‹ Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinismeChapitre 59 sur 61 · AU · texte numérisé non relu

AU

DE LljtfPIÉTÉ ET M L*AnaRCMIÊ. 353 logions et aux foudres de ses héros-carmagnoles*

Celui de ses hëros » le plus eaflé de ses succès ^ et celui qui devoît le moins s'en promettre^ parce qu^il est le plus dépourvu de Hnlrépidité et des talens qui font lès grands capitaines ^ le général Custinej dès la première campagne révolutionnaire^ a étonné TËurope par la prise de Spire ^ de Worms , et sur-tout par celle de Mayence ; mais que l'Europe sache où toutes ces conquêtes se préparèrent ; et à Tétonnement succédera Tindi*gnation contre le club des traîtres adeptes de Weishaupt.

Condorcet , Bonneville et Fauchet ont distrî^bué en départemens la correspondance de leurs propagandistes ; Strasbourg est le centre qui réimit les adeptes Français à ceux d'Allemagne* En deçà du Rhin et dans Strasbourg même y se signalent les che£s des Loges illuminées, Stamm^ et cet Hermann dont le nom de guerre est Hyéro^ philcy en attendant que TAlsace, à plus juste titre, lui donne le surnom de Guillotineur , aussi biea

2u'à Dietrich , son confrère en IlluminismCé Au elà des frontières , sont les adeptes correspond dans pour Worms et Spire , le ministre de Calvia Endemann , le syndic , Peterson , ou bien le Bélisaire de Weishaupt , le chanoine SchweîC'^ Icard son Cfrille d Alexandrie , Kcûiler son Zenon de Tharse , Janson son Lucius d* Apulée ^ Hullen son Virgile ^ le chanoine Winckletnann j et sur-tout Bœhmer , professeur à Worms. Ces adeptes sont dans une parfaite intelligence avec le club de Mayence ; c'est-à-^dire avec celui-là même sur qui repose plus spécialement la défense de cette ville , avec Èickenmayer , colonel Ingénieur , et avec Metternich , lienzel , Kolborn , Vedekind , Slau , Hauser , Forster , Haupe et Nimis. C'est à regret que je souille de tous ces Tome IV. Z

354 Conspiration des SoPHisits noms les pages de l'histoire ; mais il lui faut ces preuves , et c eu est toujours une de montrer que |usqu'aux noms des plus vils conjures , tous sont connus. ( Voy* Hoffmann ^ avertis, import. secL 1 5. }

Depuis long-temps tous ces adeptes étoient occupés de soumettre aux Jacobins , Mayence et toute la rive du Bhiu , de disposer la bourgeoisie et les paysans à la Révolution , par les éloges qu'ils en faisoient sans cesse , et par leurs émissaires. Au moment où Custine entre en campagne, son aide- de-camp , devenu son historien , nous le montre donnant sa confiance à ce même Stamm , fameux adepte Strasbourgeois. Bientôt une députaiion des principaux Illuminés invite Custine à pénétrer dans h pays , et l'assure quHl comblera les çœux du plus grand nombre des habitons. Ils ajoutent que s'il étoit inquiet sur les moyens de surmonter les difficultés apparentes , ils peuvent rassurer qu'eux et leurs amis ont assez de pouvoir pour promettre de les lei^er ; qu*ils sont les organes d'une société nombreuse , au nom de laquelle ils lui promettent un dés^uement entier y et la plénitude de leur zèle pour contribuer à ses succès. ( Mémoires de Custine , t. i , pag. 46 et 47* ) -^ '^ ^^^^ ^^ ^^^^^ députation brille surtout Tadeple Bœhmer , il devient avec Stamm le Ïremier confident du général. Aidés de tous les ières députés , ces adeptes dirigent tous les mouvcmens de Tarmée carmagnole ; ils lui font prendre Worms ; ils veulent Tentraîner à Mayence ; Custine est efl'rayé de lentreprise ; ils insistent , ils le pressent ; il se résout enfin ; son armée est devant ce boulevard de TAllemagne. A Taspect seul de ses remparts , tout l'etltoi de Custine renaît ; les Frères le rassurent , dictent la sommation qu'il doit faire au général Gimnich; la réponse qu u en

DE l'Impiété et de l'Anarchie. 355 reçoit le fait penser à la retraite avant mcme d'avoir commence Tattaque. La nuit suivante , une lettre des Frères de Mayence change ses inquiétudes en nouvelles espérances. Elle est adressée au Frère illuminé Bœhmer , et lui apprend que Tami possédant la confiance du Commandant , est décidé à tout employer pour lui persuader F impossibilité de défendre la place; que les Frères ont tra\^aillé la bourgeoisie; qu'il suffit d'ajouter à la première sommation de noui^elles menaces. Fidèle à l'impulsion , Custine prend le ton d un vainqueur qui prépare un assaut général , qui va livrer Mayence au pillêi£[e , et à toute la fureur du soldat. L'adepte ami y c est-à-dire ce mcme Eichenmayer ^ qui possède la confiance du Commandant^ et le Baron de Stein , envoyé de Prusse , imisseut leurs suffrages pour démontrer dans le Conseil la prétendue impossibilité de résister à un ennemi qui n'a pas mcme le moyen d'attaquer ; qui est Lien résolu à s'enfuir pour peu qu'on lui résiste. liCS autres Frères répandent l'alarme parmi les bourgeois. Le brave capitaine Audujar , et ses onze cents Autrichiens , ont beau s'indigner de la capitulation , elle est déjà signée. Custine , avec une armée de dix-huit mille hommes seulement , et sans canon de siège ^ Custine, tremblant déjà luimême qu'une prompte fuite ne suffise pas à couvrir sa retraite y est maître , dans trois jours et sans coup férir, de ces remparts dont l'aspect seul le remplissoit d'effroi. Ainsi se prennent les villes où la Secte domine. ( Id. t. i, ;?. 92 et suite. Voy. de plus Vhistoire de la Résolution , par Fantin-^ Desodoardy Citoyen Franç.yt. 1, /. 2,yN.^ z^yCtc.) L'Historien peut suivre à Francfort et Custine et les autres chefs qui lui succèdent ; il trouvera auprès de cette ville la Principauté d'Isenbourg , êl là il apprendra aussi comment la secte protège

356 Conspiration des Soraism ses adeptes. Autour de cette pnncipante font est ravagé par les Carmagnoles» Mais c'est dans Isen* bourg que rilluminé Pitsch préside au Conseil des Frères ; de ce Conseil partent tons les avis dont Tannée Jacobine a besoin pour diriger sa marche ; Isenbourg est un sanctuaire révéré des brigands ; nul n'ose en approcher, pas même pour Je pillage* Mais le Conseil illuminé disparoît avec Pitsch j le charme s'éclipse ; les fertiles campagnes d'Isenbourg n'ont plus de protecteurs contre tous les fléanx carmagnoles. ( Appendice au destin de ta Franc-Maçonnerie , /;a^e il j et Mémoires. ) Compin- Lcs années ont leurs vicissitudes ; celle des lion p«mr Cdrmagnoles est chassée de Mayence ; l'union ^SnucS»- ^"^^^ '*^^ Frères n'est rien moins qu'altérée, et de rhénane nouvcaux servîccs de la secte préparent à la Ré* volutionde nouveaux succès. Des adeptes si fidèles à Custine , les uns n'ont fait que disparoître pour im temps et rentrent dans Mayence; les autres, accueillis dans Paris , y combinent avec les Pentar- Sues les moyens de reprendre cette même ville > ont les remparts semblent désormais peu accessi« blés à tous les Custines de la Révolution ; et l'Eui*ope apprend de nouveau , avec étonnement , que Mayence , que tout ce que les Frères d'armes ont perdu en deçà du Rhin , rentre sous la puissance révolutionnaire. C'est d'abord la République CiV-»» rhénane ; c'est bientôt un simple dq>artement de la République Parisienne. Mais ce sont encore les élèves de la Secte , ce sont encore les cidevant professeurs Metternich , et Bœhmer et Hoffmann , Dorsch et Rebmann qu'il faut récompenser d'avoir fait , par l'art des Loges et de Weishaupt , ce que les Penlarques ne pouvoieiit pas attendre de leurs héros. A Metternich avoit été donné la puissance de commissaire directorial sur Fribourg ; Hoffmann auru celle de rcceveujç

DE LlmiÈTÈ IT DE L^AnAKCHIE. . 3^7 général du Rhin^ aux appointemens de cinquante mille livres ; Rehmann y celle de premier juge Gisrhénin. A tous ces conjurés se sont unis le Conseiller intime de l'Electeur de Cologne , TIlIuminé Kempis , et ses confrères en Iliuminisme ; le professeur Gerhard , Tavocat Watterfal , l'artiste Conrad ; et pour qu'on sache bien par quels hommes se font les révolutions , je nomn^rai encore le tailleur Brizen , le savetier Theissen , l'épicier Flugel, le perruquier Broches , le caba- . retier Rhodius. ( Mém. sur Mayencé. )

De nouveaux complots de la secte rappelleront conspunotre attention sur l'Allemagne ; mais Dumourier ^"^ v^^ triomphe du héros stationnaire à Verdun , et vole B^i^j^ae s^emparer de la Belgique. Consentons à laisser •«*J^ dans un abîme impénétrable les machinations qui lui donnent , pour réunir ses légions égarées , plus de temps qu'il n'en auroit fallu à l'armée victorieuse pour arriver sous les murs de Paris et déli- , vrer Louis XYL Gardons -nous bien sur-tout d'associer le Duc régnant de Brunswick aux adeptes de Wei^haupt ; je sais qu'il les déteste ; je sais q^e Frédéric-Guillaume III a su prouver^ par des traits de valeur , que s'il a pu être lie |puet d'}ine autre espèce d'IUuminisme , il est franc et loyal dans sa guerre aux Jacobins désor- •ganisateurs ; mais les conseils se subordonnent aux conseils. Bischqfs- Werder est à Bjerlin , Luchesinù a ses intelligences , les adeptes sont dans les dicastères ; l'influence est terrible ; et la secte l'a dit : Elle est plus forte as^ec ses dicastères quas^ec le Prince même. En quelque temps que doive se résoudre cette énigme d une armée rétrogade , à l'instant où l'Univers attend la nouvelle de ses derniers triomphes , déchirons au moins cette

)>artie du voile qui ne nous laissoit voir que e héros de Jemmapes dans Dumourier , maître

358 Conspiration des Sophistes

de la Belgique. Il s'en faut bien ici que ses lauriers soient tous à lui. Les adeptes conspirateurs ont fait pour lui bien plus que ses armées ; et c'est à Londres même , bien plus qu'à Jemmapes , qu'ont été pris les Pays-Bas Autrichiens.

La secte avoit ses Loges dans le Brabant; et Vander Noot , dans leur secret , leur avoit donné tout son parti. Il savoit sous quel jour les Frères s'appliquoient à présenter la Bévolution Française pour la faire désirer par le peuple. II savoit de quelles Lo^es étoient parties ces adresses invitant l'assemblée Parisienne à mettre ce peuple en possession de l'égalité et de la liberté révolutionnaires. Vandef Noot étoit alors à Londres , sous le nom de Gobelscroix. Emissaire du club Parisien, il y poursuivoit d'autres complots avec Chàu^ velin , Perigord d^Jutun , Noël , Bomet , et huit autres adeptes chargés de révolutionner l'Angleterre. Vander Noot avojlt des confidens qu'il ne connoissoit pas , mais qui le connoissoient ; son secret lui échappa , et en voici tout le mystère* Dans leurs altercations et dans leur guerre même avec Joseph II , une grande partie ms Belges ne pensoit & rien moins sans douté qu'à se mettre sous le joug de la Révolution Française ; mais la secte avoit anssi ses partisans, et ceux-cî ne cherchoient qu'à persuader à ce peuple auè le vrai moyen de recouvrer ses privilèges éloit de s'unir aux Français. <( Je connoissois ces dispositions , » disoit Vander Noot même à ses confidens. A » peine fûmes-nous instruits de ce quî s'étoit p passé entre le Duc de Brunswick et Dumourier, » que nous écrivîmes immédiatement à Paris et » à Parmée.'Le courrier nous rapporta le projet » de campagne , et la copie du manifeste que » Dumourier devoit publier en entrant dans les » Pays-Bas. Je le vis calqué sur le plan que

DE l'Impiété et de l'Anarchie. SSg » Castine avoit suivi dans ses exactions en Aile* i» magne. Je prëvis qu'il rendroit inutiles tous les f> efforts de notre uionde , et ne serviroit qu'à n» réunir les Belges contre la France; au lieu que » si Ton vouloit suivre mes idées , d'après la » counoissance que j'avois de ce peuple , de ses » dispositions, je répondois qu'il seconderoit Tin- » vasion, et qu elle auroit le plus heureux succès. » Invité alors par Chauvelin et Noël , je rédigeai , » et nous envoyâmes sur-le-champ h Paris le plan » à suivre , le manifeste à publier , d'après 3» mes connoissances locales et mon expérience. » Ils furent immédiatement adoptés. Dumourier • ne changea pas un mot au manifeste que j'avois » écrit à Portman Square. Le peuple , gagné par )» nos agens et par ce manifeste , se jeta dans nos » bras , et la Flandre fut prise. »

Le lecteur n'exige pas sans doute ici que je lui nomme les hommes à qui furent faites ces confr» dences ; mais je puis assurer qu'elles arrivèrent aux Ministres, dont la sagesse sut, pour un temp^^ souffrir à Londres Vander Noot , et Noël , et ses autres complices , en ayant Toeil sur eux jusqu'à ce qu'ils furent envoyés conspirer ailleurs, et tramer les moyens de gagner, par de feintes douceurs , les peuples dont ils craignent les armes.

A la conquête de la Belgique succéda celle de Coniipirala Hollande ; et c'est ici que l'Europe s'étonne de j^^^jj*^"* voir tant de forteresses reaou tables s'ouvrir d'elles- u Hoimémes aux vainqueurs Carmagnoles. Maïs c'est '*^***^ ici encore qu'il faut descendre dans les souterrains de la secte pour résoudre l'énigme de ses trophées. Depuis I 781 , 'VVeishaupt a ses apôtres en Hollande. ( Ecrits orig. rapport de Pkilon. ) Leurs succès ne se borneront pas aux sommes immenses que les Illuminés d'Allemagne en reçoivent. Déjà le Stathouder a éprouvé combien ils savent ajouter

36o Conspiration des Sophistes aux factions et aux séditions ; la Révolution Frao« çaise ajoute à Tespoir des adeptes y et leurs travaux redoublent. Le Brabant s est livré aux Jacobins pour la seconde fois ; les Anglais se replient pour soutenir au moins la liberté de cette République , leur ancienne alliée. Inutiles efforts ; la Hollande ne veut plus de cette liberté qui fait le citoyen ; il lui faut toute celle qui fait le Jaco* bin. Elle l'aura ; les Frères de Paris feront la loi dans Amsterdam ; ils se joueront de ses richesses; son commerce sera englouti ; se^ colonies lui seront enlevées ; elle deviendra nulle dans le rang des Puissances ; elle ne sera plus que la première esclave , sous le joug des Pentarques Gaulois, ft'importe , que Pichegru arrive ; elle l'appelle de tous ses vœux ; les défenseurs de la vraie liberté peuvent penser à la retraite. Le pays qu'ils protègent est plein d'embûches et de conspirations , toutes dirigées contre eux et en faveur de la Révolution. Dans Amsterdam seul » la secte n'a pas moins de quarante clubs , et chacun de ces clubs compte environ deux cents révolutionnaires. Des élus de ces clubs s'est formé le comité central , le bureau de correspondance avec les Frères de l'intérieur et du dehors ; et au-dessus encore y à l'instar des Aréopagites de Weishaupt , est le Conseil suprême , composé des arrière-adeptes , des vrais chefs 9 dont les résolutions sont portées aux Frères dispersés. D&s hommes dévoués à la chose publique, ont joué dans ces clubs le rôle d'associés pour en pénétrer les complots ; les scrutateurs de Weishaupt ont leur langage à Amsterdam comme à Munich ; les émissaires du Gouvernement sont reconnus ; la secte les déjoue en leur laissant le spectacle des premiers clubs ; mais elle en forme cfe nouveaux ; et ceux-là seuls y sont admis , dont les plus rigoureuses épreuves ont fait connoître le

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parfait dëvouement à Tégalité et à la liberté du Jacobiaisme.

