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de broyer les couronnes , les Princes , les Rois , les Empereurs. Alors plus que jamais , il faudra réfléchir qu'avec les sectes la plus dangereuse des guerres n'est pas celle qui se poursuit au champ de Mars. Quand la rébellion et l'anarchie sont dans les élémens des sectaires , les bras peuvent bien être désarmés , mais l'opinion reste , la guerre est dans les cœurs. Une secte réduite à se cacher ou à se reposer , n'en reste pas moins secte. Elle pourra dormir , mais son sommeil sera le calme des volcans. Ils ne vomissent plus au-dehors leurs torrens et leurs flammes , mais les feux souterrains serpentent , travaillent de nouvelles issues et préparent de nouvelles secousses.
L'objet de ces Mémoires n'est donc précisément ni cette paix, ni cette guerre qui se font de puissance à puissance. Alors même que le danger subsiste tout entier , je sais qu'il est des temps où il faut que le glaive de la mort se repose , je sais qu'il est des ressources qui s'épuisent. Je laisse aux chefs des peuples les moyens de la force à discuter. Mais je sais , quels que soient les traités , qu'il est une espèce de guerre que la sécurité de ces traités peut rendre plus funeste ; et cetle guerre est celle des complots , des conspirations secrètes , dont les traités publics n'effacent pas les vœux et les sermens. Malheur à la puissance qui aura fait la paix , sans avoir même su pourquoi son ennemi lui avoit déclaré la guerre ! Ce que les Jacobins ont fait avant d'éclater une première fois, ils le feront encore avant d'éclater de
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nouveau ; ils poursuivront dans les ténèbres le grand objet de leurs conspirations ; et de nouveaux de'sastres apprendront aux peuples que tome la Révolution française n'étoit que le commencement de la dissolution universelle que la secte inédite, otyet de \ oilà ce qui a fait des vœux secrets des Jaco-
Ces Me- - .
moires, bins , de la nature même de leur secte , de leurs systèmes, de leurs voies sourdes et ténébreuses , enfin de leurs conspirations souterraines , l'objet plus spécial de mes recherches. On a vu le délire , la rage et la férocité des légions de la secte ; on les connoît assez comme instrumens de tous les crimes , de toutes les dévastations , de toutes les atrocités de la Révolution française ; on ne sait pas assez quels maîtres , quelle école , quels vœux et quels complots les ont successivement férocisés. Il ne sera que trop long-temps facile à nos neveux de juger du fléau par ses effets. Le français qui voudra retracer le tableau des ravages , n'aura long-temps encore qu'à regarder autour de lui. Assez long-temps encore les débris des palais et des temples , les décombres des villes , les ruines d'un vaste empire éparses dans les provinces , attesteront la barbarie des modernes Vandales. L'épouvantable liste du Prince et des sujets tombés sous les décrets delà proscription, la solitude des cités et des campagnes , assez long - temps encore rappelleront le règne des fatales lanternes, de la vorace guillotine, des bandits assassins et des législateurs bourreaux.