‹ Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique du diocèse de ChambéryChapitre 39 sur 61 · LIVRES EN ASSIGNATS REPRESENTAIENT · texte numérisé non relu

LIVRES EN ASSIGNATS REPRESENTAIENT

EN

Janvier . . .

Février. . .

Mars

Avril

Mai

Juin

Juillet

Août

Septembre Octobre . .

Novembre.

Décembre .

îiv.

s. cl.

liv. s. d.

liv. s. à.

lit,

Page 109.)

Arrêté du conseil général du département du Mont-Blanc , du 2 frimaire an II (22 novembre 1793).

Le citoyen Cbabert,, commis à cet effet par la Société populaire de cette ville , demande que le département avise aux moyens de faire incessamment parvenir à la Convention nationale toute la vaisselle de luxe, tous les vases d'or et d'argent et les autres effets précieux des églises de son ressort. « On verra ainsi, a-t-il ajouté, la pureté des premiers

temps ; on verra de nouveau les chrétiens sacrifier dans des vases de bois, et les objets de la superstition des peuples deviendront une fois utiles en servant à la cause sacrée de la liberté. » La matière mise en délibération, et le procureur général syndic ouï, le conseil général applaudit au zèle qui anime le pétitionnaire et arrête que toute la vaisselle et les vases d'or et d'argent et tous les autres effets précieux des églises de ce département seront mis sans délai à la disposition des directoires de district, qui les transmettront au conseil général , qui les fera parvenir à la Convention nationale , et charge les districts de faire remplacer par des vases de bois, de verre, d'étain ou de tout autre manière ceux qui leur auront été remis.

Signé : Chamoux, président; Ducoudray, secrétaire.

Par extrait : Gabet, secrétaire.

Arrêté de l'administration du district de Chambc'ry, du 3 frimaire an IL

Vu l'arrêté du conseil du département du 2 de ce mois, le

district arrête qu'il sera imprimé et envoyé à toutes les

communes de son ressort, et charge les municipalités, sous

leur responsabilité , de le mettre à exécution dans le terme

de huit jours.

Signé : Delabrye , président ; Morel ,

procureur syndic; Gabet, secrétaire.

(Page 110.)

Argenterie de la cathédrale.

Une crosse.

Une grande croix ayant un christ d'un côté et une vierge de l'autre:

Deux grands bâtons dits bourdons.

Deux masses en argent doré.

Deux: grands plats en argent doré.

Six chandeliers en argent doré.

Six chandeliers en bois revêtu de feuilles d'argent.

Quatre reliquaires revêtus de feuilles d'argent d'un coté.

Quatre lampes d'argent, avec leurs chaînettes.

Huit chandeliers.

Trois ostensoirs, cinq calices et deux ciboires.

Deux encensoirs, un reliquaire et une croix d'autel, etc.

Signé : Rabanis , officier municipal ; Viviand, officier municipal.

Reçu les effets ci-dessus, le 1er nivôse an n.

Georges Besson, receveur du district.

Argenterie de la Sainte- Chapelle.

Un crucifix en argent.

Trois calices, un ciboire et un ostensoir.

Un encensoir, une lampe, un bénitier et des burettes.

L'estoc et la toque du prince Eugène.

Trois croix pectorales enrichies de pierres précieuses.

Un reliquaire en vermeil et dix petits reliquaires d'argent.

Une lampe et quatre chandeliers.

Six petits bustes ou statues de saints.

Le bâton de saint Joseph.

Signé : Viviand et Berthiek, officiers municipaux. Reçu : G. Besson.

Argenterie de Saint-Léger, remis par les abbés Claus et Perret, le 48 janvier i79â.

Six calices, trois ciboires, les burettes et leur bassin. Un bénitier, une lampe et un reliquaire. Une grande croix avec son crucifix, etc., etc.

Signé : Viviand et Janin, officiers municipaux. Reçu les objets ci-dessus :

G. Besson.

Argenterie de Lémenc.

La crosse de l'abbé, en argent.

Trois calices, un bougeoir et un reliquaire.

Un encensoir et sa navette.

Une statue de saint Pierre.

Trois cuillers à ragoût et huit services en argent.

Des burettes et leur bassin.

Signe : Yiyjand, officier municipal.

Reçu : G. Besson.

Argenterie de Myans.

Un calice, un ciboire doré et un ostensoir. Une statue de la sainte Vierge.

Trois lampes, un reliquaire, une croix, et quatre couronnes. Reçu les objets ci-dessus :

G. Besson.

Lettredu citoyen Crépine, président du comité de surveillance de Chambe'ry, aux administrateurs du district, le 23 pluviôse an 11 .

Frères et amis , un calice avait échappé de venir à la trésorerie pour faire route avec ses collègues pour Paris, sous prétexte qu'il était de cuivre; mais l'ayant reconnu d'argent, nous avons jugé a propos de lui faire subir le sort qu'il mérite. Nous vouslc transmettons ; il est de la commune d'Ycnne et pèse un marc et deux onces.

Signé : Crépine, président; G. Besson, caissier du district.

( Page 135. )

Arrêté du district d'Annecy, relatif aux flèches et aux beffrois des clochers et aux statues des saints.

Séance du 19 nivôse an n (8 janvier 1794, style esclave).

Sur la réclamation du directeur de l'hôpital , que le bois vert ne peut procurer le feu nécessaire à l'entretien des salles des malades, et que l'heure des distributions étant marquée, il n'est pas possible que la viande soit cuite à temps, a u la difficulté de faire brûlerie bois, l'administration, ouï l'agent national, arrête qu'il sera demandé au directoire du département l'autorisation de faire prendre tous les bois de charpente qui soutenaient les cloches, de même que les bois des saints dont la sculpture n'est pas précieuse et qui devient inutile dans les églises fermées, afin que ledit bois, réduit en bûches, soit employé au service militaire.

L'administration, considérant en outre que les flèches des clochers offensent l'œil républicain; considérant que ces flèches inutiles sont quelquefois la cause de casualités imprévues, puisque la foudre frappe plus ordinairement ces monuments de l'orgueil ; considérant que la commune, manquant de ferblanc, pourra s'en procurer par ce moyen, arrête que l'autorisation sera aussi demandée au département de faire abattre ces insignes sacerdotaux, et que, vu l'urgence et la nécessité de procurer du bois sec pour le soulagement de nos frères d'armes, le présent arrêté sera envoyé par une ordonnance au département, l'invitant d'y faire droit de

suite.

Signé au registre : Aude, président; Burnod,

agent national; Jacquet, secrétaire.

(Page 137.)

Délibération du district de Cluses, du l'J nivôse an II (8 janvier 1794).

Sur le rapport de son comité de surveillance et ouï l'agent national, l'administration, considérant que les maux qui ont affligé le district ont été forgés par les prêtres réfractaires qui se servent du funeste ascendant qu'ils ont suspendu sur les âmes faibles et crédules ; considérant que cette vermine infeste encore les montagnes de ce district, se retire pendant le jour dans des cabanes sur des hauteurs inaccessibles, d'où ils sortent pendant la nuit pour répandre le poison du fanatisme à la faveur des ténèbres et la protection des êtres qu'ils séduisent, et des municipalités qu'ils épouvantent par les peines d'un autre monde; considérant qu'il est impossible d'élever les communes frontières à la hauteur des principes de la Révolution sans les purger pour toujours de ces êtres dangereux; considérant que le seul moyen de délivrer ce district de l'engeance sacerdotale est de porter les plus graves peines contre ceux qui favorisent leurs sinistres projets et leur donnent asile ou affectent leurs grimaces, arrête :

1° Tout individu qui saisira mort ou vif ou fera saisir un prêtre réfractaire dans ce district , aura 1 ,200 francs de récompense.

