‹ Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique du diocèse de ChambéryChapitre 41 sur 61 · Marie-Françoise Allinge , veuve Rochefort · texte numérisé non relu

Marie-Françoise Allinge , veuve Rochefort

Dévote , on ignore ses opinions ; son alta-

Sursis.

NOMS DES DÉTENUS

ans ; elle a un fils au service sarde; détenue dès le 30 mars 1794, d'après l'arrêté d'Albitte.

NOTES DU COMITÉ RÉVOLUTIONNAIRE

Observations j

chôment pour son fils fait présumer qu'elle est ennemie de la révolution.

77. — Amédée Lambert dit de Soiriez, 68 ans ; en arrestation domiciliaire dès le 10 germinal, d'après l'arrêté d'Albitte.

Il a montré son attachement pour la révolulion en communiquant au général Badelaune ses plans de la Tarentaise et de la Maurienne.

Élargi

par

Albille.

78.— Jeanne-Françoise Brun, veuve de Laurent St-Agnès, 66 ans ; elle a un fils au service sarde; en arrestation domiciliaire dès le 10 germinal , d'après l'arrêté d'Albitte.

Aristocrate, fanatique, ennemie de la révolution.

Décédée.

79. — Joseph Laurent dit de St-Agnès, 74 ans; en arrestation domiciliaire dès le 10 germinal, d'après l'arrêté d'Albitte.

On ignore ses opinions , il est réputé aristocrate et royaliste.

80. — Anne-Louise Dumarest, femme de Guy de Revel , 41 ans , ayant un fils au service sarde ; en arrestation domiciliaire avec sa fille de 15 ans, d'après l'arrêté d'Albitte.

Elle a fui le 22 septembre 1792, elle n'a manifesté aucun attachement pour la révolution.

81. — Anne Lebreton , femme de Joseph-François Garnier, 41 ans; en arrestation domiciliaire dès le 10 germinal, d'après l'arrêté d'Albitte.

On ignore ses opinions politiques ; il n'y a pas eu contre elle accusation d'incivisme.

Élargie

par Gauthier.

NOMS DES DETENUS

82. — Claudia Déville, 45 ans: détenue par ordre du comité de surveillance dès le 21 février 1794, comme suspecte.

85. — Joseph-Nicolas Comnène , 66 ans, célibataire ; en arrestation domiciliaire dès le 50 mars 1794, d'après l'arrêté d'Albitte ; détenu antérieurement dès le 16 août 1795, par ordre du département.

84. — Christine Regard , femme de Joseph Castagnère, 22 ans ; en arrestation à domicile dès le 10 germinal, d'après Parrêlé d'Albitte, comme cidevant noble.

85. — Charles Pacoret, 54 ans; détenu dès le 16 août 1795, par ordre du département ; le 6 frimaire , étant malade, il a été mis en arrestation domiciliaire sous la même garde que sa mère , Anne Leblanc.

86. — Anne Leblanc, veuve Pacoret, 72 ans ; elle a deux fils au service sarde ; détenue dès le 16 août 1795, par ordre du département ; dès le 6 frimaire, en arrestation domiciliaire comme malade , sous la garde d'un sans-culotte.

NOTES DU COMITE

RÉVOLUTIONNAIRE

Aristocrate , bigotte et fanatique, elle a toujours détesté la révolution.

Orgueilleux de sa noblesse, suspect d'aristocratie, quoiqu'il désapprouvât les vexations dugouvernementsarde.

Elargi par Simond, il a été remis ensuite en arrestation domiciliaire.

On ignore ses opinions politiques; elle n'a manifesté aucun sentiment contraire à la révolution.

Homme de loi et substitut de l'avocat fiscal, il fréquentait quelques robinocrates ; il n'a manifesté aucun altachementpour la révolution.

Aristocrate , fanatique, fière de sa naissance, détestant la révolution.

Observations

Elargi

par

Gauthier.

Élargie

par Albille.

NOMS DES DETENUS

87. — Jeanne Bally, célibataire, 73 ans; détenue dès le 21 février 1794 , par ordre du comité de surveillance.

88.- — Anne Georges, femme Dufour, 46 ans; en arrestation domiciliaire dès le 10 germinal, d'après l'arrêté d'Albitte.

89. — Anne Dumarest, veuve Perrin, 46 ans ; elle a deux fils au service sarde; déportée à Riom par ordre du représentant Dubois-Crancé au mois d'avril 1793, pour correspondances suspectes.

