‹ Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinismeChapitre 7 sur 61 · AO · texte numérisé non relu

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DE lImpiété et de l'Anarchie. 27 les autres , le frère insinuant se gardera bien dé se faire connoitre lui-même comme illuminé* La loi est expresse pour tous les frères : elle est spécialement requise pour le succès des enrôleui*s. C'est à eux aussi que le législateur recommande tout cet extérieur de vertu , de perfection , et le soin d'éviter les scandales 4ont la suite seroit de les priver de leur autorité sur les esprits, ( Voyez Ecrils origin* tom 2. lett. i et 9.). C'est pour les frères enrôleurs sur-tout que la loi porte : Appli^ quez-^ousàlaparfection intérieure et extérieure; et de peur qu'ils croient que cette perfection consiste à triompher de leurs passions , à renoncer aux jouissances de ce monde , c'est pour eux aussi qu'elle ajoute \^ Appliquez - vous à l'art de vous contrefure , de vous cacher , de vous masquer , en observant les. autres , pour pénétrer dans leur , ^

iniéneui :Diekunstzuerlern€nsichzui^ersteIlen,\'^]'^: *-^ * ^cv. '{U^^ andere zu beohachten und auszujbrschen. C'est ; pour cela que dans le sommaire du Code illu" miné , ces trois grands préceptes : Tais-toi , sois parfait y masque-toi j s expliquant l'un par l'autre , se suivent presque immédiatement dans la même page.(£ern:/5 origin» tom. i , p^ 4o> n-° 4> ^et%.) Bien spécialement imbu de ces préceptes , et sur-tout du dernier , le frère insinuant doit étudier quelles sont les personnes que l'illuminisme rejette , et quelles sont celles qu'il peut enrôler. Sans une permission expresse , il n'admettra dans \ ^ POrdre ni païens ni juifs , mais il mettra sur la ; même ligne tous les rnoines ; il fuira sur- tout les ■ ci-depant jésuites , comme la peste. Ordens geist^ f liche durfen nie aufgenommen werden , und die ex-Jesuiten soll man me die pestjliehen. (Nouveaux travaux de Spartacus et Philon ; Insuructiou des préfets et supérieurs locaux, p. ^53^ lett. 2 ; et Ecrits origin» instruc. pro recipienù N#*'* 5. 1 . )

28 Conspiration des Sophistes

La r<aison de ces exclusions se présente d'elle* I même. Parler de religion y et admettre sans précaution des juifs , des turcs ou des païens , auroit été manifester trop vite ce que c'étoii que cette religion. Ne pas rejeter les religieux, c'étoit s'exposer à se voir dévoilé par ses propres adeptes.

A moins d'un véritable amendement , Tenrôleur rejettera aussi tout jaseur indiscret, tout homme dont Torgueil ou Tesprit entêté , inconstant , intéressé , annonce qu'on chercheroit inutilement à lui inspirer le zèle de la chose ; tous ceux encore dont les excès crapuleux nuiroient à la réputation de vertu , dont TOrdre aura besoin ; tous ceux enfin que la bassesse ou la grossièreté de leurs mœurs rendroit trop intraitables pour espérer de les plier et de les rendre utiles. ( Instr. pro reci^ pient. p. 94 5 et IjCU. de Weishaiipt , passim. )

Laissez-moi là les brutes , les grossiers et les imbécilles , dit encore le chapitre des exclusions ; cependant il est ici une exception à faire. En excluant les imbécilles , Weishaupt n'ignoroit pas qu'il est une espèce de bonnes gens qu'on appelleroit bétes , mais à qui il ne faut pas le dire, parce qu'on peut tirer quelque avantage de leur sottise. Tels sont ceux qui , tenant un certain rang dans le monde , comme un certain baron à'Ert , sans avoir de l'esprit , ont au moins des écus : « Ce sont de bonnes gens que ces gens-^à , dit le » législateur illuminé , et il nous en faut. Ces » bonnes gens font nombre et remplissent la caisse, » augent numerum et cerarium ; mettez - vous » donc à l'œuvre ; — il faut bien que ces Messieurs » mordent à l'hameçon. » Mais gardons-nous bien de leur dire nos secrets ;''ce^ sortes de gens -là doiçent toujours être persuadés que le grade qu'ils ont est le dernier.\ Ecrits origin. Voyez les premières lettres à Ajax et à Caton. )

DE lImPIÉÏÉ et de L'ANARCmE. 29

I!nfin il est pour les princes une demi-exclusion. Le code illuminé porte qu'ils ne seront admis qtie rarement , et qu'alors même ils ne seront pas facilement ëlevés au-dessus du grade des Chevaliers écossais , c^'est-à-dire qu'on les arrêtera à la porte des mystères. Nous verrons dans la suite le légis* lateur trouver un expédient pour ouvrir cette porte aux princes , sans leur en dire davantage , ( Grade du régent j p. i54 , feti. N> ) et sur-tout sans leur montrer certaines lois de l'Ordre. (Foy. InstrucU du proinncial y N0 16*)