2° Toute maison où sera retiré un prêtre réfractaire, au sçu du propriétaire, sera rasée.

3° Tout citoyen qui aura donné asile , retraite ou secours ou aura recelé un prêtre réfractaire, ou aura employé son ministère, sera traite comme suspect et emprisonné jusqu'à la paix.

i" Tous les parents des prêtres réfractaires, qui infestent

encore ce district, seront mis en état d'arrestation et leurs biens séquestrés.

5° Les sociétés populaires, les comités de surveillance et les municipalités sont responsables de l'inexécution de cet arrêté.

6° Tout citoyen qui dénoncera un particulier ou une municipalité aura 500 francs de récompense.

Signé : Ballaloud, président; Dufresne, agent national ; Muffat-Saint-Amour, secrétaire.

27 bis

( Page 138. )

Albitte, représentant du peuple,

Considérant qu'un des moyens les plus puissants qu'employa pour l'asservissement et l'humiliation du peuple l'horrible féodalité, fut de se mettre à l'abri de sa juste fureur en se retranchant dans des retraites de difficile accès et en se construisant des remparts du haut desquels elle put repousser des esclaves ;

Considérant que ces nids à tyrans ont entretenu, depuis le commencement de la Révolution, les guerres intestines qui ont déchiré la République, soit dans la Lozère et les Cevennes, soit sur les rives du Rhône et de la Saône, soit dans le Midi et la Vendée, arrête ce qui suit :

Art. 1er. — Tous les châteaux-forts et forteresses existants dans les départements de l'Ain et du Mont-Blanc, toutes les tours et tourelles y attenantes ou isolées, les murs à créneaux, à meurtrières, à canardières, les portes défendues par des tours, mâchicoulis, les ponts-levis et toutes autres fortifications desdits châteaux, seront démolis sans délai et leurs fossés comblés...

Art. 3. — Les matériaux provenant des démolitions desdits châteaux seront vendus à l'enchère à la diligence des agents n itionaux des communes respectives...

Art. 6. — Tous les cuivres, plombs, fers et les bois de charpente propres à la marine, provenant de ces démolitions, seront réservés pour être employés au service de la République.

Fait à Bourg-Régénéré, le 8 pluviôse an n (27 janvier 1794).

Signé : Albitte.

28 bis

( Page 139. )

Albitte, représentant du peuple,

Considérant que le peuple français ne reconnaît aucun culte privilégié et dominant; que tous les bâtiments, terrains, matériaux, métaux et ustensiles, ci-devant abandonnés aux usages des différents cultes, appartiennent à la République et sont des propriétés nationales, arrête ce qui suit :

Art. 1er. — Tous les bâtiments, terrains, matériaux, métaux et ustensiles ayant servi jusqu'à ce jour aux usages de quelque culte que ce soit , dans les départements de l'Ain et du Mont-Blanc, rentrent, dès ce moment, sous la main de la Nation et ne peuvent servir qu'à des usages civiques.

Art. 2. — Toutes les enseignes et machines religieuses qui peuvent encore se trouver, soit dans l'intérieur, soit à l'extérieur desdits bâtiments, soit sur les routes et places ou autres lieux publics, seront, sans délai, enlevées ou anéanties.

Art. 3. — Tous les costumes, ornements, linges, vases, ustensiles, matières et métaux ouvrés ou monnayés que ces bâtiments renferment, seront, dans le délai de quinze jours, par les soins de chaque municipalité, transportés au dépôt qui sera indiqué par l'administration du district.

Art. 4. — Toutes les cloches encore existantes dans les départements de l'Ain et du Mont-Blanc, sauf les timbres des horloges indispensablement jugées nécessaires, seront incontinent descendues, brisées et envoyées au chef-lieu du

district. Les cordes à leurs usages seront soigneusement recueillies et portées auxdits chefs-lieux:.

Art. 5. — La matière des cloches sera, sans délai, transportée à la plus prochaine fonderie de canons , et les cordes à la corderie du port de la Montagne.

Art. 6. — Les clochers seront démolis, les bois, cuivres, fers, plombs et autres matériaux en provenant, seront déposés dans des lieux sûrs, indiqués par les administrateurs des districts.

Art. 7. — Chaque municipalité fera passer, dans le délai de trois jours , à l'administration de son district, l'état exact et certifié des tableaux , cloches et cordes , costumes, linges , statues et autres enseignes ou machines religieuses contenus "dans les ci-devant églises et chapelles de leur arrondissement. Toute soustraction ou recèlement fait ou à faire sera regardé comme un vol fait à la Nation et les coupables punis en conséquence. Les dénonciateurs obtiendront le dixième de la valeur des objets soustraits.

Bourg-Régénéré , le 7 pluviôse an n (26 janvier 1794).

Signé : Albitte.

(Page 140.)

Formule d'abjuration de la prêtrise, proposée par Albitle, Représentant du peuple, envoyé pour l établissement du gouvernement révolutionnaire dan* les départements de l'Ain et du Mont-Blanc.

Je NN , né à ....... , commune de , district

de , département du Mont-Blanc, âgé de ,

faisant le métier de prêtre depuis l'an , sous le titre

de , convaincu des erreurs par moi trop longtemps

professées, déclare, en présence de la municipalité de ,

y renoncer à jamais; déclare également renoncer , abjurer, reconnaître pour faussetés, illusions, impostures, tout prétendu caractère et fonctions de prêtrise, dont j'atteste déposer sur le bureau de la municipalité tous brevets, titres et lettres. .Te jure en conséquence, en face des magistrats du peuple, dont je reconnais la toute-puissance et souveraineté, de ne jamais me prévaloir des abus du métier sacerdotal auquel je renonce, de maintenir la liberté et l'égalité de toutes mes forces, de vivre ou mourir pour raffermissement de la République indivisible et démocratique, sous peine d'être déclaré infâme, parjure, ennemi du peuple et traité comme tel.

Fait à double et enregistré sur les registres de la municipalité le , dont copie sera délivrée au déclarant.

(Page 111.:

Démolition /les clochers et des châteaux.

Chambéry : 30 ventôse an n de la République (20 mars 1794).

L'agent national près le district de Chambéry, au citoyen Maxime Scvez, au Bourget.

Citoyen, je t'invite et requiers de te transporter de suite dans les cantons du Bourget , Yennc , Saint-Genix , Novalaise, Pont-Beauvoisin , les Échelles et Saint- Thibaud de Couz, pour vérifier si les municipalités ont fait abattre les clochers, tours, châteaux et autres dont s'agit aux arrêtés du représentant Àlbitte; dans le cas contraire, tu les compulseras pour cet objet; tu requerras de mettre en réquisition tous les ouvriers de leurs communes , pour que ces démolitions se fassent sur-le-champ; lu te concerteras avec les charpentiers , maçons et autres gens de l'art qui se trouveront sur les lieux , pour prendre toutes les mesures nécessaires; tu inviteras les municipalités à tenir note

des dépenses qui auront été faites, afin que le montant leur en soit payé. Ne perds pas un instant , mets en activité tout ton zèle et ton patriotisme, pour que les signes du fanatisme et de la féodalité soient promptement détruits. Je me repose sur toi pour cette opération; agis donc en vrai républicain. Tu dénonceras les municipalités qui n'obtempéreraient pas aux réquisitions qui leur seront faites afin qu'il soit pris à leur égard les dispositions convenables. Les châteaux qui doivent être démolis dans lesdits cantons sont :

Rubaud, Belmont ,

Chevelu, Bourget,

Champrond, Le Villard.