90. — Charles Salins, 45 ans, célibataire; détenu dès le 51 mars 1793, comme noble, d'après l'arrêté d'Albitte.

91 . — Jean-Baptiste Perrin , domicilié à Vienne depuis 4 ans, 54 ans; détenu dès le 1er mars 1794, par ordre du comité de surveillance, comme frère d'émigré.

92. — Françoise Vaujany, femme Jacquier, deBonneville, 57 ans; délenue dès le 13 mars 1794, par ordre du comité de surveillance.

NOTES DU COMITE RÉVOLUTIONNAIRE

Aristocrate , fanatique, elle réclame contre l'abolition des prêtres et déleste la révolution.

Orgueilleuse, aristocrate, elle a toujours méprisé la révolution.

Fière, hautaine, elle a fui le 22 septembre 1792; on ignore ses opinions politiques.

C'est un ignorant fanatique, il n'a manifesté aucune opinion politique.

Il a produit un cerlificat de Jacobin de la Société de Vienne.

On ignore ses opinions dès 1792 ; auparavant elle avait les opinions des arist ocrâtes qu'elle fréquentait.

Observations

En

arrestation |

Cluses.

NOMS DES DÉTENUS

NOTES DU COMITÉ

RÉVOLUTIONNAIRE

Observations

93. — J. -Marie Lafaverge , d'Alby, 80 ans; en arrestation domiciliaire dès le 8 octobre 4 793, par ordre du département, comme suspect.

Aristocrate , fanatique, accusé d'avoir favorisé l'invasion des Piémontais à Alby.

En

arrestation

Annecy.

94. — Anne-Marie Monlfalcon, femme de Sylvestre Favier, officier sarde, 40 ans ; en arrestation domiciliaire dès le \6 août 1793, par ordre du département, comme suspecte.

Aristocrate , fanatique, elle partageait les opinions des ci-devant nobles.

95. — Jeanne-Baptiste Vibert, veuve Balland , 45 ans ; en arrestation domiciliaire dès le 23 février 1794, par ordre du comité de surveillance, ainsi que sa fille Joséphine.

Aristocrate et fière, n'ayant jamais montré aucun attachement pour la révolution, non plus que sa fille.

La mère

est décédée.

96. — Jacques-Antoine Millet, 75 ans; en arrestation domiciliaire à St-Jean de la Porte, où il est hydropique, dès le 8 décembre 1793, par ordre du comité de surveillance, comme suspect.

Aristocrate , fanatique, fier de sa naissance, attaché au gouvernement sarde, ayant des neveux en Piémont.

97. — Magdeleine Lafléchère, femme Pacoret, 28 ans; détenue dés le 16 août 1793, par ordre du département, puis en arrestation domiciliaire, comme malade.

Sans attachement pour la révolution; son père, qui commandait à Annecy lors de l'invasion des Piémontais , a été tué par un sans-culotte.

98. — Annetf e Pacoret, fille d'Anne Leblanc , 28 ans, célibataire ; détenue dès le 16 août 1 793, par ordre du département.

Fière du titre de cidevant , elle n'a montré aucun attachement pour la révolution.

NOMS DES DÉTENUS

NOTES DU COMITÉ

RÉVOLUTIONNAIRE

Obsenations

99. — Jean-Jacques Chollet, de Francin, 55 ans; détenu dès le i8 décembre 1795, par ordre du comité de surveillance, comme frère d'émigré.

Aristocrale, partisan du gouvernement sarde, ne croyant pas à la durée de la République-

iOO. — Victor Chollet, 52 ans; il a deux fils, l'un de 15 ans, l'autre de 12; il les fait élever en Suisse , sa femme est en Allemagne; détenu dès le 19 décembre 1793, par ordre du comité de surveillance , comme frère d'émigré.

Aristocrate jusqu'en septembre 1792 ; dès lors il s'est montré partisan de la révolution en assistant aux fêtes publiques et aux séances des Jacobins,

101. — Joséphine Sardes, veuve Lescheraine , 46 ans, ayant un fils en éducation nationale; détenue dès le 25 février 1794, par ordre du comité de surveillance.

Jusqu'en 1792, elle avait les opinions politiques du gouvernement sarde; depuis lors elle n'a montré ni amour ni haine pour la révolution.

Élargie par Gauthier.