Je ne saurois dire s*il est encore un moyen de cette espèce pour l'exception à la règle qui exclut les femmes ; ce qu'il y a de certain , c'est que longtemps an moins cette règle ne fut que provisoire, et que bien des frères étoient résolus à l'effacer. Les franc-maçons avoient leurs adeptes femelles , les illuminés voulurent aussi avoir les leurs ; il leur en falloit même de deux espèces. I^ projet écrit de la main de Zwach , le plus intime ami et confident , l'homme incomparable de Weishaupt, est conçu en ces termes :

te Plan d'un Ordre dejemmes. — Cet Ordre Projec «nra deux classes formant chacune leur société , *^ V*'*" ayant même chacune leur secret à part. La pre- des femmière sera composée de femmes vertueuses ; la ™"' seconde de femmes volagoa y légère^^ voluptueuses y auschweifenden^ »

« Les unes et les autres doivent ignorer qu'elles sont dirigées par des hommes. On fera croire aux deux supérieures qu'il est au-dessus d'elles une mère-loge du même sexe , leur transmettant des ordres, qui dans le fond seront donnés par de$ liommes. »

« Les frères chargés de les diriger , leur feront

Ervenir leurs leçons , sans se laisser connoitre. \ conduiront les premières par la lecture des

/ 3o Conspiration des Sophistes

bons livres, et les autres en les formant à l*art de I r.i^J/,;^ satisfaire secrètement leurs passions ; durch beg-^ nugung ihrer leidenschqften im çerborgenen* »

A ce projet est joint un préliminaire désignant en ces tenues , Tobjet et Futilité des Sœurs illu* minées : « L'avantage que Ton peut se promettre de cet Ordre , seroit de procurer au véritable Ordre d'abord tout l'argent que les sœurs commenceroient par payer , et ensuite tout celui qu'elles promettroient de payer pour les secrets qu'on auroit à leur apprendre. Cet établissement sen;i^ rùit de plus à satisfaire ceux desjrères qui ont du penchant pour les plaisirs. » ( Ecrits origin. t. I , sect. V* )

A ce projet de Zwach , très-dignement nommé ]a Caton des illuminés, se trouvoit encore annexé le portrait de quatre-vingt-quinze demoiselles ou dames de Manheim , parmi lesquelles dévoient être sans doute choisies les fondatrices de la double classe. Les circonstances n'ayant pas secondé le vœu de ce nouveau Caton , divers frères se mettent sur les rangs pour le même projet. Le sieur Distfurt , connu sous son vrai nom à Wetzlar, comme assesseur de la Chambre impériale , connu en même-temps sous le nom de Minos chez les frères illuminés, élevé chez eux au grade de régent et à la dignité de provincial , semble disputer au frère Hercule , et même au frère Caton , l'honneur de l'invention. Personne au moins ne désire plus que lui la fondation des sœurs illuminées. Il s'en est déjà ouvert à Knigge ; il presse de non* veau Weishaupt ; il désespère presque d'amenet

Î'amais les hommes au grand objet de l'Ordre, sans 'influence des adeptes femelles. Dans l'ardeur de son zèle il ofire pouf premières adeptes son épouse et ses quatre belles-filles. L'aînée de celles-ci se tpouve exactement tout ce qu'il faut pour lessœiu'S

DE l'Impiété et de l'Anarchie. 3i philosophes ; elle a vingt - quatre ans ; elle est bien cui-^dessus de son sexe en fait de religion ; elle pense précisément comme son père. Il est régent et prince illuminé ; elle seroit régente ^ princesse illuminée. Dans les derniers mystères , avec l'épouse de l'adepte Ptolomée, l'une correspondroit avec son père , l'autre avec son époux. Lies deux princesses illuminées sauroient seules que l'Ordre des adeptes femelles est gouverné par des adeptes mâles ; elles présideroient aux épreuves des Mi-* nervales , et finiroient par dévoiler aux plus dignes les grands projets des sœurs pour la réforme des gouvernemens et le bonheur du genre humain. {Ecrits origin. t. 2 , lett. de Minos , pag. 169.) Malgré tous les plans et le zèle des frères, il rie paroU pas que leur législateur ait jamais consenti à l'établissement des sœurs illmninées ; mais il y supplée par des instructions données aux adeptes régens , en les avertissant que sans communiquer aux fem-» mes le jecreJLde l'Ordre , il étoit un moyen <i3e faire servir à l'illuminisme cette influence qu'elles ont si souvent sur les hommes ; il les avertit même que le beau sexe ayant une grande partie du monde à sa disposition «l'art de les flatter pour les gagnes n étoit une des études les plus dignes d*un aaepte ; » qu'elles étoient toutes plus ou moins conduites j» par la vanité, la curiosité , par les plaisirs ou j» par la nouveauté ; * que c'étoit par-là qu'il fal- 9» îoit les prendre et les rendre utiles à l'Ordre.» ( Nouveaux tramux de Spartacus et de Philon ,' ^ ' / instruct pour tous les grades de régent , N.^ 6.) Mais il n'en continua pas moins à exclure de tous les grades , les jaseurs et les femmes. L'article six des instructions du frère enrôleur ne fut point ^^^^