La Forcst , Lucey ,

Ton concitoyen , Morel.

La Serraz , Dulin , Montbel , Dragonnière.

Choiseul ,

(Page 150.

NOMS ANCIENS

NOMS NOUVEAUX

Aigueblanche.

Blanches-Eaux.

Aime.

Les Antiquités.

Les Allues.

Valminéral.

La Bâthie.

Arbinc.

1 Beau fort.

Montrichc.

Bellecombe (Tarcntaise^.

Le Torrent.

Bellentre.

Entrée- Belle.

Biais.

Bellepente.

'< Bonneval (Tarcntaise).

Bon ne vallée.

Bonneville.

Montmole.

! Bourg-en -Bresse.

Bourg-Régénéré.

Bourg-Saint-Maurice.

Nargue-Sarde.

Bourg-Maurice.

Bozel.

Fructidor.

Briançon.

Les Cols.

! Césarches.

Cap d'Arlv.

NOMS ANCIENS

NOMS NOUVEAUX

1 Champagny.

Agreste.

Les Chapelles.

Les Sillons.

Confiai! s.

Roclibre.

La Cote d'Aimé.

Cotebclle.

Fessons-sous-Briançon.

Les Charmilles.

| Granier.

Grenier.

Grignon.

Brumaire.

Hautecour.

Hautvallon.

Hauteluce.

Primeluce.

Hauteville-Gondon.

Mont ravier.

Hôpital.

L'Hôpital-sous-Roclibre.

Lescheraines.

Cheran.

Longefoi.

Cimcbelle.

Lyon.

Commune affranchie.

Macot.

Riant-Coteau.

Montagny.

Mont-Noir.

Montvalesan sur Bellentre.

Pente-Rude.

Monthion.

Les Chasseurs.

jMoûticrs.

Montsalin.

Notre-Dame du Pré.

Haut pré.

La Perrière.

Pétrée.

Pesey.

Mont-d' Argent.

Pralognan.

La Vanoise.

Queige.

Les Ruisseaux.

Rognais.

Belle-Arête.

Saint-Bon.

Prairial.

Sainte-Hélène du Lac.

Le Lac.

Sainte-Hélène des Minières.

Les Forges.

Saint-Jean de Bellevillc.

Côte-Marat.

Saint-Jean de Mauricnne.

Commune d'Arc.

Saint-Innocent.

Bellevue.

Saint-Laurent de la Côte.

Les Ravins.

Saint-Marcel.

Montmarc.

Saint-Martin de Bellevillc.

Montaltc.

Saint-Ovcn.

Primejour.

Saint-Paul.

Le Passage.

Le Petit Saint-Bernard.

Mont-Bernard.

Saint-Thibaud de Couz.

La Cascade.

Sainte-Foi.

Valamont.

Séez.

Vallonjoly, Valjoly.

Tessons.

Montvineux.

Tours.

Cérisanne.

Venthon.

Ventôse.

NOMS ANCIENS

NOMS NOUVEAUX

Le Vilkrd de Beau fort.

Fertiline.

Villargerel.

Survignes.

Saint-Alban.

Monterminod.

J Saint-Genix.

Entrerives.

1 Villaroger.

Rouvert.

Vil let te.

Marmonne.

J Saint-Sigismond.

Beauval.

Saint-Pierre d'Albighy.

Albigin .

Marseille.

Commune sans nom.

(Page 153.)

Proclamation d'Albitte, relative à l'emprisonnement

des nobles.

Au nom du peuple français , Albitte , représentant du peuple, etc.;

Considérant que le peuple français , en proclamant à la face de l'univers les droits de l'homme, a souverainement proscrit jusqu'aux derniers vestiges de l'aristocratie ;

Considérant que le moindre germe de la lèpre féodale pourrait fermenter dans le sein de la République et l'exposer aux ravages affreux de la plus funeste des épidémies politiques ;

Considérant que Jusqu'à ce jour , une barbare indulgence, une liberticide modération , ont prolongé le déchirement national et retardé les progrès de la révolution , dont les heureux résultats ne peuvent être fixés que par l'anéantissement total du criminel parti de l'opposition;

Considérant que la presque totalité de ceux de cette race funeste tient par l'orgueil et l'éducation , par les liens du sang, par tous les préjugés . par tous les vices, aux infâmes

émigrés ennemis de la République; qu'elle a partagé avec ces monstres l'affreux emploi de déchirer le sein de la patrie, de seconder les projets les plus nationalicides , tantôt par de perfides correspondances , tantôt en agitant les torches du fanatisme ;

Considérant enfin l'urgence des circonstances décisives où se trouve la République et la nécessité de hâter les mesures préliminaires qui doivent faire reconnaître pleinement ceux d'entre ces individus qui sont ennemis de la révolution et déterminer le parti définitif qui sera pris envers eux , en même temps que la patrie et la raison régénéreront ceux qui sont dignes d'être admis à la fraternité républicaine ;

Art. \ . — Tous les ci-devant nobles, de l'un et de l'autre sexe, non détenus, depuis l'âge de dix-huit ans jusqu'à celui de soixante-dix ans, sont sommés de se rendre, dans le délai fixe d'une décade, dans le chef-lieu de leur district, de s'y présenter devant la municipalité, qui tiendra registre de leur comparution , ainsi que de leur nom et de leur domicile, pour de là être conduit dans les maisons de sûreté qui seront préparées à cet effet par les soins des directoires, où ils seront détenus jusqu'après les preuves acquises de leur conduite civique.

Art. 2. — L'arrêté du 12 ventôse sera soigneusement exécuté à l'égard des jeunes gens de l'un et de l'autre sexe , exceptés dans l'article précédent , et les municipalités tiendront en arrestation domiciliaire les vieillards compris dans la môme exception.

Art. 3. — Tous les ci-devant nobles déposeront, dans le même délai, au directoire des districts, les contrats, baux, livres de compte, titres de primogéniture et généralement tous titres à eux appartenant.

Art. 4. — Ils feront connaître sincèrement leur fortune en donnant des états , par eux signés et certifiés véritables , de tous leurs biens, de quelque nature qu'ils soient.

Art. 5. — Ils donneront une déclaration des emplois

qu'ils ont occupés dans l'ancien régime, s'ils sont mariés, s'ils ont des enfants, leur nombre, leur âge et leur profession.

Art. 6. — Ils joindront à ces états l'exposé fidèle de leur conduite depuis 1789 , et dénonceront les personnes et biens des émigrés qu'ils connaîtront...

Art. 8. — Tous les ci-devant nobles qui n'obéiront pas sur-le-champ au contenu du présent arrêté, seront déclarés de fait ennemis de la Révolution...

Art. II. — L'exécution du présent arrêté est confiée, sous la plus stricte et la plus sévère responsabilité, aux directoires et aux agents nationaux près les districts et les communes des départements de l'Ain et du Mont-Blanc et recommandée à la surveillance de toutes les sociétés populaires des deux départements.

Fait à Chambéry , le 23 ventôse an n (13 mars 1794).

