CONCLUSION
CfuELLE triste et pénible carrière j'ai enfin terminëe! Au milieu de ces antres, ou se creusoit dans le silence des ténèbres le tombeau des Autelâ et des Trônes , dans ces clubs souterrains y où se sapoient les fondemens de toute religion et de toute société , combien de fois Pâme oppressée , le cœur serré , et tous les sens glacés ahorreur ^ j'ai senti ma constance prête à m abandonner ! Indigné de la trame que je voyois s'ourdir^ de cette chaîne immense de fortaits que je voyois se méditer encore , combien de fois je me suis dit à moimême : laisse-là ces vils et monstrueux conjurés ; laisse-les dans l'abîme de leurs complots. Peutéure vaut-il mieux encore devenir leur victime » que souiller ta pensée de tant d'impiétés , de tant ae noirceur , de tant de scélératesse y et apprendre à la postérité que ton siècle en a été coupable* — Mais dans ce siècle » il est encore des hoounes à sauver ; il est encore des Nations qui n'ont pas subi le joug des Jacobins ; pour se résoudre enfin k le secouer , peut-être seroit-il utile à tes compatriotes de savoir quelle suite de noirs complots et d'artifices le leiur ont fait subir ; peut-être la postf^rilé aura-t-elle besoin de savoir ce que fut de nos jours la secte désastreuse , pour empêcher le fléau de renaître. Cet espoir seul a triomphé dans moi d'une répugnance si naturelle à l'écrivain hon- • nête. Seul il a soutenu mon ame révoltée d'un travail qui tenoit sans cesse devant mes yeux l'image X)dieuse de tant de conjurés y et les preuves trop
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^20 Conspiration des Sophistes palpables des forfaits , des désastres qu'ils prépatent encore à Tunivers.
Me serois-je trompé dans cet espoir ? Ah ! s^il en est ainsi y qu'elles soient donc déchirées toutes ces feuilles que j'ai consacrées à tirer des ténèbres la trame qui s'ourdit contre vous ! Rois, Pontifes» Magistrats, Princes et citoyens de tous les ordres , ^'il est vrai que désormais nous cherchons vainement à dissiper Tillusion fatale ; s'il est vrai que déjà Tair empesté des Jacobins , engourdissant et votre ame et vos sens , vous ait plongés dans un as^ soupissement léthargique ; s'il est vrai que déjà la torpeur de la paresse vous rende insensibles à vos dangers, à ceux de vos enfans, de votre patrie, de votre religion et de toutes vos lois ; si déjà vous n'êtes plus capables du moindre effort , du moindre sacrifice a faire pour le salut de la chose publique et le vôtre ; s'il n'est plus dans le monde que de ces âmes lâches , toutes disposées à subir le joug de la secte , vivez, soyez esclaves des Jacobins. Soyez-les des principes de leurs adeptes , et que votre fortune soit la proie de leurs brigands; que vos Temples , vos Trônes , vos Gouvernemens , que ces palais et ces maisons qui vous servent d'asile , s'écroulent sous leurs haches. Déchirez, avec ces feuilles, le présage de ces désastres : attendez dans la joie , la mollesse, les festins et le sommeil , que l'heure des révolutions sonne pour vous. Les Jacobins prennent sur eux le soin de la hâter. L'oracle qui l'annonce ne seroit qu'un sup-
5 lice précoce et inutile. Fermez l'oreille au bruit es chaînes qui se forgent pour vous. Gardez-vous d'approcher l'augure de vos malheurs, et cherchez des prophètes qui vous disent des choses agréables.
Mais s'il est encore de ces hommes qui n'aient besoin que de connoitrç l'ennemi des Autels et de
DE l'Impiété et de l'Anarciïie. 42t.
la patrie , pour montrer le cotirage de la vertu et les ressources d'une ame vigoureuse ^ c'est pour ceux-là que j'ai ëcrit. C'est à ceux-là que je viens dire . malgré tous les complots des Jacobins ettouslçs artifices de leur secte y malgré toute cette puissance qu'ils ont déjà acquise , le monde n'est pas encore à eux. Il est encore possible d'écraser cette secte, qui jure d'écraser votre Dieu , votre
1)atrie, vos familles et tout l'édifice de vos sociétés* ! 1 est encore pour vous et pour la patrie des moyens de salut. — Mais dans la guerre que la secte vous fait , ainsi que dans toute autre guerre , tout ce salut dépend d'abord de la conviction de vos dan-^ gers 9 de la vraie connoissance de l'ennemi , de ses projets et de ses moyens. Ce n'est pas sans raison que j'ai accumulé les preuves del'évidence^ pour vous montrer dans le Jacobinisme la coali-» tioo des Sophistes de l'impiété > jurant de renver-» scr tous les Autels du Dieu de l'Evangile; des 5ch»
{yhistes de la rébellion, jurant de renverser tous es Trônes des Rois ; des Sophistes de l'anarchie ^ an serment de détruire les Autels du Christianisme , ajoutant celui de renverser toute Religion quelconque ; au serment de renverser tous les Trônes des Rois, ajoutant celui d'anéantir tout Gouver--' nement quelconque, toute projnriété , toute société gouvernée par des lois. Je savois qu'on néglige . tout moyen de salut , tant qu'on croit les dangers imaginaires. Si mes démonstrations vous laissent encore sans conviction , et résistant à l'évidence même sur la réalité des complots de la secte , j'ai perdu tout le fruit de mon zèle ; il ne me reste plus qu'à gémir sur votre aveuglement. Vous voilà dans la situation où la secte désire vous trouver. Moins vous croirez à ses projets , plus elle est sAre de les exécuter. J'insiste donc encore ;
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4^2 Conspiration des Sophistes pardonnez à des instances qui ont pour tout objet votre salut et celui de la chose publique.
Pennette2Hious de supposer que Ton vienne vous apprendre qu'il est autour de vous des hommes qui se cachent sous le voile de Tamitië y qui n'attendent que rheure favorable au projet formé depuis long-temp , de s'emparer de votre or et de vos champs, d'incendier votre demeure, peut-être d'attenter à votre vie , à celle de vos proches , de votre ëpouse ou de vos enfans : supposez que Ton vous a donné de ce complot formé contre vous , la millième partie des démonstrations que j'ai fournies des complots formés contre l'Etat , contre tous les Etats sans exception , perdrez-vous en vains raisonnemens., en doutes superflus sur la réalité de vos dangers , un temps que les perfides emploîront à hâter votre perte ? ou faudra-t-il encore recourir à des exhortations pour vous presser de vous défendre ? Eh bien ! ce que je veuK ici , c'est que vous sachiez bien , princes , riches et pauvres , nobles , bourgeois , marchands et citoyens de toutes les classes , c'est que toutes ces conspirations des adeptes Sophistes , des adeptes Franc-Maçons , des adeptes Illuminés , sont des conspirations contre vous , contre vos trésors, vos comptoirs, vos familles, vos personnes. C'est que votre patrie , livrée à l'incendie révolutionnaire , ce palais ou bien cette maison que vous habitez ^ ne sont pas marqués pour échapper aux flammes , c'est que votre fortune, tout comme le trésor de l'Etat , est la proie destinée aux brigands ou bien aux réquisitions de leurs Pentarques ; c'est que le caractère spécial d'une révolution faite par des sectaires , n'est pas que ses dangers diminuent en devenant communs ; c'est qu'elle fait pleuvoir la terreur, l'indigence , l'esclavage sur chacun comme sur tous*
DE l'Impiété et -de l'Anarchie. 4^3 Dans toute l'étendue des régions où la secte a
{)u se montrer souveraine , en France et en Hplande , en Brabant , en Savoie , en Suisse, et en Italie , cherchez en effet un seul homme riche qui ait conservé sa fortune intacte ; un seul pauvre
2ui n'ait pas à craindre la réquisition de ses bras , e son industrie ou de ses enfans ; une seule famille qui n'ait pas à pleurer siu la ruine ou bien sur la mort de quelqu'un de ses membres ; un seul citoyen qui puisse s'endormir dans la confiance qu'il se réveillera plus certain de sa fortune , de sa liberté, de sa vie , que ceux qu'il aura vus la veille, ou dépouillés , ou traînés dans les fers , ou 41 expirant sur l*échafaud ; vous n'en trouverez pas* Cessez donc de vous flatter vous-mêmes. Le .dan-> ger est certain , il est continuel , il est terrible ; il vous menace tous sans exception.