effacé. à choisir

Toutes ces exclusions laissent encore aux frères - p**^ ^*

- Irtfrc CD*

em-ôleurs un chan^p asseï vaste pour exercer leur rôiwur.

33 Conspiration des Sophistes i^èle auprès de ceux que le législateur leur recom^f mande. De ce nombre sont en général les jeunes gens de tout état , depuis dix-huit jusqu'à trente ans. Ceux dont l'éducation n'est pas consommée , sont aussi les plus chers à l'Ordre , soit parce qu'il espère leur insinuer plus facilement ses principes y soit parce qu'il attend de leur part plus de recon-* noissance et de zèle pour la doctrine qu'ils tien- /x^9<«.-/:-/ ''ù\^ dront toute de lui. { Ecrits ongin» instrucUpro //sa * récipient, p. 54 , N.^ 4 > 55 ; iV,®* 1 8. )

Cette préférence n'exclut ntdlement les hommes d un cerain âge , pourvu qu'ils soient encore habiles à rendre des services , et qu'ils se trouvent déjà imbus des principes de l'illuminisme. (Ecrits orig^ t. 2 , //. part. sect. et grade de régent. ) Elle est plus spéciale pour ceux dont l'état peut assurer protection rt considération. Les frères eiu'ôleurs sont avertis de s'insinuer sur-tout auprès de ces gens-là , pour en faire des adeptes.

Il est des hommes qui manient la parole à volonté , qui joignent à ce talent de l'adresse et de l'activité ; ces gens-là , procureurs , avocats , et mcme médecins ; ces gens-là, dit Weishaupt à ses enrôleurs, sont quelquefois, c^^ i^rais démons peu aisés à conduire , mais la prise en est toujours bonjie t quand on peut les açoir. ( Ecrits origin. t. 1 , lett. à Ajax. )

Le frère insinuant est encore averti qu'il faut à L'Ordre , des artistes , des ouvriers en loul genre , des peintres , des graveurs , des orfèvres , des sersuriers, mais sur-tout des libraires , des maîtres d'école. Il saura dans la suite l'usage que Tilluminisme doit faire de tout ce monde-là. ( Instruct insiivuat^ jy.° 4 , lett. de Weishaupt y passim , et grade de, régent. )

Dans cette multitude il est un choix à faire , souvent indiqué par le législateur, u Cherchez-moi,

par

DE lImpiété £t de l'ânarchie* 33 par exemple , dit-il à ses enrôleurs , cherchez-sMi des jeunes gens adroits et déliés* li notés /mué des /^^ ?^^-^ J^-r.^r.f àd^ies immmêmSjXintrigans , féconds en res-^ ' ' sources , hardis ^ entreprenans^ Jl nous- lesfanàt^ \ injlerihies , souples^y ^ohéisstm»^ dociles y soctrh* Hmm Cherchez-moi encore de ce& hommes puis^ sans j nobles 9 riches y saçans ; nobiles , poteniesy diifites y doctos quœrite* M^<?pargneg rien ponr • • * jpfaTOir CT^^fgHS-ià, Si loo Giouiino vont pas y fisires mnrghflp Vmer- j flectere si nequeas Superos ^ . U/.J^^^

Acheronta moueto. (Voyez sur -tout Lett. 3 , à ' «^V * ' "^ Ajax.) ^ ^ ^ 7^'7;-

Quant aux diOerentes religions , le législateur illumine préfère les disciples de Luther ou dp Calvin aux catholiques. Il aime beaucoup mieux les premiers pour adeptes ; et cette réflexion de* Troit au moins désabuser ceux des protestans qui s'obstinent à croire la religion catholique secile eîi butte à la haine des révolutionnaires. Sans doute ils lui font l'honneur de la haïr par- dessus tout , comme parfaitement opposée à leur impiété et à leur anarchie religieuse et civile ; mais étoit-ce pour laisser aux protestans leur religion y que VVeishaupt leur donnoit une préférence marquée dans Tespoir de les rendre plus utiles à ses com^ plots ? Cette préférence n'est pas douteuse , lorsqu'on le voit écrire à l'adepte qu'il charge de diercher un homme propre à ses mystères y et à planter ensuite une colonie de son illuminisme : Si cet homme-là étoit un protestant , je Vaime^ rois bien mieux ; wœre es ein protestant , so wcere es mir um so lieber. (Ecrits origin. tom. i^ lett. à Tibère , p. 223. ) Le plus fameux adepte de Weishaupt montre constamment la même prédilection. Il veut même qu^on retranche certains endroits de ses mystères y pour ne pas révolter les catholique^. n senible constanunent dire comme Frédéric U : Tome HL C