Signé : Albitte.

(Page 155.)

Règlement pour la maison commune du district de Chambéry.

L'administration du district de Chambéry ,

Vu le projet proposé par la municipalité de cette commune, pour mettre à exécution le décret du 26 brumaire, qui porte que les suspects détenus doivent avoir la même nourriture frugale;

Considérant que ces individus ayant, par leur immoralité et leur incivisme, non-seulement retardé notre régénération, mais encore tout mis en œuvre pour opérer une contrecévolutiori et nous ramener à l'esclavage par leur coalition , sinon de fait, au ,moihsldej)olonté, avec les ennemis de la République, ce serait insulter aux principes de la justice

que de les traiter mieux que nos frères d'armes qui répandent leur sang pour la liberté ;

Considérant que la Convention nationale a fixé le maximum de leur dépense à 50 sols par jour, et qu'il est juste que l'excédant de leur revenu soit employé à des objets d'utilité publique, est d'avis d'adopter les articles ci-après :

Art 1. — Toutes les personnes mises en état d'arrestation pour cause de suspicion seront renfermées dans le ci-devant évèché et bâtiments y annexés , de manière que les ci-devant prêtres ne puissent avoir aucune communication avec les ci-devant nobles , et que les femmes ne puissent communiquer ni avec les uns ni avec les autres.

Art. 2. — Il sera formé trois tables , une pour les cidevant prêtres, une pour les ci-devant nobles et l'autre pour les femmes, dans trois différentes salles...

Art. 5. — L'heure des repas demeure fixée à onze heures pour le dîner et à six heures pour le souper.

Art. 6. — Le dîner des détenus sera composé de la soupe, de deux portions en pommes de terre , légumes et autres hortolages, et le souper en une portion pareille à celle du dîner, une portion de salade, de fromage ou du fruit. Les jours de décadi et de quintidi , l'on substituera à une portion ci-dessus, savoir : pour le dîner, une portion de bouilli, et pour le souper une portion de rôti. Les portions seront de demi-livre de viande par jour pour chacun.

Art. 7. — Il sera fourni par jour à chaque détenu une bouteille de vin soit demi-pot franc potable et vieux jusqu'au 1er germinal, et une demi-boutcillc pour les femmes; et tant aux uns qu'aux autres une livre et demie de pain de l'égalité...

Art. 9. — Les détenus , qui s'occuperont à des travaux utiles à la chose publique , pourront , au moyen du produit de leur travail, se procurer les différents comestibles et autres objets qu'ils jugeront à propos; mais il est expressé-

ment défendu au concierge d'en permettre l'introduction autrement.

Art. 10. — Pendant chaque repas, qui ne devra durer qu'une heure, il sera fait lecture, dans chaque salle, par un des détenus , à tour de rôle et à haute voix , des bulletins de la Convention nationale , de l'Acte constitutionnel et de quelques autres écrits civiques...

Art. 14. — L'on changera le linge des détenus tous les quintidis et décadis , ceux de la table tous les décadis , et les draps de lit tous les mois en hiver et tous les quinze jours en été.

Art. 15. — Les détenus des deux sexes seront obligés de faire eux-mêmes leur lit, de balayer et de tenir propre leur chambre, les appartements destinés à leur usage, de s'aider alternativement à mettre la table; ils ne pourront tenir aucun animal domestique.

Art. 16. — La nourriture, qui leur sera fournie, sera mise aux enchères au rabais...

Art. 22. — Le. concierge devra fournir à chaque détenu , pendant l'hiver seulement, une chandelle de quatre à la livretous les quintidis.

Art. 23. — L'usage de la poudre est prohibé à tous les détenus.

Art. 24. — Pour extirper le fanatisme dans la maison commune, l'on n'y laissera entrer d'autres livres que ceux analogues au gouvernement de la République. La municipalité demeure chargée d'y faire une visite pour y enlever tous les autres livres et tous signes de fanatisme.

Fait en séance, le 7 prairial an n (26 mai 1794).

Signé : Morel, agent national; Gabet, secret.

(Page 159.)

Avis. — Il est temps, citoyens, que les ennemis de la République, les prêtres réfractaires , les nobles privilégiés, les émigrés et autres scélérats, expient sous le couteau national les attentats qu'ils ont commis contre elle. Citoyens, la loi va venger la patrie outragée. La guillotine se repose encore sur le sol de ce département, parce qu'il manque deux bras pour la mettre en jeu, c'est-à-dire, l'exécuteur des jugements. Ce n'est plus, comme dans l'ancien régime, une place couverte d'opprobre, dont l'exercice répugnait à tout être pensant ; parce que ce n'était jamais que des arrêts d'iniquité et de despotisme qu'il avait à exécuter. Aujourd'hui il en est tout autrement; ce sera le dépositaire de la volonté du peuple souverain , qui est la loi , ce sera le fonctionnaire national , protecteur des propriétés ; enfin ce sera un sans-culotte qui coupera la tête des aristocrates qui la lèveront au-dessus du niveau de la liberté et de l'égalité.

Ceux qui prétendront à cette place , sont invités à se faire

inscrire au directoire du district de Chambéry sur un registre

qui s'y trouvera ouvert pendant le terme de huit jours à

compter de la publication du présent. Le traitement des

exécuteurs est une charge générale de l'Etat; il est, pour

ce département, de 2,100 fr. , conformément à la loi du 13

juin dernier.

(Sans date.)

Signé : Gabet , secrétaire.

Pétition da citoyen Laurent Reine au tribunal criminel du département du Mont-Blanc , du % prairial an III (21 mai 1795).

Aux citoyent Présidans et accusateur publique du tribunal criminels du département du Montblanc.

Le citoyent Laurent Reine exécuteurs des jugements prêt ledit tribunal vous expose quil lui a etez donnez un ordre pour ce rendre a Garouge pour lii exécutez plusieurs jugement il vous expose quil lui et de toute inposibilitez de sis trensportez au défaut darjant nayant aucune resourec dans ce payis pour supsistez il a étez obligez de vendre une partie de son ménage et autre ct'et pour saquitez de ces fonsions et dans ce momant il se trouve dépourvue de tout ne pouvant pas saquitez de son devoirs margré les bonne intensions quil a dobéir au ordre quil lui sont donné a cette effet e que son traitement net pas sufisent pour la nouriture dun individu ce net pas pour pouvoir élevez sa famille qui et composez de cinq personne vue la greride chertez de pein il cet pourvue plusieurs fois devent la municipalitez pour avoir du pein et il lui à ètez refusez cet ce quil la rendu dans une ausis a freuse miserre quil ce trouve pour le présent réduit a navoir pas seulement pour du pein, il ose espérez citoyent que vous prendrez en considerasion les présent motif de cette petisions a fein quil puisse optenir un secours sufisent pour ce rendre dans diférant distric de ce département et aidez a supsistez sa famille en natcndantquc la convensions nasionallc ai desidez autrement sur son sort ayant égard a la grende chertez des vivre sur les route et quil ne lui et accordez que trente six franc par voyage et quil et obligez detre absent quelque fois cinq jour et même sept selon les éloguement des distric et

que lui encoutc une grende partie de son apointement nont conprie cequi lui et acordez par la loi et cette acte dequité quil ose espérez le pénétreras a jamais dune respectueuse reconnaissance et ferais justice. Laurent Reine.

Lettre du général Badelaune au général Dours, à Chambéry.

