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-î>nest nu une chimère et un janlome. » — Ce même surrji'cU. Auteur insiste pour nous dire : « L'imagination enfante s> tous les jours de nouvelles chimères , qui excitent
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» de Clèves avec deux on trois philosophes , et » pour consacrer mes derniers jours , sous votre » protection , à l'impression de quelques livres
» dans eux les mouvemens de la terreur , et tel est le » fantôme de la Divinité. » ( Lettre de Thrasibule à Leucipe , pag. 164 et 254- )
L'auteur du Bon sens ou de ce même ouvrage que d'Alembert voudroit voir abrégé , pour le vendre dix sous à la classe du peuple la moins instruite et la moins riche , n'est pas si expressif ; mais cpi'apprend - il au peuple l Que les phénomènes de la nature ne prouvent l'existence de Dieu qu'à quelques hommes prévenus, c'està-dire remplis d'un faux préjugé... ; que les merveilles de la nature , loin d'annoncer un Dieu , ne sont que les effets nécessaires d'une matière prodigieusement diversifiée. (IN.0 56 et passim. )
Le Militaire philosophe ne nie point l'existence de Dieu ; mais son premier chapitre est une monstrueuse comparaison de Jupiter et du Dieu des Chrétiens ; et tout l'aVântagë de cette comparaison est pour le Dieu du Paganisme.
D'après le Christianisme dévoile' , paroissant sous le nom de Boulanger , il est plus raisonnable d'admettre avec Manès , un double Dieu , que le Dieu du Christianisme. ( Christianisme dévoilé , page 101. )
L'auteur des Doutes ou duPyrrhonisme , apprend aux peuples qu'ils ne peuvent savoir , ni s'il existe un Dieu , ni s'il existe la moindre différence entre le bien et le mal, le vice et la vertu. C'est à cela que se réduit tout cet ouvrage. ( Voj. entr autres les Â.0s \oo et 101. ) Même opposition entre la doctrine de toute la religion chrétienne et celles de ces mêmes auteurs , sur la spiritualité Su~ de lame. Tout ce qu'on appelle esprit ou ame , n'a pas plus de réalité pour Fréret , que les fantômes , les chimères , les sphinx. ( Lettre de Thrasibule.)
Le Sophiste du prétendu Bon sens accumule les argumens pour démontrer encore que c'est le corps <|ui sent , pense et juge , et que l'aine n'est qu'un être chimérique. ( Voyez N.0s 20 et 100. )
Helvétius nous débite que l'on a tort défaire de V ame un être spirituel; que rien n'est plus absurde ; que cette ame n'est pas un être distinct du corps. ( Kxlrait de l'Esprit, et de lliomme et de son éducation, N.0" 4 et 5.)
l'âme.
de l'Impiété. Châp. IX. 121
j> utiles. Mais, Sire, ne pouvez-vous pas , sans » cous compromettre •, faire encourager quelques » libraires de Berlin à les imprimer et à les
Boulanger nous décide que l'immortalité de l'aine , loiu d'être uu motif de pratiquer la vertu , n'est qu'un dogme barbare , funeste , désespérant et contraire à toute législation. ( Antiquité de'voilée , pag. i5. )
Si de ces dogmes fondamentaux , essentiels à tonte Sur religion , comme au catholicisme , nous passons à la la morale , il faudra entendre Fréret apprenant au peuple, mora'cque les idées de' justice et d'injustice , de vertu et de vice , de gloire et d'infamie , sont purement arbitraires et dépendantes de l'habitude ( Lettre de Thrasibule. )
Helvétius nous dira tantôt que la *seule règle , pour distinguer les actions vertueuses des actions vicieuses , c'est la loi des Princes et l'intérêt public ; tantôt que la vertu , la probité , par rapport au particulier , n'est que l habitude des actions personnellement utiles ; que ï intérêt personnel est ï unique et V universel appréciateur du mérite des actions des hommes ; enfin que si un homme vertueux n'est pas dans ce monde un homme heureux , c'est alors le cas de s'écrier : 6 vertu ! tu n'es qu'un vain songe. ( Voyez Helvétius , de l'Esprit , discours a et 4. )
Près du même Sophiste les peuples apprendront que la sublime vertu , la sagesse éclairée , sont le fruit des passions qu'on appelle folie ; que l'on devient stupide dès que l'on cesse d'être passionné ; que vouloir modérer les passions , c'est la ruine des Etats ( idem , dise. 2 et 5 , chap. 6 , 7 , 8 et 10 ) ; que la conscience et les remords ne sont que la prévoyance des peines physiques auxquelles le crime nous expose ; qu'un homme audessus des lois commet sans repentir V action malhonnête qui lui est utile ( Helvét. de l'Homme , tome I, sect. a, chap. 7 ) ; que peu importe que les hommes soient vicieux , c'en est assez s'ils sont éclairés. ( Idem , N.° 9, chap. 6. )
Les femmes apprendront spécialement de ce même auteur , que la pudeur n'est qu'une invention de la volupté raffinée ; qu'il n'y a rien à craindre pour les mœurs de la part de l'amour ; que cette passion forme les génies et les gens vertueux ( de l'Esprit , dise. 2 , chapit. 4 et i5 , etc. ) : il dira aux eufuus que le
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» faire débiter dans V Europe , à un bas prix %
» qui en rende la vente facile. » ( Du 5 avr. 1767.)
