‹ Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique pendant le 18e siècleChapitre 49 sur 50 · tome IV , in-4<M*|e ®u · texte numérisé non relu

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étaient les images , les vœux, les maximes semées dans cet ouvrage. 1> plus souvent elles n'étoient amenées par rien, et navoient aucune liaison avec ce qui précédoit. L'auteur, procédant par bonds et par mouvemens impétueux, ne suivoit que le délire d'une imagination intempérante, ou plutôt il a voit adopté, avec une complaisance aveugle et coupable , tout ce que lui fournissoient ses amis. Il mêloit à tout cela des peintures séduisantes , des expressions passionnées , des descriptions voluptueuses , des conseils corrupteurs. On ne se seroit pas attendu sans doute à retrouver tant d'excès sous un titre qui annonçoit d'autres objets, La faculté de théologie ne crut pas qu'il lui fut permis de passer sous silence un livre si dangereux. Elle en publia une censure longue et détaillée, Elle y déplore d'abord cette conjuration funeste ourdie contre la foi , cette ligue d'écrivains qui sembloicnt pren^ dre à tâche de tout blasphémer, et spécialement cette témérité d'un homme qui , levant tout-à-fait le masque , sapoit ces mêmes autels qu'il eût du défendre. Elle s'étoneoit qu'il osât se nommer à la tête d'un livre oit il préchoit la corruption, et où il ne voyoit d'autre crime que de professer la religion et d'obéir aux rois. La censure est divisée en quatre articles ; de l'homme et de la loi naturelle, de là religion révélée, de la morale, du gouvernement. Elle cite, sur chacun de ces points, des passages nombreux de X Histoire philosophique , et j applique les qualifications convenables. Il y a en tout quatre- vingtquatrepTôpositipns , ou plutôt extraits du livre , sur lesquels porte le ingénient. Mais la faculté prévient qu elle en a remarqué beaucoup d'autres qui ne sont pas moins condamnables , et que la nécessité seule Ta forcée de se borner dans le choix qu'elle a fait. Sa censure est d'autant plus intéressante qu'elle ne se contente pas , comme dans les autres oc»/, casions , de condamner les erreurs du livre , mais qu'elle j ajoute les principales preuves de la foi et des réponses aux aberrations de l'auteur. Cette conclusion, portée le 16 juin,; lut confirmée le. i«* août suivant. Le parlement tfe ftirjs tfvit aussi contre ï histoire philosophigue* Le

Année 1782. 4$5

a5 niai, M. Séguier, avocat-général, la dénonça, par un .réquisitoire long et énergique , comme une production funeste à la société et à la religion. L'impiété, l'audace? le mépris des souverains et l'esprit d'indépendance 9 sont y dit-il , tellement empreints dans cet ouvrage , qu'oit peut dire que l'auteur n'a fait qu'un code barbare j qui n'a d'autre but que de renverser les fonde mens de iérdre civil. En rapprochant toutes les parties du\ système répandu dans la totalité de cette Histoire , oq. ffourroit tracer le plan de subversion générale que ren- Jerme cette affreuse production. Le magistrat s'éleva avec force contre les principes de Raynal , et signala le but où tendoit cet écrivain enthousiaste et emporté. Sur sa plainte le parlement ordonna que le livre seroit brûlé, et l'auteur envoyé en prison. On prétend que ce fut le roi qui fit rendre cet arrêt. On lui avoit mis à dessein sur sa table un exemplaire de l'ouvrage, comme pour le préparer à ce qu'il devoit attendre un jour. Cette lecture l'indigna. Cette ame droite et vertueuse fut révoltée de tant de déclamations et d'emportemens. Le monarque reprocha à deux de ses ministres d'avoir souscrit, et voulut qu'on écrivît à Genève pour engager la république à interdire l'ouvrage. C'est que l'édition étoit dite imprimée dans cette ville, quoiqu'elle l'eût été à Lyon. Baynal , averti à temps , prit la fuite et se retira dans Jes Pays-Bas, où son livre lui attira de nouvelles traverse* qui l'obligèrent use réfugier daus les états du roi de Pru&e;

Le 22 mars, Pie VI arrive à Vienne. Ce pontife étoit parti de Rome le 27 février. 11 reçut partout sur sa route les honneurs dus à son rang. En entrant dans les états de l'empereur, il trouva des seigneurs et une escorte qu'on avoit envoyés au-devant de lui; car Joseph , décidé à maintenir ses édits, voulut du moins accorder. a.n saint Père des égards extérieurs j|g vaine* conso^

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