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lacions. Une afiluence prodigieuse te rassemblèit sur b route du Pape. L'empereur étoit allé a sa rencontre à quelques lieues de Vienne , avec un de ses frères et une partie de la cour. H le logea dans l'appartement de Marie- Thérèse. On prétend, à la vérité , que le Pape étoit prisonnier dans ce palais, que toutes ses actions étoient épiées, et qu'on ne laissoit entrer chez lui que très-peu de personnes. On assure même que les évoques des états héréditaires avoient eu défense de venir à Vienne pendant le séjour du Pontife ; précaution bizarre v et mortifiante -pour Pie VI. On avoit craint , sans doute , que ces prélats ne puisassent dans leurs entretiens avec lui trop dattachement pour le saint Siège. D'ailleurs , h Pape obtint quelques modifications , quoiqu assez légères , dans les éditSè II sacrifia des avantages pour en conserver d'autres. Il aurait désiré la conservation de tous les monastères ; du moins Joseph , en supprimant ceux qu'il prétend oit superflus, n'anéantit aucun ordre religieux. Le prince, expliquant son décret sur la constitution cTm— ffenitus , défendit d'en disputer publiquement , mais per* mit aux professeurs d'en donner à leurs écoliers une cfmnoissance historique. H déclara que le placet impérial , qu'il avoit prescrit, ne s'étendoit point su ries buttes en matière dogmatique. Il permit de recourir a Home pour les* dispenses de mariage dans les era pèche» ens plus prêches que le troisième et le quatrième degré. Il annonça que le plan adapté pour la censure des livres n'empéchoit pas que les évêques ne fissent des représentations sur ceux qu'ils croiraient nuisibles. Ce fut à peu près les seuls points où Joseph se relâcha de sa raideur, et l'on voit qu'il ne céda que le moins possible. Les conseils du prince de ftaunitz le fortifioient contre les sollicitations du Pape, auquel il «'accorda que quelques courts entretiens; ©l ce -ministre , encore moins réservé que son maître, fit essuyer à Pie VI plusieurs mortifications, et ne remplit même pas , dit-on , envers lui les devoirs de la politesse Jà plus commune. Le pontife reçut, pendant son séjour à* Vienne > des questions qui lui étoient adressées par onze
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«Vaques débats de l'empereur sur plusieurs nouveau* édits ; et dans ses réponses , pleines de sagesse et de mo» dération , U leur exposa les règles qu'ils auroient à suivrai et leur accorda des pouvoirs pour les matières réservées par l'usage à son autorité* 11 disoit , relativement à la bulle Unigenitus , qu'on devoit l'enseigner dans les écoles , mais qu'il n'étoit pourtant pas nécessaire qu'on en disputât publiquement. Avant le départ du saint Pett% Joseph lui fit présent d'un superbe pectoral , et lui remit aussi un diplôme de prince de l'empire pour 1» duc BraschbOoesti ; mais le généreux Pontife ne voulut pafc qu'on Pût l'accuser d'avoir négligé les intérêts de PÉgfcse pour ceux de sa femille, et refusa ce dernier présent. R quitta enfin Vienne , avec le chagrin de n y avoir pas fait fout ce qu'il eût désiré. U prit sa route par Munich", •ù l'électeur de Bavière , prince qui protégaoit la religion et tout ce qui sert à la rendre respectable , donna lui-» même à ses sujets l'exemple de rattachement et du resf>eot pour le successeur de saint Pierre. 11 passa trois jours à Augsbourg , dans cette ville fameuse dans les annales du luthéranisme. Mais les soins de l'électeur de Trêves ♦ évoque d* Augsbourg, les hommages des peuples et lês respects des protestant mêmes , ne permirent pas au Pontife de s'apercevoir de la différence de religion. Venise lui fit la réception la plus brillante. U rentra dans Rome , le i3 juin /aux acclamations des habitans, se fiàttantdu moins d'avoir accru sur son passage rattachement à la religionet au saint Siège. Mais son voyage étoit a peine terminé f qu'il apprit de nouveaux changemens opérés en Allemagne. La nomination d'un archevêque de Milan devint un nouveau sujet de chagrin pour Pie VI. Joseph ve* noit de s'emparer , par un édit , du soin* de conférer les évêchés de Lombardie, qui , depuis uU temps immémo* rial, étoient a la nomination du Pape. Cétoient tous les jours de nouveaux envahissement , dont il n'étoit par possible de prévoir la fia. Joseph fit, de son- autorité^ un nouvel arrondissement dès évéchés de ses états, ik abolit les séminaires diocésains, et eft établit de généraux