commandement d'aimer ses père et mère , est plus l'ouvrage de V éducation que de la nature ( de l'Homme , ehap. 8 ) ; il dira aux époux que la loi qui les condamne à vivre ensembleest une loi barbare et cruelle , aussitôt qu'ils cessent de s'aimer. ( de l'Homme , sect. 8 , etc. )
Dans les autres ouvrages que les chefs des conjures cherchent à répandre parmi le peuple , on chercheroit en vain des principes d'une morale plus chrétienne. Dumarsais , ainsi qu'Helve'tius , ne commît de vertu que ce qui est utile , et de vice que ce qui est nuisible à F homme sur la terre. ( Essai sur les préjuge's , chap. 8. ) Le Militaire philosophe cvoit que, loin de pouvoir offenser Dieu , les hommes sont for ce s d'exécuter ses lois ( Ch. 20. ) L'auteur du Bon sens encore , cet auteur si précieux aux chefs des conjures , leur diroit aussi que croire pouvoir offenser Dieu , c'est se croire plus fort que Dieu. ( Sect. 67 ) Il leur apprendroit même à nous répondre : « Si votre Dieu laisse aux hommes la liberté * de se damner , de quoi vous mêlez-vous i êtes - vous » donc plus sage que ce Dieu dont tous voulez venger » les droits l » ( Le Bon sens , sect. 1 55. )
Boulanger , dans l'ouvrage tant exalte' par Voltaire et Frédéric , nous apprend que la crainte de Dieu , loin d'être le commencement de la sagesse , seroit plutôt le commencement de la folie. ( Christianisme dévoilé , page i65 , en note. )
Il seroit inutile de pousser plus loin ces citations. Ceux qui voudront trouver ces textes et une foule d'autres du même genre cités plus au long , n'ont qu'à parcourir les Lettres Helviennes : mais certainement en voilà bien assez pour démonlrpr que des conjurés qui mettent tant de soin à répandre des productions de cette espèce , ne se bornent pas à vouloir détruire la Religion catholique , bien moins encore à réformer quelques abus ; qup leur complot s'étend évidemment à l'abolition de tout Protestantisme , de tout Calvinisme, de tout Anglicisme , de toute religion , en un mot, qui conserve encore le moindre respect pour Jésus-Christ et la révélation.
Le projet seul défaire circuler, de distribuer quatre
de l'Impiété. Chap. IX. 123
Cette proposition , qui faisoit du roi de Prusse le colporteur en chef de toutes les brochures antichrétiennes , ne déplut point à sa majesté protectrice. « Vous pouvez , répondit Frédéric , vous » servir de nos imprimeurs selon vos désirs , » ils jouissent d'une liberté entière; et comme » ils sont liés avec ceux de Hollande, de France » et d'Allemagne , je ne doute pas qu'ils n'aient » des voies pour faire passer des livres où ils ju- » gent à propos. » ( Lett. du 5 mai 1767.)
Jusques à Pétersbourg , \ oltaire avoit des hommes qui secondoient ce zèle pour inonder l'Europe de ces productions antichrétiennes. Sous la protection et sous l'influence du comte Schouvallow , la Russie faisoit demander à Diderot la permission d'être honoré de l'impression de l'Encyclopédie. Voltaire fut chargé d'annoncer ce triomphe à Diderot. ( Lett. de Volt, à Diderot. ) Le plus impie et le plus séditieux ouvrage d'Helvétius se réimprimoit à la Haye , et c'étoit le prince Gallitzin qui osoit dédier cet ouvrage à l'impératrice de Russie. Pour le coup le zèle de Voltaire ne conçut pas lui-même ses succès. Il ne peut s'empêcher d'observer combien on seroit étonné de voir un pareil livre dédié à la puissance la plus despotique qui soit sur la terre ; mais tout en riant de l'imprudence et de la sottise du Prince adepte , il observoit au moins avec transport combien le troupeau des sages croissoit à la sourdine, puisque des princes même ne se montraient pas moins empressés que lui à faire circuler les productions les plus anti-chrétiennes. Au com-
à cinq mille exemplaires du Testament de Jean Meslier , prouvèrent le dessein bien formé d'ane'antir jusqu'aux plus légers vestiges du christianisme , puisque ce Testament est une déclamation des plus grossières contre tous les dogmes de l'Evangile.
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ble de sa joie , on le voit dans ses lettres à d'Alembert , revenir jusqu'à trois fois sur cette nouvelle , tant il comptoit sur ce moyen d'anéantir enfin dans l'opinion publique, toute idée du Christianisme.
Je n'ai dit dans ce chapitre que les soins particuliers des chefs pour faire circuler dans le public tout le venin de ces productions. Quand il en sera temps , nous verrons les moyens de la secte pour le faire arriver jusques dans les cabanes des pauvres , et pour empoisonner de son impiété jusqu'à cette partie de la vile populace , que Voltaire ne sembloit pas d'abord avoir envie de conquérir à son philosophisme.