Gardez-vous cependant de céder à cette espèce de terreur , qui n'est en elle-même que lâcheté et découragement ; car , avec la certitude des dangers, je n'en dirai pas moins : veuillez être sauvés ^ v^us le serez. Je le dirai au nom des Jacobins euxmêmes. Us l'ont assez souvent répété pour nous l'apprendre : on ne triomphe pas aune National veut bien se défendre. Sachez vouloir comme eux , et vous n'aurez plus rien à craindre d'eux. Pour le vrai Jacobin , il n'est point de ces velléités que les
1>remiers obstacles font disparoitre. Il n'est dans es mystères de la secte qu'une volonté ferme , générale , constante , inébranlable ; celle d'arriver malgré tous les obstacles, à l'exécution de ses derniers projets. Le serment, et le seul de ses sermens irrévocables , celui de changer la face de l'univers , de le soumettre tout entier à ses systèmes , voilà le vrai principe de ses ressources , de tout ce zèle dont elle anime ses adeptes , de tous les sacrifices qu'elle sait en obtenir j de tout l'enthousiasme
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42i Conspiration des Sophistes qu'elle inspire à ses guerriers ; de toutes les fureurs , de toute la rage qu elle souffle à ses brigands. C'est par là qu'elle est secte ; c'est par là Su'elle est forte ; c'est par là qu'elle tend , qu'elle irige sans ce^é ses ade^^s , ses logions ^ ses clubs y ses Toges et ses sénats ôU <néme but. Mais c'est par ta aussi ^'elle tous donne la leçon la plus essentielle à prendre dans lanaCure même de ses complots. C'est par là qu'elle nous autorise à vous dire : toute cette révolution Française n'est pas autre chose qae le fruit des sermens que la secte inspire à ses adeptes , c'est-à-dire, de teite volonté , de cette résolution ferme , coiistante , inébranlable ^ • de renverser par-tout l'Autel , le iTrône et la société. Cjesi parce quelle saitvoulm^ qu'elle trions- Ï^hc ; donc , *poîir triompher ^'elle , il faut savoir ni opposer en faveur dé l'Autel , du Trône et de la société , cette résolution et cette volonté , tout ' aussi fortement prononcée , aussi peu accessible aux conîpositions et au i'elâchemeht , quele vœu de , ses adeptes. Qu'il ne soit donc plus dit que les i Jacobins seuls savent vouloir, seuls suivre leur ob- ; jet. Connoître tons lès maux dont la Révolution - vous menace , et vouloir franchement , réellement et fortement voiis y soustraire , ne vous dispense pas sans doute des moyens à étudier, des efibrts , des sacrifices à faire pour vous en délivrer ; mai$ n'imaginez pas aussi que nous insistions vainement ilur la franchise et la sincérité de cette volonté. 11 en est de la Révolution Française comme il en est « des vices et des passions. On sait en général qu'il est des dangers et des n^alhenrs attachés à leur suite ; oii voudtoît s'en défeudre ; on le veut foi- ; blâment , lâchement ; lès passions et les vices l triomphent , et on subit le joug. Suis-je venu à bout au contraire de vous inspirer le courage des résolutipns ? Puis-je compter que tout ce qui vous
DE l'Impiété et de l'Anarchie. 425
manque est de connoître les vrais moyeDS de triompher de la secte ? Je vous le dis avec confiance : la secte est écrasée , et tous les désastl-es de la Révolution disparoissent. — Lecteur humain , que pourroient révolter ces paroles : la secte est écrasée ; souvenez^vous qu'en vous disant : il faut que la secte des Jacobins soit écrasée y OU bien que la société toute entière périsse y j*ai eu soin d'ajouter : écraser une secte n^estpas imiter ses fureurs et Vhomicide enthousiasme dont elle anim.e ses élèi^es* Souvenez-vous qu'en vous disant : la secte est monstrueuse j je me suis hâté d'ajouter : mais ses disciples ne sont pas tous des monstres. Oui , anéantissez le Jacobin , mais laissez çiçre rhomm^. La secte est toute entière dans ses opinions; elle n* existe plus , elle estdou^ blement écrasée ^ quand ses disciples l'abandon-^ nent pour se rendre aux principes de la société* C'étoii pour arriver aux moyens d'arracher au Ja» cobinisme ses victimes et pour les rendre à la so« ciélé, non pour les immoler, que J'ai consacré tant de soins à vous faire connoître les projets et la marche de la secte ; et ce sont ces moyens conservateiu*s que je m'applaudis enfin de voir former le résultat de ces Mémoires. Voyez combien les armes que je viens lui opposer ^ difièrent de celles qu'elle met entre les mains de ses disciples*
Les Jacobins font à l'esprit des peuples une guerre secrète d'illusion , d'erreur et de ténèbres ; je veux que vous leur opposiez une guerre de sagesse , ^e vrrité et de lumière.
Les Jacobins font aux Princes , aux Gouvernemens des peuples y une guerre de haine pour les lois et la société , une guerre de rage et de des* truclion ; je veux que vous leur opposiez une guerre de société , d'humanité et de conservation.
Les Jacobins font aux Autels , ù la Religion de&
426 Conspiration des Sophistes peuples , une guerre d'impiëté et de corruption ; }e veux que vous leur opposiez une guerre de mœurs » de vertus , de conversion ; et je m'ex--» plique.
J'entends ici par guerre d'illusion, d'erreur , de ténèbres » celle que fait la secte par les productions de ses sophistes , par les pièges de ses émissaires , par les mystères de ses clubs , de ses loges , de ses sociétés secrètes. Il n'est plus temps ici de le contester , nous l'avons démontré jusqu'à satiété : ce sont là les grands moyens préparatoires des triomphes révolutionnaires. C'est par là que le Jacobinisme vient à bout d'insinuer ses principes d'une égalité et d'une liberté désorganisatrices ^ d'une souveraineté toujours chimérique, mais toujours flatteuse pour l'orgueil de la multitude, tou* jours'niise en avant par les Tribuns qui la maîtrisent. C'est à force de mettre sous les yeux de cette multitude tous les sophismes de leurs vains Droits de rhomme; c'est par les déclamations exagérées contre les lois actuelles , par les descriptions du prétendu bonheur au'ils nous préparent , par les essais au moins quils nous proposent, que les émissaires du Jacobinisme s'assurent sur le peuple l'empire de cette opinion, qui leur ouvre les portes de vos villes , bien plus sûrement que leurs foudres n'abattent vos remparts. — De ces faits désormais incontestables , je conclus : s'il est dans vos conseils de prévenir les désastres de nos révolutions , commencez par ôter à la secte tous ces moyens d'illusion. Ecartez loin du peuple toutes ces productions incendiaires ; et quand je dis da du peuple , je dis de toutes les classes de la société ; car je n'en connois point d'inaccessibles à rillusion* Je dis même plus spécialement de cette classe que vous avez cru la plus abondante en lumières. Je 4is de cette classe de nos Littérateurs sophistes ,
DB l'Impiété et de l'Anarchie. 427
de nos Voltaire et de nos d'Alembert, de nos Jean- Jacques et de nos Diderot , de nos Académies et de nos Docteurs de Musées ; car c'est précisément cette classe qui a le mieux prouvé combien Tillu*sion des sophismes a de pouvoir sur elle. C'est dans cette classe que se trouvent les Ministres révolutionnaires, les Turgot, les Necker; c'est dans cette classe que se trouvent les grands acteurs révolutionnaires y les Mirabeau , les Syeyes , les Laclos j les Condorcet ; et toutes les trompettes révolutionnaires, les Brissot , les Cbampfort, les Garât /les Mercier, les Gudin, les Lamétherie, les Lalande , les Chénier; et les bourreaux mcme révolutionnaires , les Carrât , les Freron, les Marat. Je dis encore de toute cette classe d'avocats si féconds en paroles , si riches en délire; car c'est dans cette classe que se trouvent les Target, les Camus , les Treillard , les Barrère ; et les tyrans de la Révolution , les Lareveillère-Lépaux , les Rewbel , les Merlin , les Robespierre : car tout tout ce qu'a éprouvé cette classe de sophistes des des Lettres et des Académies , ou du Barreau , c'est que si elle avoit plus de moyens pour donner des couleurs séduisantes aux sophismes de la sédition et de l'impiété , et à tous les principes de la Révolution , elle étoit aussi celle qui s'abreuve le plus facilement, le plus abondamment de ses poisons ; c'est qu'elle étoit tout à la fois la plus empestée et la plus contagieuse, la plus prompte à boire le venin , et la plus dangereuse , la plus ardente à le répandre. Non, je ne ferai point d'exception de classe, il n'en est point qui m'autorise à en faire pour elle , quand je dis au Magistrat public , aux Souverains : voulez-vous éviter les désastres de la Révolution Française ? écartez loin du peuple toutes ces productions , tous ces libelles de l'impiété et de la sédition. Qu'il soit puni en
428 Conspiration des Sophistes
traître y celui qui les écrit ou les répand , s'il Toff et s'il veut faire le mal qu'il fait à la société ; qa'il
; soit puni en insensé , s il croit pouvoir séduire et
I éviter les suites de la séduction.