Lcyde a ses députés an club central , et les clubs et les Frères à Leyde sont en proportion plus nombreux , sur-tout plus factieux encore que ceux d'Amsterdam. Les adeptes d'Utreckt surpassent les uns et les autres en génie révolutionnaire. La vigilance du Gouvernement , le voisinage des armées les ont chassés des clubs , leurs chefs se réunissent dans les maisons de campagne, et leurs délibérations vont ajouter à celles de tout l'Aréopage d'Amsterdam. Roterdam paroit neutre , et toute neutralité n'est qu'un Jacobinisme qui attend le moment de se montrer. Le ministre et adepte Mareux compte à peine dans Nearden un quart de citoyens qui résiste encore à son apostolat. Le commissaire Aiglam n'en souffriroit pas un seul dans Harlem qui ne fût tout dévoué aux adeptes d'Amsterdam. ( Extrait d^un mémoire secret sur Véiat de la HoUande , peu de mois a^arit rinça-' sion. )

Pour diriger la marche de ces faciieux et de tous les Frères répandus dans les antres villes de Hollande y les adeptes de la Convention ont dans Amsterdam, pour ministre secret , l'adepte Mala^ bar y et poiv commissaires , les nommés Larche^ çéque et Aiglam* En possession de toute la con« fiance des factieux qui se préparent à livrer leur patrie « et de toute celle de Pichegru qui doit en faire la conquête ,. Malabar ne se onontre que dans l'Aréopage des conjurés. Il y dicte les résolutions. Larchet^éque et Fresine sont les intermédiaires qui en transmettent les résultats au chef dés conquérans. Aiglam » dans Amsterdam et à Harlem, est Tin tendant des arsenaux souterrains, où les Frères pourront prendre les armes au moment convenu. S'il faut pour ce moment la pn>

362 Conspiration des Sophistes

tection des Magistrats, ils ont pour eux Dedelle^ adepte et bourgmestre. Pour subvenir aux frais de la rëvolte , ils ont , sur-tout dans les maisons deconmierce, les comptoirs de Texier , de Coudere et de Rottereau* Ils ont de plus les trésors et Tardeur révolutionnaire du Juif Sportas. Parmi les cltd>istes se distinguent les adeptes Gulcher et Lapeau , comme parmi lem^ armuriers Laiour et JP^^*. Il faut encore aux conjurés ces enthousiastes chers à la populace , dont ils ontréloquence» Dans Amsterdam y comme à Mayence et dans Paris , ils ont leurs orateurs des halles dans 7ermache , Lekain , MiUlner Schneider et une foule d'autres. En calculant leurs forces, ils ne comptent pas moins de quarante mille hommes, prêts à se réunir pour aiarcher au devant de l'armée carmagnole , et mettre entre deux feux celle des alliés , ou les légions restées fidèles à la constitution et à son chef. II ne leur manque plus qu'un Général capable de diriger leur marche; Içs Frères de Paris y pourvoient y et leur envoient le général Eustache. — Cette conspiration si bien ourdie , a paru touti-coup prérenue par la sagesse du Duc d'York et du mmistre Anglais. Leurs agens ont dévoilé la trame au Gouvernement HoUandaîs. Malabar ^ le héros des mystères , Laiour , Flezine y trente antres conjurés y et Eustache lui-même sont arrêtés ; les vrais citoyens respirent et se croient délivrés du fléau Jacobin. Mais déjà les Magistrats ont éprouvé l'audace de la secte. Des proclamations légales ont défendu les assemblées des clubs ^ sons quelques prétextes qu'elles se tiennent ; les adeptes ont opposé leur proclamation à celle de la loi , et les Frères ont été invités à s'armer y à sacrifier leur vie plutôt que d'abandonner leurs clubs. Le général Anglais demande en vain qu'on liû remette les adeptes arrêtés pour s'assurer de leurs

DE lImpiété et de l'Anarchie. 363 personnes , la secte a le crédit de faire requérir Eustache par le ministre des Etats-Unis y soos prétexte qu'il est Américain. Les auU'es sont ingés ; et pour exil on leur assigne précisément les villes des ayant-postes , celle par où Tarniée des Jacobins est avertie de faire son entrée. JSi-r mègue, UtrechtyWillelmstad, Breda, Gorcum, Berg-op-Zoom et Amsterdam , sont prises comme Mayence. Si leur vainqueur n'avoit pas d'autre titre à ses lauriers , il pourroit , aussi bien que Custine et Dumourier , nous dire : je suis venu , j'ai vu, et j'ai vaincu, parce qu'au lieu de soldats ù combatre, j'ai trouvé des adeptes à embrasser. (Zi.)

Des moyens d'un autre genre expliqueront les triomphes dei la secte en Espagne. Le brave Ricardo ^^^^ a rappelé auxGastillansleurancienne valeur; il aosét«crrii àa menacer de traiter les Jacobins captifs , comme q°"^*^ l'armée traitera les Emigrés Français qu'elle a fait l!sp»8B«« prisonniers ; cette leçon trop inutilement donnée aux alliés qui n'en excluent pas moins de leurs capitulations, ces malheureuses victimes de la Révo- Iiuion, fut trop tôt suivie de la mort du général Ricardo. Les Français instruits par leurs émissaires , se hâtent d'arriver devant Figuières , et trouvent cette ville réputée le boulevard de l'F^pagne , dépourvue de tout moyen de défense ; aux approches de leurs légions , bien d'autres citadélies sont conquises avec la même facilité et par les mêmes moyens que celles de la Hollande.

Les adeptes n'osent pas encore éclater en Portugal ; mais un jour peut-être la Cour dévoilera p^j^j, j^ la correspondance trouvée dans les papiers du ^ »«ct« Brabançon Segre. Ce propagandiste avoit été tra- Portagat duit dans les prisons de Lisbonne ; les Frères se ""

souvinrent qu'un véritable adepte doit savoir mourir plutôt que de dénoncer ses complices ; il ne l'oublia pas lui-même. Eu lui faisant passer

^4 Conspiration i>es Sophistes ua matdas, les conjures eurem soin de rayerttr qu'ils y ayoient caché un rasoir. Il fut bientôt trouvé sur ce metelas nageant dans son sang. Il n'en fut par moins constaté que ses complots tendoient , comme ceux de la secte , au bonleyersement de FEtat et à la perte de toute la Famille Royale. On ajoute qu'il se trouva dans les papiers de ce conjuré une correspondance suivie avec le Prince de la Paix , et que le ministre d'Espagne le sachant arrêté , se hâta de le réclamer ; que celui de Portugal répondit : Puisque Dieu a préserve ce Royaume du plus grand danger qu'il ait jamais couru , sa Majesté très-fidèle se réserve de traiter cette affaire avec sa Majesté Catholique. Mais ces circonstances fussent-elles constatées » gui ne sait pas les ressources des adeptes ? Il6 se font quel^ quefois donner des commissions politiques par un ministre ; et sous sa protection , ils poursuivent des complots dont ils ne sont chargés que par la secte. Qu'il nous suffise de l'avoir montrée conspirante en Portugal, comme les nouvelles publiques, nous l'ont montrée conspirante à Turin et à A Tttiin jjaples. Respectons encore ici les secrets des Conrs à Kapics. qui cachent les détails. Celle de Naples a fait instruire le procès des coupables; toutes les preuves étoient acquises ; par les ordres de sa Majesté même, elles avoient été recueillies et rédigées par .un Magistrat d'un mérite et d*une probité reconnue, par ce même M. Rey que Louis XY I destinoit au ministère de la police de Fans. Leur résultat montroit sur-tout l'erreur d'une foule de Grands , qui ne savoient pas que derrière les complots auxquels ils seprétoient contre la Famille Royale, il étoit d'autres complots dont ils dévoient eux-mêmes être victimes. Et le Roi et la Reine de Naples ont mieux aimé montrer leur clémence envers les principaux complices et Jaisser la vie dans les prisons » que de les envoyer à

t>£ lImPIÉTÉ et de L^ÀKAllCtltE. 36S Pécliafaud après nn jngement public. Mais les^ circonstantes , que la politique a cru devoir ensevelir dans les lëuèbres ^ n'en ont pas moins laissé Â découvert finlention générale des conjurés.

Toujours pleine de ses projets, la secte marche Dansmnt* plus triomphante à Milan « à Venise et vers Rome» ï'i««Ue«t Ses armées sont entrées en Italie avec Bonaparte^ ^dT plus dénuées encore des moyens ordinaires de la ^^^^^ victoire » que celles de Custine en Allemagne ; mais il a vu de nombreuses légions accourir sous* ses drapeaux , et Tenrichir de tout leur appareil militaire. Manloue seule exceptée» tous les bords du Pô se sont trouvés prêts pour la Révolution conune ceux du Rhin» S'il faut encore expliquer ta facilité de ces triomphes » souvenons*nous des apôtres envoyés par Weishaupt dans ces contrées, et des succès que lui promettoit Knigge , et de ceux dont se féiicitoit Tadepte Zimmermanné Nous verrons les Loges maçonniques en Italie , comme en Allemagne , initiées aux derniers mys-« tères., et les triomphes de Bonaparte n'auront rien de plus étonnant que celui de Custine à Ma* yence. Fallût-il expliquer comment la valeur du Prince Charles , et toute celle de ses soldats , se trouve en quelque sorte paralysée devant les Car-magnoles ; comment toute la supériorité des postes devient inutile à^ la sagesse de ce Prince , si digne de commander à des héros ; il ne suffira pas de montrer jusqu'à Tadjudant-général Fisher ^ dé-» nonce comme ayant reçu des Pentaraues mille louis par mois , recourant , en véritable adepte , wxpatet exilas y c'est-à-dire s'empoisonnant lui-même pour étouffer toute accusation » toute infor* mation ultérieure sûr le nombre et sur la qualité de ses complices ; il faut se souvenir aussi que la secte a su aistribuer ses élèves dans les armées

^ comme dons les dicastères , et prévoir le besoin

366 Conspiration des Sophistes

Îu'elle anroit un jour des services de la lâcheté et e la trahison , sous les drapeaux des Rois. A Rome. Faut-il que nous disions encore ce qui appelle à Rome les armées révolutionnaires ? Là , sans doute , il n'est pas même une apparence de résistance à vaincre ; là , un Pontife octogénaire ne tend les mains au Ciel que pour la paix et le bonheur des Fidèles dont il est le père comnmn. Là , toutes les vertus et tous les sacrifices, à Texceptioif de celui de la foi , sollicitent en sa faveur le respect et l'admiration des cœurs les plus barbares» Bonaparte le sait, et il feint lui-même de partager toute cette vénération ; mais Pie Yl est le chef de cette Religion de Jésus-Christ que la secte à juré d'écraser , et Rome en est le centre. Dès le commencement de la Révolution , les adeptes n'ont plus fait un mystère de leiu-s vœux contre Rome et son Pontife* J'ai vu Ceruiti aborder insolemment le secrétaire du Nonce même de ce Pontife^ et dans sa joie impie , avec le sourire de la pitié , lui dire : Gardez bien cotre Pape ; gardez bien, celui-ci y et embaumez-'le bien après sa mort^ car je wus F annonce y et cous pouvez en être sûr^ pous n'en aurez point d'uutre. Il ne devinoit pas alors , ce prétendu prophète, qu'il paroîtroit avant Pie Vi devant le Dieu qui, malgré les tempêtes du Jacobinisme comme malgré tant d'autres, n'en sera pas moins avec Pierre et son Eglise jusqu'à la fin des siècles. — Mais Cerutti laisse dernère lui ces adeptes Kadoschy\\xsïini encore leur haine aux Papes comme aux Rois. Il laisse tous ces Frères, depuis long -temps occupés à préparer les voies et les prétextes à l'armée des impies. Rome est depuis long-temps l'objet commun de tous les complots et le rendez-vous des adeptes de toutes les espèces. Malgré ses anathèmes , les élèves de Gagliostro y ont rouvert leurs Loges maçonniques^

DÉ l'Impiété et de l'Anarchie* 36; Les illumines de Suède , d'Avignon , de Lyon j s'y sont forme le plus secret , le plus monstrueux des coii(^ges , et le tribunal le plus terrible aux Rois , celui qui avertit que leur tour est venu ^ ui nomme les bourreaux y et fpîfaitpcavenir ^es poignards ou les poisons (a).

Dans Rome encore sont les Illuminas deWeishaupt formés par son apôtre Zimmermann. Le Dieu de Rome enfin est le Dieu contre qui conspirent tous ces adeptes ; tous s'y sont réunis pour saper son sanctuaire. Leurs trames sont ourdies ; ils y ont fait entrer jusqu'aux représent ans des Rois. Le Monarque d'Espagne chancelle à Madrid sur son Trône , et les papiers publics montrent Dom Azara , son Ambassadeur à Rome, applaudissant aux Carmagnoles qui vont renverser celui du Pape. Bonaparte peut faire marcher ses Lieutenans. Leur triomphe dans Rome n'a plus d'autre obstacle que celui de la honte depuis long-temps secouée , de renoncer à l'apparence même du respect pour le droit des Nations , et de verser à pleins torrens l'amertume dans le sein d'un Pontife octogénaire. Ces triomphes barbares coAteroni les larmes de l'attendrissement et du respect à toutes les âmes honnêtes et sensibles. Les Jaco-* bins tressailleront de joie , et leurs Pentarques

(a) Si ce tribanal nest pas assez constate par ce que nous en dit l'Historien de Tassassinat de Gustaye (^sect. 4)9 au moins est-il bien sûr que ces DlumiDC^s ayoient à Rome des Frères trës-puissans \ car le Nonce d'Ayîffoon ayant ordonna ii rilluminë Pernetti et à ses adeptes d'ëracuer le Conitat dans un mois , ceux de Rome eurent , ou le cri^dit d'obtenir, ou peut-être Tart de forger et de faire arriver à temps un contre-ordre. Cette affaire fut suivie à Rome , de l'arrestation d'un adepte , dont le procès jeta les Frères d'Avignon dans des inquiétudes dont ils ne furent délivrés que par les progrès de la Révolution.

8fi8 CONSMRATION DÉS SôPttlSTES

feront de la plus humiliante des conquêtes^ la victoire de Brenniis au capitole* Il leur en manijue une autre loug-temps attendue dans les mystères ^ celte qui doit remplir les vœux dictes par la vengeance dans les antres des adeptes Teitipliers , Kose-Croix et Kadosch. Le moment fatal aux Chevaliers de Malte est arrivé* A Bbiie* Dans la crainte que l'indignation ne trahît les secrets , long-temps la croix seule de ces preux Chevaliers fut un titre d'exclusion aux Loges ma* çonniques. Un artifice mieux combiné va rendre leur valeur moins redoutable. Les adeptes ont fait pour Malte ce qu'ils ont fait pour l'Eglise* Ils ont dit : bien loin de ne plus voir nos Frères dans ces Chevaliers de Malte , ce sont nos Frères mêmes qu'il faut faire Chevaliers de cet Ordre ; c*est par eux que nous deviendrons maîtres de cette île , que toutes nos flottes combinées assiégeroient en vain. Ils l'ont dit ; et les lettres des vrais Cheva^ liers nous ont préparés d avance à leurs désastres« Ils ont écrit que de nombreux faux Frères , de ceux-là sur-tout des langues d'Italie et dlËspagne, étoient au milieu d'eux. La secte ^ avec Dolonueu seul, avec Bosredon et le lâche Hompeschf y étoit toute entière. Bonaparte s'est présenté; et comme si la secte eût affecté de nous apprendre comment elle sait prendre les plus étonnans des remparts » par les complots de ceux qui dévoient les défendre , elle n'a pas même ménagé à son héros l'apparence d'un siège. Bonaparte s'est présenté ^ et les adeptes du dedans ont accueilli les adeptes du dehors. C'est ainsi que les mystères de la secte sont toujours plus terribles et plus puissans que ses foudres. Que le héros de Malte fasse voile vers Alexandrie ; là aussi il est des Frères qui l'attendent , et la Porte Ottomane saura le prix que les révolutionnaires attachent au cadeau de

ces

DE lImpiété et de l'Anakchie. 369 ces riches diamans volés au garde-meuble de la Couronne, à tout Tor qu'ils répandent dans sa capitale , pour acheter le sommeil de son Divan » tandis quils veillent eux-mêmes » et méditent ailleurs la conquête de ses provinces éloignées* Elle saura comment ils profitent de sa léthargique neutralité , pour filtrer leurs apôtres , d'un côté en Afrique , et de l'autre , jusque dans le sein de l'Asie.

C'est à Constantinople sur-tout que le choix de J^^ï^* ses propagandistes , exige de la secte toutes les et cUms précautions nécessaires pour proportionner les rcMniik missions aux talens. Pour ét^idre l'empire de la liberté et de l'égalité au milieu de toutes ces Nations , depuis long-temps accoutumés au code du Croissant , il falloit des hommes exercés à l'étude des mœurs et des langues , des intérêts et des relations diverses de ces peuples. Dans l'auteur d'un ouvrage intitulé : To^^oi^ </^ /'J&iz;7ir^ Ottoman^ dans le Chevalier de Mouradgea (THohson y Grec de naissance , jadis Intemonce , et depuis Ambassadeur de Suède à la Porte , les Frères ont trouvé toutes ces connoissances et tous ces avantages. Il se montre d'abord peu enclin à leur cause ; les sommes , les pensions dont dispose le Comité de salut public , nous disant nos Mémoires , triom* phent enfin de cette répugnance. De retour à Constantinople , M. le Chevalier de Mouradgea d^Hohson se met à la tête des Jacobins apôtres de rOrient. Il a trouvé lui-même tous ses udens , et tous ses avantagées pour son apostolat , dans ce M. Huffin 9 d'abord enfant de langues à Paris , ensuite associé au Baron de Tott en Crimée , attaché à l'ambassade de France à Constantinople , élevé encore à Versailles dans les bureaux de la marine , fit enfin professeur des langues orientales au col- ^f ge Royal. M. Bujffïn semble aussi quelque temps ToMEiy. " Aa

37 o Conspiration des Sophistes honteux de trahir la cause des Rois , à qui 11 doît» et son éducation , et ses décorations parmi les Chevaliers de Saint-Michel ; les mêmes argument font oublier la cause et les bienfaits des Rois. M. Buffin devient , à Constantinople , le coapôtre Jacobin de Mouradgea. Ils font Tun et l'autre , J)our M. Ixsseps , ce qu'ils ont fait pour eux : reste des compagnons, de la Peytvuse ; ce jeune homme conservoit encore pour.Louis XYI les sentiihens^ de la tecbnhoissance ; les deux amis en font Tassocié de leur propagande. Sous la direction

. de ces trois hommes , une partie des agens subaU ternes travaille le peuple de Constantinople ; les autres se répandent en Asie, voyagent dans la Perse , dahs leslndes ; d'autres encore parcourent, avec les Droits de Vhomme , les Echelles du Levant , tandis que des Frères , plus anciens daiis les mystères , vers le Nil, apprennent à la cour Ottomane ce qu'il doit lui en coûter pour avoir négligé ses premières précautiwis contre la secte. ( Mém. sur les Jacob, de Constantinople.