Sif Conspiration des Sophistes

^ous autres protestans , nous allons plus vitem (Voyez tes derniers Eclahrcissemens de Phîlon.) Très - certainement cette préférence maroue au inohisle mêtne projet , et le même espoir d'a- Yiéantir tes teis religieuses et civiles des protestans. Cetrx d'Altemagne ne s'y sont pas mépris , «aussi ont-ils fourni à Tilluminisme de vigoureux antagonistes.

Une préférence d'un autre genre est celle que

'Weishaupt donne aux gens stables et domiciliés

'dans 'les villes , tels que les marchands et les

chanoines, comme pouvant étendre sa doctrine

, avec plus d'assiduité et la fixer dans leur canton*

fio^Av^ .^^ . . . '(^IrtSïrUct. du Proi^incial illuminé , \Ecritsorigirî.

r>. zh ' 'tom.i.y ll.^part.p. 26, N."" 3.)^

IPar une raison plus facile encore à concevoir,

^les frères enrôleurs s'attacheront sur-tout à faire

-\ *des ïideptes parmi les maîtres d'école , dans

j 4es académies militaires et autres de ce genre , et

f' // ' ïjmême y s'ils le peuvent , parmi les supérieurs des

" ^^7 ' 'sétninavres ecclésiastiques. (Ibid. N.~ 1 1 et 1 3.)

lis n'épargneront 'rien pour enrôler les officiers

du prince^ dans les dicastères et les conseils.

'Clelui qui a gagné cette partie , dit le code , a

plus fait que s'il avoit gagné le prince même.

'( Ibid. N.^ 1 5.) Enfin , le provincial ou chef des

.ehroleurs doit recruter tout ce qui peut se plier à

•lifluminisme et lui être utile. {Ibid. N.^ i8. )

Dans cette liste de gens à enrôler , il est encore 'une préférence spécialement désignée par Weis- \haupt , '^pour le choix des adeptes.

« Toutes choses égales , dit-il à ses insinuans : I i> attachez -vous aux formes extérieures , à des •» "hommes bien faits , beaux garçôhs.'^es gens-là I » ont ordinairement les mœurs douces,, le cœtur I -^w sensible. Quand on sait les former , ils sont plus [ •» -propres aux négociations. Un premier abo^d

ir zi

DB i!hspitïi £T DE l'âkabchie. 35 prévient en leur faveur* Us lï'opt pas vraiment la profondeur des physionomies sombres ; il^ \ ^ ?-^. /

^'.jr^ c'est noar cela aussi qu'il faut s^voiç cfaQioirsoa^ :-. é^^éuU ^ » monoe. J'aime sur<-tout. ces. hommes aux yeui: '^*<'i'^4t ///. ... ^ » pleins de leur apie» au front libre et ouvert^ ""^ - - - ' » au r^ard élôvé* Les yeux , l^s yç^u$ sur-:tout^ '7 » examinez-les bien , ils sont le miroir de Pâme i^etdu cœur» Ne négligea^ pas même dans voa » observations y le maintien , la dëmarcbe y la » voix. » Tout cela aide à cpnpoitre ceux qui soqt , faits pour nous* ( Lfitt* 11 à Mofius et Caton. ) . ^

Enfin ceux-là mr^-tout qu^ ont éprç/Ut^é le maU heur y non par de simples aç<Mens y mais par quelque injustice , c'est-àrdipe ceux-là qu^0;n j^eut le plus~certiunement compter parmi les mécon-tens : iH>£là les hommes quUlfcaU appeler dans le sein de Vllluminisme » compte dans leur asile. (Instmdion d^ sup/^rieurs locaux , letL H. )

Que le lecteui- ne se hâte pssi de s'écrier ici : Qu'elles sont donc pprofo^des les vues du sopbistç, qni a pn porter à ce point l'es^amen et le discernement à faire dan^ la recherche des sujets pro- ' près à ses ccmiplotsl Cette Uste ou le simple àioncë des hoaones à ëcaiter , à rechercher 'y ne safiisent pas à l'Ocdre pour le r^ssucqr sur le choix qu'aura fait le frète eorôleur. Av^JU que d'entreprendre l'initiatîoi^ du sujet qu'il peut y croire propre , il faut qu'il recueille des tablettes de son espionnage tout c^ cpi'il aura pu découvrir sur les moeurs y les opinions, la conouite et les rapports du sujet qu'il propose ; il faut de cet ensemble qu'il trace un tableau Qxact , que les supérieurs compareront avec les coni^pissances qu'ils peuvent déjà avoir ou se procurer par d'auti^es adeptes sur Je même Sujet » ou bien avec les nouvelles infor-

Scl^ ^.J-' 2è^.