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dans cinq ou src grandes villes seulement. Ij donna mi décret pour ôter les images des églises. U supprima les empêche mens dirimans , en établit de nouveaux , et permit le divorce en certains cas. En même temps il t raitoit despotiquement ceux qui contrarioient ses vues. Larcin eveque de Goritz , M* cFEdling , prélat très-pieux , ne ■"étant point montré favorable aux innovations, Tempepereur supprima son siège, voulut qu'il donnât sa démission, et , sur son refus, lui ordonna de partir pou* Borne. Il réservoit les dignités de l'Église pour les admirateurs de ses systèmes. Il encourageoit des écrivains à en prendre la défense. 11 protégeoit a Pavie une réu*nion de théologiens , qui, comme Ricci à Pistoie, cher— choient à rabaisser le saint Siège et à réformer renseignement, faisoient revivre les écrits des appelans français, préconisoient leur doctrine, et fàvorisoiént un esprit d'op* position , de plainte et de déclamation , dont l'effet étoit de troubler , daffoibtir et d'asservir l'Église. Pie V/ se plaignit plus dune fois de l'imprudente protection qu'oa accordoit à ces théologiens ardens et inquiets. On n'tùt etuci|n égard à ses réclamations.
Le 16 avril, mort de Benoît- Joseph Labre, à Rome. Benoît-Joseph Labre, né le 26 mars 174$ > à Saint-Su lpice d' A met tes, au diocèse de Boulogne en France , est un de ces prodiges de vertu que le ciel montre de temps «?n temps aux hommes , pour confondre leur lâcheté et pour opposer à la corruption générale. Labre, encore enfant, parut presque déjà ce qu'il devait être un jour. Loin de remarquer en lui des semences de vices, il ne jnanifcstoit pas même les défauts les plus excusables dans çet âge. Devenu grand , il résolut de renoncer au monde. Frappé des avantages de la vie religieuse, il tenta suc* cessivement d'entrer à la Trapue, chez les Chartreux , à Sept-FontSt La fiaiUeS5tî de sa santé ne permit pas de
Année 1783, $9 l'admettre aux toux. Il s'en dédommagea en se condamnant à la même vie qu'il eût observée dans un monastère. En 1770*, il fît, par dévotion , le voyage de Rome» Son but étoit de visiter le tombeau des saints Apôtres e£ les pèlerinages d'Italie. 11 fit ce voyage en pauvre véritabte , marchant à pied , vivant des aumônes qu'il recevoit sans les demander , et dont il distribuent même aux pauvres ee qui ne lui étoit pas exactement nécessaire; pratiquant une humilité profonde, un détachement extrême et des mortifications continuelles. A Rome , U fréquentoit assiduement les églises, et y passoit souvent h journée entière en prières. Après différens pèlerinages en Italie, en Allemagne et en Suisse, il se fixa, en 1736% dans la capitale du monda chrétien , et n'en sortit plus que pour aller* une fois chaque année, à Lorette. U y vivoit dans une solitude et un silence presque continuels, recherchant l'oubli et les humiliations, ne portant que des haillons repoussons , exerçant des austérités , et s'unissant sans cesse à Dieu par une oraison, fervente. Une telle vie n'eût paru que méprisable aux yeux du monde , et la philosophie sur- tout se fut récriée contre cet état d'abjection et d'inutilité apparentes. Mal? l'esprit de Dieu ne juge pas comme celui de l'homme. Il apprend à révérer celui qui , estimant les choses ce qu'elles valent, préfère le Créateur à la créature, la méditation des vérités éternelles à la recherche des biens d'ici bas, et le soin exclusif de son salut à tous les objets qui nous charment et nous égarent, U apprend à ne pas regarder comme inutile celui qui donne au monde de si grands exemples de vertu , et à ne pas taxer d'abjection une vie pure et céleste. A peine Benoît- Joseph Labre eut-il rendu le dernier soupir, le mercredi - saint , 16 avril , après quelques heures de maladie, que le bruit de «a sainteté, déjà connue de plusieurs personnes, se répandant par toute la ville , on accourut dans la maisua oh il étoit mort. On le transporta dans une église voisine, ou, pendant quatre jours, une foule immense asjiBgeoit sou ÇjergueU , vouloir bafccr ses pieds et voir cet