^ j Jadis , et peu d'années encore avant la Révo- AfriqucJ Intion , lés Turcs avoient pour les Loges maçon-

I niques toute ITiorreur que l'Orient eut pendant tant de siècles pour celle de Manès. La Porte Ottomane n'aurott pas souffert à Jérusalem un Seul Religieux Français , si elle n'avoit su que leur règle constante étoit de n'admettre à la visite des liieux Saints dont ils avoient la garde , aucun homhie reconnu pour Franc-Maçon. Il existoit même entre la cour de France et le Grand Turc tme convention , en vigueur de laquelle te supérieur de ces Religieux pouvoit et devoît renvoyer des Ëdielles du Levant , tout Consul Français qui auroît érigé une Loge maçonnique. Nous savons d'un Religieux actuellement à Londres , et qui a passé sept ans dans rette mission, que l'usage de

DE lImPIÉTÉ et de l' ANARCHIE. 871

cette autorité n'étoit pas sans exemple* La Rërglution est venue anéantir cette précaution et bien d'autres, Les propagandistes de la sectç ont tra-r versé la Méditerranée avec leurs prétendus Jproits de l'homme ; ilç ont trouvé pour Frères des comnierçans Français , qui , sous prétexte de rencontrer par-tout des amis ^ s'étant fait initier aux mystères ^ n'avoi^fit pas l^soin 4^ Loges pour se reconaoître. Le suqces de$ Frères égaux et li))re$ en France , a enflammé le zè.lp des ^rèrçs ég^ux et libres en Afrique. Par la manière seule dont l.e$ Pentarques oi^t apnoncé l'arrivée de Bonaparte au Grand Caire y il est aisé 4^ voir tout ce qu'ayoit fait d'avance Tari de^s émi^^aiires pour le conquérant de TEgypte. S'il n'e^t pas victime de ces i^^^y^ mêmes Pent£Mrqu^ , dont la jalousie sacrifia Pi- in^i! chegru ; pln$ hi&ureux que Srtf,ey^ , s'il ne ren« contre pas qio^lque J^onye9VL Nelson sur sa jroute, d'autres Frères l'attendeni jusque dans les grandes Indes , où iJU fout circuler les Droits de l*homme égal et libre y du peuple législateur et souçercUn » en langue j^a|abar,e , et dsins tous le$ jdiomes de ces contrée^. Le gé^éf al Anglais , qui prit sur eux Pondichery y i^ro^VA 4an^ leMrs iniprimeries les presses et les caractères qui servoient à répandre chez tous ces peuples , le code 4e la secte , et toutes ses productions r.évolutionnaires.

Portées. comme la pes^e sur les ailes des veuts, EnAmé». que les légions triomphatrièes p^ètreut jusques «q"*\ ,en Amérique ; la 9 sont encore ces apôtres qui ont appris aux Nègres ces mêmes Z>/io/:V^ , qui les ,ont sanctionnés , eu faisant de la Guadeloupe et de Saint-Domingue , de vastes déserts et le tonn .beaii de leucs propriéiaircs* Au nord > et chez un peuple encore naissant , ils trouveront des Frères si nombreux , que Philadelphie et Boston ont tremblé de voir leur .Constitu4ion changée pour

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celle du grand Club. (Lett. de Boston à l'Auteur. ) Si leurs apôtres sont aujourd'hui forcés de se cacher , il n'en est pas moins vrai qu'il y en reste encore assez pour composer ces sociétés secrètes , qui y en attendant l'arrivëe des Jacobins Français, envoient aux Jacobins d'Irlande , leurs contributions , pour aider en Europe la Révolution qu'ils appellent de tous leurs vœux en Amérique. ( Voy. \ le Rapport du Lord Castelragh sur F Irlande , { JS.^ i4yP* 1 1 1 • ) Les victoires que la secte médite encore, s'expliqueront sur l'autre hémisphère, comme elles s'expliquent sur le nôtre; et les Etats- Unis sauront que leurs Républiques ne sont pas S lus exemptes de la grande conspiration que nos lonarchies d'Europe.

Les triomphes des Frères à Genève , à Venise , en Hollande* et à Gènes , nous ont déjà assez appris que les Rois à détrôner ne sont pas le seul objet des complots Jacobins ; il n'en faut pas moins que l'Univers apprenne encore que Monarchie ou République , il n'est pas un seul Etat qui ne doive marcher du même pas que la sedte ;

3u'il n'est point d'amitié , point d'alliance , point e patience inaltérable qui fléchisse les Frères conjurés.

EoSiii«6. Vainement les Gantons Helvétiques oublient en quelque sorte la dignité et la valeur de leurs ancêtres ; insensibles à 1 humiliation de leurs frères dans Aix , au massacre de leurs légions dans Paris , à la violation des traités les plus solennels ^ jusque sur leur territoire ; vainement ils se rési-gnent à supporter tout ce long cours d'outrages , que d'impérieux Consuls daignent assaisonner des promesses d'une paix fraternelle et constante* Elles se sont répétées , ces promesses , tandis que les armées de 'la secte ont été occupées à porter ailleurs le ravage et la désolation j mais ce temps

DB lImpiété et i:fE l'Anarchie* 87$ même n'a pas été perdu pour les adeptes ^ dans les montagnes de ta Suisse. Weishaupt y avoit des Frères , et de nouveaux Illumines formes à r Université de Gottingue y arrivoient , tous prêts à suivre les mystères et les complots» Fehr y curé de Nidau et ensuite de Bugg ^ correspondoit avec les Frères d'Allemagne ; et déjà il voyoit arriver le moment où la constitution des Droits de rhomme alloit récompenser son zèle, en le donnant pour chef au canton à'Argau révolutionné. ( Notes sur la Sttisse. ) A la tête des Loges ou des Qubs , Luceme avoit Pfiffer , et Berne Weiss ; Bàle , le Tribun Ochs. Les artifices des Jacobins jetoient dans le Grand Conseil de Berne quatre-vmgt-douze de leurs adeptes ; le Pentarque Revi^bel envoyoit de Paris les auxiliaires Maingaud , Mangourit et Guyot ; et là encore, comme en Hollande et à Mayence » les conciliabules ^ les correspondances aplanissoient les voies aux armées. Le sort de la Suisse et la gloire des conquérans dévoient être les mêmes. ( Voy. . F Histoire de cette Réi^lution , par M* Mallet du Pan. )

Cependant il existe encore des Monarchies , EnSu^. même en Europe. Oui , malgré tous les vœux de la secte , il en existe ; mais à part le Roi de Danemarck 9 auprès de qui les Frères trouvent une neutralité trop utile à leur objet pour tenter encore de le aétrôner , quel est en Europe celui des Souverains qui n'ait pas eu quelquune de leurs conspirations à étouffer ? Gustave III de Suède est tond>é sous les coups à'Ankarstroem ; mais Ankarstroem arrive du grand club Pairisien; mais ceux mêmes qui cherchent . à isoler son forfait , nous parlent des adeptes auxquels il échappa de dire qu'ils savoient d'avance que Gustave devait être assassiné , et que V Europe

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374 Conspiration des Sôphistm entière te iwoit. (Hist. dfe ras^assinât de GusiaTe, sect. 4- ) Quels éloieAt donc cefe hommes si bien instrnils dans toute l*EiiiTope, si ce n'est ces adeptes à qui la secte h'àvoit pas caché ses dernières résotetion^ contre nh Prince de qui dlc n'attendoit tai léntenr ni rétrogradation dans les combats qu'il se disposoît à livrer aux ennemis du Trône ? En faisant lombteTlêurS soupçons sur Je iSiic de iSùdérmàniè , ces mêmes écrivains les Bppaietat isur ce qu'il est Grand^Mattredes Loges Suédoises , comme d'Orïéans Tétoit des I^ges Françaises ; ils irisîsrèrit encore Sur la tnfnltitude et lès afl'renx fnystères des Maçons Hlnmiriés répàfndus en Suède. ( Idém. ) N'est-ce pas là nous dire qu'Anlarstik)eài ne fut que rinstitrrnent de la isecte, qui le rëcbinpensa de son régicide , en lui déceriiànt dès statues au clrib des Jacobins ? Je idirài bientôt comme les adeptes étolçnt instniits de cet attentat, et on le v^rra annoncer d'aTance assez daîrement jwsqTie dans lés galettes ; mais en ce mônieht , voyons la secte, transporter ses complots de Stokoîin à Saint - Pétersbouiç. -^ . Après la mort de Louis XVI , en vain ITmpé- RuMic/ râtrîce exigea des Français qui se trouvoient alors en ftussié, le serment 'd'Wh'érêr an lëgîtime héritier des Botfrbonfe , de renoncer â *toute liaison avdc Ih France , jusqu'à ce que le Trône de Louis XVl 'fût rétabli. Cette précaution laissa en Russie tous les adefittes , à qtti la:sèct6 avdit appris à se jouer des serment "l(rt) ; ifeprct&rént celui de fidélité

\u) tes apdires de 'Ktrigge en Cburïandk efen Làvch fiie^ âvoiént sans doute étendu .hmr mtssson ; an moins fii-fe ^nteildu uB. Russe Jraconter^ qu'où, de ces grands adeptes prcsidoit.h une Acadi^iule de Moskou , composée des enfans de la Nobfesse. Toutparoîssoit en4aîre uoe excellente <ÇcoFe , lorsque peu à peu 6h sTafperçut qiîc te« dr<^its de^l'^oiiibie iliamio^ par ^ JacobiDisme ,

DE lImpiété et de l'Anarchie. 375.

au Trône Français , pour renverser plus sûrement celui de Russie. Ici les conjures avoient à leur lête Genêt , ci-devant agent de la Gpur 4ô Versailles, désormais a|;ent des Jacobins. Le zèle avec lequel il s'acquittoit de sa commission , remplissoit déjà Pëtersbouxg de clubs composés de ces hommes qui , n'aya^nt point che^ eux de domicile 9 vont jouer tous les rôles de leur indu3trie dans les capitales étrangères. CoijQ[eurs , cuisiniers , valets , banqueroutiers , maîtres de langue Française à Saint-Pétersbourg , crocheteurs ou demisuisses à Paris ; tous ces gens-là se prépa^oieat déjà à la révolutiqn des piques. Lées plus ardens et les plus astqcieux avoient précisément formé leur conciliabule à l'hôtel môme du Qievalier Charles Whiiworth , ambassadeur d'Angleterre, ils s'y assembloient tous les mois , sous les auspices de trob domestiques Français , que les adeptes avoient eu soin de donner à son Excellence pour de bons sujets. Le bruit public enfin , le Chevalier -Whiiworth lui-même , dénoncèrent le club au Ministre de police. La recherche de ces dignes adeptes et des papiers qu'ils avoient cachés dans les réduits les plus obscurs , manifestèrent l'association formée sur le plan et dans tout l'objet de la secte. A Rome,, elle s'étoit aidée d'uii Açubassadeur duJRoi d'Espagne; à Saint-Pétersbpurg, elle avait dans ses ^egi^ets le Seigneur de Bossi , -secrétaire de légation et chargé d'affaires du 'Roi de Sardaigne. .Les adeptes ^evoijés furent punis suivant les lois de Russie. La qualité diplomatie que de Bossi \\x\ épargna, poiu* quelque temps , la honte d'être chassé comme eux. Mais à peine

entroîent pour beaucoup dans les Iççons secrètes du grand Instituteur. Il fallut le renvoyer , pour rendre aux élèves les principes de la religion et de la société. . ^

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En

37^ Conspiration des Sophistes arrivé sur le Trône , le Czar Paul lui ordonna de quitter Saint - Pëtersbourg dans vingt - ({uatre heures , et de hâter sa sortie de tout l'Empire. ( Extrait éCun Mémoire sur la Russie* )

Je n'insisterai point sur les travaux de la secte

Mogne. en Pologne. Parmi ces apôtres , je potu-rois nommer

x:eBohneaUj envoyé par les Russes en S jbérie ; et un

certain Lamarre (a), et ce Castella^ depuis arrêté et

saisi avec Sémonçille , avec tous les trésors qui

(a) On Ut dcms les précédentes éditions des Mémoires sur le Jacobinisme , que M. Duveyricr et ses compagnons de voyage atolent éXÂ dëcouverts \ fiopenhagae ayec une mission factice pour les achats deblë , avsc une mission plus réelle de Tisiter les frères de Pologne et de Russie , d*7 presser les complots , d'attenter même aux jours de Mgr. le comte d'Artois. Cette imputation ëtoit fondée sur une lettre écrite par Mlle. Nivelle 1 9 cousine de M. Duvejrriery et à qui celui-ci devoit avoir révélé l'objet de son voyage. Cette lettre ayoit été trouvée si importante, que M. le com te de Simolin, ambassadeur de Russie 9 avoit envoyé à sa cour l'original, après en avoir toutefois livré à M. Leclerc , émigré , qui Vavoit reçue à Dusseldorf , Une copie coUationnée , et certifiée vraie par l'ambassadeur même. D'autres copies en avoient été envoyées au ministère anglais, è bien d'autres personnes; en sorte qu'il n'étoit pas possible d'en révoquer en doute l'autnenticité; et moi-même, aujourd'hui que j'ai TU une des copies envoyées \ Londres , je ne puis en douter ; mais je dois ajouter que jamais je n'en anrois fait usage , si j'avois su ce que le fils de M. Duveyrier m'a fait certifier par plusieurs personnes , que les terreurs de la révolution avoient plusieurs fois jeté sa cousine , Mlle. Nivellet , dans une vraie démence \ ce (jui. m'auroit suffi pour déclarer que sa lettre et l'imputation b laquelle elle a donné lieu , doivent être regai*dées comme non avenues. Je ferai mieux , je dirai que, trèsexpressive sur tout le reste , elle n'exprimoit pas le dessein qu'on prêtoit au voyage de M. Duveyrier à Saint- Pétersbourg , voyage que d'ailleurs il ne fit pas. Sans doute la mission qu'avoit déjà remplie M. Duvevrîer , en portant , de la part de la première assemblée , \

M lImMÉTÉ et de L*ÀNARCHIE. Sj^ dévoient donner à la Révolution les Ministres de

Constantinople ; mais pour faire connoitre la mul'

Mgr. le prince de Gondë , Tordre de s'ëloigner des frontières , ou de rentrer en France dans la auinsaine , soua peine d'être déclaré déchu de tous ses droits à la couronne, sous peine même d'être poursuivi et puni comme traître il la patrie ; et en vertu d'un décret statuant de plus que s'il se prësentoit en aimes sur le territoire français , tout citoyen devoit lui courir sus , et se saisir de sa personne ; sans doute , dis-je t une pareille mission , acceptée et remplie par M. Duvejrricr, avoit paru capable d'autoriser le soupçon clairement exprimé par M. le comte de Simolin ; sans doute encore , au moment oii j'écrivois , ce même soupçon pouvoit paroître légitime à ceux oui avoient lu la fameuse adhésion à la constitution de l'an 3 » adhésion signée par Grouvelle , Duyeyrier , Lamarre , Castera , Foumier , etc. , et dans laquelle on lisoit ces étranges paroles : — « Nous attes- » tons donc , non le ciel , qui n'est que l'espace maté- » riel dans lequel flottent les mondes , mais la nature » entière , Tame universelle des êtres , le principe de » l'ordre créé ou inerte; notre conscience, au fond de )> laquelle sont empreintes les idées de cet ordre éternel, » et le peuple souverain , qui a reproduit toutes ces » idées aans ses lois ; nous attestons tous ces augustes » garans , que nous sommes irrévocablement résolus à » maintenir et défendre notre constitution par tous les » efforts dont la nature nous a rendus capables.... Si 3^ cpielquun de nous étoit assez lâche pour trahir cet y intéf^t sacré, nous jurons de le dénoncer et de le » poursuivre , comme digne de tous les supplices et de » tous les opprobres.» ( Moniteur du a octobre 1793, page 1 163.) Mais tout cet enthousiasme réel ou simulé, voulût-on même j joindre la folie d'un homme qui se vante d'avoir joué , sur le théâtre de Rome , le rôle de Brutus , ne suffisent pas pour se persuader qu'il ait voulu réaliser ce r6le sur la personne d'un prince dont le nom ne rappelle rien moins que les vices d'un tyran. L'imputation atroce à laquelle avoit donné lieu contre M. Duveyrier la lettre de sa cousine» Mlle. Nivellet, doit donc être regardée comme non avenue , ainsi que le mémoire auquel j'avois eu soin de renvoyer cette accusation , de manière à faire sentir qu'il n'avoit pas produit dans moi une vraie conviction.