JBè Conspiration des Sophistes

mations quHls exigeront , si les premières ne sont pas suffisantes. Lors même que le choix du frère insinuant est approuve > tout n'est pas dit encore ; il faut que le supérieur décide , parmi les frères enrôleurs, quel est celui à qui sera confié le soin d amener à l'ordre le sujet proposé* Car ici encore le code a tout prévu. Il ne permet pas indiffél'emment à tous les frères d^exercer cette mission auprès des profanes qu'ils auront signalés* Il ne laissera ni le jeune adepte mesurer ses forces avec celui qui auroit l'avantage des années ou de Tex*»

Î)érience j ni le simple artisan prendre sur lui e ^oin d'amener un magistrat. Il faut que le supérieur choisisse et désigne Tenrôleur le plus convenable aux circonstances , aux mérites , à Tâfie , à la dignité, aux talens du nouveau candidat. ( Instruct. pro récipient. Ecrits origin. tom. i , pag. 54 > N.^* 2 et y*) Quand enfin la mission 'est donnée pour la conquête à faire , l'insinuant élu commence à tendre ses embiiches. C'est ici la seconde partie de son rôle ; toutes les démarches en sont encore réglées dans son code, g^. On appelle ordinairement candidat celui qui partie da témoigne quelque désir, qui fait quelques démarrAie da^ çh^s pour entrer dans un Ordre ou obtenir une nniiant." dignité quelconque. Pour les Illuminés ^ les canaïn^n" ^^^^^s s^^* ^^^^ m^^ l'Ordre même aspire à contes Qindil quérir. Le sujet n'a souvent ni désir ni connois- ^^ sance de la secte ; c'est au frère insinuant à inspirer le vœu d'en être membre. Il est pour ce fi^rand art deux méthodes diverses : la première dirigera la marche du frère insinuant auprès des candidats marquant déjà par leur science et d'un âge mûr ; la seconde est celle qu'il doit suivre wprès des jeunes gens de dix*huit à trente ans , et susceptibles d'une seconde éducation. Il deyoit même en être une troisième pour les artisans ^ on

D£ lImPIÉTÉ 2T BE l'ÀNAUCHIE. 5j

ces hommes grossiers , dont l'éducation a été peu cultivée. On voit Weisbaupt demander à sou confident Zwach , des conseils pour cette partie du code ; mais soit qu'elle n'ait pas été rédigée , soit que Weisbaupt s'aperçût que ses insinuans y suppléeroient facilement , le code illuminé est nul sur cette troisième méthode. Etudions l'es^ sence des deux autres*

Dans la première classe , supposez iin de ces hommes qui ont à peu près fait leur cours d'études i récole du philosophisme moderne ; qui ont ap-

Îris , sinon à se jouer du christianisme , du moins héiit^ sur tout ce qu'on appelle religion : les lob du frère insinuant 1 avertissent qu'il s en pren* droit inutilement à des philosophes d'une autre espèce , sur-tout à des hommes d'un esprit plus solide y et moins curieux de toute doctrine qui otûndroit le grand jour. Quand il aura trouvé un de ces hommes à peu près imbus des principes de la secte y qu'il se présente à lui sous l'air d'un philosophe versé dans les mystères de l'antiquité. Il lui en coûtera fort peu pour jouer ce rôle ; son code en fournira tous les moyens. Pour en suivre fidèlement les leçons , « qu'il mette d'abord en » avant le plaisir de savoir des choses qu'il n'est 9 pas donné à tous de connoître , de marcher en- 9 touré de lumières, là oii le vulgaire est dans les » ténèbres ; qu'il est des doctrines uniquement » transmises par des traditions secrètes, parce » qu'elTes sont au*dessus des esprits communs. Il 3» citera en preuves , les gymnosophistes pour les 9 Indes y les prêtres d'Isis pour l'Egypte , ceux • 9 d^Eleusis et l'école de Py thagore pour la Grèce. >« Il se munira de quelques textes de Cicéron , de Sénèque , d'Aristide , ou d'Isocrate ; et de peur d'être pris au dépourvu , il apprendra par cœur ceux que son l^islateur a en la précaution d'in*

' C^.^, . r'^rl ..^V.