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homme de Bien. On l'invoquoit, on recherch oit tout ce qui avoit été' à son usage. Plusieurs miracles opérés par son intercession furent confirmés par des information» juridiques. Le 20 avril , dimanche de Pâque , on l'enterra 9 après avoir reconnu que son corps étoit aussi flexible qu'au moment de sa mort. Des prodiges continuèrent ^ s'opérer sur son tombeau. On accourok des différente» pailies de l'Italie pour obtenir de ce pauvre volontaire des grâces spirituelles, ou la guérison de différons maux; et Dieu se plaisoit à faire éclater la gloire de son serviteur, et à confondre l'incrédulité d'un siècle dédaigneux^ par les faveurs signalées qu'il accordoit a son intercession. On sait qu'un ministre protestant des États-tyiis, nommé Thayer , qui voyageoit en Europe , étant venu à Rome 9 et y ayant été témoin des miracles qui s'opéroient sur le tombeau du saint personnage, ne put s'empêcher de» rcconnoître la vérité. Convaincu de la divinité de la religion catholique, il renonça courageusement à ses erreurs, et alla depuis annoucer la roi dans les mêmes pays où il avoit exercé ses fonctions de ministre protestant» En attendant c*ue la cause de la béatification de Benc4tr Joseph Labre ait été instruite avec les délais prescrits et les formalités ordinaires , le titre de Vénérable loi a été donne' par un décret de la congrégation des rites.
Le 28 décembre , l'empereur Joseph arrive à Rome, Ce prince suivoit ses projets de réformes, et çe voyage même étoit destiné à les pousser le plus loin possible, On n'eût pas imaginé qu'il ne fut venu a Rome que pour y fdrmer une ligue contre le saint Siège , et qu'ea rendant au Pape la visite qu'a en avoit reçue, il eût songé à lui porter les derniers coups. Cependant les dëV tads que nous allons donner paroissent authentiques, flous les trouvons dans les Mémoires historique* etphi^ losophiques sur Pie VI, dont il a été déjà question. L'auteur se montre presque toujours assez instruit des faits, et ce qu'il dit en cette occasion ne paroït que trop conforme au caractère des personnages. Joseph ? parti de Tienne le 6 décembre , arriva monmémeBt à Rome le 2$,
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Uu'avoit tel donner aucun avis de son Voyage, qui suit» prit jusqu'à sou ambassadeur. Avant de voir personne, il écrivit au chevalier Àzara, ministre d'Espagne auprès du saint Siège, pour lequel on avoit inspiré à Tempe*, reur beaucoup d'estime* 0 lui demandait une entrevue pour le soir même. Âpres une visite assez courte aà Pape, il alla en effet trouver le chevalier, et l'entraîna dans un lieu retiré, où ils passèrent quelques heures eu tête à tête* On a su (i) depuis , que dans cet entretien. Joseph avoit développé avec une extrême chaleur un plan qui alloit étonner l'Europe.- Il ne s' agis soit pas) moins que de rompre avec la cour de Rome. Il avoit tout prévu , tout combiné , disoit-il.... Il voulait sous* traire tout-àfait ses sujets à l'autorité pontificale. H se rioit de ses foudres... On Vappeleroit schismatiqne > peu lui importoit. Il déploya ses idées avec une chaleur et une vivacité extrêmes* Ce ne fut pas sans peine que le chevalier obtint la parole > et lui fit sentir les incon* véniens d'une résolution aussi brusque. Elle pouvoit avoir des suites fâcheuses pour le prince lui-même. Ne devoit-il pas craindre les dispositions d'une partie de ses sujets ? De pareils remèdes n'étoient-ils pas trop violens?... Ces argumens de la part d'un homme que l'empereur estimait , et dont il ne pouvoit suspecter ni les principes ni les intentions , firent impression sur fui. Il sortit de V entretien avec des dispositions plus.