878 Conspiration des Sophistes .

litude des missionnaires que la secte nourrissoit en Pologne , il suffit de mentionner le discours de Cambon , du trésorier de la Révolution y avouant qu^il en coutoit déjà à la France plus de soixante millions , pour aiaer les Frères à Varsovie. On voit par cet aveu comment la secte emploie les revenus publics , se mettant fort peu en peine de

rayer en France les dettes de Ttaiérieiur , laissant ses armées visibles le soin de vivre des contributions levées sur l'ennemi , mais payant largement les armées invisibles des missionnaires ou agens souterrains qui préparent las >v^»bes à ses triomphes.

On voit encore ici l'importance (jue les grands acteurs attachoient à leur Révolution sur la Vistule.Ën effet, maîtres decesxxxntrées., les Jacobins y tenoient en échec les troi^ Puissances les plus redoutables de la coalition des Princes , dont cette diversion eût nécessairement affoibli les forces. La liberté et l'égalité passoient plus aisément dans toute la Russie ; les Frères Pxassiens.et Âatrichiens sexnontroient plus hardimenU Déjà tous ces vœux sembloient se remplir ; Kosoiusko avoit mis en insurrection Varsovie , Wîlna et Lublin ; TEvcque de celte dernière vîUe et divers Gentilshommes avoient déjà péri sur un ,gibet ; le malheureqx Ponùaowski avoit inutilement cherché à donner à la Révolution une tournure moins féroce; les derniers joiu-s de la Pologne arrivoient ; elle acheva de perdre. son Roi et son indépendance. Mon ob}et n'est point de juger les Puissances qui finissent par se partager toutes ses provinces , mais de montrer la secte par-tout conspiratrice. L'Allemagne, où naquirent ses adeptes les plus profonds , lui doit déjà bien des pertes et des désastres ; elle n'est pasau terme que les complots des Frères lui préparent.

DE LlîiPléTÉ ET DE L'AnARCHIE. 379

Joseph II avoit eu le temps de reconnoître sa EnAadéplorable politique ; il gé^issoit dëjà sur son ^'^^ ^" pliiiosophisme et sur sa détestable politique , qui, tourmentant la foi des Brabançons , manquant aux traités solennels , conduisoit au désespoir des sujets dignes d'un itieilleuf sort , lorsque le manifeste du Grand-Ori^èit yint lui mqntrer de nouvelles erreurs daiKs la protection qu'il ayoit donnée aux Loges «naçonniques. Si j'en crois au rapport de Klàner , ou du Bte)inS à l'extrait qu'en ayoit fait un Seigneur assurémetit d^e de foi , ce fut alors que Joseph II chacgea ce Kleiner même de s'introduire dans lesXdgess îUiuaainées » et que par ce moyeÀ il fût instruit dèsiplus profonds mystères de la secte* Il yît cesikux adeptes Suédois tendre absokuBient au métne but que ceux de "Wei^aupt , et les Loges maçonmqoes servir d'asile aux uns et aux autres. Je sais d'uhe personne qui ayok avec 1 ni de fréqueiis eûtretidns , ^e Josepb II f^t alors pénétré de dépit de se voir si étrangement trompé par des'hoiùmes qu^l ayoit favorisés ; de reconnoître surHQUt, qa'ati *Jieti de choisir lui-même ses employés aux charges de l'Etat , c^éioit en effet les initiés à la 'secte des Illuminés /fui diri- -geoient^spn choir. Il déclaf apubliquement ne voir plus dans les Franc^Maçoils ^quV^/i 00^5 d'escrocs et de jbnglèunsk 'Il atiribuotttnédie aux arrièreciî'canc'^Maçoas'ki plopaift'deb vols faits aur le trésor .de I^M. -Uéioit résolu à les exdute-de tous les emplois ^civils ^t milititires» Il s'iddignoit de les voir faire/im deeotid £ni{iire ^ dans 4'&ppire ^ /mipcrium ùi'^mperio. Il eût dès dors $uiyi contre ^eux totts.les mouveteeiis (de son indignation, s'il n'afvait appris que parmi les Maçons se tr<}uiydient plusieurs de ses Sujets bonnétes et fidèles, de 'cea'x môme qu'il aimdit ou estimdit«le>plus, tels :qnc le IVincë de Lichlenstein. La plupart 41e ceux-

38o GONSPIRATION DES SoPHlSTES

là renoncèrent aux Loges. Joseph ëtoit encore tout occupé de leur destruction et de ses regrets sur les terribles erreurs de son philosophisme » lorsqu'une mort prématurée yint terminer son règne.

Léopold son successeur , jaloux de connoitre dans ses nouveaux Etats les complots , les forces de la secte , s'en fit plus spécialement instruire par le Professeur Hoffmann. Personne en effet n'étoit plus en état de lui donner sur cet objet des instructions exactes. M. Hoffmann aroit reçu des adeptes mêmes des lettres qui l'invitoient , avec tous ces éloges que lui donnoit encore la secte , à consacrer sa plume à la cause de la Révolution ; • mais d'un autre côté , divers Maçons , honteux \ de s* être laissé séduire par les Illuminée , lui j avoient dévoilé des secrets importons , et s'unis- ' soient à lui pour déjouer la secte. Il avoit appris » d'eux « que Mirabeau lui-même ayoit déclaré à » ses confidens qu'il açoit en Allemagne une » correspondance très-^tendue , mois nulle part » plus importante qu'à Vienne. Il savoit que le » système de la Révolution embrassoit TUniveis; » que la France n'étoit que le théâtre choisi pour » une première explosion; que les propaganr- ]• distes travailloîent les peuples sous toutes les 9 zones ; que les émissaires étoient répandus dans » les quatre parties du Monde , et sur-tout dans » les Capitales. — Qu'ils avoient leurs adhérens » » et cherchoient à se fortifier spécialement à » Vienne et dans les Etats Autrichiens. — En » 1 791 , il avoit lu , et plusieurs antres personnes » avoient lu comme lui ^ deux lettres, l'une de » Paris 9 et l'autre de Strasbourg , désignant en » chiffre les noms de sept Commissaires de la 7> propagande^ établis à Vienne ^ et auxquels de » noui^eauxCommissairesdei^oients*adresserytant

DE L'iBfPIÉTÉ ET IIE L'AnARCHIE. 3^t

a pour la solde de leurs trwaux quepour tous Us » conseils à prendre sur leur objet* — Ilavoit vu » plusieurs de cts gazettesà la mainj qui , paitaut » de Vienne chaque semaine , et remplies aanec* i> dotes odieuses contre la Cour j de principes et » de raisonnemens contre le Gouvernement y » alloient porter tout le poison du Jacobinisme » dans les villes et les bourgs de l'Empire , et j» dans les pays étrangers , sans que ceux à qui » elles s'adressoient, eussent jamais souscrit, et sans » qu'on leur demandât jamais le prix du port ou » ae la souscription. Il avoit même fait passer an » Gouvernement quelques-unes de ces lettres* » — Il avoit dévoilé Tobjet des voyages que l'IIlu- » miné Campe faisoit à Paris , et ses relations » avec d'Orléans et Mirabeau. — Il savoit encore » de science certaine les projets du Mirabeau » Allemand, » c'est-à-dire de Mauvillon , l'adepte enrôleur de Mirabeau , et celui-là même qui dans une lettre interceptée et conservée dans les archives de Brunswicx , écrivoit à l'Illuminé Cuhn : « Les affaires de la Révolution wnt toujours » mieux en France ; f espère que dans peu » d^ années cette flamme prendra aussi par-tout ^ et que Fembraseinent deviendra général : alors » notre Ordre pourra faire de grandes choses. » {Juin 1 791 • ) M. Hoffmann , dis-je, savoit que ce même Mauvillon « avoit formé un plan très -dé* » taiUé pour révolutionner toute l'Allemagne; » oue ce plan envoyé dans la plus grande partie 9» des fjoges maçonniques, et oans tous les clubs » de riUuminisme , circidoit dans les mains des » émissaires et des propagandistes , déjà tout oc- » cupés à soulever le peuple dans les avant-postes , » et dans toutes les frontières d'Allemagne. »' ( Extrait de la sect. 1 9 , avis important aHoffmann ^t. i.) Taadis que ce z^é citoyen dévoi<*

383 Conspiration des Sophistes lôlt ceâ intrigues de la secte à Léopold, il coitespondoit avec ce M. Zimmermanii 4.e Berne ^ ëgalement tévéré des savans , cher aux bons ci^ toyens , odieux aux Jacobins illuminés , dont il ne connut les mystères que pour avertir la sociétë de leurs complots. M. Zimmermann, de son cote, rédigeoit pour le même Prince un important Mémoire sur les moyens d'arrêter les progrès de la Révolution* ( Foy. lett. d'Hoffmann dans l'Eu-demonia , tp 6. N.^ 2. ) Mais les Jacobins étotent eux-mêmes instruits de toute la haine que Léopold 4eur por(oit. Ils savoîent que le principal auteur du traité de Pilnitz n'étoit pas moins à craindre pour eux qiie Gustave ; et ils étaient bien résolus à prouçer qu'un Empereur même ne s^opposeroit plus impunément à leurs complots • ( Avis import. ) Au moment où ces deux Souverains faisoient leurs préparatifs , le Roi de Prusse avoit rappelé de Vie&ne son Ambassadeur y le Baron de Jacobi Kloest y que les Frères tenoient pour propice à leur cause. Le comte de Haugwits y plus décidé alors pour le traité de Pilnitz , devoit prendre la place de Jacobi. C^ie ^ouvelle fut annoncée par les adeptes nouvellistes de Strasbourg, avec l'apostille suivante : « Les politiques augurent de là , » que Tunion établie entre les deux Cours sera" » consolidée. U est certain du moins qu'il est bon » de le faire croire aux Français ; mais dans les » pays despotiques ^ dans les pays oiL ,1e sort de s> plusieurs miîlons d^hommes dépend d'un mor^ » ceau de pâte , ou de la rupture d'une petite p veine , on ne peut plus compter sur rien. » Quand même on supposeroit que ia Cour de » Prusse agit de bonne foi avec céUed'Autrîdie» » ce qui est bien difficile à croire ; ou celle d'An- » triche avec celle de Berlin, ce qui «et 'bien plus » incroyable encore >4'/ nfifaudioiî qu'une indi-^

DE l'Impiété et dé L^ANARcmE. 383 ]> gestion j une goutte de sang extrMosé pour 30 rompre cette brillante unionj » Cette apostille du courrier de Strasbourg j N.^ 53 » étoit datée art. Vienne , 26 Fémer i^^^.. Lëopold mourut empoisonné le premier Mars suivant , et Gustave fut assassiné dans la nuit du 1 5 au 16 du morne mois. ( Voyages de deux Français dans U Nord^ t. 5 y chap. 12.)

Le premier soin du jeune Empereur succédant à Léopold , fut de renvoyer tous les cuisiniers Italiens, pour ne pas avoir auprès de lui ceux qui avoient versé à son père le poison , connu sous le nom de bouillon de Naples. Héritier des ^entimens de Léopold pour la coalition , François II ne s'est pas contenté de montrer son zèle contre la secte , par la valeur qu'il fit paroitre dans les armées. Pour attaquer riilumintsme jusque dans ses souterrains , en 1794 , il fit proposer à la Diète de Ratisbonne la suppression de toutes les sociétés secrète^ , de Maçons , Rose-Croix y llla^' minés de toutes les espèces. Ils avoient auprès de ce premier Conseil de l'Empire Germanique , des adeptes zélés. Ils opposèrent leurs intrigues à la demande de l'Empereur. îls prétendirent que le Corps de ces Illuminés n'étoit que ces petites associations de jeunes écoliers , dont on voyoit tant d'exemples dans ks Universités protestantes. Us firent objecter par les agens de Prusse , de Brunswick et a'Hanovre , que l'Empereur pouvait défendre ces Lo^es dans ses propres Etats ; ils reven* diquèreut poor les autres toute la liberxé Germa^ nique.

Tout ce que l'Empereur put obtenir , fut un décret pour l'abolition des corporations d'écoliers* NoQ-senlemént ce décret laissa Les ;grands adeptes en pleine possession de \tva% Loges v mais îl Testa même sans effet sur ceHes qu'ils avoirat introduites

384 Conspiration des Sophistes

dans la plupart des collèges , pour illamîniser

l'adolescence (a).

(a) Cette année encore , aa mois de Février, le» Magistrats d'Iéna ont été oUigës de punir une douzaine de ces écoliers , d#nt la Société , sous le nom SAmi^ cistes f étoit gouTemée par des adeptes. Pour les disposer à tous les mystères de l'Illuminisme , ces Supérieurs secrets leur représentoient le serment fait à leur Société comme le plus étroit des ensagemens , dont la Tiolatiom seroit suiirie pour eux des plus terribles cMtimens. — — Ensuite ils leur demandoient s'ils étoîent assez éclairés pour croire (|u'ils pouroient , sans blesser leur conS'' cienee^ oublier le serment fait au Supérieur du collège , de n'entrer dans aucune Société secrète. — S'ils se croyoient asses honnêtes pour ne s'en prendre qii*à eux-mêmes , et n'accuser personne dans le cas on le Magistrat les puniroit d'avoir manqué à cette promesse. — S'ils se croyoient assez de courage pour rester dans leur Société^ quand même on les aurait forcés de tab-^ jurer — L'Illuminé que leur réponse avoit satisfait , leur remettoit le Code des Amicistes ; et ils j lisoient , qu avec leurs associés ils forment un Etat dans tEtat ; qu'ils ont leurs lois propres , d'après lesquelles ils jugent des affaires même qui sont hors de leur cercle , ce qui exige le plus profond secret ; que s'il se trouve plusieurs associés dans une même ville , ils y établiront «ne Loge 9 qu'ils y travailleront de tout leur possible ^ la propagation de leur Société; que s'ils changent de t^sidence , ce qu'ils ne doivent faire que dans une extrême nécessité , ils correspondront par lettres avec leur Loge , dont le Secrétaire entretiendra la correspondance avec les antres Loges , en leur marquant le iiom , les qualités , la patrie des nouveaux reçus ; qu'ils obéiront aux Supérieurs de l'ordre ; qu'ils secourront les Frères , et procureront leur avancement; qu'enfin ils doivent être prêts è sacrifier à Vordre , leurfortune et leur sang.

Plusieurs de ces jeunes Amicistes , dont l'Ordre étoit jusqu'alors considéré comme un des plus innocens , ont refusé de donner la liste des Frères , pour ne les point compromettre. Ils ont dit que dans cejtte liste se troavoient des hommes de qualité^ d*honneur^ des Magis^

Tandis

D£ l'Impiété et de l'Anarciiie. 3S5

Tandis que le jeane Empereur s'occupoit à supprimer la secte des complots , elle meditolt celui qui devoit opërer la Révolution dans tous les Etats Autrichiens. Elle a voit perdu dans Vienne

trais et autres gens constitués en dignité. ( Voyes le procès-yerbal de ce jugement , ou bien «le Staats und gelehrte zeiiung d'Hambourg, N.® 45 , i3 Mars. )

Si Ton Teut savoir en quel ëtat les jeunes gens sortent de ces Loges et de ces Collèges , en voici un exemple copie des notes que j'ai reçues d'Allemagne. « Dans le moment oh j'ëcris ceci, ( i5 Juillet 1794) aux bain«

Îai ^ont à quatre lieues d'Hanovre , se trouve un jeune omme arrivé ces jours derniers de l'UniversUë Xïéna^ oik il a fait ses études. Cest le Comte régnant de Plat'temberh , un des plus riches Seigneurs de l'Allemagne ^ âgé de 24 ans , né de parens catholiques , et neveu du Ministre Prince de Caunitz. En conséquence des études que ce jeune Seigneur a faites à léna, il s'habille complètement dans le costume d'un démocrate , et en affecte toute la grossièreté. Il a prétendu que son domestique fût assis à côté de lui è table d'hôte , ce qui lui a été refusé. Ce jeune Egalité chante par*tout avec la jeunesse qui se rassemble autour de lui , le çà4ra et la chanson Marseillaise. •>— Quon ne prenne point ceci pour une historiette , ipii ne regarde qu'un individu fou. Sa folie est maintenant la folie régnante parmi les étudions de toutes les Universités d'Allemagne ; et cette folie est le produit de la doctrine qui leur est enseignée par leurs professeurs f sans que les Gouyememens s'jr op» posent. »

Par les mêmes notes que j'ai reçues d'un Protestant , on voit que l'Université de Halle en Saxe , où la plupart des sujets du Roi de Prusse vont faire leurs études , ne le cède en rien à celle à*Iéna. £n A^ril 1794* les chefs de la commission religionnaire de Berlin, MM. Hermès et Hilmer , s'avisèrent , par ordre du Roi de Prusse , de visiter à Halle le gjmnase luthérien » et de désapprouver bien des choses. Les écoliers les reçurent aux cris de pereant^ et les forcèrent de s'enfuir au plutôt* Leurs Ministres religieux sont exposés aux mêmes atanies } ils font aboyer les chiens contre leurs prédicateurs $ ils se permettent dans leurs Temples ce qu'on T0M£ ly. Bb

386 CONSPIEATION DES Sof^HTSTrs

un de ses grands adeptes , par la mort du Cheva^ lier de Born , qui de toutes ses richesses ne laissoît que des dettes immenses, fruit de ses largesses envers les Frères propagandistes. Deux adeptes , non moins zëlés et plus entreprenans , lui avoient succëdë* L'un ëtoit Hebenstreit , lieutenant de place à Vienne même ; l'autre un ex - capncîû Croate , nomme Melialoçich , que Joseph II avoit eu rimprudence de défroquer et de revêtir d'une prélature en Hongrie , pour le récompenser de la disposition dans laquelle cet apostat s'étoit pré^ sente à lui , pour seconder toutes ces prétendues reformes dans TEL^Iise. A ces deux conjurés s'étoient unis une foule d'autres adeptes , parmi lesquels se distinguoient le Capitaine Bilech , prO" fesseur de mathémathiques à l'académie de Neus« tadt , le lieutenant Riedel , le professeur de phi,-* losophie BrandstœteTy le stupide, mais riche marchand Hackel ; et enfin Wolstein , l'un de ces adeptes dont la secte avoit eu l'art de faire payer l'apostolat et les voyages par l'Empereur Joseph , sous prétexte des connoissances a acquérir dans l'art vétérinaire , dont cet adepte étoit devenu professeur.