102. — Joseph d'Anières, de Vallières , 48 ans ; dans les prisons nationales, par ordre du maire de Rumilly, comme suspect.

Élargi.

103.— César-Philibert Salteur dit La Serraz, 45 ans ; il a trois enfants, dont une fille de 16 ans auprès de lui; détenu par ordre du département, comme suspect.

Partisan du gouvernement sarde , il montra de la joie à la fuite du tyran,* il! voulait forcer les Chevaliers- Tireurs à s'armer conlre les Français.

NOMS DES DÉTENUS

NOTES DU COMITÉ RÉVOLUTIONNAIRE

Observations

404. — Léonard Carpinel dit Lachaux, 54 ans; détenu dès le 21 février -1794, par ordre du comité révolutionnaire, suspect comme ci-devant noble.

Il a fait un don patriotique d'une créance de 50,000 fr. , à lui due par le ci-devant marquis de Chabord.

Élargi

par

Gauthier.

105. — Balthazard Orengiani dit d'Alexandry, 60 ans; ayant six enfants , dont l'ainé est au service de la République : détenu dès le 15 mars i 794, par ordre de l'administration du district, ensuite en arrestation domiciliaire dès le 8 thermidor.

Ci- devant juge-mage de la province de Savoie, on l'accuse d'avoir tenu des propos aristocratiques; il a fait plusieurs dons patriotiques.

Élargi

par

Gauthier.

106. — Regard Jean-Baptiste, de Jacob, 58 ans, veuf, sans enfants.

Il s'est toujours montré ennemi de la révolution ; il doutait des succès des troupes de la République.

4 07. — Charles Dufour dit Valérieux , 60 ans , marié à Anne Georges ; en arrestation domiciliaire.

Bigot, fanatique, ennemi de la révolution , quoiqu'il ait fait pour 1,500 francs de dons patriotiques.

Élargi

par

Gauthier.

108, — Alexandre Piochet dit Salins , 54 ans ; il a un fils au service du roi sarde et un autre au service de la République; détenu comme frère d'émigré.

Aristocrate et fanatique , il a refusé d'accueillir son fils, lorsqu'il a quille le drapeau sarde pour servir la République.

NOMS DES DETENUS

109. — Clément ChoIIet , 41 ans, veuf, sans enfants; détenu comme suspect, ayant un frère émigré et un autre cidevant prêtre.

NOTES DU COMITE

REVOLUTIONNAIRE

Fier, bigot, fanatique; avant 179:2, il se servait de l'accès qu'il avait auprès du gouvernement sarde pour faire vexer les patriotes.

Observations

A ce nombre de 109, il faut hen ajouter 25 , parce que souvent il y avait plusieurs détenus de la même famille.

Extrait des registres du comité révolutionnaire du district de Chambéry, du 55 octobre 1794.

Le comité , après avoir , en différentes séances , mûrement examiné les pétitions et pièces présentées au représentant du peuple Gauthier , par les ci-devant nobles détenus dans la maison d'arrêt de cette commune, qui les a renvoyées au comité pour avoir son avis ; après avoir soigneusement discuté la moralité de ces individus , a adopté le projet d'arrêté suivant :

Le comité, considérant que Joseph Déville dit de Quincy, Louis Brun dit de Cernex, Mathilde d'Oncieu, Jeanne- Baptiste Vibert , veuve Balland , et Jean-Jacques Chollet , sont compris dans les lois des 20 août et 17 septembre 1793, soit pour avoir fui à l'entrée des troupes de la République, soit parce qu'ils ont des parents émigrés et qu'ils ont, sauf la veuve Balland, des fils ou des frères au service sarde ;

Considérant que Gabrielle Michal, veuve La Chambre, Alexis-Barthélémy Costa, Joseph-Marie Regard de Yars, Françoise-Alexis Déville, Laure Morand, Polyxènc Conzié, Charles Basin dit du Chaney , Aynard-Nieole de La Place, Henriette Murinais femme Costa, Félicité Costa, Clémentine

Costa, Anne Favier, Victor Chollet, Piochet dit Salins, Dorothée Vaujany femme Rey, Hyacinthe Buttet, Hyacinthe Favrc, Simon Buttet, Pierre-Hyacinthe d'Authurin, François Rcynaud , de Bissy , Jean-Marie Jaillct , Victoire Milany dite Villettc, Anne Dumarest, sont tous compris dans la loi du 17 septembre, parce qu'ils ont des parents émigrés, aux degrés de parenté déterminés par la loi; que les seize premiers ont tous des maris, fils ou frères au service sarde; et quant à Alexis-Barthélémy Costa, Simon Buttet et Pierre- Hyacinthe d'Authurin et François-Alexis Déville, qu'il va à leur charge des faits d'incivisme sur lesquels il a été pris des informations déférées au tribunal révolutionnaire;