conciliantes Les représentations du cardinal de
Bernis et du chevalier A%ara , des réflexions plus mûres sur les suites du bouleversement dont il aU loit donner le signal; peut-être quelques mouvement de bonté pour ce vieux pontife qui n avoit aucun titre personnel à la malveillance et en avoit à la compassion calmèrent cette première effervescence. H mit, pour le moment, un peu moins d'aigreur dans ses
(i) Mémoires historiques et philosophiques f tome I*»', psge&f
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rapports avec le Pape. Mais , de retour dans ses états , il recommença bientôt à poursuivre ses projets de scission et de discorde , par des voies qui n'étoient qu'un peu plus lentes que celles qu'il avoit proposées à l'ambassadeur d'Espagne. U vouloit donc véritablement troubler l'Église , ce prince 4jui désiroit faire croire qu'il ne tra— vailloit qu'à la rendre florissante. Ce zèle dont il se paroit, ces motifs spécieux qu'il donnoit à ses reformes, n'étoient donc qu'un voile destiné à couvrir ses vues secrètes et profondes. La conférence avec Azara montre en lui un esprit tourmenté des plus vastes et plus funestes projets* Mats ce qui nest presque pas moins étonnant que cet acharnement de Joseph contre le saint Siège , c'est la manière dont l'auteur des Mémoires dont nous Tenons de citer , raconte ces différends. Il convient que l'empereur étoit transporté de l amour desordonné de la> célébrité ; qu'il étoit dévoré d'une activité de corps et d'esprit oui a accéléré sa mort ; qu'il étoit constant jusqu'à r obstination dans les plans qu'il avoit une fois arrêtés ; qu'il ne craignoit point d'affliger ceux qui pou* voient souffrir de ses mesures ; qu'il étoit méfiant pour les autres et plein de confiance pour lui-même; qu'il rroyoit avoir mûri ses projets parce qu'il y avoit songé; que son impatience auroit voulu en hâter l'exécution; qu'il manquait de mesure et de prévoyance, et quiï jouis soit, en suivant ses grands principes philosophiques y des inquiétudes qu'il alloit donner au Pape (i). N'est-il pas étrange qu'après de tels aveux, conformes d'ailleurs à ce que l'histoire nous a transmis du caractère de Joseph , l'auteur des Mémoires fasse un crime à Pie VI de ses démêlés avec un prince sans ' mesure et, sans pré voyance; qu'il lui reproche de ne s'être pas asservi aux caprices de ce prince obstiné; qu'il le blâme de n'avoir pas concouru à la propagation de ses grands principes phi-
; (\) Mémoires historiques et philosophiques sur Pie ffl > t^jfic t«r , chapitre u xtu; passinu
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lùSbphiques f et qu'il le gourmande de ne s'élire pas prête* de booiie grâce à $es jouissances ? Mais en diroit que cet écrivain jouit aussi lui-même des inquiétudes et des' embarras du pontife. D**cidé à lui donner toujours tort , il appelé sa fermeté obstination , et traite sa condescendance de pusillanimité : moins équitable en cela et moins généreux que Frédéric lui-même, dont il cite ce passage d'une lettre à d'Aletnbert : Ce qui me fâche seulement, c'est que tant de bien ( il fout songer que c'est le roi de Prusse qui parle) ne se soit pas opère sous les Papes qui ont mérité d'être humif Mes , et que celé atteigne précisément V honnête Jirasckij qui a desséche' les. marais Pontins,
