féroce ; il faut que vous sachiez comment elle a formé ceux qui Tégarent, le soulèvent, et le rendent atroce.
Weishaupt a pour principe constant , indubitable , que «( le grand art de rendre infaillible une révolution qi^elconque, c'est d'éclairer les peuples; les éclairer pour lui , c'est insensiblement amener l'opinion p^iblique au vœu des changemens , qui sont l'objet quelconque de la révolution médiiée.^»» « Quand l'objet de ce vœu ne sauroit éclater , sans exposer celui qui Ta conçu a la vindicte publique , c'est dans l'intimité des sociétés secrètes -qu'il faut savoir propager l'opinion, t^
« Quand l'objet de ce vœu est une révolution, ; universelle, tous les membres de ces sociétés tendant au même but , s'appuyant les uns les autres , ^ doivent chercher à dominer invisiblement et sans \ apparenoe de- moyëhf^ioTéhsy non pas sur la \ partie la plus éminente ou la moins distinguée d'un seul peuple , mais sur les hommes de tout état , de toute nation , de toute religion» Souffler par^tout un même esprit ; dans le plus grand silence et açec toute V activité possible , diriger tous les hommes épars sur la surface de la terre > çers le même objet ; voilà ce qu'il appelle le pro-^ blême encore à résoudre dans la politique des Etats , mais celui sur lequel s'établit le domaine des sociétés secrètes , et sur lequel doit sur-tout porter l'empire de son lUuminisme. » ( Disc, sur 'y- les mystères. )
' tt Cet empire une fois établi par l'union et la multitude des adeptes, que la force succède à l'empire invisible s liez les mains à ùous ceux qyÀ
DE l'Impiété et de l'Anarchie. aS résistent ; subjuguez , étouffez la méchanceté dans son germe , c'est-à-dire écrasez tout ce qui J reste d'hommes que vous n'aurez pas pu con« î . vaincre. » ( Ibid. ) Celui qui donne ces leçons ^ n'est pas un homme à repousser par le dëdain. En les réservant pour ses mystères , ainsi que la révélation de son dernier objet, Weishaupt savoit très-bien qu'elles exigent aes hommes long-temps préparés à y voir les leçons de la nature même et de la philosophie* S'il en trouve qui les aient prévenues , il saura abréger pour eux les années d'épreuve. Mais il lui faut l'opinion et les bras d'une d,>;s,-o„5 génération entière ; c'est donc à multiplier le du code nombre des adeptes , c'est à les disposer insensi- ôn""^^^ blement , c'est à diriger d'une main mvisible leurs deiasecu. pensées , leurs vœux , leurs actions et leurs efforts communs , que tendent les lois dont il a composé le code de son lUuminisme. D'après ces lois ^ la secte est divisée en deux grandes classes, ayant chacune leurs sous-divisions et leurs graduations proportionnées aux progrès des adeptes. -
La première classe est celle des préparations. Elle se sous-divise en quatre grades , qui sont ceux ' du noi^ice , du minerçal , de Viliuminé mineur , et de Viliuminé majeur.
A cette même classe des préparations appartîen-^ nent les grades intermédiaires que l'on peut appeler d'intrusion ; ceux que la secte emprunte de la francmaçonnerie , comme un moyen de propagation. Parmi ces grades maçonniques, le code illuminé admet les trois premiers sans altération ; il adapte plus spécialement aux vues de la secte , comme une dernière préparation à ses mystères, le grade de Chevalier écossais , appelé aussi de Viliuminé directeur.
La classe des mystères se divise elle-même ea petits et en^ands mystères. Aux jietits mystères
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apparliennent le sacerdoce de la secte et son administration , deux grades qu'elle appelle , l'un , celui de ses prêtres , Tautre , de ses régens o\x prince.
Les grands mystères ont pour gradé , le mage ou le philosophe ; et enfin {'hommes-roi. L'élite des derniers compose le conseil et le grade d'^réopa^ gîte* ( yoyexj^crits origin. #p^> part. ^ po-g* 8 , et nouveaux jEclaircis. dePhilon , page 89, e/c.)
Il est dans toutes ces classes et dans tous ces grades , un rôle important et commun à tous les frères ; c'est celui que le code désigne sous le nom de frère insinuant ou à'enrôleur (a). De ce rôle dépend toute la force de la secte ; c'est celui qui fournit des sujets à tous les grades. Weishaupt en sentoit trop l'importance , pour ne pas y consacrer tout son génie ; consacrons aussi nos premiers soins aie faire connoitre.
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