3S C0NSPIIlATl5N tas SOPRISTBS

iérer dans son code. Quoiqu'il soit bien aisé de inontrer par les auteurs mêmes d'où ces textes sont tires , combien peu ces anciens mystères filoient les initiés sur des objets aussi intéressans que la proçidence de Dieu , Vorigine ou Vordre de Vunwers , l'insinuant donnera tous ces teites en preuve d'une doctrine sécrète sur ces grands objets , d'ime doctrine sur-tout propre à rendre la pie plus agréable y le mal plus supportable; à étendre nps idées sur la majesté de Dieu* « Qu'il ajoute que tous les sagies de l'antiquité connois* soient cette doctrine, qu'il insiste sur l'incertitude où l'on se trouve aujourd'hui sur la nature de Vame , son immortalité , sa destinée ; qu'il demande à son candidat s'il ne seroit pas enchanté d'avoir sur des objets d'une si grande importance, quelque réponse satisfaisante. U fera en même temps entendre qu'il a été assez beureui pour être initié à toute cette doctrine , et qu'il peut procurer à son candidat le même bonheur ; mais que cette science ne se donne pas tout à la fois ; qu'il est des hommes qui ont l'art de la montrer de loin , de vous aider à devenir vous-même l'invenleur de ce nouveau monde. » ( Ecrits origin. iom. 2, part. 2 , sect. 1. )

Quand le frère insinuâïit est venu à bout d'ex- -citer par ce langage la curiosité de son important candidat, il lui reste encore à s'assurer de ses opinions sur certains articles. Il proposera donc certaines questions à discuter par écrit , certains principes à traiter , cooune autant de bases dont u faut convenir pour aller plus avant. Le code ne dit point quelles serout ces questions , parce qu'elles varient suivant ce qu'il reste au frère insinuant à connoitre des opmions religieuses ou )>olitiques du candidat , pour s'assurer de ses dis^ l'ositions. Si la solution étoit peu conforme aux

DE lImpiété £t de l'Anarcii|e. 3$ rteux' de la secte y le frère insinuant renoiiqei;^..j^ sa conquête. Si le candidat sophiste ou homip^ d'importance se trouve mieux disposé', il sera h^a à la porte desrmystères. Le frère insinuant se coa« tentera de kii expliquer les grades infériieiirs , et les épreuves que l'Ordre lui épargne ejn coœidér ration de son mérite. {Ibid.)

Quelque artifice qtte Ton puisse ob&erver danjf cette marche , elle est réservée pour ces honunes qui n'ont presque besoin que de connoitre l'illu? minisme pour s'en trouver adeptes. S'agit-il poop les frères insinuans, d'im candidat y on jeune eA-r core , ou assez éloigné des principes de la secte , pour qu'elle croie avoir besoin de le former ? C'est ici que Weishaupt développe l'art de tendre ses pièges et d'y fsûre tomber msensiblement ses victimes. « Que votre premier soin , dit^il à ses en-r » rôlenrs , soit de gagner l'amour , la confiance » » l'estime des sujets que vous éties chargés d'acr 9 quérir à l'Ordre ; — comportez^vous en toul de 0 manière à faire soupçonner qu'il est dans vou^ » quelque chose de plus que vous n'en laissez » voir ; que vous tenez à quelque société aecrètç « et puissante ; — excitez dans votre candidat ^ » non pas tout-à-coup , mais peu à peu , le désip » d'être admis dans nne société de cette esjptèce. » — Il est peur inspirer ce désir , certains raisoor 9 nemems, certains livres dont vous serez munis; 9 tels sont entr'autres ceux qui traitent dç » l'union et de la force des associations. » Le législateur a soin de joindre ici la liste de ces livres ; et la société illuminée se chaîne d'en fournir à ses adeptes un certain nombre. Ceux de Meiners sur^tout et de Basedow sont souvent recommandés par Weishaijq>t, comme propres tout à la fois à inspirer l'amour et les principes des sociétés secrètes ; mais rien n'approdie de l'art

!4o Conspiration ©es Sophistes

avec lequel il fournit lui-même au frère insinuant Içs raisons qui peuvent persuader an jeune candidat , la prétendue nécessité de ces associations mystérieuses.