L'importance et le nombre des conjurés pent s'apprécier par le plan même du complot qu'ils avoient tramé en 1 795. Leur influence auprès de la Cour leur avoit fourni le moyen de former à Vienne une garnison toute composée de citoyens aisés et honnêtes , peu accoutumés à porter les armes. Ils les avoient choisis dans celte classe , eu se munissant des ordres né-

ne se perinefttroit pas dans les rues. « Les Illuminas divulguent eax-mémes ces infamies , pour que les ëlë^es de leurs Sociétés Amicistes aient le courage éten faire par^tout autant, )> Ainsi se forme la iewiesse. partout où la secte domine.

DE l'Impiété kt de l'Anarchie. 387 cess<iirc$ pour les forcer à cette espèce de service, sous prétexte des dangers de l'Ëiat. En alléguant toujours les ordres de l'Empereur , ils les traitoient de la manière la plus dure , pour eicitcr leur mécontentement , et les trouver tous irrités contre la Cour , au moment de la révolution qu'ils méditolent. La populace étoit à eux » et ils savoient se l'attacher encore davantage, en l'exchiHTit du service militaire, sans pour cela l'exclure des sommes qu'ils disiribuoient secrètement aux bandits auxquels l'arsenal devuit s'ouvrir au jour convenu. En ce jour devoit se ménager une émeute générale , pendant laquelle Hcbtns-treil, suivi de qiielques légions , devoit s'emparer de la personne de rÈmpereur , tandis que d'autres bandes pourroient forcer Tarsenal et prendre leur poste sur les remparts. Maîîres de l'Empereur, les conjurés dévoient le forcer à signer leur code des Droits de l'homme , r'est-a-dire divers Edits déjà tous rédigés , par lesquels les droits des Seigneurs ou des riches se trouvoient abolis , tous les hommes déclarés égaux et libres , sous la Constitution du peuple souverain. Ces Edits dévoient être envoyés dans toutes le^s provinces , au nom de l'Empereur même , comme s'il eilt joui de toute sa liberté. Du reste , sa personne devoit paroître respectée , à peu près comme celle de Louis XVI , sous son geôlier Lafayelte. Il n'est point dit si Vaçf/a tojfana devoit èlre employée à la dose qui hébète ou à celle qui tue ; il parolt même que le projet étoit de conserver ce jeune Prince , au moins comme un otage ; mais dans tous les cas , la liberté ne devoit lui être rendue que lorsque le peuple , accoutumé a la nouvelle égalité et liberté , se trouveroit rmini de» biens des Seigneurs , et de toMte la force nécessaire pour eu rendre impossible la

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388 CoNs»mAiioK des Sophistes restitution , et le retour de Tancienne ConslitDtkm* Toas les moyens préparatoires ëloient pris ; le catéchisme des Droits de thomme et toutes les brochures incendiaires ëtoient répandues atec profusion dans les villages et les cabanes. La révolution avoit même ses adeptes femelles , ses dames Staël ou Necken La Comtesse de Mcor-* chowich sur - tout se distinguoit en Hongrie ^ par son zèle à distribuer le nouveau catéchisme. Le jour fatal étoit sur le point de paroître^ quand un événement singulier , que les conjurés n'avoient pas prévu , fit avorter toutes leurs mesures*

En Tabsence de Méhaloidch^ un de ses domestiques , s'amusant avec son camarade , s'étoit avisé d'endosser l'habit de Capucia que son maître conservoit dans sa garde-robe , lorsque tout-à^coup Méhalo\dch arriva à la porte de la maison. Le domestique peu accoutumé au froc, et ne pouvant s'en débarrasser assez vite ^ envoya son camarade ouvrir la porte ^ et se cacha sous le lit de son maître. Celui-ci entra accompagné ^Hebenstreit et de Hackel. Ils se croyoient seuls. Le domestique entendit toute leur conversatioo. Elle roula toute entière sur le complot qui devoît éclater dans trois jotus y Hebenstreit renouvela sur son épée le serment des conjurés; Méhaloifich h i remit , pour l'exécution du projet , cinq cent mille florins 9 qu'il avoit cachés dans un clavecin. A l'instant où le domestique se retrouva libre , il vola rendre compte aux Ministres de tout ce qu'il venoit d'entendre.

. Tous les Conseils tenus sur une découverte de cette importance , ks principaux conjurés furent arrêtés la veille du jour même où le complot devoit éclater. Hebenstreit fut pendu i Vienne , ; ^t Méhalovicli décapité à Presbourg , avee sept

DE lImpiété et de l'Anarchie* 3Bg Gentilshommes Hongrois, ses complices. Divers autres furent condamnés , les uns à Vexxl » les autres à une prison perpétuelle.

Ainsi que l'Empereur à Vienne , le Roi de j;„p^„^. Prusse a eu ses conspirations à prévenir à Berlin. Les papiers de Tadepte Niveleur Leuchsenring ^ avoient déjà averti Guillaume III de celle qui se tramoit par les Frères ; il s'en préparoit une nouvelle au mois de Novembre 1792. Le signal donné pour l'insurrection , étoit le feu à mettre à deux maisons , dans différens quartiers de la ville» Au jour convenu , ces deux maisons furent réellement incendiées. Mais les Frères s'étoient flattés que la garnison s'y porteroit , suivant l'usage y pour éteindre les flammes et empêcher le désordre. Au moment où elle auroit quitté ses postes, les rebelles dévoient s'en emparer et donner l'essor à leurs brigands. Heureusement le Gouverneur y M. le général Mœllendorfi* , avoit été instruit de ce complot. Il ordonna aux troupes de rester à leurs postes. Les conjurés se voyant prévenus, n'osèrent se montrer. Les incendiaires furent saisis , la conspiration avorta , et Guillaume III conserva sa Couronne.

Instruit de l'intention des conjurés , et de tous leurs rapports avec les Jacobins Français , ce Prince eût dû , ce semble , montrer plus de constance dans la coalition des Princes contre la Révolution Française. Des jalousies de Cour , des intérêts qui se croisent trm) habituellement entre Vienne et Berlin , le décidèrent peut-être à une paix qu'il n'étoit point du tout dafns son cœur ae faire avec les ennemis de toutes les Puissances ; mais il est difficile aussi de se cacher l'empire que dévoient avoir sur ses résolutions ces mêmes hommes dont il détestoit les principes désorganisateurs* On a vu les adeptes de

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3go Conspiration des Soptostes Weishaiipt se cacher dans le fond des Loges maçonniques ; on a vu PhiloQ Knîgge annoncer des dëcouvertes merveilleuses qui pouvoient donner à la secte tout Tempire de Tiliusion snr les esprits crédules. Malheureusement pour Frédëric- Gulllaume III il s'étoit enfoncé dans ces Loges dont les Illuminés, sous le nom de Rose-^Croix , a voient fait le théâtre de leurs merveilles y c'està-dire , celui de leur charlatanisme ; et voici ce que m'ont appris les lettres d'un savant Protestant» qui avoit eu avec sa Majesté Prussienne ellemême de lon;;s entretiens sur la Franc-Macon^ nerie. Pour ûter à Guillaume son respect pour l*Ecriture , ces Rose-Croix éloient venus à bout de lui faire croire que la Bible et l'Evangile des Chrétiens étoient défectueux ; qu'il existoit une doctrine bien supérieure dans les liures sacrés d'Enoch et de Selh , que l'on croyoit perdus , mais dont ils se disoient seuls en possesion. Si GuiU hiume avoit pu cire désabusé y il eût cédé aux démonstrations de notre savant» qui l'invita à lire ces prétendus litres d'Enoch et de Seth , c'est- à- 4ire ) ces apocryphes rapsodies qu'on lui donooit pour des productions si précieuses , si rares , si décrètes, depuisbien longtemps imprimées dans la collection de Fabricius. Sa Majesté panit reconnoiire la ruse de ces erapyriques Mystagogues; mais la curiosité a ses foiblesses. Les hiérophantes Hose - Croix l'enirâînèrent de nouveau par le cliarme de leurs prétendues apparitions. La crédulité de Guillaume, en ce genre, étoit si notoire » qu'eue 792 on vendoit à la foire de Leipsic des vestes appelées du Jésus de Berlin y (Berlimsche Jésus westen ) en mémoire de ce que les Frères ayant tout-à-coup annoncé l'apparition de Jésus- Çhnst y et Guillaume ayant eu la bonhomie de demander commeiu il étoit habillé, ils lui avoient

DE lImpiété et de l'Anarchie. Sgi ropooda : en çeste écarlate , avec des rei^ers noirs et des tresses d or* Si Ton peut s'en tenir à ce ^ue j'apprends par la même voie , Guillaume méritoit eja quelque sorte ces humiliantes mistiiications; car le grand empire de ces charlatans sur 3on esprit , venoit non-seulement de ce qu'ils flattoient ses inclinations pour les absurdités de la magie , mais bien plus encore de ce qu'ils aulorisoieut son penchant déréglé pour le sexe, en lui disant savoir que Jésus-Christ lui permettoit d'avoir des douzaines de femmes à la fois.

La plus fameuse de ses courtisanes étoit cette Riez y devenue Comtesse de Lichtenau. Le procès qu'on lui a intenté eût probablement dévoilé les mystères de l'intelligence qu'on lui suppose avec les Jacobins Français , dont on dit qu'elle reçut de si riches présens , et ayec Bischofs-Werder ,

Su'on nous dit aujourd'hui occupé de projets bien ifférens. Nous aurions su comment concilier et cette haine réelle de Guillaume pour le Jacobinisme , et le courage personnel qu'il niontroit en combattant contre eux , et cette paix qu'il fit avec enx dans un temps où les armées pou voient si efficacement contribuer à leur destruction. Mais son successeur a cru signaler sa bonté et sa prudence , en jetant au feu les actes de ce procès , en disant' qu'il ne les liroit pas , crainte de voir mêlés dans ces intrigties* <:^^^ Aomm^5 gui pour-roieni être encore utiles. D'autres Princes peutêtre eussent trouvé plus sage de les lire , pour apprendre à connoUre des hommes qui peuvent eftcore être fort nuisibles. Quoi qu'il en soit du vrai motif cfui arrache â l'histoire ce monument ^ tout nous dit que Frédéric-GuiHaume lY a hérité dé la hainç de son père pour la secte , sans hériter de ses foiblesses et de ses illusions. Les Franc- Maçons de Berlin ont osé lepriei^ de confirmer leurs

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392 Conspiration des Sophistes •

Loges par d^s lettres-patentes ; il les a renvoya^ en leur disant qu'une pareille faveur seroit contraire à ce qu'il doit à ses autres sujets ; qu'ils pouvoient cependant compter sur sa protection , en s'abstenant de tout projet contraire à la tranquillité publique. Cette assurance a été sans doute suivie de la promesse des Franc-Maçons de se mQtotrer toujoiu^s fidèles à sa Majesté. Ils faisoient tous les mêmes promesses sous le feu Roi ; et cependant j'ai vu à Londres des Maçons honnêtes alarmés des discours qu'ils avoient entendus dans des Loges Prussiennes y très - peu de temps avant la mort de Guillaume III. D'après leur relation , les propos menaçans de ces Lo^es ne le cédoieul en rien aux propos frénétioues du grand club des Jacobins de Paris. « Quand serons-nous 9 enfin délivrés du tyran ? Quand imiterons-nous T» nos Frères de Pans ? N'est-il donc pas temps )> aussi pour nous de nous montrer enfans de la 3» liberté et de l'égalité , et vrais Maçons ? y» Ces discours , et des expressions plus flétrissantes encore pour le Roi , n'étoient pas dans la bouche d'un seul Frère ; des Loges entières se livroient à cette frénésie dominante ^ sur-tout dans quelques adeptes plus unis aux Français. Voilà ce dont plusieurs Franc-Maçons arrivés de Prusse à Londres» m'ont assuré devant plusieurs personnes avoir été témoins dans des Loges Prussiennes. Ce n'est pas non plus une circonstance à mépriser dans les dispositions des Frères , que la révolution à laquelle vient de se soumettre la Loge appelée à Berlin Royal-York. On sait par les nouvelles publiques j que cette Loge a établi dan$ son sein un Directoire y un Sénat des anciens et un Sénat des jeunes ; selon le modèle du Gaui^ernement Français actuel. A quel point cette révolution dans le sein des mystères > annonce-t-elle l'impa-

DE LlMPIÉTi ET DE l'ANARCHIE. ^gS

tieoce de celle crue les Frères et les Pentarques de Paris travaillent à rendre générale ? Cest ce qu'il ne m'est pas donné de fixer; mais ce que je sais très^positivement , c'est que les Jacobins ao Paris ont ailleurs que dans les Lo^es leurs troupes auxiliaires. Ils ont aussi leurs Frères envoyés de Paris jusques dans les armées Prussiennes. Ils ont leurs soldats payés , d'un côté y par le Roi de Prusse pour le maintien du Trône , et de l'autre payés par les Pentarques directeurs, pour travailler les régimens Prussiens et leur apprendre à renverser le Trône. La générosité des Jacobins va même à pensionner en France les femmes de ces apôtres déguisés en soldats. Ce que toute l'Europe sait encore en ce moment , c'est que l'adepte Ambassadeur Syeyes est à Berlin. Si jamais sa mission est remplie , ce seront encore de nouvelles conquêtes à expliquer comme celles de l'Italie. Enfin ce que je sais , c'est que l'Allemagne entière eût cédé depuis long-temps à l'im- . pulsion , si les Illuminés pouvoient y compter autant de triomphes que de complots.