Le r" juin, censure de la Sorbonne contre les Principes de morale, de Mably. Cet écrivain, quoiqu'il ne fût pas de l'école philosophique, n'en avoit cependant pas- évité les écarts. 11 se plaieoit à déprécier nos institutions , à faire le procès à nos^ouveroemens , et se croyoit appelé à l>âtir des systèmes de constitution politique et d'organisation sociale. Il se flattoit d'avoir , sur ce point,, des connoissanccs rares, et traçoit dans son cabinet les plans les plus beaux. Une fôcheuse expérience n'avoit pas encore appris à estimer à leur juste valeur ces esprits abstraits , qui se donnent la mission de régir les états ; qui , prenant leurs conceptions pour des principes, veulent élaguer tout ce. qui s'en écarte, saos s'embarrasser de$ suites; bâtissent des constitutions pour les peuples sans les consulter et même sans les connoître , et les soumettent . impérieusement au type arbitraire adopté parleur métaphysique. Mably ne fut malheureusement pas étranger h cette manie. Ses Principes de morale sont , quoique dans un autre genre , une preuve de l'esprit systéma tique de l'auteur. L'ouvrage est divisé en trois, livres» ^>ass le. premier^ il trace Jes av antages. de5 passions ; dau$
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le second, il parle des vertus; et dans le troisièmr, desv tin* à traiter du développement des passions , il donne une espèce de théorie d'éducation. Du reste , il remplit de pian , à peu près comme au roi t pu faire un païen , ou plutôt il montre quelquefois des principes que des païens honnêtes n'auroient peut-être pas toujours ose avouer. En parlant des vertus , il ne dit pas un mot de celles qui ont la religion pour base et pour motif, et exclut même formellement l'amour de Dieu. 11 ne donne à sa morale d'autre sanction que l'intérêt de l'individu^ ail est seul, ou de la société, g'0 en feit partie. Cour tempteur de ton siècle, il n'y voit que des ames viles et basses , et ne veut admirer qpe les sages de la Grèce, que les stoïciens et autres héros de l'antiquité. Enfin , en parlant de l'éducation , il ne fait pas même alors mention de Dieu ni de religion , et "n'oppose aux passions naissantes d'autre frein que quelques conseils» froids, vagues et sans proportion avec le danger. Il excuse même Je vice en certains cas , et n'osecoit pas , dit-il , condamner rigoureusement dans un jeune homme des désordres passagers. Voila ce qu'on donne comme des Principes de momie. Ce n étoit pas la peine de repousser celle du christianisme , pour en établir une si commode. La feculté de théologie , après avoir examiné l'ouvrage , le condamna « comme contenant des propositions respectivement Élusses , captieuses, scandaleuses, erronées, contraires à la parole de Dieu , injurieuses à la religion chrétienne , dérogeant à la religion naturelle , pernicieuses pour les mœurs et nuisibles à la société. »
— Le a* juin , l'électeur de Bavière interdit les associations secrètes dans ses états. Nous avons vu, sous -1-776, les premiers succès de Weiahaupt. Us n'avoient pas été tenus si cachés, qu'on n'en eût découvert quel* <jue chose. Dès 1781 , le gouvernement bavarois avoit eu des soupçons sur l'existence de la nouvelle secte; il «voit même ordonné des recherches, que les illuminés eurent fart d'écarter ou de rendre inutiles. Mais, en *t84, Charlçs^Théodere fit publier une dépense s^bdolse^ >