Mais quoi ! déjà s'élèvent les cris d'intolérance , de tyrannie , d'oppression du génie dans l'empire des Lettres ! Je le prévojois bien , que j'auroîs à parler des hommes qui nous disent vouloir et qui ne veulent pas ; qui nous disent détester la Révolution , et qui redoutent d'en étouffer le germe* Mais vous , dont la profession honorable est d'ëclairer les Nations par vos écrits , de montrer aux Princes les devoirs à remplir pour le bonheur des Citoyens; vous, dont l'intention se manifeste par la sainteté des principes , par votre zèle pour les lois , par la sagesse de vos leçons , esuce de votre part que viennent ces réclamations ? Non , non , les chaînes à jeter sur l'écrivain empoisobn^ir de l'opinion publique n'effraient pas l'auteur honnête ; les lois prohibitives des poignards ne révoltent que l'assassin. Il n'est plus temps de nous laisser sédnîre par ces vains mots liberté du génie , liberté de la presse* Dans la bouche des Jacobins , tomes ces réclamations désormais cacheroient mal le piège* — Voyez ce que la secte fait elle-même pour empêcher la venté de dessiller les yeux du peuple. Par-tout où les adeptes régnent y demandez ce
3 ne c'est aujourd'hui que cette liberté de penser , e parler et d'écrire. Ils écrasent l'auteur , le vendeur et l'acheteur de tout livre contraire à lairs systèmes. Les presses de Crapart, les journaux de la Harpe, les discours de tout vrai citoyen, sont des conjurations que les Pentarques envoient expier dans les déserts de la Guiane. Il est temps de
.- concevoir enfin toute l'illusion de cette prétendue oppression de la pensée et du génie« Si le Magis^
i trat est dupe de ces cris ^ le peuple en est victime;
D£ l'Impiété et de l'Anarchie, 429 et c'est le peuple qu'il faut sauyer de Tillusion , | pour le sauver des rëvolutions. Celui-là est leur j père , et non pas leur despote ou leur tyran , oui ; arrache à ses enfans tout instrument qui peut de- / venir entre leurs mains , et contre eui-mémes, le ' glaive de la mort.
Vainement le sophiste vous parle de discussions utiles* Demandez au Sénat de Rome pourquoi il se hâte de chasser du sol de la République tous ces sophistes de la Grèce , arrivés si experts dans les discussions ; il vous répondra qu'on ne discute point pour savoir si la peste est utile ; qu'on se hâte d écarter loin des peuples quiconque en est atteint y et tout ce qui peut en propager le germe. Redoutez pour ce peuple les discours , la présence de ces vils séducteurs ; mais redoutez encore plus leurs impies et séditieuses productions.
Toutes vos lois sont armées du glaive contre le conjuré dont un mot a trahi les complots; et vous souffrez que le sophiste conjuré vive et converse habituellement par ses écrits avec tous vos sujets; qu'il soit sans cesse , par ses livres, au milieu de leurs* enfans ; qu'il leur répète sans cesse ses le* çons ; qu'il leur en insinue tous les principes; qu'il les presse, les médite avec eux ; et qu'il les leur présente sous le jour qu'un génie perfide a long-^ temps étudié , qu'il a trouvé enfin le plus propre à les séduire , à les égarer, et à les révolter contre vous ! Ce mot qui échappa au Jacobin , pouvoit ne faire qu'une impression légère ; cette suite de so* phismes , que sa plume a digérés , feront une im«* pression profonde. Certes, vos lois ne sont qu'inconséquence, si l'écrivain révolutionnaire n'est pas pour elles le plus dangereux des conjurés; et vous êtes le plus mal avisé oes Magistrats , si vous laisi es toutes ses productions circuler librement dans les campagnes et dans les villei»
43o Conspiration des Sophistes
Faudra-t-il encore vous apprendre tout ce que ces libelles ont donné de puissance à la secte ? La Révolution n'est pas ingrate, et sa reconnoissance vous dit assez quels sont ses pères. Suivez le Jacobin au Panthéon. Voyez et les honneurs et les hommages qu'il leur rend. Demandez-lui ce qui
5 eut mériter à Voltaire et à Jean-Jacques , la gloire e cette apothéose. Vous l'entendrez la justifier et vous répondre : Ces hommes ne sont plus , mais leur génie respire tout entier dans leurs livres ; et là ils font encore pour nous plus que nos légions. Là ils préparent les cœurs et les esprits a nos principes ; là ils nous donnent lopinion publique, et quand l'opinion publique est conquise, nos conquérans volent à des triomphes certains. O vous, que ces aveux rendroient jaloux du même hommage , arrêtez un instant ; et tout autour de ces nouveaux Dieux , voyez l'ombre flottante des victimes de la Révolution ! Voyez comment , éplorées , furieuses , elles vont de l'urne de Voltaire à l'urne de Jean-Jacques ! Entendez-vous ces accablans reproches ? Jouis de tout l'encens que font brûler pour toi les Jacobins: Ce -n'est pas eux , c'est toi qui nous a immolées. Tu dois être leur Dieu; tu fus notre premier bourreau. Tu es encore celui de nos enfans ; tu fus celui de notre Roi. Dieu du blasphème et Dieu de l'anarchie ! qu'il retombe sur toi leur sang et le nôtre, et tout celui que versent , que verseront encore les brigands formés à son école !
Epargnez-vous ces plaintes et vos propres re^ jnords , vous à qui le Dieu de la société a donné dèit^talens , qu'il est en votre pouvoir de tourner à la perte ou a la conservation de vos semblables. Que le nom des sophistes divinisés ne vous en impose pas. Ils ont pu obscurcir la lumière; c'est à vous k ramener rem{>ire d$ ces vérités fonda*
DE l'Impiété et de l'Anarchie. 431 mentales : le Dieu qui a forme les hommes pour la société, ne leur a pas donné le code de ces prétendus Droits (Tégalité et de liberté y principes de désordre et d anarchie. Le Dieu qui ne soutient la société que parla sagesse des lois , n'a pas li?ré à l'inexpérience et au caprice de la multitude, le soin de les dicter ou celui de les sanctionner. Le Dieu qui ne nous montre l'empire et le maintien des lois, que dans la subordination des citoyens aux Magistrats , aux Souverains , n'a pas fait autant de Magistrats , de Souverains , que de citoyens. Le Dieu qui a lié les classes de la société par la diversité des besoins, et qui fournit k ces besoins par la diversité des talens , des professions , des arts , n'a pas donné à l'artisan et au berger le droit du Prince chargé de présider à la chose publique. — A ces vérités simples et naturelles , rendez ce jour de l'évidence que les sophistes de la rébellion sont venus obscurcir, et le danger des révolutions dis- {>aroitra. Prenez , pour éclairer ce peuple , toas es soins qu'ont pris les Jacobins pour l'aveugler. Rendex'lui ses principes ; rendez-les-lui dans toute leur pureté. Point de composition avec l'erreur ; quelle que soit l'illusion qui entraine vers la Révolution , peu importe à la secte , pourvu que sa Révolution arrive. Elle a pour les uns ses sophisme$ anti-religieux , et pour les autres ses sophismes anti-politiques. A d'autres encore , elle ne mon* trera que la moitié des conséquences à tirer ou du chemin à parcourir; souvent , sous le prétexte des réformes , ce seront quelques essais à faire sur les nouveaux moyens qu'elle propose. Loin de nous ces génies à demi-révolutions, à demi-conséquences ! Ce sont nos Lafayette , nos Necker que la secte met en avant ; ce sont ou ces hommes hau« tement rebelles, appelés Constitutionnels, ou ces autres honunes , par dérision sans doute ^ appelés
'433 Conspiration des Sophistes Monarchiens. Ils ont commencé notre Révolution ;' ils ont encore la sottise d'admirer ce qu'ils vouloient faire , et de s'étonner que d'autres soient venu briser le sceptre qu'ils avoient morcelé. Les écrivains de cette espèce, loin d'éclairer le peuple , ne font que jeter sur nos yeux le premier bandeau de l'erreur ; c'est le service des premiers adeptes révo* lutionnaires.
Dans vos leçons encore , gardez-vous d'imiter cet écrivain qui croit servir le Trône, en ne moortrant dans la Religion que des ressources inutiles pour la cause des Gouvernemens. Que n'a-t-il mieux senti les conséquences du sarcasme copié de Bayle et de Jean-Jacques , celui qui ^ au roilien de ses justes et pressantes exhortations adressées aux Princes pour réunir leurs forces contre les Jacobins , s'est permis de dire à ses lecteurs : « Dans une crise semblable , les Romains se fus« » sent armés avec la résolution de mourir ou de ^ vaincre : les premiers Chrétiens eussent chanté » des hymnes à la Providence et couru au mar- » tyre : leurs successeurs ne meiurent ni ne com- I» battent. » ( Mercure Britannique , i^oL i . JV.° 4 » p. 292.) Assurément l'intention de cet auteur n'est pas ae renouveler le mépris tant alTecté de nos sophistes pour la Religion ; mais ne voyez-vous pas combien fausse est votre politique , lorsque vous nous montrez la prétendue nullité du Christianisme, quand il s'agH d'opposer le courage des peuples aux tyrans révolutionnaires ? Heureusement il n'est pas vrai que les premiers Chrétiens se fussent contentés de chanter des hymnes à la Providence et de courir au martyre. Les premiers Chrétiens n'étoient pas des imbécilles j ils ne confondoient pas la puissance légitime , à laquelle il ne faut opposer que le courage du martyre , avec celle du tyran usurpateur ou du boibare armé
contre
DE t*tMPtttÈ Et DE L^ANÀKCttlÈ. 433 bofitrerfjnpire. Soas le drapeau des Cësars, ils sa-» voient y aussi bien que les autres Romains^ vaincre ou mourir ; ils le savoient encore mieux qu'eux ; et ce n^étoit pas sans raison que leurs apologistes défioient l'école des sophistes de montrer dans led légions Chrétiennes des lâches ou des traîtres* De nos jours encore , ils ne se contentoient' pas de chanter des hymnes, ces Chrétiens de la Vendée ^ dont les plus fiers Républicains redoutoient autre-' meut le courage que tout celui des soldats de Beau^ lieu ou de Clayrfait* Ceux de nos Emigrés ^ que leur piété distinguoit au milieu des camps , ne sa-^ voient-ils aussi que chanter des hymnes à la Providence y quand il falloit combattre Tenilemi ? Pourquoi ce triple outra£[e aut héros Chrétiens « à leur Religion et à Tévidence même de la raison? Pourquoi cette affectation de présenter C4>mme inutiles à la cause des Gouvernemens , ces ressorts si puissans et si actifs du Christianisme ? La couronne du soldat mourant pour des lois ou pour un Roi que son Dieu lui ordonne de défendre , ne vaut-elle pas tous vos lauriers ? Dites & ce soldat Chrétien qu'il n'entre point de lâches dans les Cieux , et vous verrez s'il ne sait pas aussi vaincre ou mourir. Vous croyez nous servir contre les Jacobins y en nous présentant le Christianisme souâ le jour de la sottise ? Lés Jacobins payeroient vos sarcasmes , parce qu'ils en prévoient les consé-* quences* Faudra-t-il donc toujours que les écrivains de la secte soient plus avisés que les nôtres? Elle sait leur apprendre à combattre à la fois le Trône et l'Autel; ne saurons-nous donc jamais défendre Vnn sans heurter l'autre ?