Fatigué de ces trahisons partielles , qui ne livrent à l'ennemi qu'une ville ou ^ne province de l'Empire, le Sénat des adeptes, alors séant à Vienne , avoit, dès l'année 1793^ ou formé le projet , ou reçu les ordres nécessaires pour l'exécution d'un projet rédigé en trente articles , pour donner à la fois tout rEmpire à la Révolution. Déjà de cette ville étoient parties des lettres affranchies jusqu'à Egra, pour Gotha, W^eymar, Dresde , et cent autres villes , fixant an premier Novembre le jour désigné aux Frères pour celui de l'insurrection générale, et invitant tous les Citoyens à se munir eu ce grand jour do toutes^ sortes d'armes , nefûUce que de couteaux ; à se rassembler sur quelques places publiques ou hors

3*94 Conspiration des Sophistes des villes ; à se donner des chefs et à se dirlser par centuries ; à courir s'emparer de la caisse publique , des arsenaux^ des magasins à poudre et du Goui^ernemenl. Conformément au même projet une Assemblée Nationale dei^oit se ma-nifester le même jour dans une ville de T Empire^ et tous les Frères en insurrection dévoient y envoyer leurs dëputës. Ces lettres couroient déjà FËmpire au mois d'Octobre ; heureusement il en fut intercepté un assez gtand nombre pour faire avorter la conspiration. La secte s'en consola encore y dans Tespoir que les dix années annoncées pîar Maui^illon ne s'écouleroient pas sans que toute t'Altenlagne fiît révolutionnée. Les adeptes y sont eneQetsi nombreux, que les délais de cette révolution seroient inconcevables , sans la lenteur d^un peuple naturellement peu susceptible de l'effervescence requise pour les gl-andes explosions^ Les lettres qu'on reçoit de ces contrées abondent en plaintes sur cette multitude d'Illuminés. Pour CTpliquer comment ccîux des Princes qui les connoissent lé mieuï, sont cependant réduits à les tolérer , je crois devoit transcrire ici , de mes Mémoires sur l'Allemagne , un article que j ai vu confirmé par le^ personnes les mieux instruites ,' et conçti en cds termes : « Un des «'"Souverains d'Allemagne qui a le plus d'esprit, s»' le Duc de Brunswick , a souffert que sous les » auspices de Campe « Mauvillon et Trapp , tous » les trois fameux Illuminés, la capitale de son » pays devint une école publique d'irréligion et » de Jacobinisme. Cela pourroit faire soupçonner »' que ce Prince est lùi-méme un peu imbu des »' principes du Jacobinisme. Mais vraiment ou » lui feroit le plus grand tort ; car il ne tolère »' ces coquins que pour échapper à leurs com^ i^î- pbts. Si /& les éloigne , dit-d, çu^arrivera-t-if^

DE lImPIÉTÉ et de L' ANARCHIE. SgS <i ils iront ailleurs et ils me calomnieront. Il » faudroit qu'il y €àt une com^ention entre tous, » les Princes Allemands j pour ne les souffrir » nulle part. «

En attendant cette convention , il est dans ces contrées d'autres Gouvernemens qui tolèrent, jus-

3 n'a l'enseignement public des derniers mystères e rilluminisnie. « En Saxe , par exemple , à » lénuy on souB're qu'un professeur enseigne à la » jeunesse > que les Gou\>ernemens sont contraires » aux lois de la raison et de t humanité ; et » que par conséquent il ny aura dans s^ingt^ » dans cinquante ou dans cent ans , plus de • gou^ernemvns dans le monde. » ( Mémoires sur le Jacobinisme en Allemagne , année 1 794* ) On pourroit même dire en quelque sorte .: la plupart des. Princes Allemands ne veulent pas que les écrivains combattent et. cette doctrine et la secte qui la propage. Une société d'hommes très-restimables et très-bons citoyens, autant que Ton peut en juger par leur journal intitulé YEu^ demonia ( le bon esprit ) , se consacroix à dévoiler les pièges, \e& principes et les. dangers, des Illuminés. Il n'est presque pas un seul Prince qui favorise qe journal , et plusieurs l'ojit proscrit de leurs Etats, et y laissent librement circuler tou$ ceux des Jacobins. jL'Eudemonia vient d'être défendu dans les E^^ts même de la maison d'Au* triche ^ sous la. spécieux prétexte que le but de ce JFournal est bon, mais qu'il fait cpuaoitre des prin-> cipes qui ne sont pas assezbiens réfutés. La preuve qu'ils le sont beaucoup mieux que 1^ Illuminés ne le voudroientj c'est que leur- Patriarche , c'est que leur Gazette littéraire de Gotha savoient déjà et piiblioient la défense , avant que la nouvelle n'eu eut encore transpiré à Vienne même. La ru6e du prétexte sera moins surprenante , quand

3^6 Conspiration des Sophistes On saura que parmi les Commissaires de la cen^ aure , c'est-à-dire , panni les juges de ce Journal et de tous les ouvrages publies à Vienne , se trouvent au moins ces deux Illuminés bien connus , Sonnenfels et Retzer , qui , très-certainement , pour des livres d'une autre espèce auroient su réclamer la liberté de la presse.

Enfin en Allemagne , il est une antre espèce de Jacobins, qui font aujourd'hui les plus grands proOTès. Ceux-ci sont les disciples du Dieu Kantj sorti de ses ténèbres et du chaos de ses cathégories, pour nous dévoiler les mystères de son soidisant Cosmopolitisme. Dans le système de ce fameux Docteur, i.^ il est désespérant de se voir obligé de chercher dans V espoir d'un autre monde le but, la destination de Yespèce humaine. 2.^ U n'en est point de l'homme conduit par la raison ^ comme des bétes conduites par Tinstinct. Celles* ci ont chacune pour but le développement de tontes leurs facultés ; ce but parmi les animaux , est rempli par chaque individu. Parmi les hommes» au contraire, le but est pour l'espèce, non pour Fiiidividu ; car la vie de l'homme est trop courte pour atteindre la perfection , le développement complet de ses facultés. Dans la classe de l'homme, tous les indimdus passent et périssent ; F espèce seule demeure , seule elle est immortelle* 3.® Pour Fhomme encore , le but de l'espèce ne peut se remplir , c'est - à - dire ses facultés ne peuvent se développer entièrement que dans la société la plus parfaite. 4*^ Cette société la plus parfaite seroit une confédération générale de tons les peuples , tellement unis entre eux au'il ne fût plus parlé de dissensions, de jalousies , o'ambition , de guerres. 5.® Des milliers et des milliers d'années 8'éconlcront peut-être avant l'heureuse période de cette paix perpétuelle ; mais « quelque idée qu'oa » se Ui3se du libre exercice de la volonté , si est--

i>fi lImpiété £t d£ l'Anarchib. 397

s» il certain que les résultats apparens de cette

)» volonté , les actions des hommes , sont , ainsi

1» que tous les autres faits de la nature , déter^

» minés par des lois générales, p Cette nature

marche a un pas lent , mais certain , à son objets

Les vices y les vertus, les sciences, les dissensions

des hommes , ne sont pour elle que des moyens

sûrs et infaillibles , par lesquels elle conduit Tes-

pèce humaine y de génération en génération , à la

parfaite civilisation. Tôt ou tard , Tépoque de la

confédération générale , de la paix perpétuelle »

arrivera* Cependant à cette époque même y Tes-

pèce humaine n'en sera encore qu!à moitié che^

min de son perfectionnement. — Je ne sais pas

s41 plaît au Dieu Kant de nous dire quelle est

l'autre moitié de la route qui reste à parcourir.

( Voy. Idée d^une histoire unii^erselle dans les

pues du citoyen du monde , par M* Kant , spec-^

tuteur du îsordy Airil 1 798.) Mais en attenaant^

ses disciples en grand nombre nous disent que

« l'Europe doit nécessairement ise dissoudre en

9 autant de Républiques qu'il y a maintenant de

i> Monarchies ; et qu'alors seulement le genre

» humain se montrera dans toute sa force et sa

n CTandeur ; qu'alors on ne verra plus des êtres

» incapables à la tête des Nations ; qu'elles arri-^

» seront à ce haut degré de perfection dans

» lequel se troui^e aujourd'hui la France , 01^ la

9 naissance n*est plus rien , où Fon pondent à

» tout par le génie et les talens. » ( Mémoires

sur le Jacobinisme en Allemagne. ) En attendant

encore y d'autres disciples sentent parfaitement ce

que c*est que cette autre moitié du chemin à par«

courir , pour arriver au perfectionnement de l'es*

pèce ; et pour ceux-ci, l'homme perfectionné ^

c'est l'homme n'ayant plus d'autre maître que

lai-même , d'autre loi que sa raison} c'est rhomme

SgÔ CONSPIRATION DES SOPHISTES

dn professeur de léna , rhomme de Weishauptet

de BaLœuf. (a)

Malgré ia difi'érence des procédés ^ il est ea efl'etaisé de voir que le système du Docteur ATa/i^, aujourd'hui encore professeur à Kœnigsherg , vient ultérieurement se confondre avec celui da Docteur Weishaupt , ci-devant professeur à Ingolstadt. C'est près de Tun et l'autre cette même haine de la Révélation, ce même esprit d'impiété, qui ne peut souffrir l'idée d'un monde à venir , oa toutes les énigmes de celui*ci se résolvent par la sagesse et la justice du Créateur , on le grand objet de chaque homme et de tout le genre humain, se dévoile au tribunal d'un Dieu vengeur et rémunérateur. C'est dans Kant et Weishaupt la même prétention au génie, punie par le délire de leurs suppositions également gratuites et absurdes, qui ne laissent à la génération présente , pour toute consolation de tous ses désastres , que le règne imaginaire de ces Cosmopolites , dont il

'{a) Je n'ai point eu occassion de lire les oaTrafi;<>s da Doctear Kant en AllemaDd; il a plu ^ M. Nîtsch d*en publier eu Anglais une espèce d'analyse. Ceux qui redouteront de jeter les yeux sur ce vrai chaos de cathégorics , peuvent lire le compte qu'en a rendu le Britisji Critic , Août 1796. Cette lecture sufRra pour juger de l'absurdité des argumens que le Docteur Prussien entasse contre la possibilité même de la Rëv^latîoh. —M. Wil" lich y vient aussi se montrer Tëmule de M. Nitsok pour la gloire du ténébreux Professeur. J'ai vu l'analyse que M. îVilUch nous donne , et les ëloges qu'il fait du projet de paix perpétuelle. Je ne sais pas pourquoi il se contente de mettre le titre de l'ouvrage qui a le plus de rapport k celui-là , du traité dont j'extraîi les principes de Kant sur son Cosmopolitisme. Le disciple auroit-il eu peur de mettre un peu trop à découvert l'école de son maître, et d'apprendre francboment aux Anglais li quoi doit aboutir tout ce système de Cosmos politisme » de paix perpétuelle / '

DE l'Impiété et de l'Anahchje, 399 lear plait âe voir la terre se peupler au bout de|i ' Àiiiliers et des milliers d'années. C'est dans l'un et Tantre , la même hypocrisie de sensibilité et de ' Vertu , cherchant à se cacher que tout individu ' persuadé que la nature n'a point d'objet sur lui , I ne lui a point donné de but fixe et personnel , ' s'en fera bientôt un à lui-mcme , suivant sou int^- ' rét ou ses plaisirs , et se mettra fort peu en peiné, ' de ces Cosmopolites à venir, de leur paix p^erpér ' tuelle, et d'un bonheur qui ne doit luire que vingt I ou trente siècles après sa mort. C'est la mcrae ^ ineptie d'un fatalisme qui nous montre par^tout ,^, E une nature faisant toujours ce qu'elle veut, malgré ' I toutes nos volontés, dominant toutes nos actions ' par ses lois générales; qui ne s'en plaint pa^ I moins de nos Tenteurs à seconder le grand objet \ de la nature , comme si nous étions libres de hâter I ou de retarder par nos actions tous ses projets. \ Toute la ditlérence que je vois ici entre ces deux ! héros du Jacobinisme Tudesque, c'est que l'un, i au milieu de son école de Kœnigsberg , s'enveloppe de tous les dehors pacifiques , tandis que l'autre, dans ses mystères, presse et anime ses adeptes , soujf&e son enthousiasme et ses fureurs à ses Epoptes , en leur montrant le jour où il faudra recourir aux moyens de la force , subjuguer et étouffer tout ce qui leur résiste. Mais la pacifique divinité de Kant n'en inspire pas moins dans les écoles , le vœu de ce grand jour oix les hommes de I la liberté et de l'égalité domineront. Ses collègues * dans les Universités , ne répètent pas tous les. ' mêmes principes avec le même sens froid. Les , disciples s'échauffent, les Jacobins sourient ; et ù j mesure que le système s'étend, les élèves de l'une I et l'autre école s'unissent, forment leurs alliances ' souterraines. Sous prétexie de cette paix perpér , tuelle qui attend les générations futures , ceux-là

4oo CONSPUIATIOII DES SofHISTCS

ont commencé par dëclarer et faire k Wnirers une gaerre de cannibales ; et de cenx*ci à peine en est-il un qui ne soit prêt à livrer sa patrie , ses lois et ses concitoyens ^ pour bâter Tempire de leurs Cosmopolites, annoncé par l'oracle de Kanl du celui de YHomme^Roi » prédit par le biéro* phante Weisbaupt.

Tel est anjouiti'hui l^état de la secte en Ailemagne. Elle est dans les Clubs , dans les Loges , dans les Sociétés littéraires , dans les Bureaux des Dicastères, et dans le sein même des Princes. Elle y varie ses formes et ses noms ; mais sous tous les noms et toutes les formes possibles , elle tient ces malheureuses contrées sous la trame d'une conspiration habituelle. Tous les Trônes y sont sur un volcan , dont les feux n'attendent , pour éclater , que le moment propice à l'explosion. 1% Mfci« Pourquoi ne m'esl-il pas donné d'annoncer que en Angû* la secte conspiratrice a au moins respecté celle *'^^' des Nations qui, le plus sagement contente de ses lois j devoit aussi se montrer la plus constante à repousser les mystères et les complots désorganisatenrs? Mais l'adepte Rcmtgen y Ministre de Petkun y envoyé à Londres, sous les auspices d'un grand Prince , n^est pas le seul apôtre de Weis« banpt qui ait traversé l'Océan pour illuminiser l'Angleterre. Au seul nom de Xavier Zwack^ on s'est ressouvenu à Oxford du séjour que ce digne élève du Fondateur étoit venu y faire pendant un an entier , après sa fuite de Bavière. L'exactitude de son signalement , tel que je l'ai traduit des écrits onginaux , n'a paâ permis de méconnoltre le vrai Caton de l'Ordre. On a conçu alors quel étoit son véritable objet , lorsqu'il disoit n'être venu dans èette ville que pour s'instruire dans sa fameuse école. Mais le temps et le lieu étoientpeu propices à une mission, a àts principes

qui

DE lImpiété et de l'Anarchie. 4oi' qui ne dévoient aboutir au^à lui concilier le plu$ juste mépris de la part des Docteurs. Celui qui lui ayoit conûé quelques découvertes, Tastronome Hornsby n'en a pas moins conçu comment Tadepte Zwack avoit pu les publier en Allemagne , comme le fruit de son propre génie , et comment , dédaigné par l'Université, il avoit évité de s'y montrer de nouveau , quoiqu'il n'en fût parti qu'en annonçant son retour pour l'année suivante. D'autres apôtres sont venus suppléer à sa mission ; et notre zèle pour la vérité , notre reconnoissance pour une Nation à qui nous devons un asile, nous obligent de l'avertir que cette mission des enfans de Weishaupt , n'a pas été absolument sans fruit pour les adeptes.

Quand M. Robison a imprimé qu'il existoit en Angleterre des Loges maçonniques souillées par la présence et la fraternité des Illuminés Bavarois^ l'honneur patriotique s'est récrié ; des hommes qui se font une espèce de tribunal sur l'opinion publique , ont cru avoir le droit de sommer ce respectable écrivain de prpduire ses preuves. Je nesais point quelle a été la réponse de M. Robison ; je sais seulement qu'il auroit pu leur dire : lorsque les personnes constituées en autorité voudront m'interroger , je suis prêt à répondre. Je répon^ drois aussi à ceux qui , sans autorité » me de*mandent ces preuves ; mais il en est que les circonstances peuvent empêcher de rendre pu^ bliques. Il en est qu'il suffit de dévoiler au 5linistère , à cause des précautions à prendre pour déjouer la secte. Il en est même qui sont démous* tratives pour un auteur , par une multitude d'incidens qui les rendent évidentes pour lui , sans que pourtant il puisse les appuyer de ce qui est re« quis pour les rendre légales.

Je fais ces obseiTations avec d'autant plus de Tome IV. Ce

i(oi Conspiration des SopmsTEs foàdemettt, -que très-certainement les Ministres bnt enttfe les mains dés {Preuves compétentes , me lédr sagesse cependant ne permet pas derenme publiques. Je les fais, parce que M/Robtson laùasen la dit au moins assez dans son appendice et daiis Ses tiotes , pour persuader qu^il est suffi* jiamïnéut instruit, quand il ahnônce l'intrusion \des Uhmiihés dans ^^el^es Ldges Anglaises et 'Ëdossài^es , sans se croire obligé de désiraèr ces Loges, ou sans pouToir'méme les spécifier. Mais il n'a pas vouhi sans ddufe s'exposer au sort^ Idu célèbre chevalier Zimmermann , que tout le Tuohde sait avoir été, dans de pareilles drconstasiit^es,! la victime de miunâné Knigge , non assurément que celui-ci fût accusé innocemment , Mvis parce !qu11 tîianquoit alors contre lui une de ces preuves qu'on appelle légales; parce qu'il n'étoit pas alors assez facile de démontrer légalement

3ue Philon et 'Krdgge n'étoient que deux noms u même homme ; ce qui est aujourd'hui si évi- 'deiit par ses ouvragés mêmes et par ceux des 'adeptes. U'seroit à souhaiter que les mêmes hommes qui se sont permis de traiter M. Robison de ' cdomniâtenr , eussent réfléchi que la secte a bien ^'des moyens pour influencer de pareils jugemens; '^^ù'il est dans ses lois de perdre dans l'opinion pu- "blIqUe les écrivairts de mérite qu'elle ne peut attirer'ddtis ses pièges ; que M. Robison est "très-certainement un de ceux <Juî ont à ce titre tin vrai droit à sa haine. J'ajoute volontiers : ilseroit i lâOUhai ter que M. Robison eût pu répondre, en ptîbliilht toutes sëi preuves ; je! suis trèsKronvaincU

Sue ceux-là i^'êîtte'quf sésôntplertnis'dele juger 'une* manière si incompétente et isi outrageante , lui ûiirbiéht' Voté des rémercimens pour le service

Îu'il a rendu à sa patrie, 'dont ie zèle est sans ouie^dattj leuttbeur^cbmme^dàn^ le sien même.

