‹ Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique pendant le 18e siècleChapitre 12 sur 50 · BI;.:U UN IV · texte numérisé non relu

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Ascargorta, archevêque de Grenade, mort en 17'*) » en réputation de saiuteté ; don Thomas Reluz , Dominicain , évéque d'Oviédo, dont on a publié la vie, qui donne lieu d'admirer ses eonnoissances et ses vertus; don Juan de Montaivan , évéque de Cadix , puis de Piacentia , qui fut un modèle des vertus épiscopales , et dont on a aussi publié la vie; don Pedro Avala, depuis évéque d'Avila; le père Antonio Arbiol Diee , Franscîscain * théologien , casniste, auteur de livres de théologie et de piété, qui refusa révêché de Ciudad-Rodrigo ; Jean de Ayala , de l'ordre de la Rédemption des captifs, écrivain modeste et pieux, prédicateur estimé, qui a laissé des ouvrages d'histoire , de critique et de théologie ; don Juan de Ferreras , curé à Madrid , qui fut considéré pour ses eonnoissances , ses talcns et ses qualités, et qui refusa levéché de Za— ' mora ; Joseph Casant , Jésuite , auteur de quelques vie* de saints , etc.

Dans le nombre des hommes doctes et pieux , qui faisoient honneur au clergé d'Espagne , nous devons sur- tout remarquer deux personnages d'un mérite éminent , Louis- Antoine de Belluga de Moncade , et François de Posadas. Le premier, issu d'une famille ancienne, fonda' la congrégation de l'Oratoire de saint Philippe de Néri en Espagne , fut fait évéque de Carthagène , se montra très-zélé pour les intérêts de Philippe V, mais le fut encore plus pour ceux des pauvres* Ses travaux , ses vertus» sou zèle à défendre les droits de l'Eglise , les établissemens de piété et de charité , qu'il fonda dans son diocèse , ses nombreux écrits sur la théologie et sur les matières ecclésiastiques, le firent connoître et respecter en Espagne et à Rome. Nous verrons Clément XI l'élever au cardinalat, sans autre recommandation que celle de son mérite. Le père Pqsadas , s'il fut moins illustre par ses dignités , ne le fut pas moins par la haute sainteté de sa vie. Ayant fait - profession chez les Dominicains, il se consacra tout entier à la piété et à l'étude, et acquit de la réputation comme prédicateur. Il opéra dans ce ministère des fruits abondant». Ou ne put lui faire accepter Vévvehé de Ciudad-

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Hodrigo. On lè consultoit de toutes parts. Le cardinal de Selazar et M. de Belluga ne faisoient rien sans son avis. Il mourut à Cordoue , en 1720, après une vie passée dans Je* exercices de la pénitence , du sèle et de la charité. La voix publique le canonisa des ce temps même , et on commença, par ordre du saint Siège , les informations pour sa béatification. Il a laissé des ouvrages de piété, et sa ▼ie a été composée par un religieux de son ordre.

Une seule affaire fit quelque bruit au commencement de ce siècle , c'est le procès de l'évêque d'Oviedo. D. Joseph-Fcrnandés de Toro , évêque'de ce siège , fut accusé d'hérésie. Le grand inquisiteur d'Espagne commença à ce sujet des informations. Mais le prélat ayant demandé à être transféré à Rome, le roi d'Espagne y consentit. La procédure fut donc suivie à Home. D. de Toro fut convaincu. On l'amena du château Saint-Ange au palais de Monte-Cavallo , où on lui prononça son jugement , le 37 juillet 1719* 11 fit son abjuration en présence du Pape et de quelques cardinaux et prélats. Il accompagna cette démarche de tant de marques de componction et de repentir , que Clément XI, touché de ses larmes, adoucit les rigueurs de la pénitence , et au lieu qu'il avoit été déclaré suspens de toute juridiction et fonction épiscopale , le Pape lui permit de dire la messe dans le monastère où il devoit résider , et lui accorda divers autres adoucisse mens.

Lorsque le xviii* siècle souvrit, un grand événement venoit d'avoir lieu en Espagne. La branche de la maison d'Autriche, qui régnoiten ce pays, venoit de s'éteindre. Le dernier roi, Charles II, mort sans postérité, avoit, par son testament, déclaré pour son successeur Philippe, duc d'Anjou , petit-fils de Louis XIV et de Marie-Thérèse % d'Autriche , infante d'Espagne. On dit que le Pape Ionou- «ent XII fu t consulté sur ce testament , et confirma Char- . les dans les dispositions qu'il roéditoit. Le cardinal Portocaxrero paroît aussi avoir contribué à cet acte important. Le duc d'Anjou avoit été élevé par Fénélon ; et s'il ne wuutra pas les qualités éclatantes du duc de Bourgogne ,