Quelle est donc ici la cause de ces imprudences, de ces fausses lumières? Ou n'étudie pas asse^ la secte et ses artifices. On cherche à se cacher jns^ ques à sa ptitssance et à son influence. J'admire ToM£ IV« TSs
434 Conspiration des Sophistes
comme vous la vigueur de ce même écrivain qm cherche à réveiller le courage des Nations ; mais certes , s'il se trompe sur les véritables' canses de nos malheurs y que ne devons-nons pas craindre de ceux qui n'ont pas, à beaucoup ^es, son énergie et ses lumières r J'ai peui? que la secte ne lui sache ejticore gré de nous dire : « Cest à cejanatisme 3» coniinenial bien mûrement fpéauoB lUuminéSy » qu'on doit attribuer la léthargie des classes 3» supérieures. i> Je iieconois poTntylnâôi, de faoa* tisme continental ou insulaire ; et je ne veux point que les Princes y croient , parce que le leur insi-iiuer , c'est ajouter à oelte lélhargie* On ne fait point d'efforts contre la fatalités le sais au moins • que les I lluminés seront bien aises que vous croyiez ; très-peu à leur influence ; parce que moins vos écrits les feront redouter^ moins il sera pris de précautions contre eus» Je sub même assuré que si vous aviez étudié les restources de» Frères Insinuans auprès des classes supérieures ^ auprès des Cours eites-uicnites^ vous auriez trouvé à cette létliargie bien d'aulrés causes que la fatalité (a).
Loin de moi Vafasurde prétention de croire pan- — - '^ ' — • *- — - - - • 1^
(«) Au reste -, il est réFenetnetii z\ié Ae Toir que TintentioD Ae TAut» vr an Mdrcate u*est rien moîti» fffxe de fayorîfter les Itluminés. l\ est tott OMnikie m^us iàAgné du succès, àe» inepties philostfphi^tes ^ ivi moderne ré^ piéblicanisme , cte là su^rre que lés réyodutions font à la pniprSët'é et ^ tdiitbs rés lois , dé ces jeunes Jaoebîns wr-^ ri\ Mi ieYVtLtYéi^iVà àè Oottingue j de fàudâcedes lei^ très réyolùtk>mutirett i de ce P^acte du NàfA , e est-i^ dire de cette réunion de Théologiens ^ d0 Ptqfksseurs et de Philo^phes du JHolstein , demandaat h»é feràier en Assemblée centrale ^ ajrant S9us elle des Comités sabordontiés , pour former et diriger Véâucation publia aue , a^ec une entière indépendemce du Gou%^ernefnenty des jLoiSi delà Religion etc. (p. 29a.) IlanroitparW tont comme nous des Illuminés-, s'il aToit sa que ces inajptiesfAi-
Î)Ë LlM*lÉtÉ Et DE L^AnARCHÎË. 0^ Voir seul donner des conseils utiles; c'est au con-» traire parce que je Toudrois que le public fût aid^ des vôtres , que je voudrois aussi tous voir mien^s instruit sur la cause de nos malheurs. Je voudrois qu'il se fît une sainte coalition de tous ces hommes^ qui aui talens et au génio>des lettres, joignent un véritable ïèle contre les erreurs révolutionnaireSi Je sais le mal qu'a fait )a coalition des écrivain^ sophistes du club dHolbach ^ sophistes des Tjoges maçonniques et sophistes des antres de Plllumi-^ nisme ; je sais et l'influence de leurs principes sui^ l'opinion, et celle de l'opinion sur nos malheurs; pourquoi les écrivains honnêtes ne s'uniroient-ilst pas pour corriger l'opinion , et ramener le peuple aux vrais principes, en lui découvrant tous les artiGces de la secte qui l'égaré ?
11 est dans son code des instructions spéciale^ que nouls avons vu consacrées aux adeptes pouif séduire cet âge plus accessible k niluâion. Je voudrois inspirer aux pères citoyens > le vœu d'écartef loin de leurs enfant tous les jivres et tous les man
très suspects. Je voudrois que le Gouvernement
tosophUiues et leor succès , sont trèt-spécialemen t l'oîatrtt de la secte ; que ces ëlètes sortant de rUniversitë de Gotiingue , arrivent d'un repaire d'Illuminés ; que C6 Pacte du Nord n'est aii'une branche de Y Union Germa" nique , îmaginëe par X Illuminé Barhdi ; que le plan de cette ëdocatioii' est dû 2l V Illuminé Campe , ci-deTanf Pasteur et Prédicateur de la Garnison de Postdam , ap« pelé à Brunsiricky crand protégé du premier Ministre^ et décoré du titre oe Citoyen Français , en récompense de tout ce qu* il a écrit plus spécialement sur cette éducation indépendante. ( yojr. Révision universelle de ce Îui a rapport aux écoles > etc. t. 6. ) J'en reviens donc àt ire : étudies la secte 9 son code , son histoire , se# moyens auprès des Grands ; et loin de mépriser son influence , TOUS Tcrrez qu elle explique bien mieux que votre fatalisme , la d^fsastreuse létnai*gie des hommet qui deTToient se nsofttrer les pInractiiiB.
436 Conspiration des Sophistes
eût y pour éloigner ces adeptes révolutionnaires -, des chaires piibliques , des fonctions de pasteur ^ de professeur y autant de soins que nous ayons ya la secte en prendre pour les procurer à ses élèves» et s'assurer ainsi de la jeunesse. Malheur à nous , si le détail des précautions nous effraie , lorsque la secte les néglige si peu elle-même ! Lorsqu'on la voit presque aussi soucieuse pour le maître d'école qu'elle placera dans un' village y que pour l'adepte qu'elle insinuera dans les Cours, ou poiu: le Général qu'elle donnera à ses légions !
11 est par-dessus tout une illusion chère au Jacobinisme , celle qu'il cherche à faire par des essais , par des demi-réformes ; celle par laquelle il a le plus tenté les^ Anglais mêmes. Ah ! prévenez sur-tout les peuples contre tous ces perfides essais. Dites^leur que la France a aussi commencé par des essais ; que les succès n'en sont que trop connus. S'il faut humilier ici l'orgueil du sophiste Jacobin » et dissiper l'espoir de tout ce prétendu bonheur qu'il attache à ses systèmes , dites au peuple que les essais sont faits depuis long-temps ; que les brigands LoUards, et les brigands Bécards, les brigands de Jean de Wall , des Mailfotins et des Muncer y nous promettoient aussi le bonheur de l'égalité et de la liberté ; que c'étoit bien la peine de nous parler de révolutions pliilosophiques , quand on ne fait que rajeunir les erreurs de ces sectes les plus viles , les plus méprisées par nos pères , et tout à la fois les plus barbares , les plus dévastatrices. Lorsque, sous prétexte d'avoir des vérités à éclaircir , le Jacobin cherche à vous entraîner dans ses discussions , prévenez ses sophismes ; répondez qu'on ne discute ni avec Weishaupt ni avec Robespierre, L'un nous dit tout ce que dirent les brigands de tous les siècles , l'autre fait ce qu'ils fîrcui. Si les modernes Jacobins i^outeui
DÉ l'Impiété et de l'Anarchie. 437 quelque chose , ce n'est pas aux principes , c'est uniquement aux artifices, à la férocité de toutes ces sectes. Ils n'ont acquis de droits qu'à nos mépris et à notre haine.