Je te fais part, mon cher camarade, qu'après avoir été chassés ce matin de nos avant-postes, nous avons, après le combat le plus opiniâtre, bien battu nos ennemis et chassé au delà de la Thuile.

A Nargue-Sardes, 30 prairial an n (18 juin 1794).

Signé : Badelaune.

Au citoyen Favre-Buisson, accusateur public,

Après avoir été frottés ce matin, nous avons chassé et rossé nos ennemis d'importance. Il y a beaucoup de morts et de blessés de part et d'autre. Le colonel marquis de Chamousset tué, un adjudant général pris et blessé, plusieurs majors de cavalerie et d'infanterie, capitaines, officiers et soldats prisonniers. J'aurai le plaisir de vous faire passer cette clique à Chambéry au plus tôt. Fais en part à Annecy. De la vie je n'ai passé une aussi mauvaise journée; mais je suis récompensé.

30 prairial. Signé : Badelaune.

(Page 171.)

Arrêté du représentant du peuple Gaston, du 30 germinal an 11(19 avril 4794).

Les représentants du peuple près l'armée des Alpes, considérant que les deux villages de Lanslebourg et Lanslevillard

sont à la proximité de l'ennemi; qu'il peut, d'un moment à l'autre, s'en emparer et emporter avec lui toutes les provisions qui s'y trouvent en grains et bestiaux; voulant prévenir ces accidents et faire exécuter un arrêté du Comité de salut public, qui ordonne des précautions pour tous les villages des frontières qui pourraient devenir la proie de l'ennemi; considérant, en outre, que ces villages renferment des habitants perfides, ennemis de la révolution, servant journellement d'espions aux Piémontais, les avertissant de tous les mouvements des troupes françaises, leur portant toute espèce de provisions, arrêtent :

Art. 1er. — Que tous les effets et approvisionnements de toute nature, les bestiaux de toute espèce, qui se trouvent aux villages de Lanslebourg et Lanslcvillard, seront transférés au fort et commune de Barraux, où ils seront mis en dépôt, sous la surveillance du commandant de la place et de la municipalité dudit lieu , pour servir à l'entretien des habitants desdits villages.

Art. 2. — Les habitants desdits villages de tout sexe seront aussi transférés, sous bonne et sûre garde, au fort et commune de Barraux. Les hommes seront employés aux travaux des fortifications; la journée sera payée à ceux qui ne seront pas convaincus de s'être montrés ennemis de la révolution et partisans des troupes piémontaises. Il sera dressé un inventaire des objets appartenant à chaque homme desdits villages; chaque famille reconnaîtra ceux qui lui appartiennent, et pourra les réclamer aux dépôts qui seront établis à cet effet.

Art. 3. — Les femmes et les enfants seront aussi employés à des travaux publics et payés en raison du travail qu'ils feront; les infirmes, les vieillards hors d'état de travailler, seront nourris aux dépens de la République.

Art. 4. — La subsistance militaire sera donnée sur toute la route auxdits habitants d'après l'état qui en sera dressé par un commissaire des guerres nommé à cet effet.

Art. 5. — Le général en chef de l'armée des Alpes donnera

les ordres nécessaires pour faire exécuter le présent arrêté dans le délai de deux fois vingt-quatre heures ; il enverra les forces nécessaires à cette fin.

Fait à Modanc, le 30 germinal an n.

Signé : Gaston.

(Page 173.)

Arrêté du représentant du peuple Gaston, concernant les habitants de Lanslebourg et Lanslevillard, qui ont abandonné leurs foyers, du 2 floréal an II (2é avril 1794).

Les représentants du peuple près l'armée des Alpes, considérant que les habitants de Lanslebourg et Lanslevillard se sont rendus coupables d'un grand délit en abandonnant leurs foyers au moment où les troupes républicaines allaient les soustraire au joug de la tyrannie et les ramener dans le sein de la République pour leur éviter les horreurs de la guerre dans des communes exposées à l'invasion de l'ennemi ; persuadés cependant que quelques-uns de ces habitants, par crainte ou pusillanimité, se sont cachés dans les bois ou dans leurs maisons; voulant leur témoigner que les républicains savent pardonner, pourvu qu'un repentir prompt et sincère répare les torts dont on s'est rendu coupable, arrêtent :

Art. 1er. — Dans le délai d'une décade à compter du 3 floréal, les habitants de Lanslebourg et Lanslevillard, absents de leurs maisons lorsque les troupes françaises ont été chez eux pour les emmener dans le sein de la République, se transporteront au chef-lieu du district de Saint-Jean de Maurienne, où ils se feront inscrire sur un registre ouvert à cet effet; de là ils se rendront au fort de Barraux, où le commandant leur assignera les logements qu'ils devront occuper.

Art. 2. — Los habitants desdits villages , qui seront con-

vaincus d'être passés à l'ennemi , seront traités comme émigrés et soumis aux mêmes peines.

Art. 3. — Si, mettant le comble à cet excès de scélératesse et de trahison, ils tournaient les armes contre les Français, il est enjoint à tout bon républicain de leur donner la mort.

Art. 4. — Si quelques-uns d'entre eux sont saisis aux avant-postes, les armes à la main, ils seront arrêtés et punis avec toute la rigueur des lois militaires; leurs femmes et leurs enfants, qui sont gardés en otage, répondront à la République des atrocités dont leurs pères ou époux se rendraient coupables.

Art. o. — Le général en chef de l'armée des Alpes est chargé de l'exécution du présent arrêté.

Fait à Modane, le 2 floréal an n.

Signé : Gaston.

(Page 173.)

Arrêté du représentant du peuple Gaston, relatif aux bêtes à cornes de Lanslebourg, Lanslevillard, du 3 floréal an II (22 avril 1794).

Les représentants du peuple près l'armée des Alpes arrêtent :

Art. 1er. — Les bestiaux de toute espèce, emmenés des villages de Lanslebourg et Lanslevillard sous l'escorte d'un détachement militaire et sous la conduite d'un sous-officier et des commissaires nommés par la municipalité dcBramans, seront conduits, partie à Saint-Jean de Mauricnnc , partie à Chambéry, et le reste à Grenoble.

Art. 2. — Les cent bêtes à cornes et les ânes, qui doivent être laissés à Saint-Jean de Mauricnnc, seront sur-le-champ mis en vente aux enchères sous la surveillance du distiïct-ct de deux commissaires nommés par la Société populaire dudit

lieu. Cette vente sera faite pour la République. Un état de son produit sera dressé par l'administration du district et envoyé aux représentants du peuple.

Art. 3. — Cent autres bêtes à cornes, prises indistinctement, seront conduites à Chambéry; toutes les dispositions de l'art. 2 du présent arrêté s'appliqueront au district de Chambéry pour la vente de ces botes à cornes et à leur subsistance.

Art. 4. — Le reste des bêtes à cornes et les autres bestiaux seront conduits à Grenoble avec les mêmes précautions et les mêmes mesures de surveillance.

Art. 5. — Les personnes de tout âge et de tout sexe, emmenées de Lanslebourg et Lanslcvillard, seront conduites au fort et commune de Barraux, où elles recevront les subsistances sous la surveillance de la municipalité et du commandant du fort.

Art., 6.- — Le commissaire de l'armée fera passer quelques secours en subsistance à la commune de Barraux pour suppléer à l'entretien desdites personnes de Lanslebourg et Lanslcvillard , dont le nombre s'élève à 240 , y compris hommes, femmes et enfants.