« On montre , par exemple , dit le code illui> miné', on montre d'abord un enfant au ber- » ceau ; on parle de ses cris, de ses pleurs , de » sa foiblesse : on fait observer combien cet en- >> faut qui , réduit à lui-même , est dans une im<- » puissance si absolue , peut acquérir de force par » le secours des autres. — On fait voir que toute » la grandeur des Princes dérive de Taccord de 9i> leurs sujets; — on exalte les avantages de la » société sur Tétat de nature ; — on en vient à )> Tart de connoitre et diriger les hommes. — On » dit combien facilement un seul honAne de tête s> en conduiroit des centaines et des milliers d'aup très , si Ton connoissoit ses avantages. — Tout » cela se prouve par le service militaire , et par 3» les choses que l'union des peuples met leurs 3» princes en état de faire. »

a Après avoir parlé des avantages de la société en général , venez -en aux défauts des sociétés cwiles ; et dites combien peu on y troui>e de secours de la part même de ses amis ; — combien il seroit nécessaire aujourd'hui de s*étayer les uns lès autres. Ajoutez que les hommes triompheroient du ciel même , s'ils étoîent plus unis ; que leurs diçisioiis seules les tiennent sous le joug. —Cela s'expliquera par la fable des deux chiens , dont le loup ne triomphe qu'en les divisant , et par divers exemples de cette espèce , que vous aurez soin de recueillir (a). »

(a) Extrait des instructions poar les frères cbargi^s d'enrôler , de recevoir les candidats ; Ecrits orig. t. i , sect. IX et XII; item, dans le grade d'illaminë majeur > instruction sur le même sujet, document A.

DE lImpiétè et de l*Anarchie. 4i • En preuve de ce oue les sociétés secrètes pourroient faire de grand et d'important , le frère insinuant est encore averti de citer Texemple des franc-maçons , des sociétés mystérieuses de l'antiquîté , et même des jésuites;— il soutiendra

3ue tous les événemens de ce monde tiennent à es ressorts , à des causes cachées y dans lesquelles ces sociétés jouent un grand rôle ; — il réveillera dans son élèçe le désir de régner en secret , de. préparer dans son cabinet une toute autre cons-' iiiution pour le monde , et de gouverner ceux qui croientnousgou9emer.fi Ecrits orig.ibid.N,°*XI et XII ; Illuminé majeur, document A , lett. K. L. ) « Quand vous en serez là , continue le code , commencez à montrer que vous avez vous-même quelque part à ces secrets. Jetez en avant quel-^

2[ues demi-mots , qui le fassent entendre. Votre lève commence-t-il à s'éehauffer? pressez -le, revenez à la charge , jusqu'à ce que vous lisiez dans son cœur cette résolution : Dès aujourd'hui, si je le pouvois , j'entrerois dans une société de cette espèce. »

a Le frère insinuant qui aura réussi à inspirer ce voeu à son élève , n'est pas encore au bout des pièges que son code lui fournit l'art de tendre. Pour arracher le fond de sa pensée , il fera semblant de le consulter comme ayant eu certaines confidences; il jettera sur le secret de ces sociétés, quelques objections qu'il résoudra lui-même , si elles faisoient trop d'impression ; — d'autres fois

rnr piquer davantage la curiosité , il tiendra à mam une lettre en chiffres , ou bien il la mettra à demi-ouverte sur sa table , en laissant au candidat tout le temps d'apercevoir le chiffre , et la fermant ensuite , avec tout l'air d'un homme qui a des correspondances importantes à tenir secrètes ; . — d'autres fois encore , étudiant les relations ^ les

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actions de son élève , il lui dira certaines choses que celui-ci croira ne pouvoir être sues que par ces sociétés , à qui rien n'est caché , et qui sont cachées à tous. » (Ecrits orig. ibid* N.® 17 — 22. )

Toute cette marche peut être abrégée , suivant que ramitié ou les dispositions du candidat hâtent les confidences. Si elle ne suffîsoit pas , que l'en* rôleur se garde bien de lâcher prise ; qu'il essaie de faire par les autres ce qu'il ne peut pas faire par lui-même ; -^ qu'il s'ei aminé pour savoir s'il n'a pas omis une seule des règles qui lui sont prescrites, dans l'art de gagner et d'attirer son monde ;t — qu'il redouble d'attention et de complaisance. Fallût-il même s'abaisser pour dominer y le frère insinuant n'oubliera pas ce précepte formel de son législateur : « Apprenez aussi à faire quelquefois j» le valet, pour devenir maître. » j4uch zuweilen den knecht gemacht ^um dereinstherrzuwerden. ( Ecrits origin. lett. 3 , à Ajax.)

A travers toutes ces complaisances et tous ces discours , il faudra bien enfin que le candidat se prononce. S'il se rend aux insinuations , il entre dans l'ordre des novices ; s'il persiste dans son refus , qu'il apprenne de ceux qui en ont fait Sort des l'expérience le destin qui l'attend. « Malheureux Cmaîdata et doublement malheureux , le jeune homme que indociles, j^^ illuminés ont en coin essayé d' entraîner dans leur secte ! S'il échappe à leurs piéges,qu'il ne se flatte pas au moins d'échapper à leur haine , et qu'il se cache bien ; ce n'est pas une vengeance commune que celle des sociétés secrètes. Cest le feu souterrain de /a rage. Elle est irréconciliable; rarement cesse-t^lle de poursuivre ses victimes^ jusquà ce qu'elle ait eu le plaisir de les voir imr violées. » (Hoffmann, Avis important, etc., tom- 2, préface. ) Tel est au moins l'avis que nous donnent

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Ja plupart de ceux que Thîstoire nous montre échappés aux insinuations de la secte , et de ceuxlà sur-tout y qui aprè3 avoir fait les premiers pas sous le frère enrôleur^ refusent de le suivre plus loin.