Repoussée par ce double sentiment , que la secte perde enfin cet empire de l'illusion , qui prépare tant de triomphes à ses héros ; vous la verrez rentrer dans ses souterrains, dans ises arrière-Loges, qui si long-temps lui servirent d'asile. Elle y cherchera de nouveau à se former des légions d'adeptes , elle y méditera encore de nouveau la ruine des Autels, du Trône et de la société. Mais ici, quel citoyen honnête ne voit pas ses devoirs ? Sous quelque nom, sous quelque prétexte ou apparence que le Magistrat ait cru pouvoir tolérer jusqu'ici les clubs , les antres ou les Loges des sociétés secrètes , qu'attendent donc pour les proscrire , les Puissances qui en ont vu sortir tant de légions de conjurés ? Qu'attendez-voiis pour en sortir vousmême , et vous sur-tout qui prétendez avoir des droits à nos exceptions ? Cette loyauté personnelle que vous nous objectez ,' cette fidélité dont vous faites profession envers la Religion et la patrie , comment les conciliez-vous désormais avec cette affection pour ces Loges que vous savez avoir servi d'asile à tant de sectes conspiratrices ? Ce n'est pas nous , ce sont les Jacobins et les chefs mêmes les plus monstrueux des Jacobins, ce sont leurs lettres , leurs discours , et tous les fastes dé leur histoire , qui vous ont dit tout le parti qu'ils avoient su tirer de vos mystères et de toutes vos sociétés secrètes , pour hâter le succès de leurs cens- ' pirations contre la société générale , contre toute? ' nos lois et tous nos Autels. Vainement voudriez- : vous le cacher : rien n'est mieux constaté dans l'histoire ; ces conspirations sont au moins toute» entrées dans vos Loges } elles s'y sont toutes for^
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tifiées des légioos de tos FrèreSf — Vous n'êtes point de ceux dont la secte osa tenter l'honnêteté? Plous voulons bien le croire; mais. quel garant pourriez*vous nous fournir ?.La s€cte sait si biea donner au parjure le ton de Tinnocence. — Nous voulons bien le croire ; mais ce n'est là pour nous
Ïu'un nouveau motif de vous solliciter , au non& e la patrie même , de sortir de ces Loges : car votre présence n'en sert que mieux à vouer leurs complots. Plus vous^tes honnêtes^ plus les adeptes conjurés s'autorisent de votre noin et de la frater* nité y de l'intimité dans laquelle vous vivez avec eux. — Nous vous adressons nos plaintes à vous* mêmes; avouez que nous pouvions les adresser aa Prince et à nos Sénats. A vouex que vous nousdon-r nez bien le droit de leor dire que vous n'êtes, après tout, qu'un demi-citoyen; puisqti'en vertu de vos «ermens, vous avez des Frères qui votis sont plus chers que nous. Avouez ipie nous avons le oroic d'ajouter : peut-être même n'ctes-vous qu'un en*nemi secret de tout citoyen atucbé à sa Religion jet aux lois de Isa patrie , puisque nous sommes sûrs que^vous faites partie d'une société secrète , dans laquelle il existe une multitude deFrèrès conjurés ^ et qu'il est impossible de distinguer vos Frères conjurés , des Frères innocens de leurs complots contre notre Religion et «los lots. De quel droit vous plaindrîez-vous^ si le Prince et nos Sénats vous excluoient ^e toute Magistrature» de tout emploi qui exige le citoyen tout entier» le citoyen impartial et au^lessus de tout soupçon ; puisque votre afiection est au moins partagée entre la so-^^ ciété géné^rale et vos société secrètes ; puisque cette siiiectipn doit être par vos lois » plus grande pour les inenibiies de vos sociétéssecrètes» qu'elle ne l'est pour nous ; puisqu'il est une vraie dânons-r tration que les sociétés secrètes sont pour un très«
DE l'Impiété et de l'Anarchie. 43^ grand nombre de leurs membres des sociétés con^ piratrices. En yain parUriez-rVons de quelques Loges qui ne vous ool point offert de danger. N'eus* slea-voiis été initié 4{u'aax mystères de la grande LiOge de Londres ; apprenez qiie, malgré toutes nos exjceptions ^ cette Loge eile-méme est devenue -suspecte, et qu'on se croit fondé à nous reprocher nos exceptions. ( Voyez le Monthly Reinew , ap^ pendice au 35«. vol. , p. Sq4« ) Si vons êtes asses peu jaloux de votre honneur pour rester insensible à ces soupçons , souffrez que je vous parle au moins au nom de ce genre humain dont vous dites que l'intérêt vous est' si cher.
Il n'y a pas encore un siècle, le reste de l'Europe vivoit dans l'jieureiise ignorance de vos mys- •térieu&es Loges. Vous lui en fkes le désastreux .cadeau ; elles se sont remplies de Jacobins ; et tt en esi sorti le plus épouvantable jQéau dont l'Univers ait été aflligé. Vous leur avez donné pour le Soduire, les mystères de votre égalité et ae votre >erté; vous leur avez donnépour le mûrir et pour le combiner, vos ténébreux as^iles ; et poury prépaner ieiirs élèves , vos sermens , vos épreuves» Vous leur avez .donné enfin , pour le propager 4l'unpiôle à i'autBB , votre langage y vos symboles , Jiros ^nes , ^«os .cavaclères , vos directoires, votre hiérarchie et toutes les lois de votre correspond* danoe invisible. lies enfans , je le veux , ont ajouté 'au secret des pères ; mais n'y ont-41s donc pas as« sez ajouté pour abjurer le lien qui vous unit ? Vos Ijoges .ne sont-^elles donc pas assez souillées , pour vous liater d'en sortir ? Le fléau qu'elles vomissenjC n'est-il donc pas assez désastreux pour en fermer à jamais toutes les portes ? O vous , à qui le Ciel accorde sur les flottes de la secte des trion^phes si éclatans ! .l'Univers attend encore de yous une yicioire plu&.utUe peut^étf e« lia SQcte disparoi l au
Ee 4
44o Conspiration des Sophistes grand jour devant vos Amiraux ; chassez-la des ténèbres où elle se flatte d'être née de vous. Montrez que si l'abus de vos mystérieuses sociétés a pu être fatal à l'Univers , il vous en coûte peo. a'ôter à de vils conjurés un prétexte qui peut obscurcir votre gloire. Prouvez que si des jeux inno— cens chez vous ont pu se changer en fléau, ce n'est pas à votre ame que coûtera un sacrifice utile aux Mations. Votre exemple est puissant , et il vous appartient de donner celui de Tanathème sur toute société secrète ; de fermer les Loges maçonniques, et de les fermer sans exception et pour toujours, quels que soient leurs mystères. II n estpoint de ces antres où la secte ne cherche à pénétrer. U n'en est point où le Magistrat public, où le vrai citoyea puisse être asstu'é qu'elle n'est pas entrée avec ses complots, avec tous ses moyens de séduction. Plus vous êtes vous-même zélé pour nos lois , moins vous pouvez nous servir de garant contre ses projets ; puisqu'à côté de vous , elle attend de vous avoir séduit pour se manifester à vous. Frères Maçons Anglais , vous avez fait au monde un présent devenu bien funeste ! que votre histoire se ter* mine en ces mots : Le fléau étoit sorti des Loges qu'ils avoient données aux Nations ; ils surent sacrifier leurs {H'0{H'es Loges pour le salut des Nations.
Ce que nous disons aux Frères de la Maçonnerie Angolaise , pourquoi tous les Frères honnêtes nese le .airoient-ils pas à eux-mêmes sur le continent? Leur présence dans ces asiles de ténèbres , n'an* toriseroit plus les Jacobins à s'y réfugier avec tous leurs mystères. Réduits à eux-mêmes, les Sophistes ou brigands ennemis de nos lois , par cela même qu'ils s'y trouveroient seuls , parleroîent vainement de l'innocence de leurs jeux. S'ils continuoient à fréquenter ces antres , le Magistrat ^
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en sévissant contre eux y n'auroit plus à craindre les réclamations des citoyens honnêtes. Tout lui diroit alors qu'il est temps de frapper toute société secrète de 1 anathème de la loi. Alors toutes les productions publiques de la secte supprimées ou rejetées ayec indignation par tous les citoyens; les vrais principes seuls présentés au peuple , et prenant dans son esprit la place de toute erreur désorganisatrice ; alors encore » la secte chassée de tous ses souterrains , nous pourrions enfin nous flatter de voir la vérité et la lumière succéder à toute cette guerre <l'illusion, d'erreurs , de ténèbres , qui par les triomphes des Jacobins sophistes va par-tout préparant les triomphes des Jacobins brigands et destructeurs.
Mais ils sont arrivés , ces jours si long-temps attendus dans les mystères de la secte , ces jours de brigandage et de dévastation. Les adeptes se sont multipliés dans les ténèbres ; ils en ont fait sortir leurs légions. Sans renoncer à cette première guerre d'illusion, ils ont ouvert celle des piques et des haches, de tous les foudres révolutionnaires. Souverains et Ministres des Empires, c'est à vous qu'appartient le soin de répondre par la valeur de nos héros et par la forcené nos années , À ces hommes de sang ! Il ne m'est point donné d'entrer dans les conseils de nos guerriers, et de délibérer avec eux sur les moyens de repousser la secte au champ de Mars. Mais pour en triompher par votre valeur , nous sera-t-il permis d'avertir votre sagesse, qu'il est pour vous une autre étude à faire que celle de la force? Le Jacobin n'est pas un ennemi commun. Il vous fait une guerre de secte , et Ton ne triomphe pas des sectes comme de ces héros , ou même de ces brigands , de ces barbares simplement ambitieux de conquêtes ou avides de butin. Tous les combats ici sont ceux
44^ GONSPIILATIOK BES SOPHISTES
de Topinion. Le Jacobin en a tout le dëlire» mais il en a aussi toutes les ressources* Pour triomphef de ses fureurs, coBUDeaces donc par connokre Tobjet de son délire.