DE lImpiétâ et de l'Anarchie. 4d3 mais dont ils n'ont pas pu connoitre les danger comme lui.

Malgré Topposition^pii 9e trouve ,^re ce respectable ameur et aw>i, sur j^uelqves. articles ^ et spécialement sur la Religiop cathoUque (a) et sur les Jésuites 9 dont il eût parjlé biçn dilTérem-

(a) Je ne penee à rien moins ici qu'à répondre aux préjugés religieuxide eertfiiiui tfcriyfiim contre les Catholiques ; mais que fout li la Rëyolutiou Française la confessiou , les vœux mouastiaues , les indulgences ^ la juridiction purement sptritoeUe du Pape ,et autres articles de cette nature l La preuve que tous, ces objets-là sont bien loin de contribuer à cette Biyolution , c'est que les Jacobins n'épargnentrienpour lesidétruire. Dans un liyre contre ces Jacobins , à 4]uel. propos alles-fous donc exhaler l'humeur que notre sjrdibole tous inspire t Je pourroisdire àbiendes auteurs. coupables de cette imprudence : commences au moins, 'Messieurs, par mieux connoîtro notre foi 1 et dans l'occasion yqué Terrée si nous saTons la défendre. Jepourrois.dire à. d'autres : laissez-nous à nous-mêmes le soin d'exposer ce que nous croyons ou ce que nous ne crçyon^past^Vos justincations mêmes en ce genre peuvent nous être à charge , malgf é toutes vos bonnes intentions.* M. 'Aobison croit trèscertainementavoir parlé en fimsurde l'EglisedeFrance^ lorsqu'il nous ^it que cetté'Efflise s^étoit depuis^lon^tema mise dans l'indépendance; de la Cour de Rome« Si par lu Cour de Rome , il entend une^ domiuatiou tempotellq du Pape , l'Eglise de France n'a jamais. eu la peine do s'y soustraire ; eUe ne l'a jamais reconnue. Siï entend la juridiction, purement spiruellodu Pape, nosEviques, et tout notre Clersé^ et tons nos Catholiques Français sont loin de youloir s'y soustraire. Tous croient encore ce qu'ils ont toujours cru , que le Pfpe , successeur de ' St Pierre , a.su^ l'Eglise de France, comme sur, toutes les autres, les droits-du premier des Pasteurs^^^ou» savent que cette juridiction du Souverain Pontife tient à notre symbole , comme une partie essentielle de la Hiiéranchie * établie par Jésus * Christ. Mais tous savent aussi que cette juridiction du Pape, comme celle de tout-Evéque, ^detout Pasteur n'est nullement un royaupie de ce monde^ f a'elle nous laisfe tous 1199 dçyQirs wvers lesSouven^arn

Ce a

4o4 CoNSPiRATioM DES Sophistes meut , s'il eût en comme nous sons les yeux k preuve que toute l'histoire de leur Maçonooie n'est qu'une fiction et une ruse dont les lUuminà se sont servis pour duper les Maçons , et dëtourner des vrais conjures Tattention du public ; malgré cette opposition, je ne cesserai point de direqol a mërité la reconnoissance de ses compatriotes, i en leur montrant la monstrueuse secte qui ne les | comprend pas moins qae les autres Nations daiS |

et qu'elle ne peat en anenn sens nons dispenser de k fidëlitë, de la soumission aux lois de Tëtat. — Je proteste donc hautement contre, ceux , qui de mon estime posr M.Robisou, croiroient pouvoir conclure qae meséloss tombent aussi sur les parties de sonfonvrage aaxquello ma foi me défend de souscrire. — Je profite de cetk occasion pour obseryer que , lorsqu'il s'agit de la Révolution 9 Protestans et Catholiques , tons doÎTent lairc cause commune , et laisser là les préjugés religieux da uns contre les autres, puisque l'impiété des Jacobins ae veut du symbole ni des uns ni des autres. D'ailleon chaque parti a presque également perdu le droit de le ) louer plus que les autres sur la Réyolution. Weisfaanft j et Gaton-Swack sont dés Catholiques apostats ; Pfailoa I Knigge et Nicolaï sont des Protestans apostats ; Thoaii Pajne est un Anglican apostat En France, les Bonrgeoii catholiques de Paris, les Bourgeois calvinistes de Nîm«^ en Irlande, une partie de la populace catholique dans la armées des révolutionnaires , et leurs chefs protestami des Illuminés sortis en Allemagne d'une Université catholique, et toutes les Universités luthériennes se renplîssant de Professeurs illuminés; tout cela devroit biea mettre (in aux reproches mutuels. Je trouve sur c«t objet beaucoup plus de sagesse dans les Allemandi luthériens ou calvinistes'avec qui je corresponds. Ils n'*> pargnent pas plus les uns que les autres ; et ce soit eux-mêmes qui souvent me font observer la multitude des hommes de leur communion , devenus illuminé». ' Ils voient le Jacobinisme combattant toutes les co»munions ; et ils ont raison de vouloir que toutes os* blient leurs reproches mutuels pour se réunir coulit I les Jacobins.

DB lImfiété et de l'Anarchie. 4o3 Stos complots* J'applaudirai toujours, à la justice de sa cause , à Tardeur de son zèle et à la droiture de ses intentions. En attendant qu'il croie pouvoir développer ses preuves sur ce qu'il dit de l'IUu*- Qiinisme de certaines I^ges maçonniques Anglais ses , je dirai au moins une partie des miennes.

Il est en Angleterre d^ux hommes que je saîs avoir été recherches par les Apôtres Illuminés* L'un est un très-honnete Officier de marine y qui conserve contre eux toute l'indignation dont un cœur honnête est susceptible , et que le sien conçut , lorsqu'il se vit atrocement dupé par un Frère in* sinuant qui , sous prétexte de dévoiler les mystères maçonniques y l'entrainoit dans ceux de Weishaupt. L'autre est un homme de mérite, qui auroit pu en savoir davantage s'il n'avoit pas trahi sa vraie façon de penser, mais dont les lettres me répondent au moins de la vérité des faits suivans.

Parmi les livres qui nous montrent le mieux la multitude des Loges illuminisées , parmi ceux mêmes que les Frères Enrôleurs donnent à leurs Candidats d'un certain rang ^ il en est un qui a pour titre , Les Paragraphes. On voit dans cette production cet adepte, grand voyageur, du même nom que le chevalier Zimmermann , tout glorieux d'avoir fait en Angleterre ce qu'il a fait en Italie et en Hongrie , d'avoir conquis à son lUuminisme plusieurs Loges de Fraac-Maçons Anglais. Dans quelques-unes de ces Loges, l'Illuminisme fut trèsbien accueilli ; mais sur cinq dont l'auteur de la lettre est certain , il en est deux qui bientôt renoncèrent aux mystères de Weishaupt; les autres trois les conservent encore.

Un nouvel apôtre dans Londres succédant à Zimmermcmn , est celui qui étoit venu en Angleterre , sous le nom du Docteur ibiken , nom supposé peut-être , tels que les Frères voyageuis ont

Ce 3

4oé Conspiration des Sophistes soin d'en emprunter suivant les circonstances. Quoi qu'il en soit y ce Docteur se disant Ibiken y émissaire des Logés éclectiques de lUlnininisme, cornnença par s'unir à^qùelques Quakers ; il fut ensuite fëçu daàs qtieiqu^'I/^s , y intt*odnisit les moyens préparatoires y et^nit par Uluminiser complètement quelques-uns des Frères dupes* Il sevantoit aussi de bien des succès en Irlande et en Angleterre ; il annonçoit à ses élèves que bieiAôt il se feroit dans letu* jiitoyable et mesquine Franc-Maçonnerie^ une grande révolution. — Ceux à qui ce langage étoit inintelligible y me disent Tavoir parfaitement eomprisy depuis que j'ai publié le code de la Secte. «—Us ont perdu 'de vue le Docteur Ibiken. La vigilance du Ministère Ta averti d'aller porter ses mystères ailleurs.

Peu de temps après cet Ibiken y parut encore en Angleterre un quatrième émissaire se disant Alsacien y et ci^evant aumônier dans la Marine française. Celui-ci arrivoit d'Amérique , sous le nom de Réginkard» Il s'attendoit à être bien accueilli de quelques Loges Anglaises en correspondance avec celles qu'il avôit laissées à Boston , et qui, disoit-il, avoient fSedt de grands progrès de-

Îuis leur union avec les Frères débarqués de rance en Amérique. Ce Riginhard paroissoit moins té\é que les autres apôtres ; il ne cachoit pa^r même la répngûatnce qu'il avoit pour une mission

Îu'il disoit lui-même peu d'accord avec son état. It c'est de lui sur-^tout que l'auteur de la lettre qui me fournit ces détails , apprit à connoitre l'existence de i'IUumtnisùie siu: les bords de la Tamise. En voilà bien asser pour prouver que les Illuminés n'ont pas laisse leurs émissaires oublier l'Angleterre. Je dirai même plus ; malgré l'honorable exception que f ai faite pour les Loges Anglaises, je né siùs plus surpris de voir ilUumi-

DE l'Impiéiiê et de l'ànarchie. 407 uîsme accueilli par un certain nombre de leurs 'adeptes. Et c'est ici surrtput que je crois devoir 'répéter que dans cettei exception je ne compreodit ' que cette espèce de Franc-Mafonperie que )*ai ap^ ' pelée Nationale, y celle qui se ré<jûut aux^trois pre^i miers grades* Dès.la première édition de mon se^ i cond volume , j'auroi^ éq l'at^tion d^ bomec I plus expressément cette exceptipii , si j'ayois eu I connoi$sance)d*une brochureintitulée Free^Masoru ^ \ ry ya word to, the wise ! Je vois ici les Frères An^

fiais se plaindre eux-méo^es de l!introduction d'une . bule de grades dont il est du dewir du Gommer--. I nement de réprimer Tinmioralité , Timpiété y cello I en particulier des Rose-Croix* (pag* 9» ) Et JQ I crois l'avoir prouvé : du système aesarr^^-Ave* I Croix à^celui de Weishaupt , le passage, est aisé. . Il existe une autre production imprunée, il y a I cinquante ans , sous ce titre : De toriginc des, Franc^Maçons et de leur doctrine* Ce t. ouvrage I m'eilt été bien utile , si je Tavois coi^nu plutôt* Qu'on ne tn'accuse. plus d'avoir été le preiinier à dévoiler qu'une égcuité et ime liberté impies e( dësorganisatrices etoient le grand secret de3 arrière- Loges. L'auteur de cet ouvrage T^ni^oi^çoit tout aussi positivement que moi 9 et Iq démontroît dès lors très-daireinent, e^ suivait pas à pa$ les grades de la Maçonnçrie Éçqssais^^, tdj^ qu'ils eiist/>ient alors. Le temps ^ p^ change^ Içur forçie ; mais Uès-certainement la i^ujiitua^ des grades i^éKoes^ appelés philosophiques , n'a rien ajp.iUé à l'^prit du système qui, alors se^déyoîloit dans, la l^oge de& Frères fkmÀé^ Architectes Ecosmis*\à^miàçoiA de ce grade ne valent pas mieux que no^ Ulmainés» On ne sauroit croire cQpibiep ils SQ9tni$ési. Puisqu'ils sont encore répsvndjus en Angleterre et en Ecosse, il est encore temps d'en dirQun motpour. éveiller sur eux l'attention du Gouvernement* Mai^

Ce 4

'4oS CONSPIBATION MS SopfelSTES-

{lassons tout de suite à leurs derniers mystères* tf Lorsqu'un candidat se présente pour étrereçu 1) Architecte Ecossais j\e portier (Frère Terrible) » lui demande s'il a vocation à la liberté , à Fé" 0 galité , àrohéissance , au courage et à lafer^ ji meté. t* Quand il a répondu qu'oui , il est introduit dans la salle. « La planche » tracée sur le » plancher» ne représente plus ici le temple de 1» Salomon » mais les cinq animaux suivans : un f> Renard , un Singe , un Lion , un Pélican et » une Colombe* » Après les signes et le mot du guet Adonaï donnés au candidat , l'orateur commence un discours énigmatique , dont Toici une » partie : La finesse , la dissimulation , le courage , 9 l'amour, la douceur, la ruse, l'imitation, la 3» fureur , la piété , la tranquillité , la mah'ce , la » bouffonnerie , la cruauté , la bonté et l'amitié » sont une même chose , se font dans une même j» chose. Elles séduisent , inspirent de la joie , et y* causent de la tristesse , procurent de l'avantage T» et des jours sereins. Il y a cinq de ces choses , y» et cependant elles n'en font qu'une. Bientôt , » bientôt , bientôt , par celui qui est , qui sera, et » qui a été , etc.

» Le reste du discours est dans le même goiit« 9> Quelque obscures que ces choses paroissent, » elles ne laissent pas d'être fort claires , si l'on » fait attention aux figures qui désignent le carac- » tère des Franc-Maçons. La finesse du Renard » est donc celle sous laquelle V Ordre cache son » but. Limitation du Singe , cette souplesse » d'esprit , cette adresse ai^ec laquelle les Franc--' » Maçons s'accommodent aux dit^ers talens et » au goût des aspirans..* Le Lion marque la p fiyrce et le courage de ceux qui composent la p société.: Le Pélican est un emblème de la t,en* < dresse qui règne parmi les Frères... VhumeUr

DE LlMJPrfîÉ ET DE L'ANARCftlE. 4oQ

» paisible de la Colombe représente la paix de » l'âge (Por , ou bien ces jours sereins que les >» FranC'-Maçons promettent à Wnivers. i>

L'auteur qui nous fournit ces instructions, a long-temps vécu avec les Franc-Maçons de cette* espèce ; il s'est souvent trouvé dans leurs Loges , dans leurs conseils, leurs délibérations sur les moyens de remplir leurs projets , et il ajoute : i< Lorsqu'on procède à l'initiation d'un candidat » Ecossais , il n'est pas de rè^le qui oblige de lui > faire connoitre , à Tinstant de sa réception , l'ob* » jet de la société en termes clairs , mais seuleih ment en termes insufiisans , pour lui donner * tont-à*fait à entendre la morale et la politique » qui sont universellement reçues. Le soir de sa » réception, on ne lui dit autre chose, sinon que » la liberté et Végalité entre les Frères sont Tuni- » que but de la sodété* —Mais si l'Architecte reçu- ^ Qonne des marques d'une parfaite docilité pour y> le but de la société , alors on lui découvre le » dessous des cartes , ou plutôt V objet capital de » la société , qui est de réduire tous les hom^ ]» mes à une égalité réciproque, et de donner au V» genre humain la liberté naturelle* Enfin , après » quelques jours d^assemblées , i7^ disent ouver^ » tement que V expression de rendre tous les hom-^ » mes égaux entre eux , et le genre humain libre, 1» comprend indistinctement toutes les personnes , » de quelque qualité et condition qu elles puis-* n sent être , scms même en exclure les Magis^ » trats , les grands et les petits. » ( De l'origine des Franc-Maçons , grade d'Architecte. )

Les cérémonies , Te catéchisme de ce grade viennent parfaitement à l'appui de ces explications. En un mot , tout y montre si bien l'objet de ces derniers mystères dans l'égalité et la liberté , que l'auteur croit pt)uvoir attribuer l'origine , ou du

4lO CONSFlkÀTIOM DES SOPHISTES

moins la restauration de la Franc-Maçonnerie i Cromwel et à ses Indëpendans. U s'en seroittenu à la restauration , s'il eut connu an moins le manuscrit d'Oxford. Il résulte toujoursdecet ouvrage des conséquences impprtfuntes^. les u^ies pour Tlûstoire de la Franc-MasQii^erie j el les antres pour, le Gouvernemmt. Il est d'abord aisé d'en conclure que les mystères désorgaiûsa^ecirs des arrière-Loges sont au moins antériecirs à l'empire des So* phistes Français* CeiiXrci leur oqt donné sans doute leur tournure ; ils ont niulUpÛé et varié les

S rades àieur mtmière} mais leurs princkies étoient ans les Loges Ign^^temps avaittr l^ofaairei Les Kadpsch mêmes; éUHent. d'avan^;^. daps.le France glaçon Àrohit^cU Ecossais. Q^<M^ on demande k celui-ci diMiS «on oat^bisque cp^nnient il s'appellje.9 il répond y rusé e^ sfmpléi^ l^ l(adosch peut répondre ^ fuiriU et impaiienf^ I^i^ différence est dans le caractèi:e et non. dans 1^ systèmes. Ce

Îrade à* Architecte Ecossais nous. e»liq|ie encore 'où vient cet ascendant des Loges J^eossaises, et pourquoi les autres ^ dans \es divers Empires, sont si jalouses de correspondre av.çc. la, Mèiro-i^Dge , dite à*Héredom de KiU^inning , ^n Ecos$e. Cest là que les f^Q^eux Jrchit$ctfis d^Végal^té et de la liberté sont t<^ujou^ supposés é^ dépositaires des detiuers mystères» C'est là fuis^ «pue ^ malgré ViïiSkïeuQ^à\^ Gr<uîd^OrieiUde:]Pcifi^% aîmoient à s'affilier nombre de Lpges Frw$iâs.es» de Mar* seille , par exemple , d'Âvignpv > d^ Lyon , de Rouen ^ et bien, d'autres (»)♦