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iè toute communauté, société et confraternité secrètes oa non approuvées par les lois» Les anciens francs-maçons obéirent et fermèrent leurs loges* Les iUammés , qui avoient des intelligences à la cour , se crurent assez forts pour braver la défense , et continuèrent leurs assemblées. Un écrit , publié la même année par un professeur de Munich , commença a les dévoiler- Un seigneur bavarois les attaqua peu après avec vigueur. Ils donnèrent des apologies , et leur chef mit tous ses amis en mouvement pour conjurer Forage. Mais au mois de février 1785 , il fut déposé de sa chaire de professeur en droit et chassé d'Ingolstadt. On sut que plusieurs de ses disciples , révoltés de ses maximes , avoient renoncé à ses loges. On en manda quelques-uns, qui furent interrogés. Quoiqu'ils ne sussent pas tout , on en apprit cependant d'eux assez pour être alarmé sur les vues profondes de Weishaupt. Un incident frappant vint donner de nouveaux documens sur sa secte. Réfugié à Ratis— bonne , ce père de Yilluminisme y loin de se décourager dé sa disgrâce, soivoit son plan avec . plus d'ardeur et fOrmoit des émissaires pour propager sa doctrine. Un jour qu'il endoctrinoit un nommé Lanz , prêtre apostat , qù*n destinoit à porter en Silesie ses. mystères et ses conv plots , pendant qiiïl lui donnoit ses dernières instructions , le tonnerre gronda sur la tête eut maître et âik disciple , et fit tomber celui-ci mort aux côtes de Wefchaupt, qui, dans son premier effroi, ne songea guère à soustraire les papiers du malheureux Lanz» La justicèV s'en saisit, et ces papiers, envoyés à la cour de Bavière, lui dévoilèrent le but du chef. L'électeur dut en être effrayé et prit des mesures. Deux disciples de Weishaupt à Ingolstadt , et deux seigneurs furent exilés. On chassa plusieurs illuminés de l'université de cette ville. D'autres perdirent leurs emplois. Le 11 octobre 1786, on fit une descente chez Zwach et le comte de Bassus, principaux adeptes et coopérateurs de Weishaupt. On y trouva tous les statuts et secrets de l'ordre, dans une correspondance que l'électeur a fait depuis imprimer,
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et dont i'autlienticité o'a pas été contestée par les perw sonnages intéresses. Ce prince en eavoya des exemplaires à tontes les cours, et continua ses procédures juridiques. , Vingt illuminés furent cités, les uns furent privés de leurs places , les autres condamnés à la prison. Il y en eut qui prirent la fuite. Pas un ne fut condamné à mort. On promit seulement une récompense à qui livre* roit le premier instigateur de ce dangereux projet. Weishaupt fut obligé de quitter Ratisbonne , dont l'évêquef seconda par ses ordonnances celles de l'électeur de Bavière. Les autres princes allemands ne parurent pas faire attention à la découverte d'une conspiration aussi menaçante. En Prusse, Frédéric venoit de mourir, et son teveu se livroit déjà peut-être à d autres imposteurs. L'empereur Joseph n'avoit garde de sévir contre une classe d'hommes, dans qui il ne voyoit encore que des ennemis de la religion. Les autres souverains restèrent dans l'indifférence. Bien plus, l'ennemi des gouverne»mens trouva un asile chez le duc de Saxe-Gotha. D'autres princes de cette maison étoient dans les mêmes sentimens et favorisoient imprudemment les progrès de la société secrète. Elle continua donc à s'étendre, et à l'exception de la Bavière , où ta sagesse de l'électeur lui im— posoit un frein, elle fit des prosélytes dans le reste de l'Allemagne. Des riches, des hommes titres, des comtes, des barons s'enrôlèrent aussi, et apparemment avec plut d'irréflexion que de malice, dans une association ^uî ne voulut ai prééminences ni propriétés.