Je l'avois annonce ^ je croîs en aw>ir fourni a&> sex de preuves : dans cette gueire de piques et de foudres, la secte n'enroie pas ses légions pour s'emparer des sceptres ^ mais pour les brber toua.^ Elle ne promet ni à ses soldats , ai à ses adoptes , la couronne des Princes, des Rois^ das Empereurs ^ • elle' exige des uns cmome des autres le serment de broyer les couronnes^ les Princes, les Rois, iesEm^ pereurs. Bims tous , ce if esc pas taème YOtre personne qu'elle hait, cîe&t le ehef^ le ininistre de Tordre social. La guerre qu'elle fait ans Nations^ est contre etles ce qu^eBe estcomre vx)nsX)'est encore laguerre deTopinionqui hait, non pas l'Anglais, mais les lois de l'Anglais ; qui déteste , non pas le fiermain ou l'Espagnol , l'Italien , iOn bien tout autre peuple:; mais le Dieu , les Antels , les Séinats , les Trônes du Germain , de l'Espagnol , de l'Iialien tet de toufc autre peuple. Ne ^oub y rompez pas, ses Peu tasqiies y sans doute , s-efibncent àt .plier ^eâ ju^ojets et ses complots .à leur audaitkm .; mais ses nystè^ res nous l'ont assez appris^ ee n'est pas pourmettce d'Orléans, ou Barras , ou llewbel^ur le Trône ^ qu'elle vote la mort de Louis 3LYL Elle «eaen de ses lyrans pour abattre les Rois ; maïs elle se resserve d'abattre ses tyrans , quand enfin elle aura I brisé par eux tons les liens de b société. Non , ce I n'est pas un nouvel empire qu'elleyeut^^tabUr ; c'esc 1 k la nullité memexle tont empire , de tout ordre ^ / de tout rang, de toute distinction , de toute pro-i* [ }N*iété , de tout lien social , qu'elle veut arriver» <^'est là le dernier terme des;mystères de son éga- , JTté 'et de sa liberté ; c'est là ce règne d^anarchie \ et d'absolue indépendance , proclamé dans ses aor
QE L^ÏMPTÈTÉ ET DE L'ÂliTitRCHlE. 443
très-, sons le nom de règne patriarcal , r^gne de la raison et de la nature. .
Souverains et Ministres , vous tous sur qui re^ posent les intérêts des Gtoyens ! savez-vous pourr quoi nous insistons sur cette haine dominante , gratuite , générale, seul principe ultérieur de toute cette guerre ? Cest qu'elle tous apprend à n'op-
5 oser vous-mêmes à la secte qu'une guerre toute 'amour , de zèle et d'ardeur pour le maintien universel de Tordre social* C'est qu'il £aut ici plus que jamais vous résoudre à mettre de côté tout ce qui n^est qu'intérêt personnel ., tout ce qui vous feroit oublier l'intérêt général de la société. C'est que » dussent pour un mslant les intérêts de la secte se combiner avec les vôtres, il n'en faudra pas moins suspendre ici tous ces ressenlimens mutuels de puissances , ou même de natioas jadis émules, jalouses et trop long-^temps ennemies les unes des autres ; c'est que malheur k vous , politique tm-»prudent , si vous croyez un seul instant pouvoir faire servir la secte, ou seis principes, ou ^es bras ^ vos propres vengeâ^nces , .à vos vues personnelles , sans que les services que vous en attendez se tour^ jient contre vous !
Je ne suis point de ceux qui , duns les premiers mouvemens Oe la Révolution iFrançaise, ont cru voir les ressorts de cette absurde et £aneste politi-
aue s'unissaat aux Jacobûas, si non. pour écraser, u moins poor afibil^lir *uae puissapce antique, dont la gloire fatiguoit celles mêmes >qui partage* rent le plus tout Son écbit* ie sais ce que la secte sufiisoit à faire d'elle«*même , quand elle est sertie de ses antres. Mais qu'elle ne spit point perdue pour l'histoire, qu'elle soit toujours présente aux Souverains , la leçon terrible que leur donna cet homme regardé si long-temps comme le grand po« Utîque du siècle. La secte s'annonçoit en Amérique^
444 Conspiration des SopmsritS avec les premiers ëlëmens de son code A'égalité^ de liberté et de peuple souverain ; par des combinaisons désastreuses , Lafayette , aEstaing , Rochambean y volèrent aider ce peuple souverain à secouer le jong de la mère patrie. Je n'entre point ici dans la discussion des droits , des prétentions , entre Philadelphie et Londres ; mais qu'il sorte 'aujourd^ui du tombeau, ce Yergennes, faiseur en Amérique et fauteur en Hollande, des révolutions dn peuple égal et libre ; et qu'il voie ce que la secte a fait du Trône qu'il prétendit venger par elle, en abaissant une Puissance émule. Qu'il se joigne à Vergennes , ce Mercy d'Argeiiteau , Ministre de Joseph II, et qu'il voie à quoi ont ai)outi les services de cette populace souveraine qu'il se préparoit à convoquer dans le Brabant , les services des prétendus amis du salut public y c'est-àdire , de ces émissaires de la secte déjà régnante dans Paris , de ces Jacobins qu'il accueilhit etqu*il fawrisoit , pour arriver à l'oppression par l'anarchie. ( Lett. sur les affaires des Pays-^Bas Autrichiens , lett. 2 , p. 3i . ) Non , la secte qui jure ^e briser tous les sceptres , n'est pas faite pour étayer le vôtre ou le venger. Loin donc toute alliance , toute union de ses principes , de ses moyens avec les vôtres ! Elle ne perdra pas de vue l'essence même de ses projets ; elle ne semblera s'ouvrir à vons , çn abattant ce Trône que vous jalousex , que pour vous trouver seul , quand eUe se tonrnera contre vous.
C'est peu de renoncer aux désastreux services d'un moment ; quand l'ennemi commun de la société se montre , il faut que tous les chefs de la société ne voient plus que l'ennemi commnn à repousser. Tout ce que vous ferez contre lui , vous l'aurez fait pour voos, pour votre peuple , ou pour celte partie de la société et des Empires dont voas êtes le chef. Loin donc ici encore ces calculs dé
DE l'Impiété et de l'Anarchïe. 445 tout ce qu'il pourra vous en coûter de sacrifices et d'efforts , ou de ce qui pourra vous en dédomma*ger ! Quand vous voyez bniler ce toit voisin de vos palais , est-ce assez de ne pas ajouter à l'in^ cenoie ? ou bien commencez-vous par demander quelle sera la récompense des soins que vous donnerez à éteindre les flammes ? Plus foUemeiHi avide , perdrez-vous à piller cette maison en feu ^ un temps que Tincendie ga^ne pour embraser la vôtre ? Sauvez tous les Empires , vous sauverez le vôtre. Tous ceux que vous laissez au Jacobin le temps d'abattre , sont autant d'obstacles qu'il écarte pour arriver à vous. Tpus les foudres qu'il sait ti** rer de leurs ruines, et toutes ces nouvelles légions dont il se fortifie, assureront-elles vos dédomma-^ gemens ? ou bien à force de bassesses , de tempe*, ramens et de complaisances , attendrez-vous des exceptions ? et vous flatterez-vous de trouver tou-. jours neutre le Pentarque qui aura fait semblant de n'en pas exiger davantage de vous ? Ou même encore , dans la désertion de la cause. commune y vous reposerez- vous sur des traités de paix, sur des traités même d'une alliance offensive ou défensive?, O pudeur ! ô oubli de la cause commune! ô honte! ô lâcheté! Non, non, vous n'auriez pas pensé à ces traités , si vous aviez connu la secte qui vous les proposoit. Vous les avez signés ! jVous n'ctes pas en paix , et vous n'êtes pas neutre à son égard ;. vous êtes son esclave. Vous avez fait de votre ^ sceptre ce qu'elle a impérieusement voulu que vous en fissiez, en attendant qu'elle le brise. Vous êtes resté neutre ! c'est-à-dire , vous n'avez pas os^ résister au Jacobin', qui n'attend, pour vous faive . sentir tout le poids de vos fers , ou pour vous immoler, que d'avoir triomphé de ceux qui pouvoient TOUS défendre ou venger votre mort. Vous avez fait la paix avec cet ennemi commun de la société l C'est^a-dire , que vous avez juré de laisser égorger ,