Art. 7. — Le produit de la vente des bestiaux dans chaque district sera versé dans la caisse du payeur général à Grenoble , lequel fera parvenir aux représentants du peuple l'état des sommes qu'il aura reçues.

Art. 8. — Le présent arrêté sera envoyé au général en chef de l'armée des Alpes, au payeur général de l'armée, aux districts de Saint-Jean, de Chambéry et de Grenoble, et à la commune de Barraux, pour en surveiller l'exécution en ce qui les concerne.

Fait à Modanc, le 3 floréal an n.

Signé : Gaston.

(Page 184.)

Adresse des Jacobins de Chambéry à la Convention nationale, du 9 septembre 1704.

La Société régénérée des amis de la République, séante au temple de la Montagne, à Chambéry, h la Convention nationale.

Citoyens représentants, .

L'aristocratie et le modérantisme lèvent de nouveau un front altier, une gaieté féroce a pris la place des larmes que leur faisait verser une rage impuissante. Des élargissements dangereux ont donné à ces deux monstres l'espoir d'une prompte vengeance, iis semblent ne plus douter de leurs succès liberticides.

Les agents des ci-devant nobles et des prêtres prêchent hautement le pardon de leurs crimes et la tolérance civile; ils entourent de leurs clameurs les municipalités des campagnes et les comités révolutionnaires pour en obtenir des avis favorables aux élargissements funestes qu'ils méditent. Nous voyons les alarmistes se réveiller, le fanatisme essayer de rallumer des torches ; la surveillance des patriotes peut à peine garantir la loi du maximum de la violation dont elle est menacée et résister aux efforts de la malveillance pour discréditer la monnaie de la République.

Que conclure de tous ces maux, si ee n'est qu'une funeste indulgence a ralenti la marche du gouvernement révolutionnaire.

Citoyens représentants, si les ci-devant nobles, les prêtres et les hommes qui leur sont vendus , sont mis en liberté , les malheurs, les déchirements et les trahisons qu'il en résultera, seront incalculables. Qu'ils soient donc séparés de la

Société, ils sont indignes d'être admis parmi les hommes libres puisqu'ils ont déshonoré l'humanité. Citoyens représentants, vous saurez distinguer la voix des amis énergiques du peuple d'avec les sifflements des reptiles qui cherchent à l'empoisonner. Le sort de la patrie est entre vos mains, prenez les mesures les plus sévères pour arrêter les maux affreux qu'une indulgence cruelle fait planer sur leur tète.

Et toi , Montagne, frappe de ta massue l'hydre de l'aristocratie et du modérantisme ; s'il lui restait une seule tête, elle reproduirait toutes les autres. Vive la République! vive la Convention ! vive la Montagne !

La Société des Jacobins de Chambéry a arrêté à l'unanimité et au milieu des applaudissements de ses membres et des tribunes l'impression et l'envoi de cette adresse à la Convention nationale et aux Sociétés populaires de la République.

Chambéry , le 23 fructidor an n.

Les membres du Comité de correspondance , Charvet , Morel, Chabert, Doppet l'aîné , Marthe , Reymond.

(Page 186.)

Tableau des nobles détenus dans les prisons de Chambéry en 1793 et 17 U i.

NOMS DES DÉTENUS

NOTES DU COMITÉ

RÉVOLUTIONNAIRE

Observations

\ . — Vîbert Gabrielle, veuve Michal de La Chambre, âgée de 64 ans ; elle a quatre fils au service du despofesarde. Détenue dès le 50 mars 1794 par arrêté du représentant Albittc.

A islocratc , fanatique ; elle a cru que la République avait annulle la religion.

NOMS DES DÉTENUS

NOTES DU COMITÉ RÉVOLUTIONNAIRE

Observations

2. — Joseph-Marie Regard de Vars, 48 ans; il a un fils ' âgé de 1 2 ans; détenu dès le 1 6 août 1 795, par ordre du département, comme suspect et frère d'émigré.

Aristocrate orgueilleux, détestant la révolution ; il a manifesté des regrets à la mort du tyran Capet.

Libéré.

3. — Anne More, veuve Montgelaz, 58 ans; en arrestation domiciliaire dès le 1 G août 17 93, par ordre du déparlement , comme suspecte.

Elle est très fanatique.

Élargie par arrêté du représentant Gauthier.

h. — Alexis-Barthélemi Costa, de la commune du Villard, 68 ans, ayant deux fils au service du roi sarde; il a encore une fille émigrée et une autre dans la maison d'arrêt. Détenu dès le 16 août 1793, par ordre du déparlement, comme suspect et père d'émigrés ; transféré dans les prisons nationales au mois de floréal, sur les dénonciations de la Société populaire. Il y a procédure.

11 a toujours manifesté des opinions dangereuses pour la chose publique ; il a maudit la révolution dès son principe ; il a manifesté sa joie à la fuite du tyran.

S. — Dorothée Vaujany, femme Rey, 58 ans; son mari était major au fort de Miolans ; on le croit émigré. Détenue dès le 21 janvier 1794, par ordre du comité de surveillance.

Elle est fière de sa naissance, aristocrate; elle a manifesté sa joie à la fuite de Capet; elle désire le retour des Piémonlais.

G. — Louis Brun dit Cernex, 57 ans ; détenu dès le 28 août 1793, par ordre du département, comme suspect , pour avoir fui le 22 septembre 1792, et comme frère d'émigré.

Il a un frère en Piémont, aristocrate; il n'a jamais manifesté ses opinions politiques dès le 22 septembre 1792.

NOMS DES DETENUS

7. — Marie-Antoine Morard dit Labussière, 61 ans, domicilié près de Chambéry, auparavant à Labussière, près de Grenoble; détenu par ordre du département dès le 10 septembre 1793, comme suspect.

8. — Charles Butfet, du Bourget, 57 ans ; détenu dès le 5 avril 4794, parordre d'Albitte.

Il a un frère prêtre émigré.

9. — Franç'-Régis Bertrand dit Lapérouse, 55 ans; détenu dès le 1 G août 1 795, par ordre du département, comme suspect, pour avoir fui le 2:2 septembre 1792.

40. — Guillaume d'Oncieu dit la Bàthie, 56 ans; détenu dès le 16 août 1795 , par ordre du département, comme suspect, pour avoir fui à l'approche des Français.

11.— Henriette Salteur , femme de Guillaume d'Oncieu , détenue dès le 16 août 1795, par ordre du déparlement , comme suspecte.

12. — Charles-Joseph Capré dit de Megève, 71 ans; détenu dès le 16 août 1795, par ordre du département, comme sus-

NOTES DU COMITE

RÉVOLVJTIOiSNAIRE

Avant le 22 septembre 1792 , il portait la cocarde blanche, quand il venait à Chambéry; il a un gendre ambassadeur du roi sarde.

Il n'a manifesté ni amour ni haine pour la révolution. On ne connail pas ses opinions.

Ennemi de la République et des patriotes , il crut le tyran sauvé ; lors de sa fuite, il avait des relations avec des émigrés.

Aristocrate, dénoncé à la Société populaire pour avoir envoyé son domestique dans les communes voisines pour faire insurger les habitants.

Elle était haute et fière, et partageait les opinions des aristocrates et des émigrés.

Aristocrate , il n'a jamais manifesté ses sentiments civiques. Il

Observalions

Elargi

par

Gauthier.

Sursis.