Considérant que François -Régis Bertrand, Guillaume d'Oncieu, Henriette Saltcur , Thérèse-Bertrand Millet dite d'Arvillard, Jeanny et Joséphine Millet d'Arvillard, Marie Martinel, Françoise Bertrand dite Dévieux, Nicole Prunier, Jeannette Martinel, Césarine d'Oncieu, Anne-Marie Montfalcon, Noël Viallet, Julie d'Oncieu, Aimé Vincent, Gaspard Pingon et Jeanne Martinel , sont non-seulement compris dans la loi du 17 septembre 1793, pour n'avoir manifesté aucun attachement à la révolution , mais encore dans celle du 20 août même année, pour avoir fui à l'entrée des Français, et que les dix premiers ont tous des maris, fils ou frères dans les troupes du despote sarde;

Considérant que Joseph-Marie Regard, Charles-Joseph Capré et ses trois filles , Charles-Laurent dit Montagny , Louis Livron, Charles-Albert Favier, Anne-Sophie Bocsozel, Marie- Thérèse Bûcher, veuve Chamousset, Anne Mellarède, Joseph Hracorcns - Savoiroux , Marie - Magdeleine Perret , Louise Rambert, Jeanne-Françoise Brun, Charles Pacoret, Magdeleine Lafléchèrc, Marie-Magdeleine Montagny, Marie-Françoise Allingc et Annette Pacoret, s>ont compris dans la loi du 17 septembre 1793 , pour n'avoir manifesté aucun attachement pour la révolution, et que de plus ils ont tous des maris, frères, oncles ou fils au service du tyran sarde; et

quant à Charles Favier-Dunoyer , qu'il y a une procédure à sa charge, comme prévenu d'émigration;

Considérant que Jean-Baptiste Regard, de Jacob , Marie- Antoine Morard , de la Bussière, Félicité Favier, Antoine- Gabriel Garot , Françoise Locatel, Victoire Manuel, Joseph- Antoine Regard, Octavie Cârpinel, Joseph Buttet, Claire Favier, Regard de Ballon, femme de Regard de Vars, Marie Montfalcon , François Excoffon, Jean - François Garnier, ci-devant abbé, Gabriellc Chcvillard, Claudine Déville, Marie -Françoise Allinge , Joseph -Laurent Saint -Agnès, Anne-Louise Dumarest et Jeanne Bally, sont aussi compris dans la loi du 17 septembre pour n'avoir manifesté aucun attachement à la révolution; et quant à Antoine -Gabriel Garot , que des informations prises à son sujet ont été transmises au tribunal révolutionnaire; et quant à Antoine Labussière, que chaque fois qu'il venait en Savoie avant 1792, il portait la cocarde blanche;

Considérant que les ci-devant dénommés sont tous connus pour aristocrates et ennemis de la révolution ;

Considérant, pour ces motifs, qu'il serait très dangereux et même à craindre qu'ils ne machinassent quelque chose de contraire aux intérêts de la République, s'ils sortaient de la maison de réclusion , l'expérience du mois d'août 1793 ne laissant aucun doute à cet égard;

Considérant que ce comité a déjà fait passer au représentant du peuple des avis favorables sur ceux qu'ils ont cru dignes; il est d'avis que ce serait le plus grand malheur possible, si les susnommés parvenaient à recouvrer leur liberté, et qu'il importe à la tranquillité publique qu'ils restent renfermés jusqu'à la paix.

Signé : Genot, président; Bertier, secrétaire.

Notes sur le tableau du comité révolutionnaire du district de Chambéry. (Sauf erreur?)

1. Vibert Gabrielle de La Chambre. — C'était la mère du chanoine de La Chambre et l'aïeule du marquis de La Chambre.

2. Joseph-Marie de Vais. — C'était le père du comte de Vars, encore vivant.

4. Alexis-Barthélémy Costa. — C'était l'auteur de Y Essai d'agriculture, ouvrage estimé.

6. Louis Brun dit Cernex. — C'était le père de Madame Leblanc, encore vivante.

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