%\^ Canswratîon Des SôPttisiM la société emière , renverser tous les Troues « broyer toutes les Puissances, sans opposer la moindre résistance. Vous avez fait des traités d'alliance! c'est-à-dire , que vous avez juré d^aider les destructeurs , les dévastateurs à déthiire et à dévaster. Vous sentez , comme nous, td honte, la bassesse, Fopprobre de la neutralité ,. de fa paix et de tous ces traités; àrais il ^st Une forée majeure... Eh bien , dites-le donc que vous êtes vaincu ; que tous êtes déjà éscfave de la secte , el nous voua répondrons r ne faùt-il ddi^c jamais savoir mourir^
Çlutôt que de subir le joug ? Est-il sauvé , ce Vône , stur lequel la secte ne vous Laisse que pour régner par tons ? Est-il sauvé, ce peuple, quand il faut qu^ ses btas sei^ent jusqu'aux forfaits des Jacobins? Y&{.A\ sauvé ^esclave enchaîné sur le banc des galè/es, et dont les bras ne peuvent quV giter des rames pout le service du pirate? Ah! s'il Vous reste cncôî^ (Quelque force et quelque liberté, lerez^^vôus , dt* cômbà(tei^ encoj^e les combats de la société. Si cette taine image de puissance que la secte tores laissé peut encore vous séduire , écoutez ddric 7a secte même , par la bouche de J^an de BrYj et au mifieu de ses législateurs , sollicitant la légidil régicide , le décret qui devoit envoyer douze cents assassins tuer , non pas un Roi, niais tous les Rois ! fie vous ont-ils pas dit assez claii'emem ce qh'ils veulent de vous , de votre peuple y ces législateurs, mêmes , lorsqu'ils ont àécloté/ràtetnisér avec tout peuple qui voudra s^ecouer le joug de ses lois , de soil chef, de ses magistrats? {Décret du g no^. 1 792. ) Quoi! vous croiriez encore qu'il est rth Roi exempt de la prosi^ription ? et voua voyez la secte cél^rer tous les ans la fête des bourreaux de Ifeur Roi ,. et vous les entendez décréter , répéter dans leurs fêtes , en
Srésence de ces Ambassadeurs de Rois neutres ou eRoîs âHiés , ië plus $olëdnerde kors sermens ,
DE l'Impiété et de l'Anarchi£« 44j fe senneiU de haine à la Royauté ! Vous voyeift leurs adeptes, jusques dans vos c\mTe.%^ enseigne* mentpublic^ annoncer qu'encore quelques années^ ' «t les derniers mystères de la secte seront remplis ; il n'y aura plus ni Roi y ni magistrat , ni nation ^ ni patrie , ni société gouvernée par des lois ; et TOUS hësîierei S oublier toutes vos jalousies y toutes '^ vos dissensions personnelles ; à mettre de côté toutes ces réserves , toutes ces prétentions, toutes ces méfiances, et ces altercations, et ces inimitiés de Roi à Rot , de pcupk à peuple , de puissance à puissance , quand il s'agit de sauver ^ non pas vo« tre puissance, mais toutes les puissances , non pas votre peuple ^ mais tout peuple vivant en société, ou sous des Rois , on sotis des lois quelconques l
Il en est encore temps , les nations sont encore plus puîs^anies que la secte ; que toutes les nations, . que tous leurs Rois et leurs Sénats; que tous leurs citoyens s'unissent ; que pas un seul liomme vi<* vant en société , ne regarde comme étrangère & sa ^ , personne cette guerre d'une secte qui a juré la ruine de toute société. Que le Jacobin ne soit pas le seul à connoître les ressources de l'enthousiasme. ' ' Celui de la patrie, celui de ses Autels , celui de ses lois, celui de vos fortunes , de vos enfans, de vos villes, de vos maisons , celui enfin de l'ordre social à conserver, seront-^ils donc ou moins actifs , ou moins puissans ? Vous inspireront-ils moins de courage y et vous résoudront-ils i moins de sacrifices que l'enthousiasme du délire ? et sera-*t-il dit que les brigands seront toujours les seuls k connoître le prix de l'union et du concert des forces ? Par-tout ils ne sont qu'un ; ils n'ont qu'un même objet; ils ne servent qu'une seule et même cause. Ils sont frères pai^tout, par cela seul qu'ils |j voient par-tout l'ordre social à renverser* Chefs \\ des nations, soyez frères comme eux, par cela 1 fieul qu'il est pour vous tous tm intérêt coaunun 4 )
448 Conspiration des Sophistes conserver cet ordre social. Voilà ce que j'appelle une guerre de zèle pour la sociëlë , une guerre toute dirigée contre la secte même , et la seule qui puisse lui ôter ces ressources, que ne lui ont peut-^ être déjà que trop fournies des politiques accoutumés aux guerres de vengeance , de jalousie et d'ambition , peu habitués aux sacrifices que pres^ criventles guerres d'un intérêt commun et général. Lorsque j'invite ainsi toutes les Puissances , toutes les Nations à joe faire , en ^lelque sorte y qu'une seule Puissance » qu'une seule Nation , & n'avoir toutes qu'un même xèle et qu'une même ardeur dans les combats contre la secte , me de* mandez-vous, lecteur 9 ce que devient cette guerre toute d'humanité , de conservation, que je voulois voir opposée à cette guerre de fureur, de destruction , de rage qu'elle fait elle-même à la société ? Sans doute, répondrai-je , sans douté, il m'en coûte de sonner en quelque sorte , moi-même le tocsin qui appelle toutes vos légions au champ de Mars ; mais lorsqu'enfin toutes celles de la sectese nourrissent de sang et de carnage ; lorsqu'il est des cent mille et des cent mille citoyens que leur tranquillité, leur aversion même pour tonte résis-tance, n'empêcha pas d'être victimes ; lorsque[des femmes, des vieillards, des enfans ont été égorgés nouvellement encore dans les montagnes de la Suisse , comme dans les plaines de la Vendée et dans toute la France; lorsque par-tout où la secte peut faire arriver ses armées cle brigands , il faut ou ployer le genou devant l'idole, ou tomber sous les piques, quel est ici le véritable ami de l'huma* Bité ? Celuirlà pense^-îl à conserver la société ^ qui laisse les armées de la secte se promener successivement du Brabant en Hollande , de la Savoie . en Suisse, du Piémont au Milanais , à Rome , et par-tout renverser Tordre social , parce que partout elles m trouvent (|u'une ré^stonce foible et
isolée?
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îsolëe ? Le véritable ami de rhumanité, est-ce donc celui qui laisse lé fléau s'étendre et ravager Europe, ou bien celui qui vous presse d'eu étouf« fer le germe ? La main couservatrice de vos jours ^ est-elle celle qui, craignant de toucher à la plaie ^ la laisse mûrir des semences de la mort ; ou bien celle qui , appliquant le fer et le feu , tranche le membre gangrené pour conserver le corps ? Oh ! si vos cpnseiilers d'une cruelle humanité avoienc vu qu^une secte, dont Tempire* est tout dans la. terreur , dont les moyens sont tous ceux des bri-^ gands assassins , ne doit pas être domptée par de^ perfides complaisances ; combien ils eussent épar-; gné d'horreurs et de fleuves de sang ! Combien cette terreur a donné à la secte de citoyens et de sol-> dats , qui eussent mi^ux aimé servir, contre elle que pour elle ! Et coijnbien encore qui, malgré la terreur , se fussent joints à vous, s'ils avoient a*Li vous voir armés uniquement contre elle , non pocir votre propre ambition ! Je ne suis point entré dans les. conseils des Puissances ; j'ainie à croire l'erreur de mes compatriotes mal fondée; çt peutêtre faut-il la rejeter siu* la secte même , qui en tire un parti si désastreux; mais combien de soldats elle a su se donner , dont le courage eût été tout pour vous , si vous étiez venu à bout de les convaincre que votre cause étoit uniquement celle de leur Roi, de leurs lois et de leur religion; s'ils ne s'étoient pBs crus entre deux ennemis , çt obli-
Îi;és de repousser celui qui venoit, non pas pouc es défendre, mais pour profiter de leurs dissensions, pour se faire une proie de leur patrie , ou pour leur ménager le sort que la Pologne et Yenisq ont subi ! Qu'il soit au moins ôté aux Jacobins ce vain prétexte ; que tout peuple opprimé apprenne de vos déclarations franches et soutenues par les faits , à ne plus voir dans vous que de vrais Tome IV. F f
45o CONSWRAtrON DÈS SoMiSTËS
libérateurs ; et dans tos légions ^ qtie des hotnmes armés par le vœu seul de rétablir Tordre social.