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son aîné , il- fit voir constamment 1 amour de la'Yèrf#£ un jugement droit, une piété sincère , et des moeuM pures et chrétiennes. Il partit de Versailles à la fin de r^oo pour aller recueillir le brillant héritage qui venoit de lof ctre lègue. Son aïeul , en se séparant de lui , lui adressa , dans un mémoire en trente-trois articles , des conseils dignes de son expérience et de sa sagesse. Nous en citerons . plusieurs , qui , dans leur simplicité , sont pleins de senr et de raison : Ne manquez à aucun de vos devoirs , surtout envers Dieu, — Conservez-vous dan? la pureté de votre éducation* — Faites honorer Dieu partout où vous aurez du pouvoir , procurez sa gloire y donnez-en l'exemple* C est un des plus grands biens que les rois puissent faire. — Déclarez-vous en toute occasion pour ' la vertu et contre le vice. Telles étoient les instruc-' tions solides que Louis XIV donnoit h son petit-fils. Ce- ' lui-ci fut d'abord reconnu en Espagne, et par presque' toutes les cours. Toutefois un puissant compétiteur se disposoit à lui disputer le trône. La maison d'Autriche* voyoit avec peine un royaume , qu'elle regardoit com-1 me son patrimoine, passer à une maison étrangère et' rivale. L'empereur Léo pold révendiquoit l'Espagne pour* l'archiduc Charles , son second fils , et plusieurs états em- ' brassèrent sa cause. De là une guerre vive , dont l'Es- * pagne fut le théâtre pendant plusieurs années. La plus grande partie de la nation a voit reçu Philippe V avec" joie ; mais l'archiduc avoit des partisans en quelques provinces , et sur tout en Catalogne. Les deux contendanft eurent tour à tour l'avantage , et le parti de Philippe V ne prévalut qu'après de longs efforts.

Cette guerre, outre les maux qu'entraîne ce fléau pour' l'humanité, eut encore de funestes effets pour l'Église et ' pour la religion. Charles , en amenant à sa Suite des troupes anglaises et allemandes , introduisit, pour W première fois , des protestons dans une contrée oh ils u'-avoient pu pénétrer jusque-là-, et ceui-ci, élevés, dans d'autres usages , ne respectèrent pas toujours les mœurr e$ les habitudes des Espagnols» De plus , cette contesta—

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j4on produisit des querella entre la cour âé Rome et chacun des* compétiteurs. Clément XI a voit d'abord reconnu Philippe V, et avoit favorisé les intérêts de ce prince. L'empereur Léopold et son successeur, l'empe^reur Joseph , mécontens de ce qu'Us rogardoient comme nne partialité injuste , s'en vengèrent sur les États de l'Église , et y envoyèrent des troupes qui y commirent .des dégâts et levèrent des contributions. On enleva au Pape la ville et le port de Commachio. On renvoya son nonce de Vienne. Le Pontife crut donc devoir au bien de ses sujets de (aire le sacri6ce de ses propres inclinations. Le 1 4 octobre 1709, il reconnut aussi l'archiduc Charles, comme roi d'Espagne, en stipulant qu'il ne prélendoit par là rien décider sur les droits des deux rivaux. Cette démarche pacifique n'eut point l'effet qu'en attendent le sage et modéré Pontife. Il n'obtint point de l'empereur la réparation des torts qu'on lui avoit faits , ni la restitution de Commachio. Quant à Philippe V , ses ministres se montrèrent aussi très-irrités de la conduite de Clément XI, comme si ce pontife eût dû faire la guerre pour les intérêts de leur maître. On ordonna au nonce T à Madrid, de quitter cette capitale, et aux Espagnols qui se trouvaient à Rome d'en sortir. Le Pape n'opposa que la modération à ce procédé, et fit enfin sentir à Phir lippe V qu'il u'avoit cédé qu'à la nécessité. Pendant tout le temps que dura la guerre, il entretint des relations avec le» deux cours, et s'efforça de les traiter sur Je pied de l'égalité. Jl avoit deux nonces, l'un à Madrid, anprès de Philippe V, l'autre à Barcelone, auprès de Charles IIL Dans la suite il nomma un cardinal de chaque parti» Ce fut pour Philippe V , don Emmanuel Arias , archevêque de Sévilfe et ministre d'état de ce prince , etdu côté de Charles , Benoît Sala , Bénédictin , évéque de Barcelone, qui avoit ejhbrassé, avec une extrême chaleur, le parti de l'archiduc. Sa nomination essuya beaucoup de difficultés à Rome , où l'on trouvoit qu'il avoit montré pour l'archiduc un «èle plus convenable à un jfuerrier.qua un évêque. U paroit que plusieurs ecclésiastîr-

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que* et religieux catalans se laissèrent entraîner dans cette guerre à des démarches bien mal assorties sfteur caractère, lis contribuèrent à animer leurs compatriotes, et k plonger Barcelone dans les plus grands maux. Philippe V s'étant emparé de cette ville après un long siège , bannit ù perpétuité' cinquanteeinq religieux et prêtres , qui s'étoient signales par leur ardeur et leur opiniâtreté, et ce châtiment termina enfin une guerre qui duroit de* puis trop long-temps.

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