(a) J'ai entre les mains roriginat de patentes, donnant à un Frère Maçon le pouvoir d'ériger des Loges sons la dépendance de celle deRonen. Auprès dé celle-ct réside nn Provincial Maçonnique , avec le droit do jnger Ie$ procès ou dissensions des Loges qiû constituent sa pro-

DE lImPÎÉTÉ et de L'ANARàîïE. ^i i

* ^nfin, ce que la dëconverte de ce même grado d'Architecte Ecossais nous dit d'intéressant pouf les Gouvernemens , sur-tout pour TAnelfeterre > ce sont les dangers d-un Etat dans lequel , parmi tous ces Frères d'une innocente égalité, il en existe toujours ub nombre suffisant pour transmettre les derniers mystères de la secte*

Malgré tout le secret que savent observer entre eux cette espèce d'adeptes, qui ne voit pas que leur existence est une perpétuelle conspiration contre TEiat ? Et conunent s'étonner que les Illuminés arrivés dans ces contrées y aient trouvé des hommes tout disposés à fraterniser avec eux, à réunir leurs complots et leurs moyens ? Quelque exempte que soit de ces complots la très-grande partie des Maçons Anglais , n'en est-ce pas assez pour voir ^ue le fléau peut encore sortir de leurs Loges , et que la présence des bons n'y a longrtemps servi qu'a découvrir les projets des méchans? Qu'on ne me dise pas au contraire que les bons empêchent les mauvais d'agiter leurs complots; car il est des I rendez-vous où ceux-ci savent exclure les autres , I quoiqu'une même Loge serve d'asile général. Il I est même aujourd'hui , et je sais les personnes qui i en ont instruit le Ministère ^ il est desi Loges ma- I çoûniqye^qiii , suivant l'expression dlrnuk d^es Frères I qui \» fréqdcstoit encove u y a peu de mois, n'ad<i

Tince i nfiiU loraqi^il ^aatt d'alfaîires îiti]^oirtaBte$ et ma* ' feores » c'est 'k ki Loge a Rëre^m cp*e«l ré^nrë le droit

de prononcer, yotlà me» co que fEmj^ereiir eût appelé ^ «a empire dans t empiré , on pKitdtr n» empire aans

touf les empires» Obderi^ez qoe héredcm ( karoéUm ) , I sTiivant les Frères , est an mot hëbreo signifiant chefs^ i gottrernears. Note* enoore qu'il existe nn grade appelé ) grand Architecte ^ tout différent de eelaî qne je yiena I de décrire. La mnltitade de ces grades ne sert qa'è f mieux cacher Tobjet •

4i!» Conspiration d£$ Sophuttes metient point de ceux qu'ils appellent ArUtocra^ tes ; pas un seul. On entend ce langage ; et com* bien de mystères n'explique-^t-il pas? Il est même des Loges dont Tentree est un vrai labyrinthe* Les adeptes n'en sortent jamais par la même maison par laquelle ils y sont arrivés* Souvent, pour échapper aux recherches de l'autorité publique y ils prendront en sortant un costume , un habit oilTérent de celui qu'ils ayoient ai y entrant. . Mais quand la secte n'auroit pas ces ressources ^ans certaines Loges Anglaises , Chauvelin et Yander Noot , en quittant Londres, ont su laisser d'autres afi[ens (a). Le danger général se connoit par des faits particuliers ; qu'on ne s'étonne donc

1>as de me voir entrer dans les détails suivans sur a conduite de la secte et des émissaires du Jaco-^ binisme en Angleterre* De tout ce qui menace une

. (d) A l'occasion de ce Chauvelin , j'observerai qa'tm des caractères particuliers aa Jacobinisme «c'est de changer les Ambassadeurs en chefs de conjures. La Hollande , l'Autriche , l'Italie , la Suisse » Gonstantinople l'ont éprouvé successivement. Quant à l'Angleterre » elle ei^ a eu la preuve non-seulement à Londres , mais dans ses possessions d'Amérique. Le ai Juillet 1797 , le Jnri de Québec condamna k mort le nommé David Léon , accusé et convaincu d'avoir parcouru le Canada en émissaire déguisé enmarcband, et dans le fond tramant une conspiration qui devott livrer aux Jacobins tonte la Colonie. Déjà il avoit pris tontes les précautions de la secte. Il s'étoit uni; des Frères liés par le serment ordi* naire du plus profond secret. L'usage des piqoes et des autres armes -Ik fournir à la populace, n'avoit pas été oublié. Les Frères de Québec et de Montréal dévoient , 9u printemps suivant , se trouver prêts à seconder une flotte et dix mille soldats envoyés par les tyrans de France. £n remontant à la source du complot , il fut démontré qu'il avoit été tpàméh Philadelphie , et que David Léon s'étoit que l'émissaire du sieur Adet, alors Ministre des Pcntarques auprès des Etats-Unis. . ?

f DB lImpiété et de l'Anabchie. 4iS

I fialion de bienfaiteurs l rien n'est indiffërent à la i reconnoissance.

\ Dès la première année ie Témigration, honoré i des bontés de M. Burke , je servis d'introducteof t à un homme chargé de prendre ses avis sur Ttisage I à faire d'une lettre écrite à Manuel j alors le Ro- I bespierre dominant à la Commune de Paris , au

grand club des Jacobins , et avec Tallien , Tor^ onnateur des massacres de Septembre. Cette lettre , avoit été écrite pour un Seigneur Français , qui, I voulant repasser pout quelque temps en France ; , avoit cru devoir se faire recommander par un , Jacobin au grand Ordonnateur. L'épouse de ce j Seigneur suspecta la recommandation et la décar , cheta. La lettre commençoit en effet par une es* pèce de recommandation , mais elle finissoit par Manuel; qu'au reste ledit Seigneur n'étoit qu'un franc Aristocrate dont il falloit se défaire par les piques ou par la Guillotine , pour l'empêcher de I revenir à Londres. Entre ces deux articles étoit le, I le compte rendu à Manuel de l'état des Frères émissaires à Londres. On y lisoit entre autres , que leur dernière assemblée secrète avoit été de cinç cents ; qu'ils étoient tous remplis d'ardeur ; que leur nombre s'augmentoit chaque jour, et que tout annonçoit les plus grandes aispositions pour ar« borer la cocarde révolutionnaire. Il n'y avoit pas à délibérer sur cette lettre ; elle fut mise sous les yeux du Ministre.

Malgré les précautions que la sagesse put sug« gérer , au lieu de diminuer , les émissaires de la secte ne firent qu'augmenter à Londres. Bientôt elle y en eut plus de quinze cents, de ceux* mêmes qu'on peut appeler la légion de Jourdan coupe-^ tête. Il se trouvoit alors en Angleterre deux hom** mes élevés à tout l'art de la police Parisienne, auxquels les Ministres Anglais s'adi^sèrentpour

4< 4 Conspiration des Sophistes^ disûnguer les immigrés honnête de ces nouYeaux venus* U fut constaté que ceux-ci Violent TéUtQ des brigands de toittes les Nations , et sur-iout des bandits détenus autrefois à Bicétre , ou biea aux Galères, ou même condamnés au dernier supplice 9 mai» dont Necker y d'Orléans et Mirabeau ayoient faitlas grands instrumens de la Révolution , et que leurs successeurs au grand, club enTojoient préparer les voies en Angleterre. C'est sur-tout à cette découverte oue sont dues les sages précau-? lions do bill relatif aux étrangers.

Mais la secte est constante ; eUe frémit depuis long-temps sur les barrières que lui oppose l'An-n gleterre. A Londres , à Edimbouig et à Dublin , elle a aussi les Frères nationaux f les sociétés conspiratrices et correspondantes. A Londres même , elle a jusqu'à ces Frères dupes au plus haut de l'Aristocratie f saluant dans Icucs orgies le peuple souverain 9 tandis que dans leurs antres d'autres Frères méditent conunent ils s'y prendront pour mettre à la réquisition du peuple 5ouv«ra//t les possessions des Frères Lords, les. trésors de la banc|[ue9 les magasins du riche commerçant. Là aussi, d'autres Frères délibèrent conunent , sous l'appât d'une réfonne à faire dans la Constitution Bntannique, ils y suppléeront par la Constitution de Tbom.. Payne , de Syeyes , des Pentarques ; par celle des massacres ^ ^ exils , des déportations , des déprédations , de tous les fruits ne l'ar* l>re de la liberté et de l'égalité. Là aussi , d'autreis Frères instruisent les adeptes dans l'art dîes.assasrsins ; d'autres forgent d'avance les piques et les haches. Oui , la secte a franchi cet Ooéan.qiii sépare la gconde Bretagne du reste de lUniveis. Les 4Mleptes n'ont point oublié la patrie de leurs ancêtres , les^ Puritains , les Anabaptistes et les Independansi Ils les, ont rétrouvés, cums Je fond de cq^

DE l'Impiété et de l'Anarchie. i(tS mêmes antres où Cromwel ayoit sa les reléguer ^ après avoir par eux dëtrônë , décapité son Roi , dissous le Parlement , et etMmfte nos Pèntaroueâ knis la Nation séduite sous le joug. Lès Frères d'Avignon ont revu leurs aines dàtis les lUunrinés^ de Swedenborg; ils se sont souv^ius des ambàssa^ des de la Loge d'Hampstead ; sous les anspices dé Maineduc, us ont vu ses disciples former les mêmes vœux pour cette Jérusalem Céleste , pour ce Jeu purifiant ( ce sont leurs expressions , je les ai entendues de leur bouche même ) , pour ce Jeu purifiant j «qui ne doit embraser l'Univers par la JtéiH}lution Française y que pour rendre triom* phantes par«tout\ et dans' Londres même, comme dans Paris , régGiité et la liberté des Jacobins.

Mais quelle suite de conspiration ne va pas s'offrir encore à l'Historien Anglais dans les fastes de ces sociétés, se disant, les unes constitution^ toelles , et les autres correspondantes ? Ici Tœil sé^ Vère de la Justice , les rapports des Sénateurs > la sagesse des Ministres ont dissipé les ténèbres. Les annales des conjurés eux-mêmes sont ouvertes ; et là| nous avons vu les Frères d* Edimbourg liés

Sour les mêmes complots avec ceux de'272^//n et e Londres « de Sheffleld y de Manchester y de "Stockport , de Leicestery de vingt autres villes y et tous d'intelligence dans lés vœux y les invita* lions, les félicitatiohs adressées aux Jacobinslégislateurs (a). La société mère nous a offert tout l'art des Comités secrets du Grande-Orient sous

(a) Yojez sur tontes' ces conspirations et snr les Sociétés dorrètfDondantes , les rapports ' des Comités aux Âirletinens ff Angleterre et dPMande. Yoryèz ^mssi VAppèmdice <fae le tUe do^ Tradûctevr «AttgUîs de ces^ Mémoires lui a siQgfété d'ajouter h ce dernier volnme^ sur les complots' qui #nt plus spécialement menacé ses ^fompatiidtes. ^

4 1 6 CONS?IHÀTION DES SOPHiSTES

Philippe d'Orléans 9 tout celui de V Aréopage Bayarrois sous Weishaupt, tout celui même ou club d'Holbach sous d'Alembert ^ pour séduire les peuples et pour les entraîner avec la même inorpiélé dans la m^me révolte , pour unir les conseils et faire concourir les eflbrts des Frères dispersés à la même Révolution. En Angleterre , comme en France les associés ont eu leurs souscriptions , et le produit a été consacré à imprimer , à frais con^ muns y à faire circuler jusque dans les villages , TËvangile de Thom. Payne , le vrai code de la rébellion ; tandis que d'autres Frères , pour dis* tribuer au peuple , à ses propres dépens , tout le poison de l'incrédulité , ne rougissoient pas d'aller solliciter, de maison en maison , des souscriptions pour tout ce qu'il y a de productions impies , sorties de la plume de Voltaire , de Diderot , de Bou-r langer , de Lamétherie , de tous les Déistes et de tous les Athées du siècle , et cela sous prétexte d'éclairer l'ignorance , en la mettant plus à portée d'étudier tous les blasphèmes des Sophistes.

Les Frères d'Edimbourg , conune ceux de Berlin , ne s'en sont pas tenus à ces moyens dé séduction* Les adeptes Dofvn^ et ^oZ/sembloient avoir reçu du même Aréopage les mêmes ordres , ponr la même marche , dans les mêmes complots. Malgré la distance des lieux, c'est la même attention à distraire la vigilance des troupes par des incendies , pour triompher , par Je désordre , de la force publique , et proclamer au milieu desémeutes le code Jacobin. Jusque dans Londres même les adeptes ont eu leurs Frères assassins et régicides. Si dans Paris la tête de Louis XYI , Roi captif dans sa capitale ^ est tombée sous le tranchant de la guillotine; si celle de Louis XVHI, Roi fugitif à Uberlingen , a été atteinte d'un plomb meiutrier, celle de Georges lU, au milieu de son peuple,

environna

DE l'Impiété et de l'Anarchie. 4\ 7 environne des acclamations, des transports de Tamour le plus juste , a été désisnée aux fusib des brigands. En détournant la balle régicide , 1^ Ciel n'en a pas moins laissé à la secte , et la preuve , et la honte» etla scélératesse desmémies attentats. £lle s'est fatiguée de ses crimes obscurs, pour soulever tout à la fois contre le Trône , contre le Parlement j contre toute la Constitution Britanr nique, toutes les forces de l'Empire 9 elle a distrioué aux légions du continent le$ sophismes et les blasphèmes de la sédition ; elle leur a montré, comme en France , toute la discipline^ militaire à secouer, leurs chefs à jalouser , à immoler. Elle a eu l'art de mettre ses émissaires dans les flottes ; elle a souiBé aux matelots séduits tous les par* jures , tous les artifices de la sédition ; et de ces mêmes hommes que le Ciel a choisis pour en faire sur rOcéan le fléau des Jacobins , elle a voulu faire des traîtres livrant leurs pavillons aux Jacobins. En Irlande , se promettant d'autres succès , elle a promis k un peuple égaré l'ind^ndance de ses Autels et de ses lois, au prix d'une Révo*lution qui hait et brise tous les Autels , qui ne laisse pour lois à la France , à la Corse , au Bi'a-* bant , à la Savoie , à la Hollande , a l'Iialie , que l'esclavage , sous le joug des cinq tyrans. Avec tous les parjures de riUuminisme, c'est au milieu de ce peuple sur-tout qu'elle a mis en usage tous les artifices du code de Weishaupt. C'est là sur-tout que les adeptes, en se croyant forts dunombre, sont sortis de leurs antres par légions. Déjà ce n'étoient plus de simples complots à étoufler ; déjà c'étoit toute la force des armées qu'il falloit opposer à la multitude des conjurés, appelant et attendant sans cesse les légions des Frères Carmagnoles. — Qu'il soit béni cet Ange tutéiaire, ^ui sait faire avorter tant de complots, tant 4« séditions ! qui a su ju5- ToME IV. • Dd

4 1 8 Conspiration des Sophistes qii'ici conserver cet Empire, proscrit plus crue tout autre dans les conseils des conjurés ! «- Après avoir tracé Torigine » le code, la réunion , les attentats et les succès de tant de sectes conspiratrices contre Dieu et son Christ, contre Ie3 Trônes et les Rois, contre la société et ses lois , puisse dans tous les temps, l'Historien se reposer dans cet asile de tant d'infortunées victimes , et terminant ses désastreux récits , jeter au moins un regard consolateur sur les rives Anglaises ! Puisse-t-il toujours dire : là, vinrent se briser tous les efibrts ; là , échouèrent tous les complots, tous les artifices et toutes les fureurs du Jacobinisme, comme toutes ses flottes! Heureux nous-mêmes , s'il nous étoit donné d'avoir contribué, par nos travaux et nos recherches, à réveiller l'attention des peuples sur les vraies causes de tous les attentats et de tous les désastres révolutionnaires ! Heureux sur-tout , si nous pouvions nous flatter dWoir éclairé sur ses propres dangers , celle des Nations dont toutes les autres attendent leur salut en ce moment ; celle qui, devenue par sa bienfaisance, notre seconde patrie, nous voit former pour elle et pour son Roi, pour sa pros* périté , les mêmes vœux que la nature nous inspire pour notre propre Monarque et nos concitoyens ! Il s'en faut bien que nous croyions avoir rempli notre tâche , de manière à n'avoir pas besoin de l'indulgence de nos lecteurs. Nous avouons sans peine la foiblesse de nos talens , et les imperfections

Sue nous trouvons nous-mêmes dans des Mémoires e cette importance pour la chose publique ; mais ce que' nous assurons avec confiance , c'est que nous avons été vrais ; c'est qu'autant nous l'avons été dans l'exposé des causes de la Révolution, autant nous allons encore essayer de l'être dans l'exposé des vérités et des moyens qui nous semblent devoir être la conséquence *de nos démonstrations.

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