Mais que fais -je, et au'allois- je promettre^ Verrois-je donc le sort de ma patrie ^ le destin des Empires , dépendre tout entier de la force de nos armées ? An ! il est une guerre que la secte nous fait plus terrible que celle de ses brigands. Les succès de stm impiété , la corruption des mœurs > Tapostasie d^un siècle se disant celui de la philosophie ) yoilft ses véritables armes et la grande Source de nos désastres» Vous que ces vérités effraient , parce qu'elles vous touchent de plus {>rès, remontez aux causes de vos malheurs , et apprenez à les retrouver tontes dans cette apostasie*
Avec tout le génie dès démons , un désastreux sophiste s'écria : je ne servirai point , ma raisoai sera libre. Le Dieu de la Révélation me pour-» suivra , je i>oursuivrai le Dieu de la Révélation. Je me terai contre lui une école ; j^aurai mes adeptes conjurés avec moi , et je leur crierai : Ecrasez Finfâme , écrasez Jésus-€hrist. •— Cette école s'est établie sur la terre ; des Rois , des Grands du monde ont applaudi à ses leçons ; ils les ont savourées parce qu'ils y trouvoient la Cherté de toutes leurs passions. Voilà le premier J>as de la Rév6lution. Ne m'importunez plus de Tos inutiles réclamations ; relisez les fastes de Timpie que vous avez idolâtré; c'est là que sont nos preuves. Princes , riches , seigneurs , chevaliers y voilà le crime ^ non pas de chacun de TOUS , mais d'un nombre si grand parmi vous ,
3ue je peux en quelque sorte Tappeler le crime e votre caste. Lies prêtres de ce Dieu que vous aviez abandonné , Vous avertirent qu'il etoit des fléaux réservés aux apostats ; que votre exemple seroit funeste au peuple comme à tous. Souvene2r- Vous comment furent reçues ces menaces ; mais jeprenex les fastes de l'école que tous noas
DE L'Impiété it de l'Anàaciqe.. 45 1 ^posiez. Le Ciel » dans sa colère ^ laissa le$ élèves des sophistes se multiplier comme les sau^ tereiles. Ils se crurent aussi les Dieux de la raison; ils dirent aussi : nous ne servirons pas ; mais c'est en jetant les yeux sur tous , qu'ils ajoutèrent : l'oppression et la tyrannie ont mis sur le Trône des hommes comme noqs ; le hasard de là nais* sance a fait des Nobles et des Grands , qui valent moins que nous. Ils le dirent, et ce que la liberti^ des passions vous faisoit faire contre Jésus-Christ^ l'orgueil de leur égalité le fit contre vous. 11^ conspirèrent contre le Trône et contre les Grande oa les Nobles qui l'entourpient. — Frappés d'aveuglement , vous accueillîtes cette nuée de So?? phistes conune vous aviez accueilli leur maître* ^— Les Prêtres du Seigneur vous avertirent encore
r\ toute cette école d'impiété » avec la ruine de l'Eglise j entraîneroit la vôtre ^ celle des Lois ^ des Magistrats, des Princes et des Rois. La raison ell^méme v^oiis parloit hautement comme vos Prêtres ; niais vous aviez fermé l'oreille à la ré-r vélation ; vous refus&tes d'écouter la raison*
Le Dien que vptre apostasie irritoit chaque jour,. laissa cett^ iiuée de Sqpbistes s'enfonc^ dans l'abiae des Lpges ; et là sous le voile dq^
Î*eux jma$pnni€|ues,, les arrière^ adq>tes réunirent eur copspiitition contre l'Autel , contre le Trône^ contre toute grandeur , à celles de ces s^es don( vous étiez les dupes» Les .adeptes se multiplièrent autant que les Sophistes. Sous les auspices d'ni» jiouveau sage , ajoutant l'impiété à l'impiété ,. le i>lasphème au blasphème , se forma , sous le nom d'illuminés ,, une nouvelle secte , méditant ^ comme le héros de votre apostasie d'écraser Jésusr Christ ; et comme les élèves de ce héros ^ jurant de vous écraser vous-mêmes; et comme toutes les sectes des brigands , d'écraser tout empire des lûjis. C'étcHt à ses complots que se rédoisoieat
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'iSs Conspiration des Sophistes
tous les fraîts de la philosophie que vous vous obstiniez à regarder comme la vraie sagesse. Pour vous désabuser enlîn de cette idole, et bien moins encore pour se venger que pour vous rap-^ jpeler à la Foi, aux vertus de son Evangile, savezvous ce qu*a fait votre Dieu ? il a fait taire ces Prophètes eux-mcmes et les Docteurs de sa loi. Il leur a dit : « Laissez-là ces léçotis que vous i> opposez au délire des impies. C'est à moi qu'ils ^ opposent leur raison ; c'^est.mon fils qu'ils ont 3> fait serment d'écraser. Ils veulent être seuls à » régner sur ce peuple. Ils ont pris sur eux » seuls le soin de le conduire au vrai bonheur ; » je les laisserai faire : j'abandonne- ce peuple à y»' leur sagesse. Sortiez du milieu tl*etix , vous- tous , » mes Prêtres et mes Pontifes ; emportez avec >> vous l'Evangile de mon fils ; laisser les sâjges y» abattre ses Autels; laissez-les au milieu de s€S i» Temples élever des trophées an héros qni )» voulut l'écraser , et que ce peuple marche n guidé par la lumréré seule de leur raisoir. » Sortez, retirez-vous*; mon Fils et 'moi, nous 'y> livrons et ces Grands*, et ce peuple, à leurs V» sages. Qu'ils soient Conduite ^r èui^ pnisqu'ib > ne veulent plus de moi et de mon Fils. »
Français , ainsi a dit le IHeu dé vos pères. Oh ! qu'il sait bien confondre fà prudence des pru^ dens ., la sagesse des sages ! Parcourez S présent ce vaste empire qu'il a Kvré à votre prétendue philosophie. Ses Prêtres- n'y sont pllis, ses Autels sont abattus , son Evangile a disparu. Calculez A présent les forfaits et les désastres. Promenezvous sur ces niînés ; voyez et ces débris et ses décombres. Demandez à ce pertple ce que sont devenus ces miflioils de citoyens qui peuploîent ses campagnes et ses villes ? Dites-lui r quelle inondation de Barbares est venue leS désoler ? Qu'est devenue cette ville si fière de sa grandeur
•"DE lIm^îété et de l*AnarchibV 45* et de la pompe de ses palais ? qiie sont -elles devenues ces autres villes, les émules de Tyr? Où s'est-il écoulé cet or aue leurs vaisseaux apportoient chaque ann^, des rives de l'Aurore et des îles de l'Occident t Cette joie et ces champs d'allégresse, pourquoi .sont'^ik; chauffés en pleurs et eti gémissement ? Ces fronts , jadis l'imagé du bonheur, pourquoi 'sont-^ils couverts du sombre voile de la terreur? Et pourquoi ces soupirs qtre la crainte d'être entèn/àûs étouffe yainemenit ? Vous tous , peuples naguères si heureux encor^i sous les Ibis de vos' pères ; aujourd'hui en • proie i tous -lès maux de la Bévoliition, n'avezrtom pas ses' ^Mlôsophe^ et toute- la sajgesse de sei déistes ^ 'de ses athées ou de ses phillnti^pèS'f Vonis stir^^toùt ,* disdples^ et iong^temps t^lés pfcM» tèctéurs de tous ces sages de la Révolution , d^ôà vient donc que vous êtes aujourd'hui errant et vagabonds ,' pauvres et désolés -sur* toute la' âtfr*^ face dé l%iirèpe? N'ëst-elle pa^ aujourd'hui triom^ phante dans le centre de son Empire ;- cette philosophie dont vous aviez fait votre Idole? '
Ah! qu'ils sont accablans , ces* sarcasme» d^uR Dieu trop bien* vengé ! Matheiireuses>vîttimes de TQtre confiante' à tarit de faux sbge^l^icoivcèvet donc enfin qu'il est terrible 'd'être 'dkaindonfié & retnpire'de Ifeiir impiétés Avouez qu'elle a été bien désastreuse votre erédul^é , 'votre confiance à ces bélM sophi^tei^. Il» vous avoient proMs omié i^vo- Inlipn de sagesse, de lunOFfères;' d«(Tertas^ dt ib vous ont donné m»e révohitidn! dendéKiey d'extravagance et^ de scélératesse. \h cvôns av'oient promis une résolution de bonheur ;> d^égalité , de liberté, deTftge d'or, et ils vous <mt doiiné une révoitition, è elle seule y le ptM épeu^vantable dès 4éau1f qu'un Dieu , jugement irrité par l'orgueil et •par l'impiété des hommes, ait jamais v<ersé stfr la terre; et voilà le terme de toute cette impiété
!|54 CmsPiRATroN DEftSopHism^ etc.
S'il TODs plut d'aMpel» pbUosophie. Encore vimi s y il oe s'agit plus de contester sur la cause primordiale de nos malheurs i die est trop évi* ëeme. £t Voltaire et Jean-Jacques sont les héros de la Révolution » comme ils furent les héros de TOtre philosophisme* Il s'agit de mettre «n terme i votre illusion » si yous ne voulez pas que le fléau continue , ou bien être san^ cesse exposés au danger de le voir renaître. Il faut que la révolution soit la mort de cette philosophie d'impiété » ai vous voulez qu'il s'apaise y ce Dieu qui n'envoya la. révolution que PQUr venger son Fils. Ce B'est pas en persistant dans l'otitrage , en laissant dans votre coeur la première cause de vos délaairei , que vous en trouvères la fin. he grand crime dii Jacobin |.. c'est son impiété; mais sa crande ressource ^ c'est la foiblesse ^ hélas ! peutêtre la nullité de votre foi* U a TËnfer pour lui^ t«Qt qu'ilcombat contre Jésms-Christ; yous n'aurez pas les. Cteuai pour votis ^ tant qiié vos ouBurs 0a vôtres incDéduUté vous tiendront » comme lui ^ ennemis de Jésus^hrist* Par voire inipiété vous lëier^ frères du Jacobin 1» vous. 4105. Jacobins de là févolut^oft contre l'Àuiel; :ce n'est pas en persis*ttnl eomme lui dans cette haine, de l'AuW 9 que .TOUS anaiserez. le Dieu qui venge cet Autel par la révolution des Trônes ^ et par la perte de vos propriétés t de vos rangs , et de vos dignités*
Teile.estia dernière^ telle est la pl^ impor* .tante des leçons que iMms donnent ces fléain: proagressifs.,; comme les ooaq>tats»éme des Se^histes iie Pimjdété'y ies S<»hia0s de la f^àbdUan , de$ Sophistes de (anarchie* Puissé-je f avoûr profon* •dément inculquée dans l'espit de mes lecteurs ! ,Pttisse^t^le.'Siir-tQiU disposer^es voies au retour de la Religion , des lois et du boidieur dans mn
rrieî Et le Dieu qui soutint mtes travaux» ne aura pas. laissés ^ns récomp^qso^ FIN.