XI
penple sans de grandes secousses ; mais qu'enfin les tempêtes ne sont pas éternelles : que les flots s'appaiseront et que le calme renaîtra ; qu'alors les nations étonnées d'avoir pu redouter la Révolution française , n'auront qu'à limiter , en s'en tenant à ses principes.
Cette erreur est sur-tout celle que les cory- Seconde
. . , erreur sut
phées des Jacobins s'efforcent le plus d'accréditer, la nature Elle leur a donné pour premiers iustrumens de la voituioa, rébellion toute cette cohorte de Constitutionnels , qui regardent encore leurs décrets sur les droits de l'homme comme un chef- d'oeuvre de droit public , et qui ne perdent pas encore l'espoir de voir im jour tout l'univers régénéré par cette rapsodie politique. Elle leur a donné un nombre prodigieux de sectateurs , dans cette espèce d'hommes plus aveugles encore que furieux , que l'on auroit pu prendre pour honnêtes gens , si la vertu pouvoit se combiner avec tous les movens de la férocité , dans l'intention seule d'un avenir meilleur. Elle leur a donné tous ces hommes dont la stupide crédulité , avec toutes ses bonnes intentions , ne voit qu'un malheur nécessaire dans les horreurs du dix août , et dans la boucherie du 2 septembre. Elle leur donne enfin tous ces hommes qui encore aujourd'hui se consolent de trois ou quatre cent mille assassinats , de ces millions de victimes que la guerre , la famine , la guillotine , les angoisses révolutionnaires ont coûtées à la France ; tous ces hommes qui encore aujourd'hui se con-
Soient de cette immense dépopulation , sous prétexte que toutes ces horreurs amèneront enfin un meilleur ordre de choses.
Vériu's A cet espoir fallacieux, à toutes ces prétendues
opp
osées
a la intentions de la secte révolutionnaire, j'opposerai
second erreur.
ses vrais projets et ses conspirations pour les réaliser. Je dirai , parce qu'il faut bien enfin le dire , parce que toutes les preuves en sont acquises : La Révolution française a été ce qu'elle devoit être dans l'esprit de la secte. Tout le mal qu'elle a fait , elle devoit le faire ; tous ses forfaits et toutes ses atrocités ne sont qu'une suit© nécessaire de ses principes et de ses systèmes. Je dirai plus encore : bien loin de préparer dans le lointain un avenir heureux , la Révolution fran-f, caise n'est encore qu'un essai des forces de la secte ; ses conspirations s étendent sur l'univers entier. Dùt-il lui en coûter par-tout les mêmes crimes , elle les commettra ; elle sera également féroce : il est dans ses projets de l'être par-tout ou le progrès de ses erreurs lui promettra les mêmes succès.
Vraie ron- Si parmi nos Lecteurs il en est qui concluent : de ces vc- H fautdonc que la secte des Jacobins soit écrasée, ou bien que la société toute entière périsse , et que par-tout sans exception à nos Gouvernemens actuels succèdent les convulsions , les bouleversemens , les massacres et l'infernale anarchie de la France; je répondrai : Oui, il faut s'attendre à ce désastre universel ou écraser la secte ; mais je me hâterai d'ajouter : Ecraser une secte n'est pas