Sursis.

NOMS DES DÉTENUS

NOTES DU COMITÉ

RÉVOLUTIONNAIRE

Observations

pect; ses trois filles sont détenues dès le 21 février 1 794 par ordre du comité de surveillance.

s'est réjoui à la fuite du tyran.

13. — Thérèse-Christine Bertrand, veuve Mélral-Chàlillon, 69 ans ; en arrestation domiciliaire dès le 50 mars 1794, par ordre d'Albilte.

Bigote et fanatique , croyant la religion anéantie dès qu'on a exigé le serment civique des prêtres.

Élargie par le représentant Gauthier.

14. — NoéT/Viallet, 41 ans; détenu dès le 28 août 1793, par ordre du département , comme suspect et pour avoir fui le 22 septembre 1792, ainsi que Julie d'Oncieu sa femme.

11 était abonné au journal de Mallet-Dupan et le préconisait.

Sursis.

15. — Félicité Favier, veuve Monlfalcon, 57 ans ; détenue par ordre du département, comme suspecte, pour avoir fui le 22 septembre 1792.

Fanatique et aristocrate.

1 6. — Antoine-Gabriel Gavot dit Cise, 71 ans; détenu dès le 16 août 1795, par ordre du département ; transféré aux prisons nationales le 11 floréal pour avoir été dénoncé à la Société populaire comme contre-révolulionnaire. Il y a procédure.

11 s'est montré ennemi de la révolution dès 1789; avant 1792, il faisait molester ceux qui venaient à Chambéry avec la cocarde tricolore.

17. — Louis Livron, 63 ans; détenu dès le 23 février 179't, par ordre du comité de surveillance , comme suspect et

Dénoncé à la Société populaire pour avoir plusieurs parents émigrés et comme espion

NOMS DES DÉTENUS

NOTES DU COMITÉ RÉVOLUTIONNAIRE

Observations

ayant un frère au service du tyran sarde.

du gouvernement sarde.

18. — Charles -Laurent de Monlagny, 70 ans , et Marie sa fille, 40 ans, infirme; en arrestation domiciliaire dès le G frimaire, auparavant détenu comme suspect dans la maison d'arrêt dès le i 6 août 4 795, ainsi que sa fille , par ordre du département.

Bigot, fanatique, ennemi de la révolution, parce qu'il a cru qu'elle avait détruit la religion.

19. — François -Alexis Déville dit de Travernay, 64 ans; détenu dès le 1er décembre 1793, par ordre du comité de surveillance, comme suspect et frère d'émigré ; transféré dans les prisons nationales à la suite des dénonciations faites contre lui à la Société populaire. Il y a procédure.

Il s'est toujours montré ennemi de la révolution, il a montré de la joie à la fuite du tyran , il a toujours douté des succès des troupes françaises.

20. — Joseph- François Manuel, 85 ans; en arrestation domiciliaire par ordre du représentant Albitte , dès le 21 mars

Vieillard octogénaire et infirme.

Il a été

mis

en liberté.

21. — Françoise Locatel , femme de Joseph - François Manuel, 55 ans; détenue dès le 23 février 1794, par ordre du comité de surveillance, comme suspecte.

Hautaine , orgueilleuse , ayant toujours manifesté de la haine pour la révolution.

Élargie

par Gauthier.

NOMS DES DÉTENUS

NOTES DU COMITÉ RÉVOLUTIONNAIRE

Observations

22. — Victoire Manuel , fille de Joseph-François , femme de Joseph Buttct, 28 ans; détenue dès le 21 février 1794, par ordre du comité de surveillance, comme suspecte.

Hautaine et fière comme la mère, ayant manifesté du mépris pour la révolution, et de la joie à la fuite du tyran.

Élargie par ordre

de Gauthier.

23. — Hyacinthe Buttet dit de Tresserve, 50 ans; détenu dès le 21 février 1794 , par ordre du comité de surveillance, comme suspect et frère d'émigré ; ayant un fils et trois tilles; le fils et les deux filles ainées sont détenues comme ayant montré du mépris pour la révolution.

Il était hypocrite et intrigant à la cour du despote sarde; quoique partisan des opinions politiques du despote, il a eu soin de les cacher.

Élargi par le

représentant

Gauthier.

24. — Thérèse-Louise Bertrand, veuve Millet d'Arvillard, 56 ans, ayant deux fils et trois filles. L'aîné des fils, 26 ans, émigré ; le 2e, 23 ans, au service du roi sarde ; l'aînée des filles, 25 ans, émigrée ; les deux autres, Jeanni et Joséphine, sont détenues avec elle.

Hautaine, méprisant la révolution , elle a montré de la joie à la fuite du tyran et au retour des Picmonlais; les deux filles sont moins lîères , mais aussi aristocrates que leur mère.

25. — Félicienne Franc , femme d'Alexis Déville, 48 ans; détenue dès le 1er décembre 1795, par ordre du comité de surveillance, comme suspecte.

Elle n'a jamais donné aucune marque d'attachement pour la révolution ; elle est très aristocrate.

26. — Julie d'Oncieu, fille de Guillaume , femme de Noël Viallet, 27 ans ; détenue dès le 28 août 1793, par ordre du département, pour avoir fui le 22 septembre 1792.

Elle n'a montré aucun attachement pour la révolution; on la croit aristocrate.

Sursis.

NOMS DES DETENUS

27. — Hyacinthe Favre de St-Élienne, du hameau de la Croix-Rouge, 79 ans; détenu dès le 25 janvier 1794, par ordre d'Albille, pour avoir donné asile à un scélérat échappé des prisons.

28. — Laure Morand, femme de César Salfeur, 26 ans; détenue dès le 16 août 1795, par ordre du département, comme suspecte ; elle a cinq frères au service du roi sarde , et deux sœurs émigrées.

29. — Simon Buttet dit du Bourget, 59 ans; détenu dès le 1" novembre 1795 , par ordre du comité de surveillance, pour avoir insulté quelques patriotes.

11 a un frère prêtre émigré.

50. — Charles-Albert Favier- Dunoyer, 62 ans; il a un fils au service du roi sarde, et une fille mariée à un émigré. Détenu par ordre du département, dès le 16 août 1795; s'étant évadé, il a été repris et renfermé dans les prisons nationales.

51. — Aimé-Vincent-Gaspard Pingon, 40 ans, célibataire, dans les prisons nationales dès le 18 septembre 1795 , par ordre du département, pour avoir fui à l'arrivée des Français.

NOTES DU COMITE

RÉVOLUTIONNAIRE

Il est fanatique et n'a rien fait pour la révolution.

Elle est vaine et orgueilleuse, elle a montré sa joie à la fuite du tyran et à l'invasion des Piémontais.

Caractère emporté , partisan des aristocrates jusqu'au 22 septembre 1792. Dès lors il a paru se montrer ami de la révolution ; mais au fond on le croit toujours aristocrate.

Bigot, fanatique, partisan du roi sarde, ennemi de la révolution, il s'est réjoui à la fuile du tyran et au retour des Piémontais.

Partisan de la coalition contre la République, il a montré de la joie à la fuite de Louis Capet.

Observations

Sursis.

NOMS DES DÉTENUS

NOTES DU COMITÉ

RÉVOLUTIONNAIRE

Observations

52. — Polyxène Conzier d'Allemognc, femme d'IIyaein- Ihe Butlet, de Tresserve, 50 ans ; détenue dès le 21 février 1794, par ordre du comité de surveillance, comme suspecte et sœur d'émigré.