Il me seroit facile de citer bien des exemples en ce genre. Je croyois presque un jour en avoir trouve un tout oppose dans M. Camille Jordan , ce même député » Tune des victimes destinées à la déportation avec Barthelemi et Pichegru , mais plus heureusement échappé aux triumvirs. Je l'entendoîs faire de grands éloges d'un de ces insinuans illuminés y qui avoit long-temps travaillé à l'en* traîner dans rOrdre. Il s'étonnoit de m'entendre parler des enrôleurs comme de ces hommes consommés dans tous les artifices de la plus scélérate fa3rpo€risie. Il soutenoit que son illuminé étoit doux , modeste , modéré , même plein de respect pour l'évangile , et enfin un des hommes les plus vertueux qu'il eût connus. J'opposois à cela toute la conduite que le frère insinuant devoit avoir ienue, et toutes les ressources qu'il devoit avoir épuisées avant d'abandonner sa proie. M. Camille répondoit à tout : « Cela est vrai , c'est ainsi qu'il s'y prenoit. Son zèle pour la secte Taveugloit y le iaisoit recourir à ces moyens pour ce qu'il appeloit ma conversion ; mais avec tout cela on ne parle pas vertu et religion avec son onction , sans être an moins un honnête homme. — Eh bien , reprisie enfin , voici , je le parie , le dernier trait de votre insinuant. Pour dernière tentative , il vous a proposé de vous expliquer par écrit sur certaines questions ; vous l'avez fait ; vos sentimens se sont trou* ▼es tout opposés aux siens ; il ne vous a plus vu,; nais il est devenu votre ennemi et n'a cessé de ▼OU8 calomnier. — Oh pour cela , répond M. Caaille 9 c'est encore très-vrai. U n'a pas tenu à loi

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qu€ fe ne perdisse et ma foftuiie et tous mes amis;* II me louok beaucoup auparavant ; il me donna' alors pour un homme très-dahgerenx. Je ne sais tout ce qu'il inyenloit sur mon compte ; mais je n'eus que trop lieu de voir l'impression que ses discours faisôient. — ^Le croiroit-on ? Il en coûtoit iHicore à M» Camille d'avouer que son insinuant n^etoit pas un homme vertueux ; tant les lois de Weishaupt se confondent avec celles de la plus profonde hypocrisie ! J*ai connu deux évéques presque aussi bien trompés que M* Camille, sut le compte de ces insinuans.

G tons encore ici l'exempte de M. Stark. Je ne ravois ce quec'ëtoit que ce M. Stark ; mais Je le voj'ois étrangement en butte aux illuminés* Micolaï et Mirabeau n'épargnent rien pour le rendre odieux aux protestans ; ils en font un prêtre catholique ordonné en secret , quoique tout annonce en lui un protestant. ( Voyez Mirabeau , s 7. Monarchie pruss. t. 5 , art» Rel.) Je veux savoir ' ce que c^est que ce M. Stark , et j'appreiMs que c'est un des plus savans ministres du protestantisme ; qu'il est assez zélé dans sa religion , pour être aujourd'hui docteur , grand aumônier et conseiller du landgrave de Hesse-Darmstadt ; mais qu'il a eu , ainsi que divers autres savans , tels que Hoffmann et Zimmerman , le malheur d'être recherché par les illuminés , et de ne pas les suivre; que les illuminés avoient voulu par lui s'assurer d'un adepte auprès du prince, et qu'il avoit bravé son insinuant jusqu'au point derépondre : S'il cous faut un appui , je suis trop petit moij et mon prince est trop ^rand pour cous protéger* Le candidat auprès de qui le frère enrôleur ne réussit pas mieux i^u'auprès de M. Stark , peut s'atten^ dre aux mêmes calomnies , aux mêmes persécutions. La loi de l'Ordre est invariable, à l'égardL

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ties hommes sur«- tout dont rUluminisme redoute les talens. UJimty ou le gagner y ou le perdre dcuis Vopinion publique ; c'est l€ teixte du code : so soll man den schri^tsteller zu gewinnen suchen^ oder çerschrtyen. (Instruct. pour le régent illamine, N.^ i5) ; mais il est temps de suivre dans ses grades préparatoires^ le candidat qui s'est montré plus docile*

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