Aristocrate , ayant toujours montré du mépris pour les partisans de la révolution.

Élargie par Gauthier.

55. — Pierre-Hyacinthe d'Authurin, de Césarches, 80 ans; détenu dès le 16 août 1795, .

par ordre du département, comme suspect et frère d'émigré; transféré dans les prisons nalionalessur des dénonciations faites dans une séance des Jacobins.

Méchant , vindicatif, ayant insulté la cocarde nationale au commencement de la révolution.

oh. — Joseph-Antoine Regard dit de Villeneuve, 65 ans, ayant deux fils au service du roi sarde; détenu dès le 16 août 1795, par ordre du département.

On ignore ses opinions politiques ; il est réputé aristocrate.

Sursis.

55. — Anne-Sophie Bocsozel, femme de François Perrin d'Alhenaz, 40 ans; détenue dès le 16 août 1795 , par ordre du département, comme suspecte et femme d'un officier sarde.

Orgueilleuse, traitant de canaille tout ce qui n'était pas ci -devant noble, prêtre ou militaire ; ennemie de la révolution.

56. — Octavie Carpinel, 51 ans; détenue dès le 21 février 1795, par ordre du comité de surveillance, pour n'avoir donné aucune preuve d'attachement à la révolution.

Bigote, fanatique, on ignore ses opinions politiques, parce qu'elle vivait très retirée chez ses parents.

NOMS DES DÉTENUS

NOTES DU COMITÉ RÉVOLUTIONNAIRE

Observations

57. — Marie-Thérèse Bûcher, veuve Bertrand de Chamousset, 72 ans , ayant deux fils au service sarde ; détenue dès le 25 février 4 794, par ordre du comité de surveillance , comme suspecte.

Fière et haulaine , elle détestait la révolution : on ignore ses opinions poliliques, on présume qu'elles étaient contraires à la chose puhlique.

58. — Anne Mellarède, femme de Ber'rand-Chamousset, 76 ans ; elle a une fille ex-religieuse; détenue dès le 25 février i794, par ordre du comité de surveillance , comme suspecte.

Femme d'esprit, aristocrate, ennemie de l'a révolution , elle n'a jamais manifesté ses opinions politiques.

59. — Joseph Braeorens, soit Savoiroux, 58 ans; détenu dès le 25 février 1794, par ordre du comité de surveillance , pour avoir tenu des propos inciviques.

Il n'a jamais manifeslé ses opinions politiques ; dénoncé pour avoir dit que les Piémonlais reviendraient bientôt.

Sursis.

40. — Marie Carpinel, veuve Martinel, 54 ans; ayant trois fils au service du roi sarde , et une fille de 27 ans, détenue avec elle dès le 21 février i 794, par ordre du comité de surveillance, comme suspecte.

Dévote , ayant les opinions de ceux de sa caste, attachée aux opinions de son fils aine, officier sarde.

4t. — Joseph-Panfaléon Bertrand dit Devicux , 80 ans; il a deux fils au service sarde ; marié à Adélaïde Bertrand, 75 ans; tous deux infirmes, en arrestation domiciliaire dès le i6 août 1795, par ordre du I déparlement, comme suspects.

Caractère fier , mais bon , très attaché au gouvernement sarde , sa femme est bigote et fanatique. On ignore leurs opinions politiques.

NOMS DES DÉTENUS

NOTES DU COMITÉ RÉVOLUTIONNAIRE

Observations

42. — Nicole Prunier dite de Lemps, 45 ans , femme de François-Régis Bertrand de Lapérouse ; détenue dès le 16 août 1793, comme suspecte.

Fière, hautaine, elle n"a jamais aimé la révolution, elle s'est réjouie à la fuite du tyran.

43. — Joseph Bultet , fils d'Hyacinthe, 23 ans ; détenu dès le 2t février 1 794 , par ordre du comité de surveillance, comme suspect ; ayant fui le 22 septembre 1792.

Caractère fier , impérieux , ne connaissant d'autre plaisir que celui de voir vexer un patriote.

Élargi

par

Gaulhicr.

44. — Claire Favier dite Dunoyer, 60 ans; détenue dès le 23 février 1794, par ordre du comité de surveillance, comme suspecte.

Fanatique , elle n'a jamais aimé la révolution; on présume qu'elle avait les opinions des aristocrates qu'elle fréquentait.

43. — Joseph Déville dit de Quincy, 53 ans; détenu dès le 16 août 1795, par ordre du département , comme suspect et frère d'émigré.

Ennemi de la révolution , il a manifesté de la joie à la fuite du tyran.

46. — Jeannette Martine!, femme de Joseph Déville, 50 ans; détenue dès le 16 août 1795, par ordre du département, comme suspecte, ayant fui en septembre 1792.

Ellen'apointd'estime pour la révolution ; attachée à ses trois frères qui sont au service du roi sarde.

47. — Joséphine Rochette, femme d'Antoine Garot dit Cise , 50 ans; détenue dès le 21 février 1794, par ordre du comité de surveillance; elle a un frère au service sarde.

Gaie, insouciante, on ignore ses opinions politiques; elle n'a ni haine ni amour pour la révolution.

Libéré par ordre d'Albilte.

NOMS DES DÉTENUS

NOTES DU COMITÉ

RÉVOLUTIONNAIRE

Observations

48. — Charles Basin dit du Cbaney, 55 ans, ayant deux fils au service sarde ; détenu dès le 17 décembre t795, par ordre du comilé de surveillance, comme frère d'émigré.

Il n'a jamais manifesté ses opinions politiques, il a été dénoncé comme fanatique et aristocrate.

49. —François Reynaud, de Bissy, 55 ans ; détenu dès le 1 6 août 1793, par ordre du déparlement, comme suspect et parent d'émigré.

Il a les opinions des ennemis de la l'évolution. On a trouvé chez lui des effets d'émigrés.

50. — Césarined*Oncieu, fille de Guillaume, 2i ans; détenue dès le 1G août 1793 , par ordre du département, pour avoir fui avec ses parents en septembre

Elle n'a manifesté aucun sentiment sur la révolution. On la croit cependant aristocrate.

51. — Mafhilded'Oncicu, femme de Louis Brun dit Cernex , 52 ans ; détenue dès le 28 août 1793, comme suspecte, pour avoir fui avec son mari en septembre 1792.

On ignore ses opinions, elle n'a manifesté aucun attachement pour la révolution.

52. — Jean-Marie Jaillet de Saint-Cergues, 51 ans; détenu dès le 50 octobre 1793, par ordre du district de Carouge, comme fils d'émigré.

Il montra de ia haine contre la révolution et manifesta de la joie à la fuile du tyran.

55. — Françoise Favicr, femme de Jean-Jacques Chollet, 55 ans; détenue dès le 21 février 1793, par ordre du comilé de surveillance.

Bigolte , fanatique , on ignore ses opinions politiques , sans attachement pour la révolulion.

NOMS DES DETENUS

54. — Ainard Nicole dil de la Place, 56 ans , a un fils au service sarde; détenu dès le 28 novembre 1795, par ordre du département, comme suspect et frère d'émigré.

56. — Marie-Magdeleine Perret, veuve Rochelle, de Riimilly, 64 ans : elle a deux fils en Piémont; détenue dès le 25 septembre 1793, par ordre du département, comme sœur du ministre des affaires externes sardes.

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